lundi 13 octobre 2008

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La terre est plate, c’est bien connu !

Néfastes sont les idéologies. Et quand, peut-être, des arrière-pensées politiciennes motivent nos chercheurs, nous devons craindre le pire… La guerre fait rage « Allègrement » chez les « climatologues » et les « scientifiques » de tout poil. De baromètre devrions-nous dire…

Une belle « disputio » s’est déroulée sans qu’il en fût fait de grands échos dans les médias « audio-visuels » en décembre 2007. Et elle se poursuit…

Edouard Bard


Le professeur au Collège de France Edouard Bard – chaire « «Evolution du climat et de l’océan » - a mis en cause Vincent Courtillot, directeur de l’Institut de physique du globe de Paris et Jean-Louis Le Mouël spécialiste de géomagnétisme, tous deux hardis soutiens de Claude Allègre, ancien ministre pourfendeur du « mammouth » et toujours en quête d’une croisade…

 

Claude Allègre

Vincent Courtillot et Jean-Louis Le Mouël qui apportent leur caution dans la négation du rôle des gaz à effets de serre, de Claude Allègre, ne sont pas des inconnus pour les amateurs de belles gaffes.
Ils s’étaient déjà distingués, pour ne pas dire ridiculisés, lors d’une séance de l’Académie des Sciences alors qu’Edouard Bard démontrait que leur calcul de l’effet climatique des variations du Soleil oubliait que la Terre était ronde…et pour faire bonne mesure, l’avait supposée plate et noire !

Le professeur au Collège de France ne baisse pas la garde face aux spadassins de l’ancien ministre. Edouard Bard a co-signé avec Gilles Delaygue un article publié dans la revue «  Earth and Planetary Science Letters » dans lequel ils répondent à un précédent article de Vincent Courtillot et son équipe, article dans lequel ils s’attachaient à démontrer que le climat est modulé par des interactions entre la magnétosphère terrestre et le rayonnement solaire. Pour les spécialistes, l’étude de ces relations entre Soleil, champ magnétique terrestre et climat n’a rien d’incongru. Les climatologues introduisent dans leurs modèles bien d’autres facteurs que les sempiternels « effet de serre » liés aux éruptions volcaniques, aérosols, calottes polaires ou cycle de carbone, et n’omettent jamais la variabilité du Soleil, sous haute surveillance par satellite depuis 1978.
Ce que contestent Edouard Bard et Gilles Delaygue, c’est la démonstration même de Courtillot et ses collaborateurs. Celle-ci sortirait des normes scientifiques et relèverait de la manipulation des données. Difficile de retenir une simple étourderie…

Vincent Courtillot,  dans sa « démonstration », affirmait reprendre une courbe des températures de la planète établie par Philip Jones de l’Université d’East Anglia et du Hardley Center. Référence des références dans les calculs pour la reconstruction des températures au XXeme siècle.

Edouard Bard, empêcheur de tourner en rond, a fait valoir que la courbe retenue par Courtillot n’était pas la célèbre courbe de Jones ! Et que les différences entre la vraie courbe et la « fausse » n’étaient pas de l’ordre de quelques broutilles…Mérite de cette « fausse » courbe ? Appuyer tout simplement l’hypothèse de nos spadassins géophysiciens…

La courbe en cause…
Lire : www.realclimate.org

Vincent Courtillot ne s’est pas démonté et a déclaré s’être trompé de référence…
« errare humanum est ».

Et de reprendre une autre courbe ! Et de se tromper une fois de plus en s’appuyant sur une courbe des températures estivales au nord du 20° nord, sur les continents, et non de l’ensemble de la planète…

« perseverare diabolicum » ?

Tout pour permettre à Edouard Bard de s’en donner à cœur joie !

