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« Homme de l’année 2009 »…

Dans la catégorie « religion ». Et nous préciserons que nous sommes en Russie. Le nominé n’est autre que Sa Sainteté le Patriarche Cyrille de Moscou et de toutes les Russies. Une distinction pour sa contribution exemplaire à la renaissance spirituelle de la Russie. Marx, Lénine et tous leurs héritiers doivent se retourner dans leurs tombes et c’est très bien ainsi ! Imaginons qu’en France… Et Sa Sainteté le Patriarche Cyrille d’aborder le questionnement de l’identité nationale et culturelle, de l’indépendance de la Patrie…

Une belle occasion pour présenter à tous nos frères orthodoxes une Sainte,  belle et heureuse année 2010 !

Rappelons que le Patriarche Cyrille avait été nommé à l’âge de 25 ans représentant de l’Église orthodoxe russe au Conseil œcuménique des Églises, en 1971.
Ancien Métropolite (archevêque) de Smolensk et Kaliningrad, il est l’auteur de :
« L’Évangile et la liberté. Les valeurs de la tradition dans la société laïque. ». Il a également été l’initiateur de l’élaboration de la doctrine sociale de l’Eglise russe.

Regards sur le Monde Russe… De l’identité nationale et culturelle, de l’indépendance de la Patrie…

Portemont, le 27 janvier 2010

Discours de Sa Sainteté  le Patriarche Cyrille
à l’occasion de l’ouverture officielle de la 3ème Assemblée du Monde Russe.

Aujourd’hui, la mondialisation, comme on dit maintenant, lance avant tout des défis aux concepts même d’identité nationale et culturelle. Les représentants des différentes cultures sont confrontés à l’alternative suivante : ou bien rejoindre ces puissants projets planétaires et s’y fondre, ou bien rester soi-même des entités intrinsèques indépendantes et capables d’établir ses propres rapports avec le monde.

Le Monde Russe peut-il se garantir d’un rôle significatif dans l’arène mondiale, aujourd’hui et à l’avenir? Je suis persuadé qu’il le peut. L’exemple de ce qu’il faut faire pour y parvenir nous est donné par nos ancêtres. Après plusieurs années de désordre institutionnel et de troubles, en l’année lointaine 1612, nos aïeuls ont réussi à rassembler leurs forces et à défendre l’indépendance de leur Patrie, de leur mode de vie, ou, si vous voulez, de leur civilisation.

Proclamation de Kouzma Minine à Nijni Novgorod


Le Temps des Troubles

Un sursaut national agite alors la Russie et les milices populaires se soulèvent contre les troupes polonaises. Le 22 octobre 1612, l'armée russe, précédée par la célèbre icône de la Vierge de Kazan, rentre à Moscou et en chasse les Polonais.

La Vierge de Kazan

Le métropolite Cyrille de Rostov remplace le patriarche Hermogène prisonnier et préside le gouvernement provisoire.
En janvier 1613, un nouveau Sobor est réuni afin d'élire un nouveau souverain ; après l'éviction des candidatures de Ladislas Wasa, de Sigismond III et du prince Philippe de Suède, plusieurs candidatures sont évoquées, dont celle du prince Mstislavski. Mais le 7 février 1613, le Sobor élit Michel Romanov, jeune fils du patriarche Philarète, résidant au monastère Ipatief ; il est proclamé tsar le 21 février suivant.

C’est par ce moyen qu’ils ont pu garder leurs aspirations vers un idéal de vie élevé. Et, aujourd’hui, la même mission, capitale pour notre survie, nous incombe : nous devons tous ensemble préserver le Monde Russe éparpillé dans tous les coins de la planète.

Pour cela, il est nécessaire de comprendre clairement ce que représente aujourd’hui le Monde Russe.

Il me semble que considérer la Fédération de Russie, dans ses frontières actuelles, comme son unique centre, c’est être en décalage avec la situation historique, c’est nous couper artificiellement de millions de personnes qui se sentent concernés par le destin du Monde Russe.

