vendredi 22 août 2008

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Les futurs « grands » aiment l’Afrique…

Nous devrions dire les futurs « très grands »… L’Inde a annoncé le doublement de ses prêts à l’Afrique, dès le premier jour d’un sommet « Inde-Afrique » qualifié d’ « inédit »… Avec 5,4 milliards de dollars  sur les cinq prochaines années, c’est un bon début…

Sommet Inde-Afrique

S’adressant à 14 pays africains, le Premier ministre indien Manmoham Singh a donné le ton :

Manmoham Singh


Amit Mitra

« L’Inde souhaite que le XXI e siècle soit celui de l’Asie et de l’Afrique, et que les peuples des deux continents travaillent de concert pour promouvoir une mondialisation qui soit égale pour tous. »

Portée par les déclarations du secrétaire général de la Confédération patronale indienne, le docteur Amit Mitra, confédération qui regroupe plus de 1500 entreprises et qui déclarait que d’ici 2020 l’Inde serait la deuxième puissance mondiale…

 

En complément des prêts annoncés, l’Inde serait prête à investir 10 milliards de dollars. De quoi faire tourner les têtes africaines de certains pays « pauvres ». Jamais l’Afrique n’aura été autant courtisée. Et ses nouveaux galants sont nouveaux : Chinois et Indiens…

L’Inde entend faire mieux, bien mieux que son « adversaire » chinois… et ce n’est rien moins qu’une guerre économique qui se dessine !
L’Inde dispose d’atouts historiques… Seule ombre au tableau, le « courant » ne passe pas avec les pays du Maghreb, l’Inde entretenant des relations privilégiées avec Israël… toutefois l’Algérie ne s’embarrasserait guère de celles-ci, vendant sans trop de pudeur son pétrole à New Delhi…

Jairam Ramesh

L’Inde développe donc une grande opération de charme : Elle ne veut pas exploiter les ressources africaines, mais aider les Africains à ajouter de la valeur à leurs matières premières ! Dixit Jairam Ramesh, son ministre du Commerce.
Et de jeter les dés : "Nous ne voulons pas travailler comme les Chinois, car nous voulons établir de nouvelles relations économiques avec l’Afrique afin de leur permettre de mieux profiter de leurs ressources grâce à la valeur ajoutée"

Exemple à l’appui : "Quand nous importons des diamants d’Afrique du Sud, nous y ajoutons de la valeur"

Précisant, pour la forme, que  l’Inde n’était pas en compétition avec la Chine en Afrique, Jairam Ramesh soulignait que son pays travaillait à l’établissement de relations équitables avec le continent noir afin de  permettre à ses populations d’être les premiers bénéficiaires de leurs ressources.

Ainsi,  l’Inde s’est engagée dans plusieurs projets en Afrique, notamment en Ethiopie, au Kenya, au Sénégal, etc. Des lignes de crédits ont été ouvertes aux pays africains, et  l’Inde leur offre en plus, chaque année, 500 bourses de formations pour leur permettre de développer leurs ressources naturelles.

L’Inde a signé des accords offrant des services (télémédecine et d’éducation) avec 23 pays.

En point d’orgue : "Notre mission en Afrique est naturelle et globale" et de rechercher des « points » communs : "Nous avons été anciennement colonisés comme l’Afrique et nous avons des relations très anciennes avec beaucoup de pays africains" aussi serait-il bon "de faire en sorte que ces bonnes relations politiques puissent se répercuter dans la coopération économique".

L’Afrique est en passe de devenir un nouveau champ de batailles…

Léon Areva, le 13 avril 2008

NEW DELHI, 9 avril (Xinhua) -- Le sommet Inde-Afrique a adopté  mercredi à New Delhi deux documents-clés visant à renforcer le " partenariat réel" afin d'aider à réaliser les Objectifs du  millénaire pour le développement (OMD).  

