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Nous persistons...

Cela prendra du temps, mais gageons que bon nombre de musulmans remercieront les Suisses. Nous n'irons pas jusqu'à comparer la votation helvète à la grande « polémique » de Ratisbonne, lancée par le pape Benoît XVI... Mais il s'en faudrait de peu pour qu'enfin soient posées les vraies questions. Qu'elles soient posées au grand jour, posément, hors des considérations électorales qui ne sont jamais bien loin...  L' abbé Guillaume de Tanoüarn le fait, en réponse à un article de Serge Plénier dans France catholique...

Ces questions posées, nous en débattons régulièrement avec des amis musulmans. Des amis « intégrés » dans ce qui reste de la société française... des amis qui parfois font des kilomètres pour aller prier dans telle ou telle mosquée, afin de ne pas être « entrepris » après la prière par des « frères » entreprenants qui tentent de rallier des musulmans qui s'efforcent de vivre leur foi au travers de ce qu'ils trouvent de bon dans le Coran. Des amis qui soupirent quand nous leur citons certaines Sourates... Des amis qui inscrivent leurs enfants dans des écoles « catholiques » (sous contrat...)...

Des amis qui n'ignorent pas qu'il y a le Coran de la Mecque et le Coran de Médine... Et qui ressentent avec douleur la « tragédie » qui en découle...
Merci Monsieur l'Abbé.

Portemont, le 2 décembre 2009

mardi 1 décembre 2009
Réponse à Serge Plénier sur les Minarets
par l'abbé Guillaume de Tanoüarn
Cher Serge,
Dans France Catho, tu viens de pondre un article bien balancé sur le referendum suisse : 57 % des Suisses sont hostiles à la construction de minarets en Suisse. Tu nous expliques que ce résultat, scandale des pouvoirs européens (la Suisse ne fait pas partie de la Communauté) et des Églises européennes (les Suisses se sont f... des consignes de leurs Églises une fois de plus) est un résultat... embarrassant. Tu dis : "Ce n'est pas une bonne nouvelle".

C'est pourtant un résultat... démocratique. 57, 5 % exactement !

Certes ce n'est pas un résultat républicain, au sens où, en France, dans la République française, un tel referendum n'aurait jamais eu lieu. La République, gouvernement de l'unanimité présumée des citoyens (voir le Contrat social de Jean Jacques Rousseau qui a inscrit tout cela dans le marbre) ne peut être que laïque.

Tant que l'islam, minoritaire, apparaît dans l'Hexagone comme un outsider du catholicisme, on ne dira rien à l'islam et le CFCM pourra être colonisé par les intégristes, en toute tranquillité.

Mais enfin, c'est un résultat qui exprime l'esprit d'un peuple habitué à la diversité et qui la vit depuis des siècles, avec ses quatre langues officielles, le français, l'allemand, l'italien et le romanche. C'est un résultat... démocratique.

Face à ce résultat démocratique, on nous refait le coup du sanglot de l'homme blanc, on nous explique que c'est l'homme blanc qui est coupable de ne pas supporter la diversité. Intolérance quand tu nous tiens ! La consternation est universelle. Les Eglises ne manquent pas de joindre leur voix au chœur des pleureuses. Et personne n'ose se demander si une telle marque de méfiance n'a pas sa source dans la pratique de l'islam, religion conquérante et dominatrice, qui à Rome même, a souhaité construire une Mosquée dont les Minarets sont plus haut que la Basilique Saint Pierre.

Le minaret qui était prévu à l’origine du projet était plus haut que la coupole de Saint-Pierre, non en hauteur absolue, mais parce que la mosquée se trouve sur un terrain plus élevé. Le conseil municipal de Rome avait alors exigé que la taille du minaret soit réduite, ce qui fut fait sans que la taille du reste du bâtiment ne le soit proportionnellement, si bien que le minaret n’est pas à l’échelle du reste du bâtiment.

Signe qu'en Italie, pays de paix pour quiconque y est passé ne serait-ce que quelques jours, le Minaret n'est pas un signe de liberté religieuse mais de rivalité religieuse et de pouvoir.

En réalité, si l'islam était une religion de paix, il n'y aurait pas eu le problème des Minarets ni la votation des Suisses. C'est dans la mesure où les textes fondamentaux de l'islam, la Sourate 9 du Coran par exemple, sont des textes de guerre religieuse que les Suisses manifestent leur opposition.

