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. Sombre, sombre est le tableau de la société française...
Tout en haut toisant la France d'en bas et du "milieu", les lambeaux de ce que fut le pays réel, des ministères aux abonnés absents bien au chaud dans leur tour d'ivoire... Un mauvais film de série"B"? Non, le rapport de Jean-Paul Delevoye, "médiateur" de la République... Un "médiateur" de la République plein de bonne volonté mais qui trône sur les cadavres de toutes les médiations naturelles...
Bien sûr les administrations en prennent pour leur grade. Un grade de garde-chiourme, produit d'un régime méprisant par nature. «Désormais, ceux qui respectent la loi sont parfois moins bien traités que ceux qui passent outre» nous assène le "médiateur". Autre découverte? Le pacte du vivre ensemble ne s'improvise pas et ne saurait être instauré par une quelconque autorité perpétuellement en CDD, flottant sur son radeau au gré des opinions d'un jour et des passions orchestrées... Monsieur Delevoye qui n'est pas un sot le sait bien et sa potion fleure bon la réclame pour une prochaine campagne électorale, comme fleurait bon "la fracture sociale"... Merveilleux Jean-Paul Delevoye! Des règles communes! Sont-elles tombées du ciel? Un peu, beaucoup! Osons le rappeler. Des citoyens qui les connaissaient et y adhéraient? Par la seule vertu d'autorités de proximité qui les faisaient respecter? Parfois, et c'étaient là le rôle, la mission de ces autorités... mais avant tout ces règles étaient transmises de père en fils, de mère en fils, de père en fille, de Famille en Famille! Et ces règles n'étaient pas sorties de l'imagination de "fonctionnaires" ou de "juristes". Elles étaient le beau fruit d'une civilisation, patiemment enracinée sur le sol de France qui faisait dire en d'autres temps "Heureux comme Dieu en France!" N'y voyez pas là un appel au retour en France d'une théocratie qui n’a jamais existé -grand Dieu nous en préserve!-, mais les Français, dans leurs différences qui furent souvent rugueuses, se reconnaissaient quand bien même ils ne se connaissaient pas! Ce fut l'oeuvre aussi, patiente et obstinée, d'un pouvoir politique, d'une dynastie... Quel vilain mot que de réduire le Français au mot d'usager, bien que souvent il le mérité d'être devenu en toute chose qu'un consommateur... Il se dit que Jean-Paul Delevoye a beaucoup marqué les esprits lorsque, dans "Le Monde", il a évoqué « une société psychiquement fatiguée », « en grande tension nerveuse ». C'est le moindre qu'il pouvait évoquer. Quoi de plus normal quand on ne sait plus ni qui on est, ni d'où on vient...et que le Pouvoir n'est plus qu'une caricature vide... Portemont, le 2 mars 2010 Lire: Jean-Paul Delevoye : "Je suis inquiet, le chacun pour soi a remplacé l'envie de vivre ensemble"
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