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De la France aux yeux bandés…

Pas tant de la France que de certains français. Tout particulièrement ceux qui entendent nous « administrer »… Lever le voile sur les hypocrisies et les inconséquences de la classe politicienne… C’est ce que font les « Amis de l’Information libre » dans le Bulletin qui poursuit la réflexion d’André Noël… Entre la « burqa » et les lois à venir qui en prendront soin et le crucifix des écoles italiennes…

Le poison de la laïcité à la française… laïcisme…

Portemont, le 7 janvier 2010

INTERDIRE LA BURQA ? OUI,

Mais parce que nous sommes en terre chrétienne !
Comment, en France, interdire la burqa, qui ne concerne que des musulmans, tout en prétendant qu’on ne veut point légiférer pour une religion particulière dans un Etat laïc ? Telle est la quadrature du cercle, où l’hypocrisie le dispute à la lâcheté et à laquelle est confrontée la mission parlementaire sur le voile intégral et, par là même, le gouvernement qui veut en transcrire les conclusions dans notre législation. Car, après le temps des consultations et des palabres, viendra celui des décisions législatives.
Nous y serons bientôt, un vote parlementaire devant intervenir au début de l’année 2010.
Lors de l’interdiction du voile islamique à l’école, en 2004, on avait résolu le problème en interdisant tous les signes religieux ostentatoires, proscrivant ainsi la croix et l’étoile de David en même temps que le « tchador ». Chrétiens et juifs furent donc les victimes collatérales d’une loi qui ne voulait en réalité, à l’origine, atteindre que les musulmans.
Cette fois-ci ce sera plus difficile puisque seules des musulmanes sont voilées de la tête aux pieds, les religieuses laissant voir leur visage. Néanmoins, il semble que Nicolas Sarkozy songe encore à une « solution » de ce genre puisqu’il écrit dans sa tribune du « Monde » le 8 décembre : « Chrétien, juif ou musulman, homme de foi, quelle que soit sa foi, croyant, quelle que soit sa croyance, chacun doit savoir se garder de toute ostentation et de toute provocation et, conscient de la chance qu'il a de vivre sur une terre de liberté, doit pratiquer son culte avec l'humble discrétion...»
Ainsi, selon le chef de l’Etat français, les chrétiens qui, en terre musulmane, doivent obligatoirement
« se garder de toute ostentation » et manifester une « humble discrétion » sous peine de sanction, devraient également avoir la même « discrétion » dans la très chrétienne terre de France ! On peut donc se demander si, à défaut de pouvoir interdire le port de la burqa aux juifs et aux chrétiens – et pour cause ! – il leur demande, à eux aussi, de se  « garder de toute ostentation », ce qui pourrait amener à limiter, si ce n’est à bannir, les processions de l’Assomption de la Vierge Marie le 15 août ou les chemins de croix du Vendredi-Saint aux catholiques !

Le gouvernement doit trancher entre deux options. La minimaliste limiterait l’interdiction aux mairies, préfectures, bureaux de poste, à la Sécurité sociale, sans statuer sur l'université, ni sur les transports ou la rue. Il ne serait toujours pas question de l’islam, ni de religion, mais seulement d’état-civil : pour établir ou vérifier l’identité d’un individu, il faut voir son visage.
Version maximaliste : proscription complète, y compris dans la rue. Là encore, pas un mot sur l’islam. L’interdit serait institué au nom de la laïcité, de la dignité de la femme et de l’égalité entre les sexes. Si les islamistes français avaient autant d’humour et d’astuce que certains musulmans iraniens, ils pourraient facilement contourner une telle loi ! On vient d’apprendre en effet que des centaines d’opposants mâles iraniens se sont fait photographier en hidjab, le voile traditionnel iranien, pour protester contre l’arrestation du leader étudiant Majid Tavakoli, accusé de s'être « déguisé en femme » pour quitter l'université Amir Kabir de Téhéran cernée par la police !

Lire :

http://observers.france24.com/fr/content/20091209-leader-etudiant-exhibe-tchador-majid-tavakoli-teheran-manifestation

Si donc leurs homologues français se mettaient à porter la burqa comme leurs épouses, l’égalité homme-femme serait rétablie, l’argument de la « dignité de la femme » infondé.

Plus sérieusement, le seul motif pour lequel il est légitime de refuser le port de la burqa, ce n’est pas la laïcité, la dignité de la femme ou les valeurs républicaines, c’est que la France, avant d’être un pays laïc, est une nation chrétienne depuis près de deux millénaires. C’est pour cela que, même aujourd’hui, voir des religieuses vêtues de leur habit traditionnel (il y en a encore !) ne choque personne. Mais le gouvernement, tout en ne pouvant nier ce fait historique s’efforce de le gommer en refusant que l’Union européenne reconnaisse l’évidence de ses « racines chrétiennes» et, en conséquence, il met sur le même plan toutes les religions pratiquées sur notre territoire. Que le porte-parole adjoint de l’UMP, Dominique Paillé, ait récemment reconnu qu’on ne saurait traiter de la même manière les religions qui étaient « avant » et celle qui sont arrivées « après » (voir notre dernier bulletin) ne change malheureusement rien, ce ne sont là que des paroles dont il ne tire pas les conséquences légales et pratiques...
En l’absence d’une telle justification, l’interdiction ne serait que l’expression d’un intégrisme laïc répondant à un intégrisme islamique. En Iran, entre autres, il existe une police des moeurs islamiques qui interpelle et sanctionne dans les rues les femmes qui ne portent pas le voile ; en France, nous aurions une police des moeurs républicaines qui interpellerait et sanctionnerait les femmes portant la burqa. Quelle différence, sur le principe ?