Sourate 9
LE REPENTIR

http://www.portail-religion.com/FR/dossier/islam/

Sourate 9
AT-TAWBAH (LE DÉSAVEU ou LE REPENTIR)
129 versets
Post-Hégire

Ils ne s'opposent pas à la liberté, la tradition libérale en Suisse est bien plus ancienne qu'elle ne l'est en France (où c'est tout juste s'il y en a une). Ils s'opposent à la rivalité religieuse, à la guerre interreligieuse qui sévit en Asie, en Afrique et en Europe, partout où l'islam s'implante.

La votation suisse est un acte de courage collectif. Il faut que l'islam se réforme. Il faut que les textes guerriers de l'islam, les textes appelant au meurtre des infidèles, soient publiquement dénoncés par une sorte de Concile musulman. Et je ne parle pas des textes sur les femmes, qui sont contraires à notre culture chrétienne et contraires à la civilisation.

Je voudrais vous raconter une rencontre avec Mustafa, un Kabyle qui ne mâche pas ses mots. La Kabylie, vieille population méditerranéenne n'en est toujours pas revenue d'avoir été islamisée. Les femmes, me dit-il fièrement, font encore le signe de croix sur leurs enfants nouveaux nés (j'avais déjà entendu cela). Dans son taxi, il m'explique : "Mahomet est un pédophile, il a aimé Aicha qui avait 9 ans". On a continué à parler bien au-delà du temps de la course. Mais ce sont les premiers mots qui ont jailli de sa gorge. J'étais justement en train de lire le livre de Houchang Nahavandi sur Khomeiny (éd. Godefroy de Bouillon, à vous procurer d'urgence) où l'on trouve cette citation de "l'imam" révolutionnaire : "Ne laisse pas ta fille avoir son premier sang entre tes murs". Conseil à un père de famille... Ah ! Si le persan était plus souvent traduit en français...

On me dira : ce genre de procès est trop facile... L'islam n'est pas seulement cela. Je le sais bien. C'est pourquoi une réforme de l'islam est nécessaire, une parole claire qui nous dise jusqu'où il faut prendre le coran au pied de la lettre et jusqu'où leurs hâdiths sont crédibles. Le mépris des Français pour la chose religieuse, leur positivisme viscéral leur font sous-estimer ces problèmes. Éric Besson, ministre de l'Intégration, a déclaré que les Minarets, c'était "une question d'urbanisme" (sic). Un tel mépris pour les religions et pour leur message dans ce qu'il a de spécifique n'est plus tenable aujourd'hui. Un tel propos est une insulte à l'islam de France et à tous ceux qui attachent de l'importance à la croyance. La société française a profondément changé. Le positivisme était jusqu'aux années 80 le fond de la culture du "Céfran", qui méprise souvent la foi chrétienne dont il est issu. Mais le Céfran doit se réformer, doit changer sa vision du monde, s'il veut comprendre ce qui se passe autour de lui.

Cher Serge, je crois vraiment que le referendum suisse méritait mieux que ce voilement de la face que tu viens de pratiquer. Il faut comprendre les Suisses. Il faut comprendre les musulmans et les aider à s'intégrer à nos sociétés individualistes. Dans cette perspective, comme le soulignent les Allemands du CDU et des Italiens proches de Berlusconi (voir le beau papier de Olivier Figueras sur le Blog de Monde et Vie), la votation suisse est un symptôme. Ce n'est pas en cassant le thermomètre que l'on supprime le problème. Le jour où l'islam adopte les Béatitudes, promue au titre de charte des religions... il n'y a plus de problème de Minarets. Mais tant que la Sourate 9 n'a pas reçu son interprétation... tout est à craindre.

On nous obsède médiatiquement avec de fausses peurs, sur fond de milliards d'euros dépensés : ah ! la grippe, son vaccin et Roseline... Tout un sujet.

Les Suisses, je crois, ont montré à l'Europe qu'il y avait des raisons d'avoir vraiment peur, peur de l'archaïsme islamique. On attend tous, qu'on ait ou non le courage de le dire, on attend impatiemment, une vraie réforme de l'islam dans certains de ses textes fondateurs. Je parle d'une vraie réforme : toutes tendances confondues.

