mardi 02 décembre 2008

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Un retour qui nous dit beaucoup…

Un retour en partage avec bien de nos amis !
Paul Turbier, cheville « ouvrière » de « La Soupe du Roi » dont les talents ne sont plus à conter, était avec nous pour la journée « Portes ouvertes » du Camp Maxime Real Del Sarte.
Echanges forts, et une réflexion claire… Merci Paul.

Paul Turbier

Affronter la froidure et le vent coupant qui balaye les soirs d’hiver le parvis de la gare Montparnasse, mitonner tant dans les marmites que dans les cœurs de quoi réchauffer nos amis « Nos Seigneurs les Pauvres et les Malades »,   réparer au marteau levé l’attelage, pourvoir aux dernières douceurs manquantes, tout cela, l’ami Paul le fait toujours sereinement… Homme de terrain, c’est sur le terrain que Paul puise la force de sa réflexion et sa venue à Lignières, son retour ensuite, sont source de questions.

De réponses aussi…

Merci Paul !

Portemont, le 5 octobre 2008

" Préparez les chemins du Seigneur." (Matth 3, 3)

Je n'échappe rarement à une habitude déjà ancienne de méditer sur le
chemin du retour après une réunion ou une conférence intéressante.
Ce fut le  cas après la journée portes ouvertes de l'université d'été Maxime Del Sarte.
Si je devais résumer le résultat de cette méditation à l'intention des
jeunes gens que j'ai rencontrés à Lignières, je n'aurais pas à chercher
bien loin, pas plus loin qu'une citation de l'évangéliste Matthieu, reprise
elle-même du prophète Isaïe :
 «  Préparez le Chemin du Seigneur, aplanissez sa route ».

Malgré toute l'admiration l'affection, la fidélité que nous pouvons
avoir pour nos princes, je ne crois pas que nous puissions attendre d'eux
qu'ils nous mettent en route car le fossé entre la démocratie républicaine actuelle en phase de décomposition et le royaume dont la France
a besoin est si grand que personne ne peut l'enjamber d'un seul élan.
Aucun Prince ne peut prendre le risque de s'engager seul et de manquer le
franchissement.
Un premier nettoyage des esprits, des comportements et des lieux est un préalable non seulement utile mais indispensable.
Cette tâche est à la portée des royalistes d'aujourd'hui et particulièrement des jeunes  royalistes dont la foi et la conviction sont tellement éclatantes.
Il n'est probablement pas utile de dissiper trop de force dans la démolition de la république, son état de pourrissement naturel s'en charge.
Chacun peut voir autour de lui la foule de plus en plus dense des républicains de routine, qui sont déçus et désabusés. Les taux d'abstentions aux scrutins législatifs en témoignent…
 Par contre il est de plus en plus nécessaire de faire découvrir le royaume à toute cette foule en perte de repères. Quel royaume ? S'il n'est pas facile de répondre positivement à cette question en s'appuyant sur des schémas pré-établis. Il est par contre très aisé de discerner deux écueils qui doivent être évités.

- Le premier est une nostalgie du passé. L 'Histoire nous montre
l'extraordinaire adaptabilité du principe monarchique dans le temps et dans
l'espace et particulièrement par son application capétienne exemplaire entre toutes.
Le royaume de St-Louis ne fut pas celui d’Henri IV et le royaume qui sera nécessaire et possible pour la France ne sera sûrement pas celui de Louis XIV. Trop d'eaux ont coulé sous les ponts et tout est tellement différent. Ce qui fut n'est plus et ne sera plus, nous devons nous accoutumer à cette évidence.

- Le second écueil est celui d'une tentative d'adaptation du régime
démocratique en changeant simplement la tête d'un corps pourtant bien
pourri.
Comme ce serait simple de ne changer que les modalités d'installation d'un chef d'état en laissant tout le reste fonctionner comme avant bien que rien ne fonctionnât réellement bien. Ce serait cependant courir à l'échec avec un retour à la case départ dans un délai court.
Pourquoi la restauration n'a-t-elle été qu'éphémère en France ?
Pourquoi le roi des Français de 1848 n'eut-il pas de successeur ?
Pourquoi aujourd'hui le rappel de Siméon en Bulgarie tourne-t-il au vinaigre ? Ces perspectives valent-elles des efforts et des sacrifices ?

Alors que faire ?
En tout premier lieu redresser l'Histoire et tordre le cou aux mensonges à l'aide desquels l'école républicaine à dévoyé les esprits.
Secondement, montrer le royaume qui vient.
Non pas un catalogue de mesures politiques, qui nous ferait singer ce à quoi jouent malhonnêtement les républicains, mais en montrant concrètement le visage du royaume qui nous attend.
Il nous faut pouvoir dire aux républicains chancelants :
«  Voici ce que le royalisme peut vous apporter aujourd'hui, dès maintenant : plus d'identité (vous en avez besoin comme de l'air que vous respirez ) plus de réelle liberté (vous en manquez cruellement, à commencer par celle de penser et d'agir), plus de réelle prospérité (la république redistributive vous dépouille des fruits de votre labeur), plus d'autonomie ( la vraie démocratie n'est pas dans la république, elle est dans le royaume ) et plus de dignité (l'assistanat d'Etat avilit l'assisté au lieu de le redresser), plus de grandeur enfin car aucun ensemble social ne vit sans grandeur. »

Attendre que tout vienne d'en haut est un travers républicain dans
lequel les royalistes ne doivent pas tomber.
C'est à eux de s'atteler à la tâche, en conseillers naturels et ordinaire du Roi, de préparer le  terrain pour que le peuple lui-même, enfin informé puis conquis, soit demandeur.
C'est lui et lui seul qui doit appeler le prince le moment venu, en lui disant, humblement mais instamment :
«  Sire, venez, nous avons besoin de Vous’ .
Le royaume sera appelé par le peuple, enfin informé, ou il ne sera pas.

Paul Turbier

 

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