vendredi 12 mars 2010

Nouscontacter


Les archives

Effectuer
unerecherche
surlesite :


Pourrecevoir
laLettre
desManantsduRoi,
j'inscrismon
adressecourriel :

 

 

Plaidoyer « pro domo »?

La France souffre. Tous en conviennent, à « gauche », à « droite » en « haut », en « bas »... Les Français « bien souvent ne se parlent plus, ne s'écoutent plus, ne se respectent plus ». La cause serait simple: « Parce qu'ils ne se connaissent pas et qu'ils ont donc peur les uns des autres. »

Se connaître! Quel beau vœu! La France aurait-elle donc si peu de mémoire? Mais c'est des « Français » qu'il s'agit... Les Français pourraient-ils se connaître sans connaître la France?

Un bel exercice de « fil de fériste » de Monsieur Copé. Une de ses recettes pour nous  guérir de ce mal? « Il est temps d'organiser un gigantesque groupe de parole permettant aux Français de renouer le dialogue entre eux, au-delà des réunions de préfecture ». -Et pan! sur le nez d'Eric Besson...

Les quatre fissures dont souffre la France, dixit le Docteur Folamour Copé...

Quatre fissures donc, qui font plus que lézarder la France. La réflexion n'est pas sans intérêt au-delà de l'ambiance électorale...

Nous reviendrons sur ces quatre fissures qui n'abordent pas l'essentiel...

Portemont, le 30 janvier 2010

Copé : «la France souffre de quatre fissures»

Jean-François Copé | Vendredi 22 Janvier 2010 Marianne

Ce dont la France souffre, entre autres maux, c’est que les Français bien souvent ne se parlent plus, ne s’écoutent plus, ne se respectent plus. Parce qu’ils ne se connaissent pas et qu’ils ont donc peur les uns des autres. Il est temps d’organiser un gigantesque groupe de parole permettant aux Français de renouer le dialogue entre eux, au-delà des réunions de préfecture. Cette dynamique devrait s’amplifier pour mener le débat partout et l’élargir au maximum, bien au-delà des questions liées à l’immigration. Tous les Français sont concernés par quatre fissures particulièrement préoccupantes pour la communauté nationale.

La première concerne les tensions liées aux différences d’origines. Elle amène à ouvrir le débat entre « multiculturalisme » et « assimilation ». Ne l’éludons pas. L’assimilation a réussi dans la première partie du siècle dernier. Aujourd’hui, on ne demande plus à personne de se dépouiller totalement de sa culture d’origine pour devenir français. Mais le « droit à la différence » des années 80 a donné cours à des dérives à mille lieues de notre conception de la République. Quel nouveau modèle d’intégration inventer pour sortir de l’échec des dernières décennies et mieux valoriser chaque Français, quelles que soient ses origines ou ses convictions ?

La deuxième fissure concerne les différences entre France rurale et France urbaine, entre centres-villes et périphéries, entre métropole et outre-mer. Plusieurs mondes cohabitent dans un même pays, sans se comprendre. Loin des villes, des pans entiers de notre territoire se sentent méprisés. Inversement, les citadins ont parfois l’impression de payer pour les autres tandis que les ruraux auraient une meilleure qualité de vie. Ces incompréhensions affaiblissent l’équilibre de notre pays.

La troisième fissure porte sur la place des femmes. Certains considèrent que c’est une question mineure. D’autres ne supportent pas les inégalités touchant les femmes, dans tous les domaines. A mon sens, le degré de modernité d’une société se mesure à la place accordée aux femmes. C’est un combat d’une actualité brûlante. Il explique par exemple mon engagement contre la burqa, ou, dans un autre domaine, pour la parité dans les conseils d’administration des entreprises.

La quatrième fissure porte sur le clivage entre les jeunes et leurs aînés. Dans les familles, l’horizon de la transmission est trop souvent remplacé par des relations fondées sur les seuls enjeux financiers.
D’une génération à l’autre, on s’échange de l’argent, faute de mieux… Les aînés culpabilisent de laisser aux plus jeunes une dette publique considérable, un système de protection sociale sans financement viable, une planète abîmée… Les plus jeunes reprochent à leurs aînés leur insouciance.
Ce problème de solidarité intergénérationnelle peut prendre une tournure dangereuse si on donne l’impression de favoriser les « seniors » contre les « jeunes ».

Ne pas oublier la question sociale

Ces fissures ne sont pas un prétexte pour éluder la « question sociale ». La justice sociale est évidemment un élément essentiel de notre cohésion nationale. Mais je refuse l’enfermement dans les oppositions caricaturales de la lutte des classes. Je cherche donc une approche qui permette de construire une France rassemblée, où chacun redécouvre les vertus de la fraternité, où chacun est au clair sur ses droits et ses devoirs, où chacun retrouve la conviction que la réussite est possible pour lui, pour ses proches et pour son pays.

J’ai le sentiment qu’en attaquant de front ces quatre fissures, comme j’essaye de le faire à Meaux – par l’engagement pour la sécurité et la mixité sociale, par la création de zones franches favorables à l’emploi, par la multiplication des occasions de rencontre entre les habitants de différents milieux –, on réduira les tensions et on renforcera l’égalité des chances.
Concilier unité et diversité, cela a toujours été un grand défi pour la France.

Transmettre à un ami
Imprimer
Réagir


 

 

 
© lesmanantsduroi - Tous droits réservés.