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Courageux ? Mais pas téméraires…

Ce n’est pas le sauve qui peut mais ça y ressemble… Certaines « grosses têtes » de la finance et non des moindres s’étaient lancées à la conquête d’un gisement prometteur : les fonds de retournement, connu des spécialistes sous le nom évocateur de « distress » pour qualifier les fonds affectés aux interventions dans les entreprises en faillite ou en passe de l’être…
Ces « grosses têtes » quittent le navire…

Ils étaient pourtant nombreux ces financiers, éternels apprentis sorciers, à miser sur ces nouveaux fonds  En 2007, l’Association pour le Retournement des Entreprises,
le « Club Essec Private Equity », avec le « Club Finance » et le Club « PME-PMI »
tenaient une conférence sur :

« L’ASCENSION DES FONDS DE RETOURNEMENT »

« Après les années folles du capital risque et leur cortège de startups, les succès du LBO et leurs fonds milliardaires, demain verra peut-être la consécration d'un autre type de fonds de « private equity », les fonds de retournement.

http://essecnet.alumni.essec.fr/calendrier/pj/537.pdf

Aujourd’hui, c’est tout vu !
Si l’an dernier 43 milliards de dollars ont été levés pour ces fonds, si Goldman Sachs invite ses investisseurs à apporter 15 milliards de dollars à ce que certains pensent encore être un eldorado, les premières débandades se précisent :

  1. Crédit Suisse a annoncé la fermeture de son bureau d’affaires de dette décotée.
  2. BNP Paribas, qui avait annoncé au son du buccin en septembre 2008, le lancement de son activité d’affaires de dette d’entreprises en difficulté, vient de se retirer il y a deux semaines…
  3. Certaines banques ont déjà essuyé de lourdes pertes
  4. D’autres doivent faire face à des exigences en fonds propres beaucoup plus fortes et se retirent de ce type de fonds qualifié maintenant d’exotique...

Les Institutions financières qui ont les reins solides – si, si, il y en a… - préfère jouer sur le commerce de dette moins exigeant en fonds  propres que des investissements directs dans des affaires à la dérive et qui pourraient sous peu ressembler au radeau de la Méduse…

Dixit un spécialiste : « Ce n’est pas le bon moment pour investir en direct. Nous ne sommes pas en bas de cycle… »

Et du côté des hommes, des vrais, des grands et des forts, ce n’est guère plus brillant : « les patrons vedettes de Merril Lynch et de Deutsche Bank, chefs de file du secteur avec Goldman Sachs ont quitté le paquebot… » Démission…

La « coqueluche » française, Stéphane Perche, qui fut au cœur des grands dossiers de restructuration de ces dernières années, d’Eurotunnel à Smoby, a fait de même…

Courageux ? Mais pas téméraires…

Le Veau d’or deviendrait-il famélique ?

Léon Areva, le 6 avril 2009

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