Le noyau de ce Monde Russe est composé  aujourd’hui de la Russie, de l’Ukraine, de la Biélorussie, et Saint Laurent de Tchernigov a bien exprimé cette idée dans une phrase célèbre: « La Sainte Russie, c’est la Russie, l’Ukraine, la Biélorussie. »

C’est précisément cette perception du Monde Russe qui est aujourd’hui ancrée dans la conscience contemporaine de notre Église. Notre Église ne s’appelle pas Russe selon un critère ethnique.
Ce qualificatif indique que l’Église Orthodoxe Russe exerce une mission pastorale parmi les peuples qui acceptent la tradition spirituelle et culturelle russe comme le fondement de leur identité nationale ou du moins comme une de ses composantes majeures. C’est en ce sens que nous considérons la Moldavie comme une partie de ce Monde Russe. En même temps, l’Église Russe est la communauté orthodoxe la plus multinationale du monde et elle s’efforce de développer ce caractère multinational.

Lors du dernier Concile de notre Église, on a eu le plaisir d’entendre les organisateurs et les participants parler entre eux en japonais, en allemand, en anglais, en français, en ukrainien et en moldave. En tant que chef spirituel de l’Église, j’ai eu l’occasion de visiter, en dehors des diocèses de Russie, des pays qui forment la colonne vertébrale de la Russie historique : je suis allé en Ukraine et en Biélorussie et je tiens à vous faire part brièvement ici de mes impressions sur ces visites, surtout en Ukraine. Beaucoup de personnes m’avaient mis en garde et avaient alerté l’opinion publique en annonçant que ce voyage allait engendrer des actes de provocation, des manifestations massives de forces nationalistes, des résistances de la part de certains représentants de l’autorité. Mais l’évènement a démontré une nouvelle fois que, malgré les conflits entre États et malgré les divergences politiques, nous continuons de former spirituellement, je veux le souligner encore une fois, de former spirituellement un seul et même peuple et nous demeurons  majoritairement des enfants de l’Église Orthodoxe Russe.

Mes paroles ne signifient pas que l’Église Russe conteste les frontières existantes entre les États. Bien sûr, on est forcé de constater que ces frontières, à l’heure actuelle du moins, compte tenu de toutes les situations frontalières, créent des obstacles inutiles entre les peuples du Monde Russe. Il n’est pas rare de voir à la télévision des images attristantes de ce qui se passe en particulier à la frontière russo-ukrainienne et même parfois à la frontière russo-biélorusse alors que ces frontières semblent ne pas exister formellement. Je suis persuadé  que ces obstacles, qui existent ou qui surgissent, affaiblissent le rôle de chacun des Etats et leur rôle au plan international. En même temps, la reconnaissance de la souveraineté peut nous aider à préserver en toute responsabilité notre propre originalité et à instaurer de nouvelles formes de notre vie communautaire selon des principes d’égalité et de respect mutuel.

La souveraineté des pays européens actuels ne les empêche pas de construire entre eux des liens très  étroits en tant que membres de l’Union Européenne.
 Les pays formant la Russie historique ont des raisons plus profondes encore de développer des processus d’intégration : ils appartiennent à un même espace de civilisation, dans le cadre duquel se sont accumulées des valeurs, des connaissances et une expérience permettant à nos peuples d’occuper toujours une place importante dans la grande famille de l’humanité.
Comment peut-on définir cet espace commun de civilisation du Monde Russe malgré le fait qu’il n’y ait pas aujourd’hui d’institution politique commune ?
Dans les fondements du Monde Russe se trouve la foi orthodoxe que nous avons reçue sur les fonds baptismaux communs de Kiev. Grâce au choix historique du Prince Saint Vladimir, nos ancêtres ont rejoint la famille des peuples chrétiens et ils ont commencé à construire une Russie unie puissante.

Baptême de Saint Vladimir

Les Saints innombrables – évêques, princes, boyards, prêtres, moines, gens du peuple  – nous ont enseigné à aimer Dieu et notre prochain, à craindre le péché et le vice, à aspirer au bien, à la sainteté et à la vérité.

