vendredi 22 août 2008

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Vous avez dit « hausse du prix du pétrole » ?

Rappel de quelques réalités… Si le pétrole est cher, serait ce la faute des vilains producteurs ?
Quels sont les responsables de ce que certains appellent le nouveau « choc pétrolier » ?

Le nombre de fonds spéculatifs opérant dans le secteur pétrolier a triplé entre 2004 et 2007
Et s’élève à plus de 600…

Et les actifs mobilisés pour ce type de transactions totalisent plus de 200 milliards de dollars (138 milliards d'euros), soit une hausse de plus de 60 % depuis le début de l'année 2007.

Est-ce « politiquement incorrect » de dire que les spéculateurs ont pris une place prépondérante sur le marché du pétrole ?

Le nombre de contrats à terme sur le pétrole brut misant sur une augmentation des prix atteint des records. Les négociateurs se sont engagés sur 135 000 contrats, chacun représentant 1 000 barils de brut, en pariant que les prix continueraient d'augmenter. On est juste en dessous du record atteint l’été  2007 avec 155 000 contrats!

Tout récemment le « Wall Street Journal » citait un rapport parlementaire des Etats-Unis qui établissait que les transactions à visée spéculative représentaient 70% des échanges réalisés sur le contrat VVTI sur le « New York Mercantile Exchange » contre 37% au début de la décennie… ( http://www.journaldunet.com)

Les appétits grandissants des pays dits « émergents », en pétrole, ne pouvaient pas laisser indifférents les spéculateurs… Appétits contre appétits…

Consommation chinoise de pétrole

Mais que dire des interruptions de production dans les raffineries nord-américaines ?
Des taux d’interruptions « inusités » dans les raffineries nord-américaines tout au long des l'années 2006/2007 ont fait grimper les prix en prévision des baisses d'inventaires qui surviendraient au moment du redémarrage…
Et à l'approche de la « driving season » 2008 (saison des grands déplacements automobiles aux Etats-Unis), les opérateurs doutent de la capacité des raffineries américaines à répondre à la demande d'essence…
Ne riez pas…

"Nous pouvons difficilement être enthousiastes en ce qui concerne l'état des infrastructures de raffinage aux Etats-Unis", s'inquiétait ainsi Stephen Shork, un courtier américain.
"En plus des défaillances techniques du système, les marges actuelles de raffinage pourraient faire baisser l'utilisation des raffineries", ajoutait-il.
Les raffineries américaines sont dans un état vétuste, ce qui a provoqué un nombre record d'incidents l'été dernier, ayant eu un impact négatif sur la production d'essence.
En outre, les raffineurs ne sont pas enclins à produire à plein régime car leur marge de raffinage, c'est à dire la différence empochée entre le prix de vente de l'essence et le prix d'achat du brut, est actuellement très faible.

http://afp.google.com/article/ALeqM5jjZJChHVLmGOsWfhG84jsI_iswfQ

Se souvient-on  de l’explosion dans la plus grande raffinerie de BP au Texas, au printemps 2005 ? Une explosion qui avait fait 15 morts…

Mars 2005. Raffinerie BP – Banlieue de Houston Texas
Lire : http://tf1.lci.fr

Et que penser du rapport qui a été établi par la suite ?

Le rapport de James Baker sur BP est accablant. Selon le document remis hier soir mardi par l'ancien secrétaire d'Etat américain, le groupe pétrolier britannique connaît des défaillances « significatives » de sécurité dans ses 5 raffineries américaines. Pis. Cette problématique sécuritaire serait défectueuse au niveau de la culture d'entreprise de chaque entité, et pas seulement au sein de l'usine du Texas dont l'explosion il y a deux ans a coûté la vie à 15 personnes. Ce qui est à ce jour la plus grosse catastrophe industrielle outre-Atlantique de la décennie. BP s'est empressé de répondre qu'il allait « mettre en œuvre les recommandations » formulée dans ledit rapport. Dans le Financial Times, Lord Browne, son patron emblématique aujourd'hui sur le départ, a tenu à préciser que le groupe qu'il dirigeait ne s'est jamais « focalisé sur les profits au détriment de la sécurité ».
http://www.lexpansion.com/economie/actualite-entreprise/bp-nie-avoir-sacrifie-la-securite-sur-l-autel-de-ses-profits_118726.html

Lire aussi :

http://www.lexpansion.com/economie/actualite-entreprise/bp-entre-proces-et-soupcons-de-manipulation_116195.html

Ajoutez à tout cela la dépréciation du dollar américain… événement qui a le plus influencé les prix du brut au cours de l'année et qui a été causé en partie par les problèmes de crédit engendrés par le marché des prêts hypothécaires à risque...
Juste quelques rappels…

Léon Areva, le 27 juin 2008

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