jeudi 09 février 2012

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Une nouvelle page dans la « Gesta Danorum »…

Au « to be or not to be », la réponse est « to be »!
Le royaume de Danemark a donné son accord pour le passage du gazoduc russo-allemand dans ses eaux territoriales, le très controversé « Nord Stream » qui reliera Vyborg en Russie à Greifswald en Allemagne…

Ce gazoduc devrait courir au fond de la baltique sur plus de 1200 kilomètres dont 173 dans les eaux danoises. Le gouvernement danois fait valoir qu’il s’agit d’une décision administrative et non politique, décision prise « après avoir analysé les rapports d'enquête sur l'environnement de « Nord Stream » et entendu les avis de tous les organismes pertinents au Danemark, concluant que ce passage du gazoduc n'était pas problématique », dixit Dame Kirsten Erichsen, ingénieur en charge du dossier à la Direction de l'énergie.

Et pour faire bon poids de rajouter à l’attention des gens grognons, que cette décision « n'a été prise sous aucune pression russe, mais en se basant sur le respect des lois et des exigences danoises dans le domaine de la sécurité maritime, de la pêche et de l'environnement ».

Projet « sensible », « Nord Stream » entre dans une phase finale. Son tracé a déjà été modifié deux fois et l’opérateur du projet « Nord Stream A.G. » a dû renoncer à une station de compression.  L’accord du Danemark fait suite à l’autorisation donnée par la Finlande pour une grande opération de déminage du fond du golfe de Finlande. Souvenirs, souvenirs… Tout prochainement le gouvernement finlandais devrait se prononcer sur l’octroi du droit d’utiliser la zone économique finlandaise pour le développement du projet. Si la Finlande ne porte pas d’intérêt particulier au gaz russe, elle sait qu’elle obtiendra beaucoup de bois en remerciement…

Le président russe Dmitri Medvedev et son homologue finlandaise Tarja Halonen

Seule la Suède fait aujourd’hui figure d’opposant à « Nord Stream » et sans son accord le projet sombrerait… Officiellement la Suède n’est pas intéressée par la livraison de gaz russe. Pourrait-elle supporter à elle seule l’échec de ce projet si cher tant à la Russie qu’à l’Allemagne ?...

Oublierait-on les pays Baltes ? Fortement laminés par la crise, totalement dépendant du bon vouloir de leurs bailleurs de fonds européens, ils font profil bas dans les négociations de « Nord Stream »… La Pologne n’apprécie guère d’être, de facto, contournée par ce projet.

L’axe « Berlin- Moscou » se renforce donc, présentant un avantage majeur qui est de rendre les approvisionnements en gaz en provenance de la Russie, bien moins tributaire des houleuses relations qu’entretien Moscou avec ses proches « voisins » pour ne pas citer l’Ukraine…

En août 2009, le président Medvedev donnait le ton : « Nous avons une série de projets qui rapprochent nos économies et qui s'avèrent extrêmement importants surtout dans la situation actuelle. » (14 août 2009 lors d’entretiens avec Angela Merkel. Sotchi)

Un « état d’esprit » confirmé au lendemain de la réélection de Madame Merkel par : « Les deux parties se sont prononcées pour l'approfondissement de leur partenariat sur la base d'un dialogue riche et intense, et pour une coopération étroite sur les questions de politique internationale et les affaires européennes »

La France dans ce  « grand jeu » ?

Nous savons tous que la nature a horreur, par-dessus tout, du vide…

Aussi nous n’en parlerons pas.

Léon Areva, le 27 octobre 2009

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