Il s’agit en réalité de la construction de valeurs spirituelles profondes fondamentales qui sont devenues réalité dans la vie historique de notre peuple. Malgré toutes sortes de péripéties, ces valeurs sont restées les points de repère de la vie de la nation à toutes les époques et c’est la raison pour laquelle notre peuple a été désigné comme le peuple qui porte Dieu en lui. Non pas parce- que le peuple était saint – il y a chez nous autant de pécheurs que dans les autres pays – mais à cause de ce système de valeurs de notre histoire. C’est bien pour cela que notre terre s’est appelée la Sainte Russie.

Saint Serge

Pour un Russe, il est impensable d’opposer comme « ukrainien » le Prince Vladimir de Kiev, égal des Apôtres, au vénéré Saint « russe » Serge de Radonège (je dis « russe » entre guillemets bien sûr), le vénéré Prince russe Alexandre Nevski à la vénérée biélorusse Ephrossinia Polotskaïa … Cela ferait tout simplement sourire et ressemblerait à une plaisanterie. Ce sont des Saints de la Terre Russe et c’est la raison pour laquelle nous devons conserver l’unité de l’Église Russe, vénérer les Saints communs, visiter les lieux saints du Monde Russe…

Biélorussie

Durant mes voyages en Biélorussie et en Ukraine, j’ai été frappé de voir le nombre considérable de personnes voulant assister aux offices – des dizaines de milliers voulaient prier avec leur Patriarche.

Le Patriarche de Moscou et de toutes les Russies en Azerbaïdjan

La communauté orthodoxe joue un grand rôle pour maintenir la foi. Aujourd’hui, dans toute la Russie, de nouvelles églises sont restaurées ou construites, de nouveaux monastères ouverts ou fondés. Pour ses fidèles qui se sont retrouvés expatriés pour différentes raisons et à différentes époques, notre Église ouvre des paroisses dans de nombreux pays du monde. Le nombre de ces paroisses continue d’augmenter et avoisine le chiffre de 600.  Le développement des communautés à l’étranger est un puissant facteur pour freiner l’assimilation des Russes. La vie religieuse focalise les forces spirituelles et culturelles de nos compatriotes. Le destin historique de l’Église Russe hors frontières est l’exemple même de cette  fidélité à la tradition orthodoxe russe. En ayant su préserver les valeurs spirituelles et culturelles du monde Russe loin de la Patrie, les hauts dignitaires, les prêtres et les laïcs contribuent aujourd’hui de manière précieuse à unir tous les Russes vivant à l’étranger.

L’attachement des Russes à leur foi et leur respect de la foi des autres a attiré en Russie des représentants de nombreuses confessions et de nombreuses nations. Dans l’Etat russe, les concitoyens d’autres religions et d’autres nationalités ont toujours eu la possibilité d’atteindre les plus hautes situations sociales. Qu’il me suffise d’évoquer quelques noms : le baron Piotr Chafirov, le général Mikhaïl Barclay de Tolly,

Le prince “feld-maréchal” Mikhaïl Bogdanovitch Barclay de Tolly

le Khan Hussein Nakhitchevanski, le prince Alexandre d’Oldenbourg, le navigateur Ivan Krusenstern, l’architecte Constantin Ton, le peintre Isaak Lévitan. Ils n’étaient pas russes mais ils considéraient la Russie comme leur Patrie et ils l’ont fidèlement servie de manière désintéressée.

Les valeurs de la foi dans la vie personnelle et publique sont devenues encore plus importantes pour les responsables de Monde Russe après les décennies de domination de l’athéisme d’état. Je suis profondément convaincu qu’en Russie, comme dans les autres pays de la Russie historique, il ne sera plus jamais possible d’imposer le sécularisme forcé, l’anticléricalisme militant comme mouvement social d’ampleur et à plus forte raison comme politique d’état.
La culture russe et la langue russe représentent le second vecteur du Monde russe. Un Russe, un Tatare, un Ukrainien, un Géorgien, peut appartenir à la culture russe car elle a intégré des traditions de nombreux pays. La culture russe est un phénomène qui dépasse les frontières d’un seul état et d’une ethnie, elle n’est pas liée aux intérêts d’un état, il est important de comprendre cela. L’organisation du Monde Russe n’est pas un instrument d’influence politique de la Fédération de Russie. Elle a d’autres objectifs et d’autres missions.

