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"Il y a des réserves de productivité"...

Où? A l'hôpital! Propos d'un fin connaisseur puisqu'il s'agit du conseiller social de l'Elysée Raymond Soubie... Pour la première fois les effectifs de l'hôpital public sont à la baisse. Nos hôpitaux sont des "monstres". Pas tant de vous abandonner souvent dans quelques couloirs ou de vous promener tel Dédale... Quelques chiffres et bien des questions sans réponse...

A tout seigneur tout honneur!

L'AP-HP, Assistance publique-Hôpitaux de Paris, plus grand établissement de France, emploie près de 92 000 salariés avec un budget qui approche 6,5 milliards d'euros. Pertes estimées pour 2009? 90 millions d'euros...

Il est prévu de supprimer un millier de postes en 2010 et de faire bien mieux encore en 2011 et 2012...

Devant la menace de démission de 900 médecins- démission de toutes leurs fonctions administratives -, le ministre Bachelot joue la montre:
si restructurations et  nouvelles suppressions de postes sont envisagées à l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) et si les décisions pourraient être prises en juin ou juillet, "mais encore rien n'est bouclé"... (charabia de ministre)

Courant janvier 2010,

Benoît Leclercq - directeur de l'AP-HP-, avait estimé mi-janvier que l'AP-HP devrait "effectivement supprimer entre 3.000 et 4.000 postes...La moitié environ concernera les soignants et les médecins, l'autre moitié le personnel administratif"

A Marseille, l'ambiance n'est guère meilleure...
Si l'Assistance publique des Hôpitaux de Marseille emploie 14 200 salariés, il manquerait 200 postes d'infirmiers/infirmières aux dires des syndicats.
Les "35 heures", chères à Madame Aubry, ont fait des ravages...
Le déficit de l’AP-HM n'aura été "que" de 46 millions d'euros en 2009 après  58 millions en 2008...

Lyon, avec ses Hospices civils (HCL), n'est pas à la fête. Un effectif qui serait de 17 000 salariés. Des pertes? Plus de 80 millions d'euros pour le deuxième CHU de France. D'ici 2013, les effectifs devraient être allégés de 800 personnes, départs à la retraite obligent... Remplacement?
Y-a-t-il un mot plus obscène?

Caen pourrait recueillir la palme avec son CHU à "5300 agents". Et un déficit qui a caressé les 28 millions d'euros.
Nice n’a pas à rougir mais le malade est sur la bonne voie:
36 millions de déficit en 2007, 21 millions en 2009. Un retour à l'équilibre est espéré dans cinq ans. Mais à quel prix?
Rennes qui perdait 10 millions d'euros en 2008 ne devrait en perdre que 6 en 2009...

Le Havre serait aussi à bon vent, nous dit-on, après un déficit de 14 millions d'euros en 2008, celui-ci devrait être "nettement réduit". La suppression de 387 postes sur 3500, entre 2008 et 2012, devrait aider...

A Toulouse, malgré les tensions provoquées par une réelle pénurie d'infirmières, la direction affirme que le CHU est revenu à l'équilibre en 2009...
Le mot d'ordre, de tous côtés, est à la réduction de la masse salariale, laquelle représente pas loin de 70% des charges...
Soit? Nos hôpitaux sont bien malades... Bien des pudeurs empêchent d'en énumérer toutes les causes... Mais la définition d'une véritable politique de santé n'est pas à l'ordre du jour...

Léon Areva, le 15 février 2010

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