mardi 02 décembre 2008

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Guerres dans l’Arctique ?

Au-delà de l’exploit technologique et des images, la plongée de deux bathyscaphes russes sous le pôle Nord ouvre une nouvelle ère…

Sous le pôle Nord : un drapeau...

Cet exploit s’inscrit dans le cadre du projet Arctique 2007 à l’occasion de l’Année polaire internationale 2007/2008 qui a commencé le 1er mars 2007.  Il participe à une entreprise qui demandera patience et méthode : Préciser les limites du plateau continental russe dans cette vaste région qui s’étend du pôle Nord aux îles de Nouvelle-Sibérie…

Diplomate avisé, Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères précisait : « L’objectif de cette expédition n’est pas de faire valoir les droits de la Russie, mais de prouver que notre plateau continental s’étend jusqu’au pôle Nord »

Et « accessoirement », s’il était démontré que les dorsales Lomonossov et Mendeleïev qui vont jusqu’au Groenland, constituent un prolongement géologique du fameux plateau continental russe, ce sont près 1,2 million de kilomètres carrés qui pourraient tomber dans les zones donnant droit à exploration…Les Russes seraient en position de force dans le triangle « Tchoukotka-Mourmansk-pôle Nord », triangle qui recèle des gisements de gaz et de pétrole à faire tourner la tête…

Il convient de reconnaître que les Russes ont de la suite dans les idées.

Cette histoire de plateau continental ne tombe pas par hasard de la Grande Ourse…
En 1997, la Russie rejoignait La Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982. La définition de plateau continental y est à l’honneur et peut se résumer ainsi : 
« Le plateau continental comprend les fonds marins et leur sous-sol, jusqu’au rebord externe de la marge continentale, son prolongement minimal étant de 200 milles marins à partir du littoral »

Il va de soi que les Etats côtiers exercent des droits souverains sur ledit plateau continental aux fins de son exploration et de l’exploitation de ses ressources naturelles. Et pour corser le tout il faut rappeler que ce fameux plateau continental ne fait partie du territoire d’aucun Etat. En effet, les droits précédemment cités ne modifient pas le régime juridique des eaux « surjacentes » ou de l’espace aérien situé au-dessus de ces eaux. Exploiter et mettre en valeur les richesses de « son » plateau continental ne doit pas porter atteinte à la navigation ni à l’installation de câbles et de pipelines sous-marins…

En 2001, la Russie était le premier pays à déposer aux Nations unies une demande de fixation des limites extérieures de son plateau continental, et pas seulement en ce qui concerne l’Arctique, mais aussi les mers de Béring et d’Okhotsk…

La Commission des limites du plateau continental concluait en 2002 que les données fournies par les Russes ne suffisaient pas pour classifier ce futur eldorado sous-marin de l’océan Arctique comme faisant partie du plateau continental russe. La Commission recommandait une étude complémentaire…

Il semblerait que les Russes aient entendu la recommandation…

Quand la fameuse Commission des limites du plateau continental formulera ses recommandations ayant trait à la fixation des limites extérieures du fameux plateau, la Russie pourrait bien obtenir plus qu’un succès d’estime…

Nous n’en sommes pas encore là et du beau et du moins beau monde se presse autour de ce plateau… Etats-Unis, Russie, Canada, Islande, Norvège, Suède, Finlande et Danemark au titre du Groenland…

Dans leur audacieuse expédition, les Russes avaient invité un chercheur australien et un Suédois…Et présentant le profil du parfait et sage élève, la Russie déclarait que toutes ces questions concernant l’appartenance du plateau continental devaient être réglées « uniquement » sur la base du droit international…

Nous préciserons que les Etas-Unis qui revendiquent des eaux côtières jusqu’à 600 milles de l’Alaska ne sont pas signataires de la Convention sur le droit de la mer…

Les deux bathyscaphes, Mir I et Mir II, en plongeant à 4261 m et 4302 m sous le pôle Nord, ont planté bien plus qu’un petit drapeau…

Portemont, le 21 août 2007

Retrouvez le compte-rendu de la conférence en juin 2006 :
Que de glace ! Que de glace ! Et pourtant nous avions chaud au cœur…

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