L’esprit de xénophobie et de chauvinisme est étranger à la culture russe authentique, comme le désir d’étouffer les autres cultures. S’il en était autrement, jamais il ne serait né un peuple issu du mélange des innombrables tribus de la Russie de Kiev et nous n’aurions pas conservé jusqu’à aujourd’hui nos innombrables groupes linguistiques et ethniques.

La langue russe représente un élément de communication essentiel du Monde Russe. Pour comprendre le rôle de la langue russe il faut bien connaitre sa genèse. Je voudrais rappeler que la langue russe est le fruit des efforts communs de personnes de différentes nationalités. Elle s’est créée comme moyen de communication entres différents peuples. C’est la raison pour laquelle il faut s’efforcer de conserver et de divulguer ce bien commun. En premier lieu, il est essentiel de créer de bonnes conditions pour apprendre le russe et faire connaitre la culture russe aux nombreux compatriotes vivant à l’étranger.

Nicolas Gogol

On ne peut pas imaginer qu’il pourrait exister une littérature russe sans Nicolas Gogol ou sans Vladimir Dal, ukrainiens de naissance, et sans d’autres personnalités de différentes nationalités.

Enfin, troisième pilier du Monde Russe : une mémoire historique et des conceptions identiques de l’évolution de la société. L’œuvre collective des peuples de Russie et de ceux qui ont constitué avec eux un tout unique pendant des siècles a produit un mode de vie en société que le monde entier associe à la tradition russe.

Nos peuples ont fortement conscience d’une continuité dans la transmission de l’héritage historique depuis l’époque de la Russie kiévienne jusqu’aux actuelles Russie, Ukraine, Biélorussie, Moldavie et autres pays de l’espace historique russe. Nos ancêtres ont, ensemble, construit et développé la Russie, la défendant des envahisseurs étrangers. Ce fut ainsi pendant toute l’existence de notre Patrie unie, indépendamment du régime politique en vigueur. Durant les siècles de vie commune se sont forgés des points de vue identiques sur la construction de la société. Les peuples du Monde Russe ont, au fil des siècles, construit une société sur des valeurs telles que la fidélité à Dieu, l’amour de la patrie et du prochain, la justice, la paix entre les peuples et les religions, l’aspiration au savoir, l’amour du travail, le respect des anciens. En 2000, l’Église orthodoxe russe s’est appliquée à systématiser toute cette expérience accumulée dans la construction d’une société sur la base d’une conception orthodoxe du monde, en adoptant des textes appelés « Principes ». L’année dernière, un nouveau document a vu le jour : « Principes de l’enseignement de l’Église orthodoxe russe concernant la dignité, la liberté et les droits de l’homme. » Ces deux documents sont le fruit des travaux de l’Église russe toute entière. De hauts dignitaires de l’Église,  des prêtres, des laïcs, des fidèles, des scientifiques de tous les pays canoniquement rattachés au Patriarcat de Moscou ont participé à leur élaboration. Ces documents revêtent une grande importance non seulement pour l’Église russe mais encore pour l’ensemble du Monde Russe. L’originalité de la civilisation russe, qui s’est formée sur la base de l’orthodoxie mais également avec l’effort d’autres religions traditionnelles, a assuré à nos peuples la liberté et l’indépendance qui leur ont permis de tracer leur destin historique. Nous devons avoir clairement conscience du caractère unique de ce mode de vie russe et devons, non seulement le mettre en action dans les pays où la culture russe est dominante, mais encore en témoigner largement au-delà de ces frontières, en particulier dans le contexte de crise spirituelle et morale que traverse actuellement l’humanité.

Mais nous ne devons en aucun cas perdre ces éléments originaux, lumineux, forts et significatifs qui caractérisent notre tradition et en constituent l’essence et la richesse. Si nous perdons cela, il ne nous restera plus alors que poupées russes et samovars.