Les participants à cet événement ont adopté la Déclaration de  Delhi, qui traite les questions d'intérêts communs de l'Inde et de l'Afrique, notamment la prise de positions communes sur les  réformes de l'ONU, le changement climatique, les négociations  commerciales de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), et la  lutte contre le terrorisme.  

Dans la déclaration adoptée à l'issue d'un sommet à New Delhi,  les dirigeants indiens et africains se sont mis d'accord sur le  fait que les Nations Unies doivent fonctionner d'une manière plus  transparente et plus efficace. 

"L'élargissement du Conseil de sécurité de l'ONU dans les  catégories de membres permanents et non permanents est au coeur  d'un processus de réformes", selon les termes de la Déclaration  Delhi. 

L'Inde, pays qui aspire à arracher un poste de membre permanent au sein du Conseil de sécurité, cherche depuis des années à  s'assurer d'un soutien crucial des pays africains pour pousser les  réformes de la plus grande organisation du monde.  

L'Inde et les pays africains ont convenu de "renforcer  davantage la coopération vers la réalisation au plus vite d'une  véritable réforme des Nations unies et de leurs méthodes de  fonctionnement, et surtout de revigorer et consolider le rôle de  l'Assemblée générale, la réforme et l'expansion du Conseil de  sécurité". 

"L'Afrique prend acte de la position de l'Inde et de ses  aspirations de devenir un membre permanent doté de pleins droits  dans un Conseil de sécurité élargi de l'ONU", indique le document.  

Les deux parties ont réaffirmé aussi leurs engagements à  fournir des accès "effectifs" aux pays les moins développés, tout  en appelant les membres de l'OMC à lever les tarifs douaniers et  les quotas pour permettre un accès libre à tous les produits des  pays les moins développés.  

A propos de la question du réchauffement global, les deux  parties ont regretté un manque de progrès remarquable des pays  développés dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre prévus dans le Protocole de Kyoto.  

"Nous soulignons la nécessité d'un partage équitable et juste  du fardeau dans la réduction qui doit prendre en compte les  émissions historiques", selon les termes de la déclaration.

Le deuxième document, l'Accord-cadre pour la coopération indo- africaine, définit en particulier les cadres pour la coopération  bilatérale dans les secteurs de l'éducation, des sciences et de la technologie, de l'agriculture, de l'industrie et de la santé  publique. 

En outre, l'accord prévoit aussi un partenariat renforcé dans  tous ces domaines, une intensification des relations économiques  et stratégiques, ainsi que des efforts particuliers sur le  transfert de technologie et le développement des ressources  humaines. 

Les deux parties ont accepté de renforcer leur coopération dans le secteur de l'agriculture dans le but d'assurer la sécurité  alimentaire en Afrique et d'augmenter ses exportations aux marchés internationaux. 

Les deux parties ont consenti à un élargissement de leurs  élargissements commerciaux, d'accès aux marchés, ainsi qu'à la  croissance d'investissements. Ils ont décidé d'intensifier la  coopération pour assurer la bonne application du projet de réseau  informatique pan-africain, projet financé par l'Inde.  

Le sommet Inde-Afrique, tenu du 8 au 9 avril à New Delhi, a  regroupé l'Algérie, le Burkina Faso, la République démocratique du Congo, l'Egypte, l'Ethiopie, le Ghana, la Libye, le Kenya, le  Nigeria, le Sénégal, l'Afrique du Sud, la Tanzanie, l'Ouganda et  la Zambie.

Découvrir les relations «  Inde-Afrique » ? :

En rivalité avec la Chine en Afrique, les firmes indiennes ont créé un réseau d’influence unique : une diaspora implantée de longue date dans les circuits commerciaux et industriels. L’Inde est la nouvelle puissance industrielle du continent dans la transformation des matières premières, les transports et la haute technologie. Dans ce dossier, La Lettre de l’Océan Indien a identifié les banquiers, diplomates, hommes d’affaires et intermédiaires indiens, tous d’une discrétion absolue.

http://www.africaintelligence.fr

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