dimanche 07 septembre 2008

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Joyeux anniversaire !

Cinq ans déjà… Lors de sa naissance, toutes les fées s’étaient penchées sur son berceau. Que des fées vertueuses agitant non pas des hochets, mais la « démocratie » avec son cortège de fidèles servantes : prospérité, santé, liberté… Quel beau 20 mars ce fut… 2003 : Les Etats-Unis envahissaient l’Irak… Joyeux anniversaire !...

Et comme la « môme », primée à Hollywood, G.W. Bush a chanté avec un jour d’avance : « Non, rien de rien, non, je ne regrette rien… »

Louanges à l’opération « Liberté » ! Formidables ont été les « boys » qui ont : «… éliminé le tyran, libéré le pays et délivré des millions de personnes d’horreurs indescriptibles ».

Grâce à eux, et à cette belle opération militaire : "…le monde était devenu meilleur et les Etats-Unis étaient devenus plus sécurisés".

Certes, tout n’est pas parfait, mais : « La décision d'écarter Saddam Hussein du pouvoir a été la bonne. C'est une bataille dans laquelle l'Amérique doit gagner et elle le fera »… Et peut te faire la fine bouche alors que  « …Les Etats-Unis aidaient le peuple irakien à instaurer la démocratie en plein coeur du Proche-Orient ».

Et puis nous savons tous que G.W. Bush entend parfois des voix… C’est sans hésitation qu’il a pu ainsi faire miroiter une « victoire stratégique majeure »… pour très bientôt…

La prudence étant la mère de la porcelaine, M. Bush prévenait aussitôt   que les gains enregistrés depuis 2007 en Irak étaient « fragiles et réversibles ».

Un formidable bilan tout à la gloire de l’homme à la main sur le cœur : Difficile de s’incliner sur des chiffres.  Combien de morts civils en Irak ? Sujet « tabou »…

Qui croire ?

« Dans un article intitulé « Quel est le vrai taux de mortalité en Irak ? » publié mercredi 19 mars, le « Guardian » explique pourquoi Washington entretient le plus grand flou autour de cette question. Le quotidien rappelle que pendant la guerre du Vietnam, le décompte quotidien des victimes vietcongs était censé convaincre le peuple américain que la victoire était proche. Mais le "Body Count" a surtout eu pour effet d'écœurer l'opinion publique et de donner des arguments supplémentaires aux pacifistes. »

Le site : http://www.lemonde.fr/international/article/2008/03/19/cinq-ans-apres-le-debut-de-la-guerre-en-irak-incertitudes-autour-du-nombre-d-irakiens-tues_1024896_3210.html passe en revue quelques chiffres :

« L'intervention en Irak a été gérée tout autrement. "Le ministère irakien de la santé a tout d'abord essayé de tenir un bilan fondé sur les chiffres de la morgue, mais il a vite arrêté de publier ses statistiques sous la pression du gouvernement soutenu par les Américains", rapporte ainsi le journal. Depuis, la bataille des chiffres fait rage. Un groupe de recherche britannique indépendant, l'Iraq Body Count (IBC), recense tous les décès rapportés par les médias, ainsi que les statistiques des hôpitaux. Ses extrapolations à l'échelle du pays sont comprises entre 100 000 et plus d'un million de morts. Les enquêtes de l'IBC suggèrent par ailleurs que les Américains ont tué quatre fois plus de civils durant les deux premières années de la guerre que les insurgés, et ce alors que les médias se sont exclusivement intéressés aux attentats-suicides. »

Site de l’ « Irak Body Count »
http://www.iraqbodycount.org/contribute/educate/

Précisons que la très renommée revue médicale « The Lancet » d’après une enquête publiée en octobre 2006, estimait qu’au mois de juin 2006 le bilan était de plus de 600 000 morts civils…

Et que : « La dernière étude en date, menée pendant l'été 2007 par l'institut de sondage britannique Opinion Research Business (ORB), confirme l'ampleur du taux de mortalité en Irak et suggère même que le bilan pourrait être encore plus lourd. Selon l'institut, 16 % des Irakiens interrogés affirment avoir perdu un membre de leur famille de façon violente depuis 2003, 5 % déplorant deux décès. Et plus d'un million de civils, sur une population légèrement supérieure à 26 millions d'habitants, auraient ainsi trouvé la mort en quatre ans. »

Alors que selon un sondage pour la chaîne CBS, 64% des Américains estiment que la guerre n'en valait pas la peine, ce à quoi  le vice-président Dick « Cheney- Halliburton » répondait par un   « Et alors ? », fort de son bilan, difficile à établir si ce n’est celui des « boys » tombés au champ pétrolier – pardon, au champ d’honneur -, G.W. Bush pouvait se tenir fièrement sur le pont d’un porte-avions , décoré d’une belle banderole : "mission accomplie"…

Deux mots pour définir l’  « autiste » qui laisse un souvenir impérissable à tous les enfants d’Irak…

Portemont, le 20 mars 2008

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