CRUCIFIX INTERDITS :
A Strasbourg, les élus de l’UMP refusent de soutenir la protestation des italiens

Nous avions signalé à nos lecteurs (Bulletin 2167) la scandaleuse décision de la cour européenne de justice qui, en faisant droit à une plaignante italienne mais d’origine finlandaise, devrait entraîner l’interdiction des crucifix dans les écoles publiques italiennes. Si l’affaire n’a guère eu d’écho ailleurs qu’en Italie, elle est pourtant infiniment plus grave que l’arrêt de la construction des minarets en Suisse ; néanmoins on n’a entendu aucune protestation s’élever de la part de ceux qui dénonçaient l’atteinte à la liberté religieuse dans la Confédération Helvétique.
Mais voilà que l’affaire rebondit au Parlement européen de Strasbourg, à l’initiative d’élus italiens de droite, Forza Italia et Ligue du Nord, qui n’entendent pas que la tradition immémoriale de leur pays soit ainsi bafouée. Ils ont donc déposé une résolution refusant la décision de la Cour de Strasbourg sur les crucifix au nom du principe de subsidiarité inscrit dans les statuts de l’Union européenne.
Autrement dit, cette question religieuse ne relèverait pas de la compétence de la Cour européenne des droits de l’homme qui a prononcé le jugement. La résolution demandait : « La reconnaissance, par l’ensemble des institutions européennes et des organisations internationales, (…) de la liberté des Etats membres d’afficher des symboles religieux dans les lieux publics lorsque ces symboles appartiennent à la tradition et constituent l’identité de leur peuple ainsi qu’un aspect unificateur d’une communauté nationale ». L’un de ceux qui ont rédigé la résolution, Mario Mauro, proche de Silvio Berlusconi, ajoute aussi que l’U.E. et les institutions internationales « ne peuvent pas protéger les droits en refusant les valeurs qui les ont créés ». Mais, le problème est que la « constitution » européenne a refusé de reconnaître ces valeurs chrétiennes qui ont fondé l’Europe, d’où la référence au principe de subsidiarité pour justifier la résolution.
Or, la semaine dernière, les élus européens ont reporté sine die le vote de la résolution controversée, 283 se prononçant en faveur du report alors que 259 ont voté contre. Il appartiendra à la conférence des présidents, qui fixe l’ordre du jour du Parlement européen, d’inscrire à nouveau ou de refuser d’inscrire le vote de la résolution à la prochaine session plénière, en janvier. Nous vous tiendrons naturellement informés.
Il est à la fois intéressant et accablant de constater, ainsi que le rapporte l’AFP, que : « Les élus UMP, bien qu’ils appartiennent au même groupe politique (PPE, Parti populaire européen) que les élus du parti de Silvio Berlusconi, étaient gênés par ce vocabulaire, en plein débat, dans l’Hexagone, sur l’« identité nationale ». La délégation française du PPE comptait s’abstenir, voire voter contre, au nom de la conception française de la laïcité. » Ces élus voudraient donc exporterla laïcité à la française chez nos voisin transalpins ! Nous voilà fixés sur la volonté des élus de l’UMP de défendrel’identité chrétienne de l’Europe et de la France ! En revanche on ne s’étonnera pas de la position des élus socialistesfrançais qui se sont exprimés par la voix de Catherine Trautmann, ancien ministre de la culture de Mitterrand et ex-mairede Strasbourg. Pour elle et ses camarades, le fait même de se prononcer pour contester une décision de justice incitait à votercontre une telle résolution : « Nous n’avons pas à juger ou commenter une décision de la Cour européenne des droits de l’homme », a-t-elle expliqué. En revanche, les élus socialistes italiens ont voté pour la résolution : qu’ils en soient félicités! Eux, quelles que soient leurs convictions politiques, font passer en priorité la défense de leurs traditions religieuses nationales,loin du sectarisme des socialistes français et, hélas ! de la pusillanimité des élus européen de l’UMP.

Le Bulletin d’André Noël Synthèse Hebdomadaire
N° 2170 4
« Le Bulletin des Amis de l’Information Libre »
Droit de reproduction, même partielle, par quelque procédé que ce soit, réservé pour tous pays
Directeur de la publication : Mme Vve André NOEL – Lettre d’information fondée en 1949 par André Noël (†1964), député
Édition & Impression : A.I.L. – Ass.1901 – 23, rue Paul Vaillant-Couturier, 94700 MAISONS-ALFORT – Tél & Fax : 01 49 777 333
E-mail : banoel@wanadoo.fr
 – CPPAP n° : 0510.G86531 – Dépôt légal à parution – ISSN : 1772-0257


André Noël est né le 16 mars 1915 à Maisons-Alfort, dans le Val-de-Marne. Son père meurt au combat au cours de la première guerre mondiale ; c'est donc sa mère qui pourvoit, seule, à son éducation. Après des études au lycée Charlemagne à Paris, il intègre l'Ecole nationale de la France d'outre-mer. Mobilisé en septembre 1939, André Noël est blessé et fait prisonnier par les Allemands en juin 1940 ; il s'évade deux mois plus tard et rejoint les rangs de la Résistance. Pour s'abstraire quelques heures par jour du lourd climat de la clandestinité, il s'adonne à l'écriture de livres pour enfants (Châteaux en Auvergne, Le Pays du roi captif) et de romans policiers (Les Vacances de M. Maistre et Les Crimes de Paillargue).
Il  décède en 1964 à 48 ans dans un accident de voiture en Espagne. Il était père de sept jeunes enfants.

Il fut député MRP du Vaucluse puis du Puy de Dôme (encore l'Auvergne) de 1946 à 1951, tout en créant en 1949 "La lettre d'information politique et économique" qui existe toujours sous le nom de "Bulletin d'André Noël".

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