http://ab2t.blogspot.com/2009/12/

Les minarets de la peur
lundi 30 novembre 2009

Le vote a créé la stupeur dans toute l’Europe. Ridiculisant les instituts de sondages, ignorants les appels de leurs dirigeants politiques et de leurs Églises, les Suisses ont voté, à une large majorité (plus de 57%), pour l’interdiction des minarets dans leur pays.
Il y a incontestablement une grande part d’irrationnel dans ce vote. Ce n’est pas un hasard si ce sont les cantons où la présence musulmane est la moins forte que le "oui" à l’interdiction a été le plus important. A Genève, dont la mosquée possède un minaret, c’est le "non" (c’est-à-dire l’autorisation des minarets) qui l’a emporté. En outre, pas plus qu’en France, les Suisses ne risquaient d’entendre l’appel à la prière du muezzin lancé du haut de ces tours : en Europe, cet appel est, en général, lancé à l’intérieur même de la mosquée.
Le minaret fait peur. Il fait peur d’abord pour des raisons conjoncturelles : c’est la menace permanente que l’islamisme radical fait peser sur l’Occident depuis les attentats du 11 septembre 2001. C’est aussi, surtout, la hantise de voir la religion musulmane imposer peu à peu ses interdits et sa fameuse charia. Le minaret est en fin de compte perçu comme une intrusion dans un espace marqué par la tradition chrétienne, une intrusion d’autant moins supportable que, dans la plupart des pays musulmans comme l’Arabie saoudite, la construction d’églises est interdite. Et l’on ne parlera pas de la situation des Chrétiens orientaux.
Le vote suisse n’arrange personne. Il embarrasse, et le mot est faible, le gouvernement fédéral qui doit gérer une population de quelque 400.000 musulmans. Ces musulmans risquent aujourd’hui de se sentir stigmatisés, voire discriminés, ce qui ne peut manquer de gonfler les rangs de l’islamisme radical. Il faudrait aussi parler des risques du côté des investissements en provenance du Moyen Orient.
Pour notre pays en plein débat sur l’identité nationale ce vote tombe plutôt mal. Les réactions embarrassées d’un Xavier Bertrand ou d’un Bernard Kouchner en témoignent. De plus, à quelques mois des régionales, il ne manquera pas d’être exploité par le Front national.
Aujourd’hui, une digue est tombée. En votant l’interdiction des minarets, les Suisse ont lancé un triste signal. Désormais, certains propos, certaines attitudes de rejet on trouvé, en France comme en Suisse, et partout en Europe, une sorte de légitimité nouvelle.
Non, décidément, le vote des Suisses n’est pas une bonne nouvelle.

Serge Planier

Lire aussi dans « France catholique » l'article de Gérard Leclerc

Le résultat du référendum de la Confédération helvétique constitue un véritable coup de tonnerre dans le ciel européen. Contrairement à tous les pronostics, vingt sur vingt-quatre des cantons suisses ont ratifié massivement (57,4% des suffrages) la demande de la droite populiste d’interdire la construction de minarets sur le territoire national. La surprise est considérable. La quasi-totalité des formations politiques avaient préconisé le non. Le Conseil fédéral et le Parlement avaient estimé que le texte proposé violait les droits fondamentaux. Les Églises s’étaient opposées à ce qu’elles considéraient comme une atteinte à la paix et à la liberté religieuse. La presse n’avait pas été en reste. «Non à l’offensive irréparable  », avait titré le quotidien Le Temps en tête d’un éditorial de combat : «Il faut dire non. Un non catégorique, vibrant, indigné. » Rien n’y a fait. Une vague de fond a balayé toutes les objections. Force est d’admettre qu’une volonté populaire s’est affirmée, défiant toute autorité ou tout sur-moi impératif […]

L’Église catholique est prise à contre-pied par cette vague, alors qu’elle s’efforce, à sa tête et à sa base, de susciter un rapprochement avec les musulmans. Il n’y a pas quinze jours, le cardinal Jean-Louis Tauran, chargé au Vatican des relations interreligieuses prononçait, à Villeurbanne, une conférence sur le dialogue islamo-chrétien. Il était reçu aussitôt après à la grande mosquée de Lyon par le recteur Kamel Kabtane.

Dans son discours de bienvenue, ce dernier rappelait notamment la visite mémorable qu’il avait accomplie au monastère de Tibérine en compagnie du cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon. Bien sûr, il ne s’agit pas de jouer au donneur de leçons. Nous serions mal inspirés de mépriser les craintes populaires en dénonçant une xénophobie grandissante. Néanmoins, la cause de la paix et de la liberté religieuse exige ce genre de signes, qui permettent de dépasser tous les obstacles à la compréhension mutuelle. À la crainte des minarets, nous opposerons donc le signe d’amitié offert par le recteur Kabtane et le cardinal Barbarin.

Lire :

 

Gérard Leclerc et l'abbé Guillaume de Tanoüarn

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