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Prendre le « toro » par les cornes…
En juillet 2007, Jesùs Caldera, ministre du Travail du Royaume, signait des accords avec le Sénégal, la Mauritanie et le Mali. Il poursuivait les premiers jours d’août par des accords avec la Gambie et la Guinée-Bissau. Le but ? Créer des écoles-ateliers sur le modèle de celles existants en Espagne afin « d’une part, tenter de fixer la population locale en augmentant son niveau de qualification dans des domaines fondamentaux pour l’économie nationale comme l’agriculture ou la pêche… Et, de l’autre, mieux former les candidats au voyage vers l’Europe pour qu’ils répondent ainsi davantage aux nécessités réelles de la demande de main d’œuvre des pays développés. Ce qui aide au renforcement des flux migratoires légaux. » Il est aisé de comprendre les enjeux.… Les chiffres évitent toute poésie sur le sujet. L’Espagne se jette donc dans l’arène avec un budget de 50 millions d’euros ! Et ne manque pas de préciser que : « Ce sont des objectifs qui profitent à toute l’Union européenne : pour la majeure partie des émigrés illégaux qui entrent en Espagne depuis l’Afrique, notre pays n’est qu’une zone de passage vers le reste de l’Europe, spécialement francophone »… Le Président « Sarkolusconi » devrait être plus que satisfait par un tel programme, lui qui incline tant pour une émigration « choisie »… En plus nous risquons d’y gagner une nouvelle émigration polyglotte ! En effet, dans ces écoles-ateliers, le professorat sera mixte, local et espagnol. Au delà de toute vaine polémique, retenons le bon sens d’un tel projet. Les élèves seront sélectionnés par les autorités locales qui choisiront également les matières à enseigner. Tous les pays impliqués retiennent dans l’ordre des priorités l’agriculture et la pêche, mais certains voient plus loin comme la Mauritanie, intéressée par des formations dans les activités touristiques… L’Espagne est en première ligne. C’est elle qui « affronte » les vagues successives de clandestins en provenance d’Afrique, aussi entend-elle contrer les mafias de passeurs et tenter de développer des mécanismes d’émigration légale. Madrid veillera aussi à développer des formations dans la construction et l’hôtellerie… Et déjà, une association d’armateurs de Galice et un syndicat agricole catalan de Lérida ont recruté des travailleurs sénégalais… Il faut reconnaître que l’Espagne a quelque avance sur ses « partenaires » européens dans ce domaine. Le lancement de ce projet d’écoles-ateliers n’est que la poursuite d’essais concluants, en Amérique latine… Il y a plusieurs années, de nombreux chefs d’entreprise espagnols concluaient qu’il leur serait impossible de recruter en Espagne toute la main d’œuvre qui serait nécessaire pour le développement de leurs activités. Soucieux d’une bonne image de marque, une solution s’est imposée à eux : recruter et former dans les pays d’origine, puis offrir des salaires décents… Un cas illustre parfaitement cette démarche : Le groupe « Vips », qui caracole en tête des groupes espagnols dans la restauration. Aujourd’hui 8100 salariés de 85 nationalités et un encadrement d’origine étrangère pour 43%…Accords ont été pris avec le Pérou, la Colombie et le Maroc ! Et dans un pays où le tiers de la population travaille en CDI, chez « Vips », la presque totalité du personnel est en CDD… Il est vrai que nous sommes dans la restauration… Près de 10% du PIB espagnol proviennent de la construction et la position du pays qui fut le champion de la croissance en Europe n’est plus assurée. En 2006, la spéculation immobilière qui frappe l’Espagne était même dénoncée par L’ONU ! La moindre « crise » qui toucherait l’économie espagnole aurait des répercutions difficiles à contrôler… N’oublions pas qu’en février 2005, le gouvernement de José Luis Zapatero procédait à la régularisation collective de 580 000 « sans-papiers » et qu’à coup de régularisations successives plus 1,2 million de personnes rentraient dans les« rangs »… Cette politique a été dénoncée par plusieurs pays d’Europe… Une Europe qui dort ou qui regarde plus à l’Est qu’en direction du Sud. L’Espagne, une Espagne qui vieillit avec un indice de fécondité de 1,3 avance donc seule. A nos risques et périls… Lectures de « La Tribune » du 7 août 2007, www.lexpansion.com Portemont, le 23 août 2007 |
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