Et le Professeur au Collège de France ne sait plus où donner de la tête :
De lire un autre exemple sur la figure principale de l’article de Courtillot et Le Mouël, figure qui présente sur un graphique une courbe de températures (la fausse Jones), deux courbes de la variabilité du champ magnétique terrestre et une courbe d’éclairement solaire total, (c’est-à-dire l’énergie reçue par unité de surface à la distance Terre-Soleil). La corrélation étroite entre les quatre courbes est censée constituer la preuve de l’hypothèse soutenue par nos spadassins dignes des « Pieds Nickelés ». La référence de la courbe d’éclairement cite Sami Solanki (directeur à l’institut Max Planck en Allemagne) en 2002.

 Mais pourquoi, s’interroge Edouard Bard, n’avoir inscrit sur le graphe que les données postérieures à 1950, alors que la figure démarre en 1900 et que la courbe de Solanki couvre tout le XXe siècle ?

Serait-ce encore un oubli ? Une étourderie ?

Anguille sous roche ! La raison en est simple : l’omission permet de fabriquer un artefact statistique où apparaît une corrélation étroite entre la courbe des températures et celle de l’éclairement solaire. Mais, si l’on prend en compte tout le siècle, la corrélation devient peu convaincante.

Croyez-vous que nos spadassins ont déposé les armes ?

Point du tout ! L’équipe de Courtillot ne pouvant pas nier ses « erreurs »  a déclaré  s’être trompée de référence et que la courbe de Solanki est la courbe… de Tobiska publiée en 2001… Nos spadassins seraient-ils sortis de leur mauvaise posture ?

Que non !

Leur défense s’est avérée ridicule, car l’astrophysicienne Judith Lean (US Naval Laboratory, Washington) a démontré dès 2002 que la courbe de Tobiska ne représente que la composante ultraviolette du rayonnement solaire.

Travaux de Judith Lean
Lire : http://biocab.org/MGW_to_2006.html

Autant vous dire que la « communauté scientifique » ne sourit plus et s’interroge
 Pourquoi arrêter la courbe de température en 1992 sur leur figure ? Parce que les dix années les plus chaudes depuis cent ans sont postérieures ?
Parce que les années 1990-1995 et 2000-2005 montrent des évolutions en sens inverse des températures et de l’activité solaire, ruinant l’argumentation des spadassins ?

Ne pas tenir compte de données connues et contredisant l’hypothèse défendue participe des péchés condamnés par l’éthique de la recherche…
Comment expliquer le risque pris par ces académiciens de voir leurs carrières entachées par ce comportement bizarre ?

Les faits relevés par Edouard Bard - bien plus nombreux que ceux qui sont retenus ici - ne se limitent pas à des erreurs de géophysiciens s’engageant sur un terrain qu’ils connaissent peu.

Pour la « communauté » et les institutions scientifiques la ligne jaune est franchie.
Et de se poser deux questions : comment réagir, comment expliquer les complicités nécessaires à la parution d’un article aussi truffé d’ « erreurs » ?
Il n’échappe à personne que derrière la quête d’une vérité scientifique des sommes considérables se profilent…En Mars 2008, reçu par le président de la république, Nicolas Hulot aurait dit tout ce qu’il pensait de Claude Allègre…
Dans le même temps, la maison d’éditions Fayard faisait savoir qu’elle reportait « sine die » la parution du dernier livre du chasseur de mammouths, « Journal d’un anti-Panurge », « pour cause de contretemps politique »…

Depuis plus d’une année, la guerre fait rage au sein de la « communauté » des climatologues et des scientifiques. Difficile au commun des mortels d’entrer dans les débats et de saisir les subtiles données que les uns et les autres avancent.

Quid du réchauffement planétaire à venir ?

Un débat a eu lieu le 5 mars 2007 à l’Académie des Sciences, débat auquel des scientifiques de renom ont été invités.

