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Nos temps sont difficiles...
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Un événement qui ne manquera pas d'attiser une fois de plus de houleux débats...
Un professeur et sa famille sont sauvagement agressés à leur domicile. Il se défend comme tout un chacun – le croyons-nous – se défendrait et défendrait sa famille... L'agresseur décède...
A Juvignac dans l'Hérault... Prendre garde une fois de plus des amalgames faciles...
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Tous les « bons » ingrédients sont réunis. Il s'appelle Saïd; il aurait déjà eu affaire à la police; il aurait été déclaré irresponsable bien que «schizophrène »...
Et ce soir là...
Remonterons-nous aux sources de nos temps si difficiles?
N'avons-nous pas trop attendu? N'en sommes-nous pas arrivés là à cause de mille et une petites et grandes complicités?
Un long et dur travail nous attend tous... Ne jamais baisser les bras et ne pas se tromper dans les causes...
Portemont, le 31 octobre 2009
Publié à 11 h - Pour Midi Libre, le professeur agressé raconte cette soirée de cauchemar
Que s’est-il passé lundi soir ?
Vers 22 h 30, j’ai entendu que quelqu’un essayait d’actionner la poignée de la porte d’entrée, qui était fermée. Je suis allé voir, j’ai déverrouillé la porte et je suis resté sur le perron. J’ai vu que notre portillon était entrouvert, et j’ai aperçu dans notre jardin un homme cagoulé et armé. Il a foncé sur moi en criant : "Bouge pas !" Il m’a poussé dans la maison et nous a dit, à ma femme et à moi, de nous coucher au sol, face contre terre. Il a répété à ma femme de se coucher complètement et d’écarter les jambes. J’ai tout de suite pensé qu’il voulait la violer.
L’avez-vous reconnu ?
Non.
Ce n’est qu'après que j’ai fait le rapprochement, lorsque les gendarmes m’ont dit qu’il était inscrit à l’université. En y repensant, je crois qu’il peut s’agir de cet étudiant qui était venu me voir en 2008. A l’époque, j’étais responsable d'un diplôme de licence ; cet étudiant voulait que je lui valide une ou plusieurs disciplines pour lesquelles il avait eu des notes médiocres. Je lui ai répondu que c’était impossible car ses notes étaient trop faibles. Il m’a posé alors la main dans le dos en disant : "Mon ami, on peut toujours trouver une solution." Je lui ai répondu : "Oui, il faut repasser l'examen." Il m’avait paru énervé et menaçant. C'est la seule fois que j'ai eu un contact direct avec cet homme.
Que s’est-il passé ensuite ?
Il nous a demandé s’il y avait quelqu’un d'autre dans la maison. J’ai répondu que mon fils de 11 ans se trouvait en haut. Il lui a dit de descendre, puis de se coucher lui aussi par terre. L'homme n'arrêtait pas d'insulter ma femme.
Il nous a demandé si on avait de l'argent. Je lui ai dit que non, mais qu'il y avait quelques bijoux et des ordinateurs. A un moment, il nous a dit : "Si tout ne se passe pas bien, je repars avec un organe !" Puis il a pris une bouteille et nous a aspergés d’essence tous les trois en disant : "J’ai un briquet. Si vous bougez, je vous brûle."
On a commencé à paniquer. Mon fils pleurait car il avait de l’essence plein les yeux et les oreilles. Moi, je n’y voyais plus rien. Mon épouse a vu alors que l’homme commençait à sortir des cordes de son sac. Elle a pensé que c’était le moment de tenter quelque chose, car à partir du moment où on était couvert d’essence et attachés, il n’y avait plus aucune issue. Elle a commencé à se relever, mais il lui a envoyé un violent coup de pied dans la tête. Je me suis rué sur lui, je l’ai déstabilisé, j’ai saisi le poignet droit dans lequel il avait son arme, et comme il portait des gants de laine, le pistolet lui a échappé. Je l’ai fait tomber et je l’ai immobilisé. Dans la lutte, son pull est remonté sur sa tête, par-dessus sa cagoule. Il n’y voyait plus rien. Je l’ai maintenu à terre, allongé sur le dos. Ma femme en a profité pour s’enfuir et appeler à l’aide.
