mardi 02 décembre 2008

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Un grand « pourfendeur de la société du spectacle »…

Un auteur à découvrir : Jean-Claude Guillebaud. Journaliste pour certains, essayiste pour d’autres, il n’a de cesse de bousculer nombre d’idées « reçues ». Homme de conviction et d’engagement, le temps des vacances devrait vous inciter à remplir votre besace de quelques-uns de ses livres…

Jean-Claude Guillebaud

Nous l’avons découvert « tardivement », en 1998 avec son livre « la tyrannie du plaisir » (Editions du Seuil).

Jean-Claude Guillebaud passait alors au crible quelques mythes et tout particulièrement ceux d’une Antiquité qu’on voulait nous faire croire toute de libertés sexuelles, mère fondatrice en quelque sorte des temps où « jouir sans entraves » se peignait sur les murs de nos villes…Une Antiquité qu’il fallait opposer aux temps d’un christianisme tout d’interdits et de « castrations »…Difficile exercice que de mettre les pendules à l’heure.

Avec talent, il dressait un constat sans appel, toujours d’actualité : l’argent-roi se réjouissait – lui- de toutes ses grandes manipulations…

Et de nous rappeler qu ‘aucune époque ne pouvait se passer de morale sexuelle, que la responsabilité de chacun était engagée…

Dans une société toujours « déboussolée », où les « tyrannies » sont toujours au service du Veau d’Or, ce livre de Jean-Claude Guillebaud est toujours à lire ou relire.

Découvrir le livre ?

http://www.juliemelissa.be

 

Nous n’avons pas hésité un seul instant quand est parue « La refondation du monde » en 1999…

Et nous n’avons pas été déçu !

«  Dans l'air du temps, quelque chose sonne faux et nous alarme. Faut-il nous résigner à la fin des pensées universalistes, au règne versatile de la démocratie d'opinion, au nouveau dogmatisme du « tout-marché » ou de la technoscience, à l'évanouissement définitif des utopies et de l'espérance ? Derrière ce discours, nous devinons des formes nouvelles de domination, des inégalités accentuées, un principe d'humanité qui fait naufrage. Mais ces périls nous trouvent étrangement désarmés. Après un siècle marqué par les tyrannies, les folies et les ruines, nous ne savons plus comment faire face. Nous sommes « revenus de tout » et trop vite désabusés. Rarement, il nous avait semblé plus urgent de retrouver un peu de terre ferme… »

Et de poursuivre :
«Pour certains, la référence aux grandes chartes et déclarations devrait largement suffire à fonder notre résistance aux nouveaux barbares. Et de citer les Déclarations américaine et française des droits de l'homme et la Déclaration universelle de 1948 [...]. En fait, ce «droit-de-l'hommisme » pur et simple, ce juridisme international résigné à faire l'impasse sur toute idée de refondation ou d'archéologie – c'est-à-dire sur la mémoire – me paraît un bien maigre viatique. Et très imprudents ceux qui s'en contentent. [...] Aucun vrai débat ne peut être conduit, aucun combat ne peut être mené au sujet de la « morale universelle » si nous faisons, par l'effet d'une sorte de politesse, l'économie d'un ressourcement. A quoi croyons-nous, au juste ? Quelle fut la genèse de ces convictions ? En sont-elles vraiment ? Pourquoi et comment sont-elles, aujourd'hui, gravement menacées ? [...] Mais là n'est sans doute pas le plus important. Le juridisme optimiste pèche aussi par étourderie. Il semble oublier une logique mille fois vérifiée et qui tient en peu de mots : quiconque s'en remet au droit et à lui seul pour asseoir la cohésion d'une société s'expose à la prolifération de celui-ci. [...] Les juristes sont les premiers à s'inquiéter de ce qu'ils appellent la « pénalisation de la société », cette inclination répressive qui, dans une course en avant irrésistible et désespérée, cherche à pallier l'absence de repères par l'édiction de règles, toujours plus précises, plus insidieuses. » (pp. 18 à 21 de « La Refondation du monde » par Jean-Claude Guillebaud – 1999 – Seuil)

Chemin faisant, nous avons découvert de beaux voyages, dans un ton toujours juste :
« Le voyage à Kéren » Arléa, 1988, prix Roger-Nimier
« La Colline des Anges : Retour au Vietnam », avec Raymond Depardon, Seuil, 1993
« Un voyage en Océanie » Éditions du Seuil, 1980
« Un voyage vers l'Asie »  Éditions du Seuil, 1980
et
« Les Années orphelines » 1968-1978, Éditions du Seuil, 1978

Un parcours fort que celui de Jean-Claude Guillebaud qui nous offrait encore :
« La force de conviction : à quoi pouvons-nous croire ? » Editions du Seuil, 2005

et
« Comment je suis redevenu chrétien » en 2007

Lire les interrogations d’un homme de conviction et de foi…
Echanger nos regards sur le monde qui est le notre.

 

Portemont, le 12 juillet 2008

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