vendredi 10 septembre 2010

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Réformer ! Moraliser ! Transparence ! Et tutti quanti…

Que ne se presse-t-on pas au chevet du capitalisme ! Tous les « Docteur es… » se penchent sur le grand corps malade et nauséeux. Les coupables ont été identifiés ! Victoire ! Paradis fiscaux et « traders » sont les points « G » de nos malheurs. Parole de « G » 20 !

Rassurons, rassurons ! La réalité ? Corruption, falsification de comptes, pratiques illégales en tout genre sont le lot commun de près de la moitié des entreprises de plus 1000 salariés !

La cinquième édition de l’étude du groupe d’audit « PricewaterhouseCoopers » portant sur le risque de fraude en entreprise, étude à laquelle a collaboré les étudiants de l’Insead, fait apparaître que 46% du total des entreprises de plus de 1000 employés ont, au moins, déclaré une fraude ces douze derniers moins. Ce, dans le monde, et l’étude fait valoir que la France s’inscrit dans ces même proportions…

Il va de soi que le coupable est tout désigné : la crise bien sûr !

La crise soumettrait les employés à plus de pression et les pousserait au mensonge pour embellir leurs résultats. Des résultats dont dépendent les parts variables des rémunérations…

Le mensonge rôde donc en maître dans les résultats et les comptes. Plus du quart des fraudes déclarées en 2007 sont filles du mensonge…

Et entre juillet et septembre 2009 ces fraudes atteignaient 40%...

L’éthique des salariés semble donc bien entamée. Et ce n’est pas tant l’appât du gain qui les motive… Mais la crainte d’être poussé vers la sortie.
L’étude citée est parfaitement éclairante : « aujourd’hui le premier facteur à l’origine d’une fraude au sein des sociétés est lié à des objectifs plus difficiles à atteindre (47%). Le second tient en cinq mot : « peur de perdre son emploi » (37%). Motivation plus cupide, la « frustration liée au non-paiement de bonus » arrive en cinquième position. »

Mais, signe des temps plus terrible, c’est le profil du fraudeur qui devrait nous inquiéter…

En 2007, 25% des « fraudeurs » appartenaient à la « middle management » traduisez « les cadres intermédiaires ». En 2009, ils étaient 42%.

Et Jean-Louis Di Giovanni de « PricewaterhouseCoopers » de lâcher :
« Ce phénomène est d’autant plus inquiétant que le « middle management » est une population clef au sein de l’entreprise, sur laquelle la direction se repose et en qui elle a toute confiance ». (Les Echos vendredi 20-samedi 21 novembre 2009)

Le poisson pourrit toujours par la tête. Ne l’oublions pas…

Et les « moralisateurs » du capitalisme voudraient que les petits poissons soient exemplaires alors que les grands requins n’ont de cesse d’étaler leurs appétits !
Nous n’entendons pas céder à une vision angélique de la société ou à la tentation d’un «  tout révolutionnaire ».

C’est de l’homme qu’il s’agit. De cet homme, animal politique, qui doit de toute urgence réapprendre à vivre en société…

Nous veillerons à alimenter le débat…

Portemont, le 22 novembre 2009

Lire aussi :

http://www.journaldunet.com/management/repere/fraudes.shtml

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