|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
La terre est plate, c’est bien connu !
Une belle « disputio » s’est déroulée sans qu’il en fût fait de grands échos dans les médias « audio-visuels » en décembre 2007. Et elle se poursuit…
Vincent Courtillot et Jean-Louis Le Mouël qui apportent leur caution dans la négation du rôle des gaz à effets de serre, de Claude Allègre, ne sont pas des inconnus pour les amateurs de belles gaffes. Le professeur au Collège de France ne baisse pas la garde face aux spadassins de l’ancien ministre. Edouard Bard a co-signé avec Gilles Delaygue un article publié dans la revue
« Earth and Planetary Science Letters » dans lequel ils répondent à un précédent article de Vincent Courtillot et son équipe, article dans lequel ils s’attachaient à démontrer que le climat est modulé par des interactions entre la magnétosphère terrestre et le rayonnement solaire. Pour les spécialistes, l’étude de ces relations entre Soleil, champ magnétique terrestre et climat n’a rien d’incongru. Les climatologues introduisent dans leurs modèles bien d’autres facteurs que les sempiternels « effet de serre » liés aux éruptions volcaniques, aérosols, calottes polaires ou cycle de carbone, et n’omettent jamais la variabilité du Soleil, sous haute surveillance par satellite depuis 1978. Vincent Courtillot, dans sa « démonstration », affirmait reprendre une courbe des températures de la planète établie par Philip Jones de l’Université d’East Anglia et du Hardley Center. Référence des références dans les calculs pour la reconstruction des températures au XXeme siècle.
Edouard Bard, empêcheur de tourner en rond, a fait valoir que la courbe retenue par Courtillot n’était pas la célèbre courbe de Jones ! Et que les différences entre la vraie courbe et la « fausse » n’étaient pas de l’ordre de quelques broutilles…Mérite de cette « fausse » courbe ? Appuyer tout simplement l’hypothèse de nos spadassins géophysiciens…
Vincent Courtillot ne s’est pas démonté et a déclaré s’être trompé de référence… Et de reprendre une autre courbe ! Et de se tromper une fois de plus en s’appuyant sur une courbe des températures estivales au nord du 20° nord, sur les continents, et non de l’ensemble de la planète… « perseverare diabolicum » ? Tout pour permettre à Edouard Bard de s’en donner à cœur joie ! Et le Professeur au Collège de France ne sait plus où donner de la tête : Mais pourquoi, s’interroge Edouard Bard, n’avoir inscrit sur le graphe que les données postérieures à 1950, alors que la figure démarre en 1900 et que la courbe de Solanki couvre tout le XXe siècle ? Serait-ce encore un oubli ? Une étourderie ? Anguille sous roche ! La raison en est simple : l’omission permet de fabriquer un artefact statistique où apparaît une corrélation étroite entre la courbe des températures et celle de l’éclairement solaire. Mais, si l’on prend en compte tout le siècle, la corrélation devient peu convaincante. Croyez-vous que nos spadassins ont déposé les armes ? Point du tout ! L’équipe de Courtillot ne pouvant pas nier ses « erreurs » a déclaré s’être trompée de référence et que la courbe de Solanki est la courbe… de Tobiska publiée en 2001… Nos spadassins seraient-ils sortis de leur mauvaise posture ? Que non ! Leur défense s’est avérée ridicule, car l’astrophysicienne Judith Lean (US Naval Laboratory, Washington) a démontré dès 2002 que la courbe de Tobiska ne représente que la composante ultraviolette du rayonnement solaire.
Autant vous dire que la « communauté scientifique » ne sourit plus et s’interroge Ne pas tenir compte de données connues et contredisant l’hypothèse défendue participe des péchés condamnés par l’éthique de la recherche… Les faits relevés par Edouard Bard - bien plus nombreux que ceux qui sont retenus ici - ne se limitent pas à des erreurs de géophysiciens s’engageant sur un terrain qu’ils connaissent peu. Pour la « communauté » et les institutions scientifiques la ligne jaune est franchie. Depuis plus d’une année, la guerre fait rage au sein de la « communauté » des climatologues et des scientifiques. Difficile au commun des mortels d’entrer dans les débats et de saisir les subtiles données que les uns et les autres avancent.
Un débat a eu lieu le 5 mars 2007 à l’Académie des Sciences, débat auquel des scientifiques de renom ont été invités. Le climatologue Phil Jones, (université d'East Anglia, Royaume-Uni) qui s’est déplacé reconnaissait après coup qu'il aurait « réfléchi à deux fois avant de venir » s'il avait connu l'exacte teneur de la réunion… et de nous mettre dans la confidence : « L'ambiance était très particulière. Allègre, Le Mouël et Courtillot ne connaissaient réellement pas le sujet. C'était évident à la manière dont ils citaient la littérature scientifique. » L’ « Affaire » est très vite sortie de la sphère franco-française : Et le pourfendeur du mammouth de faire alors preuve de courage… en protestant vivement d’être associé aux travaux de Vincent Courtillot – son plus proche conseiller quand il était ministre – et de Jean-Louis Le Mouël… Il est vrai qu’en ce temps-là Monsieur Allègre pouvait rêver à quelque fonction élyséenne.
Bien embarrassée, l’Académie des sciences a invité au début de cette année Vincent Courtillot. Dans une réunion « en comité secret », il lui a été proposé de se défendre en l’absence d’Edouard Bard… Edouard Bard, né en 1962, climatologue français, titulaire de la chaire « Évolution du climat et de l'océan » au Collège de France à partir de 2001. Vincent Courtillot, né en 1948, professeur de géophysique à l'université Denis-Diderot, est diplômé de l'Ecole des Mines de Paris et des universités de Stanford, Paris 6 et Paris 7. Il a enseigné à Stanford, Santa Barbara et au CalTech. Il a été directeur de la recherche et des études doctorales, président de l’European Union of Geosciences, conseiller spécial du Ministre de l'Education Nationale, de la Recherche et de la Technologie puis directeur de la recherche du Ministère. Depuis 2002 il préside le conseil scientifique de la Ville de Paris. |
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
©
lesmanantsduroi - Tous droits réservés. |
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||