Dans les époques antérieures, ce mode de vie était renforcé par des frontières étatiques et une aire géographique commune à nos peuples, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Cependant, les Etats indépendants qui occupent l’espace historique de la Russie et qui ont conscience d’appartenir à une civilisation commune pourraient continuer à construire ensemble ce Monde Russe et le considérer comme leur projet national commun. On pourrait même à ce propos introduire une notion telle que « pays du Monde Russe ». Cela signifierait que le pays se considère comme faisant partie du monde russe, si la langue y joue le rôle de moyen de communication entre les différentes nationalités, si la culture russe s’y est maintenue vivante, si se sont conservés une mémoire historique commune et des points de vue identiques sur la construction de la société. Ce que je propose ici n’a d’ailleurs rien de nouveau, ce sont les principes sur lesquels reposent des communautés comme le Communwealth britannique, l’union des pays francophones ou celle des pays lusophones et des pays latino-américains.

Pour que le Monde Russe constitue une entité structurée et non un groupement informel, il faut agir sur plusieurs niveaux. Nous devons, avant tout, nous appuyer sur l’interaction entre les sociétés civiles des pays du Monde Russe. Il faut reconnaitre également le rôle essentiel des élites de ces nouveaux états indépendants créés sur l’espace de la Russie historique.Car ce sont justement les élites qui exercent une influence prépondérante sur la société et décident de son orientation dans telle ou telle direction. C’est pourquoi il importe d’établir un code de relations solides entre les élites des pays du Monde Russe.
Ces rapports doivent impérativement reposer sur une éthique. Nous devons trouver un mode de relations qui exprime le respect mutuel, excluant tout paternalisme, toute tentative de jouer le rôle de « grand frère » et qui mette en valeur les intérêts nationaux de chaque pays en traduisant les efforts communs faits en vue de la construction d’une société fondée sur une tradition spirituelle et culturelle commune.

Car même les plus grands pays du Monde Russe ne pourront, isolés les uns des autres, défendre leurs intérêts spirituels, culturels et civilisationnels dans le contexte actuel de la mondialisation.

Et je crois que seul un Monde Russe structuré et soudé peut, dans l’arène internationale mondialisée, intervenir comme acteur puissant, plus efficace que tout système d’alliances politiques. J’ajouterai que sans la coordination de l’état et de la société civile, ce but ne pourra pas être atteint.

« Service de presse du Patriarche de Moscou et de toutes les Russies » - 3 novembre 2009

La richesse de la Russie – ce sont les gens
 Le Président du Conseil des Muftis de Russie, le Cheik Ravil Gaïnoutdine a participé  à la troisième Assemblée du Monde Russe à Moscou, le 3 novembre 2009.

 

