Le grand choc
On se souvient peut-être de la proposition qu’avait élaborée en décembre 2008, Rama Yade (secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères) et présentée à l’ONU par l’Argentin Jorge Argüello. Le texte visait à dépénaliser mondialement l’homosexualité au nom de la « Déclaration des droits de l’Homme ».
La proposition n’avait recueilli que 66 signatures sur 192 membres inscrits.
Le 10 juin 2009, a été élu à la présidence de la soixante-quatrième session de l’Assemblée générale des Nations Unies, l'ancien ministre des affaires étrangère de Libye, S. E. Dr Ali Abdussalam Treki, ce à la suite du Nicaraguayen Miguel D’Escoto, un prêtre ayant abandonné le sacerdoce.
Le nouveau président a fait sensation par son discours d’ouverture de la session le 15 septembre dernier. Il a en effet déclaré n’être sous aucune forme en faveur de la « Déclaration sur les Droits humains », l’orientation sexuelle et l’identité du genre appelée aussi « Déclaration de la dépénalisation de l’homosexualité » présentée il y a un an. A la question qui lui était posée de savoir si une nouvelle négociation interviendrait sur le sujet il a répondu :
« C’est un thème très épineux. Comme musulman, je ne suis pas en accord avec lui. Je crois que la déclaration est inacceptable pour la plus grande partie du monde. Et elle est totalement inacceptable pour notre tradition et notre religion. Il existe quelques pays qui permettent l’homosexualité, pensant qu’il s’agit d’un type de démocratie…pour ma part, je ne le crois pas. »
A la suite de quoi, ONU-Gays a demandé la démission de M. Treki.
« L’Association Internationale des Lesbiennes Gays, Bisexuels, Transsexuels et Intersexués » (ILGA), par amalgame, en a déduit que M. Treki était en faveur de la peine de mort, compte-tenu du fait qu’un certain nombre de pays appliquent effectivement aux homosexuels la peine de mort. Or il existe sur le plan international un consensus contre l’application d’une telle peine. De même, divers groupes de cette mouvance ont donc demandé au Parlement européen en général et en France en particulier d’exiger la démission du nouveau président.
Enfin, les Etats-Unis qui s’étaient abstenus en 2008, semblent à ce jour se rallier à la « Déclaration sur la dépénalisation de l’homosexualité » compte-tenu des affirmations faites dans ce sens par Obama le 18 mars passé.
Sans porter de jugement sur le fond (Halde veillant...), cette affaire est très intéressante à suivre car elle concrétise de manière spectaculaire le grand choc qui se prépare entre l’islam et les tenants de la liberté sexuelle. L'affaire du conflit entre une équipe de football musulmane refusant de jouer avec une autre équipe revendiquant son homosexualité est une escarmouche d'avant-garde. Et vis-à-vis de conflits majeurs qui se préparent, le gouvernement pratique la politique de l'autruche. Il sera tôt ou tard rejoint par la réalité des faits.
Dr Jean-Pierre Dickès
Président de l'Association Catholique des Infirmières, Médecins et Professionnels de Santé.

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