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Des enjeux de la prochaine conférence de Londres…
Souvenons-nous qu’en novembre 2009 Gordon Brown précisait que cette conférence devait permettre de « fixer un calendrier en vue du début de transfert en 2010 » de certains pouvoirs au gouvernement afghan… et David Miliband de rappeler que
« le cœur de notre démarche, c’est « l’afghanisation » du pays. Nous ne voulons pas créer une colonie, nous voulons que les Afghans soient maîtres chez eux. » Encore heureux de l’entendre… Mais la meilleure voie était-elle de tout faire pour maintenir en place Hamid Karzaï par un simulacre d’élections ?
Cette conférence de Londres se fixe trois objectifs : Et le président Karzaï, qui ouvrira cette conférence, ne devrait pas manquer de redire une fois encore « ce qu’il veut faire pour son pays ». En butte à un mécontentement croissant de l’opinion britannique, il y a quelques semaines, Gordon Brown n’avait pas manqué de faire la grosse voix :
« Dans les trois mois suivant la conférence, le gouvernement devrait présenter une liste de soldats à former dans la province d'Helmand… Dans les six mois, le gouvernement devrait présenter un plan précis pour l'entraînement de policiers supplémentaires et le recul de la corruption dans la hiérarchie. Dans les neuf mois, le gouvernement devrait avoir nommé près de 400 gouverneurs de province et de district. Et d'ici la fin 2010, le gouvernement devrait avoir formé 50.000 soldats de plus et pris le contrôle d'au moins cinq districts dont la sécurité est actuellement assurée par la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) de l'OTAN. » A l’issue de cette conférence qui menace, une fois de plus, d’être noyée sous les déclarations de bonnes intentions de tous les participants, la France et l’Allemagne devraient « … se prononcer et annoncer quels sont les résultats dans une démarche cohérente qui est celle d'apprécier avec le gouvernement afghan quelles doivent être les priorités »… Traduisez par : c’est à l’issue de cette conférence que nous répondrons aux demandes pressantes des Etats-Unis d’un envoi de soldats supplémentaires… Les « conférences » sur l’Afghanistan n’ont pas manqué ces dernières années… En janvier 2006, l’ancien ministre du Plan du gouvernement Karzaï, Ramazan Bashardost, déclarait quelques heures avant l’ouverture de la « Conférence des donateurs » qui se tenait elle aussi à Londres :
« Les milliards de dollars d’aide déversés en Afghanistan n’ont guère amélioré la vie des gens et des changements dans le personnel gouvernemental et les associations humanitaires devraient rapidement être faits… Nous ne voyons pas la moindre amélioration » De formation « française » (En France de 1982 à 2003), Monsieur Bashardost avait gagné son siège au Parlement, en septembre 2005, avec l’un des meilleurs scores en voix. Il n’avait pas manqué de critiquer le gouvernement, les Nations Unies et les associations humanitaires… Et malgré le flot de milliards de dollars, l’Afghanistan est toujours parmi les pays les plus pauvres du monde. Des millions de personnes souffrent de malnutrition, environ un quart des enfants meurt avant l’âge de cinq ans, et la moitié des hommes et quatre-vingt pour cent des femmes sont illettrés. http://nawaaye-afghanistan.net/spip.php?article144 Et à quelques jours de cette énième conférence, les Afghans sont toujours confrontés aux mêmes réalités…
Drogue et corruption, les deux mamelles de l’Afghanistan qui nourrissent chaque jour, sous le regard des troupes étrangères, un peu plus la légitimité des talibans, auprès des Afghans… Portemont, le 25 janvier 2010 |
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