Vous êtes donc resté seul avec votre fils et l'agresseur ?
Pendant que je le maîtrisais, mon fils a tenté de téléphoner mais le téléphone ne marchait pas. J'ai dit à mon fils de s’enfuir. L’homme a de nouveau essayé de se dégager, il se débattait et m’a appelé par mon nom de famille à plusieurs reprises. Il était plus petit que moi mais plus large, plutôt costaud, environ 85 kg. Je commençais à perdre prise, le sol couvert d'essence était très glissant.
J'ai continué à le maintenir au sol. J'attendais que quelqu’un arrive : la police, ou les pompiers, ou les voisins… Contrairement à ce qu’on a pu dire, je ne l’ai pas étranglé ; à aucun moment je n’ai serré sa gorge avec mes mains. Je n'ai pas voulu le tuer. Je me disais : si je lâche prise, il va prendre le dessus et faire un carnage, me tuer d’abord, puis s’occuper de ma femme et de mon fils. Je pense qu'il nous aurait tué tous les trois. Il était extrêmement déterminé.
Combien de temps s’était écoulé depuis son irruption chez vous ?
Environ une dizaine de minutes je pense, jusqu’à ce que mon fils s'échappe. Ensuite, les gendarmes sont arrivés mais ils ne sont pas intervenus tout de suite car ils ne savaient pas qui, de nous deux, était l’agresseur.
Puis ils sont rentrés, m’ont mis face à terre, m’ont menotté. J'ai expliqué que j'étais le propriétaire. Et là, les gendarmes m’ont dit que l’homme était mort.
Comment vivez-vous depuis cette histoire ?
C'est un cauchemar mais ma famille et moi sommes vivants. Depuis cette nuit-là, cet homme hante notre vie et notre maison. Nous ne sommes plus trois, mais quatre
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Affaire de Juvignac : les détails
Une compression du thorax l’a tué
L’autopsie du corps de la victime réalisée hier après-midi a permis de montrer qu’elle est décédée suite à une compression
du thorax contre le cœur. Lorsque le maître de conférences a désarmé l’agresseur, il l’a ensuite saisi au cou et puis lui a fait une clé de bras autour de la poitrine. « Le cœur s’est retrouvé coincé entre la cage thoracique et la colonne vertébrale et en plus il avait mangé, ce qui a augmenté la compression. Ce qui est compatible avec les déclarations de l’enseignant », explique une source judiciaire.
Anne Fraïsse : « Pas de lien »
« Le département de sociologie a été atterré d’apprendre cela, mais nous avons du mal à faire le lien avec une quelconque affaire universitaire
», explique Anne Fraïsse, la présidente de l’université Paul-Valéry. « Nous n’avons aucune trace de contentieux, ni de la part de l’étudiant, ni du professeur. Il n’avait pas une scolarité particulièrement problématique : sur les quatre semestres à avoir, il en avait eu trois, et pouvait passer en troisième année. Par ailleurs, toutes les matières qu’il a passées avec le professeur concerné, il les avait eues. L’enseignant en question n’était en rien concerné par ses difficultés. D’ailleurs, le jury de sociologie s’est réuni hier, après les faits. Il n’y a aucune raison rationnelle qui puisse justifier quoi que ce soit. »
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Publié à 11 h - Le drame survenu lundi soir à Juvignac (Hérault) a pris hier une nouvelle dimension. Agressé à domicile par un homme cagoulé, ganté, armé d’un 9 mm, qui a aspergé sa famille d’essence, un professeur en sociologie a désarmé son agresseur et l’a immobilisé jusqu’à l’arrivée des gendarmes, qui ont constaté son décès.
Le professeur a été mis en examen pour homicide volontaire et placé sous contrôle judiciaire. Le procureur de la République, tout comme son avocat, Me Phung, estiment qu’il s’agit d’un cas de légitime défense. Mais ce ne serait pas un cambriolage commis au hasard : l’agresseur était un ancien étudiant en sociologie, qui venait d’échouer à ses examens.
