jeudi 11 mars 2010

Nous contacter


Effectuer
une recherche
sur le site :


Pour recevoir
la Lettre
des Manants du Roi, j'inscris mon
adresse courriel :

 

Un grand défi au cœur de la Cité…

Leurs oreilles bourdonnent des effets d’annonces et des bonnes intentions.
A petits pas, lentement, ils tentent de prendre leur place parmi nous. Il reste beaucoup à faire. Les « handicapés » et nous…

S’entendre déjà sur la définition… Il y a le « visible » et ce qui l’est moins…

Les intentions s’affichent avec force de communication et dans le même temps notre société court sans cesse derrière la « performance ».

Des plus « petits » au plus « grands », nos frères, nos proches, avec leurs différences qui s’égrènent comme un poème à la « Prévert », tentent d’inscrire leur vie parmi nos vies…

Il y aurait 270 000 enfants en âge d’être scolarisés, enfants marqués du sceau du « handicap ». Les derniers chiffres connus font état de 170 000 de ces enfants, scolarisés, dont 110 800 en milieu scolaire « ordinaire ». C’est encourageant et  ces chiffres témoignent d’une nette progression : 30% de mieux depuis l’entrée en vigueur de la loi de 2005. Une loi qui prévoit l’accès « à tout pour tous »…

Toujours à la rubrique « Bonnes nouvelles », nous retiendrons que les cursus s’allongent : 30% de plus  d’élèves « handicapés » scolarisés dans le second degré. Dans l’enseignement supérieur, des petits rayons de soleil : de 8500 étudiants pour l’année 2005/2006, nous sommes passés à 10 500 pour l’année 2008/2009.

Si nous inclinons vers un pessimisme modéré, nous ferons valoir que 80% des « handicapés » ont un niveau inférieur au bac, qu’ils abandonnent leurs études souvent dès la troisième. Que manquant de qualification, ils sont frappés d’un « sur-handicap » : ils affichent un taux de chômage double du taux général de chômage en France.

La « crise » direz-vous… Mais le « quota » -mot terrible – de 6% de travailleurs qui est imposé aux entreprises de plus de 20 salariés, ce depuis la loi du 10 juillet 1987, est au rayon des accessoires « vœux pieux ».

Réalité cinglante : le taux de salariés « handicapés » est de 2,8% dans le secteur privé et de 4,4% dans le secteur public.

Selon les chiffres de l’Agefiph (organisme chargé de collecter les contributions des entreprises), il ne resterait plus que 5 900 entreprises “n’ayant rien fait d’autre que de payer la contribution”. Contre 23 000 il y a un an. Or, le taux d’emploi des PH est encore faible : 2,8% contre les 6% exigés par la loi. Pire, le chômage des PH s’élève encore à 19,3%, avec une hausse de 8,8% en 2008.
Recours à la sous-traitance
En fait, au lieu d’embaucher des PH, les entreprises ont recours à la sous-traitance auprès du secteur protégé ou d’entreprises adaptées. L’un des moyens rapides et simples de s’affranchir de la fameuse pénalité. Pour inciter les entreprises à se bouger et aider les PH à traverser les turbulences économiques actuelles, l’Agefiph avait pourtant lancé, il y a un an, un plan de crise. A la clé : 135 millions sur deux ans pour favoriser l’accès à l’emploi et à la formation des PH. Même si cette rallonge semble avoir permis de limiter la casse, le handicap n’est pas encore une préoccupation majeure des dirigeants.
Pourtant il suffit de passer à l’acte, en embauchant une PH, pour enfin dépasser la peur du handicap. Selon un sondage Ifop pour Adia (octobre 2009), 88% des salariés côtoyant des PH jugent facile de travailler avec elles. En revanche, parmi ceux qui n’ont pas de collègues handicapés, la perception est beaucoup plus négative : 55% pensent qu’ils ont du mal à accomplir leur travail… et 19% estiment qu’ils compliquent leur travail. La preuve par l’exemple, il n’y a que ça de vrai.

La « crise » ? Un report à six mois du règlement par les entreprises des pénalités dues pour ne pas atteindre ce fameux « quota »… et un report « sine die » des « surpénalités » qui devaient s’appliquer janvier 2010 aux entreprises ayant atteint le délai de trois ans qui leur été imparti pour engager des actions en faveur des « handicapés ».

Accès « à tout pour tous » ?

Ne dit-on pas que « quand le bâtiment va tout va ! » ?

Dans le bâtiment tout ne va pas si bien…

Ce fut même à la veille de Noël qu’un amendement fut adopté « nuitamment », instaurant des dérogations pour le  « bâti neuf ». (Heureusement le Conseil constitutionnel cassait cet amendement en l’estimant anticonstitutionnel le 29 décembre dernier)

Mais tout ne saurait être fait à coups de lois, de sanctions ou d’aides financières. C’est d’abord dans nos têtes, dans nos cœurs aussi, que l’accès « à tout pour tous » doit se faire…

Portemont, le 2 février 2010

Transmettre à un ami
Imprimer
Réagir

© lesmanantsduroi - Tous droits réservés.