Dans le Coran sacré il est dit: « Entrez tous ensemble dans le Monde! », ce qui signifie: vivez tous en paix en ce monde!
Au cours des siècles en Russie, les représentants des différentes religions ont toujours su vivre dans un climat de paix, tout en conservant la Foi de leurs Pères, les traditions et la culture de leurs peuples, partageant les joies communes et surmontant les obstacles et les infortunes.
Nous, musulmans russes, au même titre que les orthodoxes, les Juifs, les bouddhistes considérons appartenir pleinement à ce Monde Russe. Notre Patrie – unique – la Russie, qui englobe de si nombreux peuples, se distingue par sa capacité à unifier tout en maintenant sa diversité et en conservant intacts, l'esprit, l'essence même des peuples. Nous affirmons sans relâche, que la richesse de la Russie se trouve incontestablement dans les gens, dans la multiplicité des langages et des cultures.
Un territoire aussi vaste sur notre planète, s'étendant de Kaliningrad à Vladivostok, de l'Océan Arctique à la Mer Noire, résonne, retentit en un seul mot, unique pour la plupart de nos peuples: la Patrie. Cette grande richesse spirituelle est sans conteste, le fondement essentiel de la Russie.
Nous sommes fiers de l'histoire unique de notre pays, de la volonté ancestrale des peuples à vouloir vivre dans la paix et dans le bien, à  se soutenir dans le chagrin et à partager la joie de son prochain. De ces valeurs, l'Europe n'en prend conscience que maintenant, tandis que chez nous, ce sont des valeurs acquises depuis longtemps déjà, et ancrées profondément dans notre présent; et ce n'est pas un hasard si notre expérience séculaire en terme de coexistence pacifique est étudiée dans le monde entier. Peu nombreux sont les exemples d'une telle diversité et d'une telle capacité à cohabiter en si bons termes; cela ne peut que susciter étonnement et admiration.
Aujourd'hui il ne dépend que de nous de faire perdurer cette spécificité pour l'avenir de nos enfants.
L'histoire de l'humanité regorge d'exemples où se sont succédées des périodes de création et d'effondrement de grandes puissances. Des empires tantôt s'édifiaient, tantôt s'écroulaient. Ils s'écroulaient parce-qu'aucun lien spirituel n'existait: quand un conquérant s'attachait à construire un empire, un autre aussitôt le détruisait pour le refaire ensuite à sa manière. De tout temps, les choses sacrées ont été pour les gens l'élément unificateur.
Le partage en commun des choses sacrées, c'est en quelque sorte le témoignage d'une stabilité véritable d’une civilisation dans l'histoire. Les maîtres spirituels de nos peuples nous enseignent dans différentes langues, les principes fondamentaux: le bien et la justice, l'amour et la clémence. La langue russe est pour nous tous d'une importance capitale. La langue de Pouchkine, Dostoievski, Tolstoï et Tchekhov, inestimable pour le dialogue entre les cultures et les religions; le russe nous rassemble dans un tout unique, révèle les trésors légués par nos prédécesseurs. C'est la langue de l'amitié et de la compréhension mutuelle, en la développant, en y ajoutant toutes les singularités linguistiques propres à chacun des peuples de Russie, nous enrichissons non seulement la langue russe mais également notre culture. Et tout ceci est éclairé par la haute spiritualité de nos peuples.
L'Islam –  la religion traditionnelle des 37 peuples et ethnies de Russie occupe une place émérite au sein du grand Monde Russe. Au cours des siècles de coexistence pacifique, les Musulmans ont investi tout leur labeur et leurs talents dans l'édification de la Russie, et j’en suis persuadé – ils continueront à servir les intérêts de la paix, du Monde Russe, à perpétuer sa prospérité.
Aujourd'hui je peux affirmer la chose suivante: un monde global unique, unissant  pays et peuples du monde entier doit conserver sa diversité constituée des peuples et des cultures.
Vassaliamou aleikoum, va rakhmatoulakhi va barakatoukh!
Que la paix soit avec vous, Grâce du Tout Puissant et sa Bénédiction!

 www.muslim.ruwww.muslim.ru  – 3 Novembre 2009

*La question de la compréhension mutuelle entre églises, qui existait sous l’Empire russe est bien exprimée dans le film : « Nicolas II : le triomphe échoué », réalisation de Pierre Moultatouri. Vous pouvez l’acheter dans notre centre au prix de 10€.


"En matière de religion, on ne peut pas comparer la Russie, par exemple, à la France. Les musulmans russes sont des autochtones et non pas des immigrés arrivant Dieu sait comment en Europe et peuplant des quartiers entiers dans les banlieues parisiennes", estime Albir Krganov, premier vice-président de la Direction spirituelle des musulmans de la Russie centrale.

http://fr.rian.ru/russia/20080519/107767429.html


Film «Les coupoles de l’Europe»
Sa Sainteté le Patriarche Cyrille a donné une interview pour le film documentaire, « les coupoles de l’Europe »  consacré au problème de la conservation des valeurs chrétiennes dans l’Europe d aujourd’hui.

Sa Sainteté le Patriarche Cyrille de Moscou et de la Sainte Russie a été interviewé pour le film « les coupoles de l’Europe » dans le cadre d’un projet commun entre le Centre audiovisuel du Vatican et les Compagnies « RAI Cinema » et « Benetton ». Le film se compose d’une série d’interviews de différents dirigeants politiques et religieux qui s’expriment sur les origines spirituelles de la civilisation européenne et sur le devenir de l’Europe.  Interviendront également le Patriarche Bartholomée de Constantinople, le Pape Benoit XVI et l’Archevêque Roawen Wilms.  Les coupoles des églises ont été choisies par les auteurs comme symbole de la narration, d’où le choix du titre du film.
Répondant à une question des auteurs du film sur l’état de moralité et  de spiritualité de la société en Europe et en Russie, Sa Sainteté a souligné la profonde corrélation entre moralité et religion. D’après Sa Sainteté le Patriarche Cyrille, la tradition spirituelle, même dans la société sécularisée actuelle, « reste comme un certain reflet d’une société religieuse », quant au combat pour la morale, pour les valeurs traditionnelles, construites sur les fondements communs du christianisme, il représente l’objectif essentiel que doivent s’assigner les Chrétiens d’Orient et d’Occident.