Le climatologue Phil Jones, (université d'East Anglia, Royaume-Uni) qui s’est déplacé reconnaissait après coup qu'il aurait « réfléchi à deux fois avant de venir » s'il avait connu l'exacte teneur de la réunion…  et de nous mettre dans la confidence : « L'ambiance était très particulière. Allègre, Le Mouël et Courtillot ne connaissaient réellement pas le sujet. C'était évident à la manière dont ils citaient la littérature scientifique. »

L’ « Affaire » est très vite sortie de la sphère franco-française :
Sur le blog « RealClimate », tenu par une dizaine de climatologues américains, Raymond Pierre-Humbert, professeur de géosciences à l'université de Chicago n’a pas mâché ses mots, passant au crible  les erreurs des deux géophysiciens français, et posant la question de savoir si leurs travaux « franchissent la ligne séparant l'erreur simple de la tromperie active ».

Et le pourfendeur du mammouth de faire alors preuve de courage… en protestant vivement d’être associé aux travaux de Vincent Courtillot – son plus proche conseiller quand il était ministre – et de Jean-Louis Le Mouël… Il est vrai qu’en ce temps-là Monsieur Allègre pouvait rêver à quelque fonction élyséenne.

 

Bien embarrassée, l’Académie des sciences a invité au début de cette année Vincent Courtillot. Dans une réunion « en comité secret », il lui a été proposé de se défendre en l’absence d’Edouard Bard…
Et une vingtaine de climatologues - peu représentés au sein de la vénérable institution – de répliquer par une lettre de soutien à Edouard Bard adressée à l'Académie, au ministère de la recherche et à la présidence du CNRS… lettre suivie un mois après par une déclaration de près de 80 climatologues, dont l'Américaine Susan Solomon, vice-présidente du GIEC, adressée à l'Elysée et à Matignon et  manifestant leur « inquiétude » devant la possible entrée au gouvernement « de personnalités ayant remis en cause la pertinence et la qualité des travaux de la communauté scientifique internationale ainsi que la gravité du risque climatique »…
La sérénité n’est donc pas de mise dans un débat qui nous concerne tous.
Mais une certitude se dessine : les climatologues ont le sang chaud…
Et depuis on n’entend plus la douce musique « sarkozienne » :
« Claude Allègre est un homme avec qui j'aimerais un jour travailler. C'est un grand scientifique. Il veut changer les choses. »

Simon de Quoisiry, le 15 mai 2008

Edouard Bard, né en 1962, climatologue français, titulaire de la chaire « Évolution du climat et de l'océan » au Collège de France à partir de 2001.
Après des études d’ingénieur géologue (ENSG 1983-1985), il poursuit ses recherches au Commissariat à l'énergie atomique (CEA) de Gif-sur-Yvette (thèse de doctorat) puis à l’université Columbia de New York et ensuite à l’université Aix-Marseille III.
1991 Habilitation à Diriger des Recherches, Université Aix-Marseille III
1987 Doctorat en Sciences, Université de Paris XI Orsay
1985 DEA de Géochimie Appliquée, Université de Nancy
1985 Diplôme d'Ingénieur Géologue, ENSG, Nancy
Il est membre du Conseil de l'Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (AERES).

Vincent Courtillot, né en 1948, professeur de géophysique à l'université Denis-Diderot, est diplômé de l'Ecole des Mines de Paris et des universités de Stanford, Paris 6 et Paris 7. Il a enseigné à Stanford, Santa Barbara et au CalTech. Il a été directeur de la recherche et des études doctorales, président   de l’European Union of Geosciences, conseiller spécial du Ministre de l'Education Nationale, de la Recherche et de la Technologie puis directeur de la recherche du Ministère. Depuis 2002 il préside le conseil scientifique de la Ville de Paris.

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La Terre Bleue
de Klein

Pourquoi une rubrique consacrée à l'Ecologie chez les Manants du Roi ? Parce que le développement durable est dans la nature profonde de la royauté, et qu'il n'existe pas de régime plus naturel qu'elle lorsqu'elle place la naissance à l'origine du pouvoir.
 
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