lundi 15 mars 2010

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Des « lanthanides »…

Le premier de la liste s’appelle comme il se doit : lanthane. Il ouvre le bal avec le numéro atomique 51 et le lutécium le ferme avec le numéro 71.

Leur nom dérive du grec ancien qui signifie « rester caché ». Cette origine explique pourquoi « on » nous en parle peu. Les lanthanides, appelés communément « terres rares », sont indispensables à la fabrication de nombreux produits dont les écrans plats, les disques durs, les ampoules « basse consommation », et occupent une place incontournable dans bien des secteurs de la filière des « énergies vertes »…  Des « lanthanides » ? La Chine en assure plus de 95% de la production mondiale. Rares, les lanthanides sont présents dans bien d’endroits de notre planète. Une nouvelle « guerre » en perspective ?

Sous le nom de « terres rares » se cachent des métaux prisés par l’industrie et leurs alternatives sont trop instables et trop coûteuses…

Deng Xiaoping annonçait au monde en 1992 : « Le Moyen-orient a du pétrole, la Chine a les terres rares »

En ce temps là bien des oreilles furent sourdes.

Il y a quelques mois la Chine laissait sous entendre qu’elle envisageait de limiter ses exportations de lanthanides…

Le 1er septembre 2009, était publié une étude qui proposait de fixer des quotas d’exportations à 35 000 tonnes de 2010 à 2015. Dans un marché mondial qui était estimé à 135 000 tonnes en 2008…

http://www.visiondurable.com/actualites/techno/6659-lavenir-dun-metal-strategique-menace

Les mines chinoises, essentiellement en Mongolie-Intérieure, ne représentent que le tiers des réserves mondiales estimées à 88 millions de tonnes ; mais à ce jour c’est la Chine qui assure 95% de la production mondiale.

Bayan Obo –Mongolie Intérieure

Les autres grandes « réserves » se situent en Russie, en Amérique du Nord et en Australie.

Le premier réflexe était de penser, que par son sous- entendu, la Chine jouait à la hausse…

Mais nombreux sont les « experts » qui font valoir que la Chine tient là un fort effet de levier pouvant convaincre les acteurs industriels dépendants de ces métaux… de venir s’installer en Chine…

«  A terme, ces industriels seraient quasiment obligés d’implanter leurs sites de fabrication et de transférer leurs technologies en Chine pour s’approvisionner » (André Loesekrug-Pietri, cogérant d’un fonds de capital-investissement en Chine, pour « Challenges » numéro 181).

Des réactions ? Il se dit que les mines désaffectées de Mountain Pass en Californie ou Holdas Lake au Canada pourraient être « réactivées »…

Gary Billingsley à "Their Hoidas Lake Rare Earth Project"

Lire (Anglais)
http://www.planetark.com/enviro-news/item/54459
Le projet de terres rares de Hoidas Lake passe à la phase d'étude de préfaisabilité
http://www.prnewswire.co.uk/cgi/news/release?id=176379

En Australie ? L’important gisement de Mount Weld, récemment découvert en Australie, est passé sous le contrôle de « China Nonferrous Metal Mining Co » qui a acquis 52% de l’exploitant Lynas.
China comme Chine…

Léon Areva, le 6 février 2010

Les grandes applications industrielles mettent en œuvre des terres rares de nature et de spécificités fort différentes.
En métallurgie, leur rôle principal est celui de piège à oxygène, soufre ou autres éléments délétères pour les propriétés des fontes ou des aciers. Très souvent employées comme additifs structuraux, elles permettent aussi de contrôler la morphologie des inclusions de sulfures dans les aciers et la sphéroïdisation des impuretés de graphite dans les fontes (amélioration de la ductilité des matériaux ainsi que de leur résistance thermique ou mécanique).

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