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Il a tout tenté… en vain !
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Lors du dixième sommet de l’Union africaine qui s’est tenu du 31 janvier au 2 février 2008, Mouammar Kadhafi aura tout tenté pour occuper la scène. Sans grand succès…
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Le « Guide » de la Révolution libyenne, à l'ouverture du sommet de l'UA, à Addis Abeba…
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Ce n’est pas faute d’avoir sorti de sa grande manche la candidature de son Monsieur « Afrique » Ali Abdessalam Triki pour succéder à Alpha Oumar Konaré… De Ouagadougou (18 janvier) lors du sommet de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest au mini sommet de Tripoli (26 janvier), le « Guide » se sera démené, à coups de chantages et autres de ses spécialités…
Et comme toujours, le « Guide » n’a pas manqué d’étaler les finesses de son langage, transmettant de Tripoli un message « à la planète » :
« Jamais les instances panafricaines n’ont eu à leur tête un ressortissant d’Afrique du Nord. J’assimile cela à du racisme à l’égard des Arabes. »
Et dès son arrivée à Addis-Abeba de convoquer une réunion extraordinaire des chefs d’Etats membres de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (Cen-Sad) où il lançait sans attendre :
« Si ce 10e sommet ne se conclut pas avec un gouvernement d’union et un calendrier ferme sur la création des Etats-Unis d’Afrique, je quitte les instances de l’UA »
Le « Guide » n’impressionne plus guère. Personne n’est tombé à genou pour le supplier de rester…
Lors de l’ouverture des travaux du sommet, le 31 janvier 2008, tout le monde s’attendait à quelques états d’âme du « Guide ». Ce fut chose faite au cours du huit clos :
« A défaut d’un gouvernement d’union à l’issue de nos travaux, la Libye se retirera de l’UA, comme elle mettra fin à ses investissements en Afrique et récupérera les 5 milliards de dollars qu’elle a investi dans les économies africaines »... Après les grands sentiments, un petit coup au portefeuille…

Le « Guide » est allé jusqu’à s’allier avec le Sud-Africain Thabo Mbeki chef de file des partisans de l’ajournement du vote pour la succession de Konaré… En filigrane, le profil de Jean Ping considéré par certains comme trop proche de la France…
Mais dans cette affaire de sombres influences, le « Vieux » est incontournable. Et Omar Bongo Ondimba a courtoisement envoyé paître le « Guide »…
Curieusement, alors que les petits plats sont mis dans les grands pour Kadhafi, lors de ces déplacements en Europe, l’Afrique semble avoir tourné la page.
Lors du vote qui a porté Jean Ping à la Présidence de l’Union Africaine, dès le premier tour, le « Guide » a pu quitter bruyamment la salle, sans provoquer d’émotion…
Revigorante lecture de « Jeune Afrique » numéro 2457.
Léon Areva, le 22 février 2008
L’Union Africaine ?
La grande marotte du « Guide » Libyen…
Lors du dernier sommet de l’UA, en juillet 2007, au Ghana, il avait même proposé la création d’un gouvernement fédéral africain, mais les 53 pays membres de l’UA avaient exprimé leurs divergences sur ce projet. Le caractère, pour l’heure, peu réaliste de l’entreprise et l’appétit de pouvoir du dirigeant libyen mettant les autres chefs d’Etat africains sur leurs gardes.
« Je dis à ceux qui se demandent pourquoi la Libye est enthousiaste pour l’unité africaine ? ou pourquoi Kadhafi veut avec cette détermination réaliser l’unité africaine ?, que cela est en faveur de l’Afrique et non pas uniquement en faveur de la Libye. La Libye réalisera sa souveraineté et son intérêt par l’unité de l’Afrique, par l’existence d’une souveraineté africaine protégée, par une défense africaine unique, par une force économique africaine unique et un seul marché africain », a répondu le colonel Kadhafi à ses détracteurs, mardi, à Tripoli. « La Libye ne participera pas à la vente de l’Afrique et à la trahison du continent et elle va mettre à nu celui qui le trahira », a-t-il ajouté.
Kadhafi veut prendre le contrôle de l’Union africaine
Durant le mois de janvier, le colonel Kadhafi a reçu en moins d’une semaine une dizaine de chefs d’Etats africains sous sa tente à Tripoli pour tenter de les rallier à sa croisade unitaire, en perspective du sommet d’Addis Abeba. Son plan pour parvenir à ses fins : menacer de supprimer la manne financière libyenne pour placer l’un de ses proches à la tête de l’Union africaine. Ainsi, hier, il a annoncé la candidature de son vice-ministre aux affaires africaines, Ali Triki, au poste de président de la Commission, qui devrait être désigné lors du sommet d’Addis Abeba en remplacement d’Alpha Oumar Konaré. Suggérant que certains Etats africains avaient des « positions racistes vis-à-vis des Arabes », il a précisé qu’il trouvait inadmissible que ces derniers soient systématiquement écartés de la direction de l’Union : « les Arabes sont privés de ce poste depuis une quarantaine d’années malgré le fait qu’ils (...) contribuent à hauteur de 60% au budget de l’UA ».
Mouammar Kadhafi a affirmé qu’au cas où les autres pays africains refuseraient de le suivre dans son ambition unitaire, la Libye avait des alternatives et des options stratégiques prêtes. Selon lui, la Libye, plutôt que de s’investir dans le développement de l’Afrique, pourrait jouer un rôle décisif dans la réalisation de trois autres espaces, à savoir, l’espace méditerranéen, l’espace arabe et l’espace islamique.
« Nous n’avons pas de complexe ni peur de l’intégration avec l’Europe ou avec la Méditerranée parce que, nous, les révolutionnaires en Libye, avec notre culture, notre religion et notre grand patrimoine historique, qui avons changé plusieurs fois la carte du monde, sommes débarrassés du complexe d’infériorité, d’oppression et de complot selon lesquels l’Europe et la Méditerranée font peur et peuvent nous vaincre et nous coloniser » a-t-il déclaré au cours de sa dernière conférence de presse. « Si l’Afrique veut négliger son avenir, nous avons des alternatives stratégiques prêtes. Cependant, les pays africains vont périr, parce qu’ils ne disposent pas de ces potentialités pour sortir de la tombe dans laquelle on veut les enterrer », a-t-il ajouté. Les menaces de sécession de Mouammar Kadhafi sont elles à prendre au sérieux ou, simples moyens de pression pour obtenir la présidence de l’UA, relèvent-t-elle du bluff intégral ? Le prochain sommet de l’Union africaine et ses suites nous révéleront, sans doute, quelles sont les véritables intentions du Guide libyen.
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