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C’est comme en tout…
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Il manque un capitaine !
Sénèque le disait il y a plus de deux mille ans : « Il n’y a pas de vent favorable à celui qui ne sait pas où il va. » Pierre Gattaz, actuel président de la Fédération des Industries électriques, électroniques et de communication, est un lecteur averti de Sénèque. Il nous le prouve dans une chronique dans « La Tribune » du mardi 25 mars 2008…
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Jean-Baptiste Colbert et Pierre Gattaz |
L’économie française tout comme son industrie, « a des atouts considérables, un potentiel immense »…
Le président de la République a évoqué le rôle central de l’industrie dans l’économie. « Il ne veut pas de France sans usines : nous non plus ! »
Mais le président a évoqué tant et tant de choses… et veut et ne veut pas… tant et tant de choses…
Ne nous égarons pas.
Pierre Gattaz le sait bien : « Lorsqu’on leur en donne les moyens, nos entreprises deviennent des champions mondiaux et démontrent une aptitude extraordinaire à l’innovation et à la productivité. »
L’aurait-on oublié ?
Mais de préciser :
« Ce qui manque à notre pays, c’est une vision industrielle, une stratégie, un cap. Tous les pays qui profitent le mieux de la croissance mondiale ont des programmes à cinq, dix ou vingt ans qui leur permettent de coordonner des plans ambitieux de développement de leurs industries dans des secteurs déterminés. »
Colbert doit en friser sa fine moustache…
« Sans vision stratégique, nous sommes tous des gestionnaires du court terme. Notre attitude est uniquement défensive et nous perdons du terrain. »
Trente années écoulées sans vision industrielle et technologique…
Il nous faut de toute urgence une vision du futur.
« Pour développer cette vision du futur, la France doit faire l’effort d’une réflexion collective permettant d’identifier les grands marchés porteurs, nos forces, nos faiblesses, et les champions capables d’entraîner avec eux notre tissu de PME afin de recréer un écosystème performant et compétitif. »
Colbert est aux anges…
Et Pierre Gattaz de poursuivre :
« Il ne s’agit pas de gaspiller des sommes colossales dans des programmes futuristes et incertains, mais bien de fédérer les réflexions, les idées, les forces et de décider ensemble de suivre un cap, d’atteindre un objectif. »
Ah ! Fédérer… mais où est le fédérateur ?
Pierre Gattaz en appelle à une stratégie industrielle qui permettrait de ne pas subir la mondialisation… Et il s’emballe ! Les marchés porteurs d’innovation et de croissance sont là ! L’environnement – efficacité énergétique, écoconception, sécurité du territoire, des réseaux, la santé aussi !...
Tout est là à portée de main…
« Le bateau est à flot, les équipages sont prêts. Fixons-lui un cap, un horizon et vogue le navire. »
Distrait, enflammé dans son élan, Monsieur Gattaz a oublié un point essentiel : Où est le capitaine ?
Monsieur Sarkozy, conseillé par son gourou Attali ?
Les équipages se tordent de rire… Et le bateau chavire.
Colbert fait les gros yeux. Il y a de quoi. Colbert savait qu’il avait un grand capitaine…
Tienne qu’à nous !
Portemont , le 26 mars 2008
Lire aussi : LA TRIBUNE DE PIERRE GATTAZ
Extraits :
« La réussite d'une politique industrielle repose sur l'examen complet des facteurs de compétitivité (l'innovation dans les produits, les capacités de production,...), la pertinence des choix (progression des marchés) et la mise en oeuvre des mesures adaptées »
« Les États-unis dont l'environnement social et fiscal est « le plus libéral qui soit », n'hésitent pas à financer massivement, à travers des « agencies », « departments » ou « initiatives », la R&D dans tous les domaines. Citons parmi tant d'autres la Défense (134 Mrds$ en 2006), le Homeland Security (5 Mrds$ ), le Networking and Information Technology (2,3 Mrds $), la National Nanotechnology Initiative (1,8 Mrds $), ou encore le National Institute for Health (100 M$ par an sur 3 ans).
Enfin en France même, il est extraordinaire de voir comment le général de Gaulle, suivi du président Pompidou, avait engagé, il y a 50 ans, une vraie politique industrielle, visionnaire pour la France dans des secteurs aussi divers que le nucléaire, l'aéronautique, les télécoms, le ferroviaire, l'armement, le spatial. Les objectifs étaient clairement identifiés, adossés à des marchés intérieurs et des infrastructures indispensables au développement du pays. Des centaines de milliers d'emplois qualifiés avaient été créés, ainsi que des pôles d'excellence industriels et techniques encore mondialement reconnus quarante ans plus tard ! Cette vision a entraîné le marché, qui a tiré l'économie, qui a créé richesses et emplois.
Remettre le bateau à flot ...
La France peut retrouver sa place sur l'échiquier industriel mondial et développer son économie pour soutenir son système social. »… |
Bio express
Né en 1959, Pierre Gattaz est diplômé de l’école nationale supérieure des télécommunications de Bretagne et titulaire du « Certificate In Administrative Management » de l’Université « George-Washington ». Par la suite, il intègre « Electronique Serge Dassault » et travaille parallèlement pour « Dynaction ». C’est en 1994 qu’il devient président du directoire du groupe « Radiall » également président d’honneur du Gixel (Groupement des industries de l’interconnexion des composants et des sous-ensembles électroniques) et vice-président de la FIEEC, chargé de l’électronique, il est devenu en décembre 2002 le président de la Filière des industries électroniques et numériques (FIEN). |
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