Service de communication ОВЦС - 24 novembre 2009


Le premier séminaire

L’inauguration du premier séminaire de l’Église Russe en Europe Occidentale ne pouvait pas passer inaperçue. Ceux qui s’étaient réunis dans cet endroit féérique, situé près de Paris, n’étaient pas tous orthodoxes, loin de là.
Ce fut aussi un évènement pour les Français eux-mêmes : ce n’était pas simplement une action rituelle d’orthodoxes en terre catholique mais un moment privilégié sur la voie de l’amélioration en cours  des relations entre des églises certes séparées mais qui demeurent néanmoins fraternelles.

L’archevêque de Paris, Monseigneur le Cardinal  Vingt-Trois a remercié publiquement, dans son intervention, le Recteur du nouveau séminaire, le Supérieur du monastère  père Alexandre (Siniakov), pour le travail colossal qu’il a accompli et qu’il continue d’accomplir au nom d’une meilleure compréhension mutuelle entre l’ Église Catholique Romaine et l’Église Orthodoxe Russe.

Père Alexandre Siniakov

Le chef du Département des Relations Extérieures de l’Église, l’archevêque Monseigneur Hilarion (Alfeev), venu tout spécialement de Moscou, a souligné lui aussi la contribution du père Alexandre à améliorer l’image de l’Église Russe en Occident.

Très cultivé, ce jeune serviteur de l’Église, représente en effet ici non seulement la nouvelle génération mais aussi le nouveau visage de l’Église Russe. Un visage contemporain et européen, libéré du joug des lourds conflits des temps passés. Cette génération regarde l’avenir avec assurance. Une telle détermination ne peut que réjouir tous ceux qui regardent l’orthodoxie non seulement comme l’incarnation de l’histoire et de la tradition mais aussi comme un organisme vivant qui se développe dans le contexte de l’actualité, répondant aux défis lancés par celle-ci non pas depuis les étagères poussiéreuses des archives mais du point de vue de membre actif des évènements quotidiens.

Dans une intervention improvisée remplie d’émotion,  l’archevêque catholique Monseigneur Dubosc  a parlé d’une manière si merveilleuse du rôle crucial joué par la tradition spirituelle et intellectuelle orthodoxe dans sa vie pastorale et personnelle, que beaucoup de membres de l’assemblée, qui se tenait dans une grande salle comble, avaient les larmes aux yeux. Il a souligné avec une telle finesse l’apport des philosophes et des théologiens orthodoxes issus de l’émigration russe à la pensée chrétienne européenne que cette inauguration, qui se voulait russe, a pris soudain un caractère universel.
Et il ne venait plus à l’idée de personne que le séminaire russe puisse « nuire » à l’Institut de Théologie Saint-Serge, qui affronte une période difficile, ou que l’Église Orthodoxe Russe essaie par quelque moyen de nuire à l’Exarchat de Constantinople. Il ne reste plus qu’une petite minorité « d’opposants habituels » pour avoir de telles idées.

L’archevêque Monseigneur Gabriel (de Vilder), premier dignitaire de l’Exarchat ,ne s’est pas contenté d’ailleurs d’assister simplement à l’inauguration officielle du séminaire mais il a aussi célébré avec  Monseigneur Hilarion et Monseigneur Innocent (É.O.R.) la liturgie divine qui a précédé les cérémonies officielles. Le Métropolite Emmanuel,  représentant du Patriarcat de Constantinople dans l’Union Européenne, est aussi venu à l’inauguration.

C’est ainsi que l’ouverture du premier séminaire de l’Église Russe en Europe Occidentale s’est transformée  en fête pour célébrer l’unité des Églises dont rêve chaque chrétien authentique.

Victor Loupan
« La Pensée russe» N°45 -  décembre 2009

Victor Loupan

Visitez:
http://www.clcr.ru/Francais/index_fr.html

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