« On savait que Saïd avait un différend avec ce professeur. On ne croit pas
du tout à cette histoire de cambriolage. Pour nous, Saïd est allé là-bas pour régler ses comptes. » Boussa et Lhoussaine, le père et l’oncle de l’agresseur de Juvignac, balancent entre abattement et incompréhension. Mardi après-midi, à Uzès, les gendarmes sont venus les prévenir qu’il avait trouvé la mort la veille au soir, au cours d’un cambriolage dont ils ignoraient les circonstances.
Depuis, ils s’interrogent. « Saïd est quelqu’un qui parle très peu, qui garde ses problèmes pour lui. » A 27 ans, ce garçon qui avait passé un baccalauréat technique à Nîmes, en 2005, avait déjà eu un problème avec la justice. « Il y a eu des faits similaires en 2004, dans son lycée. Un de ses collègues l’embêtait. Il l’a prévenu, il a prévenu les parents. Il a téléphoné en disant : "Je viens chez toi, je vais te mettre le feu." » Selon sa famille, les gendarmes l’ont arrêté alors qu’il avait répandu de l’essence chez son adversaire. Placé en garde à vue, il aurait été déclaré irresponsable par le psychiatre. Il a été hospitalisé pendant deux mois. « Saïd est schizophrène. Le médecin a jugé qu’on pouvait le libérer, en lui donnant un traitement qu’il a suivi pendant longtemps. Il ne faisait que dormir, il avait pris du poids. »
En 2006, Saïd s’inscrit à l’université Montpellier III, en sociologie. « Il réussissait difficilement ses études, car il travaillait à côté, des petits jobs. Avec sa bourse, il était autonome financièrement.» Il est reçu en première année, mais échoue à sa seconde année en 2008. Curieusement, cet été-là, au troisième étage du bâtiment C de l’université Paul-Valéry, un feu éclate, devant les bureaux des professeurs de sociologie. Les dégâts sont matériels, mais l’incendie est criminel : l’auteur a utilisé de l’essence, du retardant, des cordelettes.
« L’université avait déposé plainte, la brigade criminelle était venue, mais on n’avait jamais élucidé cette histoire », se souvient un enseignant. « C’est vrai qu’on fait un rapprochement. »
Est-ce de là que date le ressentiment nourri par Saïd envers ce professeur ? La présidente de l’université (lire ci-contre) n’y croit pas. La famille de l’étudiant, elle, sait qu’il y avait un problème. « Depuis l’année dernière, il parlait de ce prof et de cette histoire de résultats. » Après avoir retenté sa chance cet été, il avait repassé ses examens de deuxième année en septembre. « Il n’avait toujours pas ses résultats, et ne comprenait pas pourquoi. Il disait : "Ça m’angoisse si je ne peux pas commencer mon année comme tout le monde. Si ça continue comme ça, il va se passer quelque chose. Il y a deux semaines, il nous a dit qu’il repartait à Montpellier pour aller voir ses résultats. »
Comme tous les étudiants en sociologie, Saïd a pu consulter ces derniers jours ses notes par internet. Est-ce l’annonce de son nouvel échec partiel en deuxième année qui a tout déclenché ? « Saïd est quelqu’un qui n’a peur de personne. Il ne se cache pas. Il laisse trois chances, et il prévient. Il règle ses comptes de cette façon. Le feu, c’est son mode opératoire. » Et son oncle de poursuivre : « On se pose plein de questions. Soyez sûr que ce professeur était au courant. Je me demande s’il n’a pas préparé sa réception. Il n’a pas pu le tuer tout seul. On ne croit pas à cette histoire de légitime défense. »
http://www.midilibre.com/articles/2009/10/22/vide-L-agresseur-tue-etait-un-ex-etudiant-du-professeur-968642.php5
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Pétition de solidarité avec le professeur agressé à Juvignac
http://soseducation.com
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