jeudi 09 février 2012

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Du « Désarmement »... Du « Pacifisme »...

Des « Causes inavouées et inavouables des deux dernières guerres mondiales »...
Alors que l'air du temps souffle une fois encore sur l'air de « Désarmons! Désarmons! », Quelques piqures de rappels indispensables. Un incontournable travail de « JMT » que nous remercions chaleureusement.

« Un Jeune homme désireux de s’engager dans la politique n’a le choix qu’entre Marx ou Maurras. » Jean Paulhan 1932

« Il n’y eut pas d’invasion notable entre l’année 1728 qui vit bâtir la Maison Blanche et l’année 1792 où fut renversé ce gouvernement du Roi, qui avait dessiné nos limites et qui les gardait bien.
Les trois quarts de siècle qui vont de 1728 à 1792 ne faisaient que répéter les trois quarts de siècle antérieurs, ceux qui vont de 1650 à 1728 : de l’affermissement des Bourbons à la Révolution française, le cœur du territoire fut inviolé (…) Depuis que la Monarchie est tombée, le cœur du pays est ouvert, l’Etranger est entré trois fois dans la capitale (…) et si l’on en cherche la cause, on voit que la Démocratie parlementaire ou plébiscitaire n’a cessé d’y contribuer, tantôt, comme en 1792, par l’imprudente volonté de son initiative guerrière, tantôt comme en 1914, par un désarmement qui provoquait l’initiative de l’ennemi. » Charles MAURRAS

Maison Blanche
 La construction débuta avec la pose de la première pierre le 13 octobre 1792

La Maison Blanche...


Maison carrée d'Arlac (Gironde)

« Et les quarante ans de cette ascension de l’Allemagne sont aussi les quarante ans d’existence de notre régime républicain. Comment ce parallélisme ne s’imposerait-il pas au moins à l’attention ? » Charles MAURRAS 15 février 1911 in l’AF

« Lorsqu’on critique la politique étrangère de Napoléon III, ce n’est pas à celle de l’année 1870 que l’on fait allusion. En 1870, toutes les fautes étaient commises ; ce n’était pas Napoléon III, mais Bismarck qui voulait la guerre ; onze ans de sottises accumulées en avaient rendu l’issue inévitable. » Charles MAURRAS 1908 in l’AF

Reddition de Sedan...2 septembre 1870


« En 1914, Albert de Mun écrit : « je vois que derrière le Rhin, on travaille sans trêve, sans défaillance, avec cette vigueur que donnent à l’action l’unité de direction, la permanence des volontés. Je vois que les lignes de transport, se multiplient vers la frontière de la Belgique et du Luxembourg, que les dirigeables, que les flottes d’aéroplanes se construisent avec une activité fiévreuse… je vois que, derrière les canons, se massent les caissons automobiles, prêts au ravitaillement… ».

Albert de Mun

Le suffrage universel répond : « Je ne veux pas voir. » à quelques semaines d’une guerre, dont généraux et diplomates ne doutent plus, il faut lui plaire, jeter en pâture au Kaiser une France désarmée. » Extrait de « France notre seule Patrie » de François Marie ALGOUD


« Obéissant à la voix des agitateurs de tous les pays, y compris le nôtre, et traduisant en instrument diplomatiques les rêveries qu’avaient faites Quinet et Michelet, Lamennais et Mickiewicz, Napoléon III entreprit de fondre les petits peuples en grandes nationalités et de réaliser tout autour de nous de grandes unités homogènes et homophones. Un principe de politique (il est dans Machiavel) nous enseigne que quiconque aide son voisin à s’accroître se diminue personnellement. Il faut être très fort pour oser passer outre à cette profonde maxime. Napoléon III oublia peut-être de se la rappeler. Il aida l’Italie et, plus tard, il la laissa faire et laissa aussi se former l’unité allemande. La politique d’intérêt national était donc bien abandonnée pour une politique de principes ; celle-ci nous fit perdre deux provinces ; deux cent mille vies humaines et six milliards au bas mot … » Charles MAURRAS 1900 in Gazette de France

« Quand les démocraties sont acculées à la nécessité de servir le droit ou l’intérêt national, elles font bonne mesure de l’hécatombe. L’histoire montre que la Monarchie est une servante plus prudente, plus raisonnable et plus humaine. » Charles MAURRAS in Œuvres capitales

« Vouloir faire croire à la paix au lieu de consentir à voir une guerre qui vient, cela mène au désarmement qui rendra cette guerre plus désastreuse. Et rien n’est plus affreux. » Charles
MAURRAS

« …en 1900, pour le budget de 1901, le Ministre des Finances avait pratiqué une réduction de plus de 35 millions sur les 104 500 000 francs que demandait le Ministre de la Guerre ; que pour le budget de 1902 le chiffre demandé par les Services dépassait 98 millions et qu’il fut réduit de 38 millions par le Ministre de la Guerre, mais de 10 millions en plus de cette première réduction par le Ministre des Finances.
A partir de ce moment, a-t-on ajouté, les sommes demandées par les Services sont devenue beaucoup plus faibles, parce que les directeurs du Ministère avaient ordre de réduire au minimum leurs prévisions ; mais ces prévisions déjà si réduites ont encore été fortement comprimées, soit par le Ministre de la Guerre spontanément, soit d’après les indications impératives du Ministère des Finances.
En 1903, les Services ne demandaient plus que 59 millions et on leur en accordait 36.
En 1904, ils demandaient 61 millions et on ne leur en accordait que 30.
En 1905, ils en demandaient 44 et on ne leur en accordait que 27.
De 1905 à 1907, il est vrai, après la manifestation allemande de Tanger, près de 200 millions étaient dépensés hors du budget, mais à partir de 1908, et jusqu’à l’époque des évènements d’Agadir, les prévisions sont de nouveau diminuées ; les Services réclament 88 millions et on ne leur en donne que 57. Pour 1909, ils sollicitent 98 millions et on ne leur en octroie que 67. Pour 1910, au lieu de 81 millions demandés, on n’en accorde que 69, et, pour 1911, les 113 millions déclarés nécessaires sont ramenés à 86 millions.
Et le lendemain de la lecture de ce rapport fait au Sénat, le 13 juillet 1914, le Ministre de la Guerre Messimy répétait les mêmes choses :

« … Pendant un grand nombre d’années, les Services militaires ont reçu du département des Finances l’ordre précis, formel, impératif, de réduire de moitié, des trois quarts, les prévisions de la troisième section (matériel). Je suis dans l’obligation de le faire connaître au Parlement. (…) Dans la période qui s’étend de 1900 à 1905, l’Allemagne a dépensé 700 millions et la France 282, ce qui correspond pour l’Allemagne à une dépense moyenne annuelle de 115 millions contre 47 millions pour la France. Pour la période 1906-1910, on trouve 900 millions dépensés en Allemagne contre 476 en France, soit une dépense annuelle moyenne de 190 millions en Allemagne contre 95 en France. Enfin, de 1911 à 1913, l’Allemagne a dépensé 585 millions contre 411 en France, soit une dépense moyenne annuelle de 195 millions en Allemagne et 137 en France. » »  Charles MAURRAS 8 octobre 1942 in l’AF 

« Notre aversion pour l’état d’esprit pacifiste n’est si violente que parce que le pacifisme porte le germe de guerres infiniment plus cruelles que toutes celles qui naissent sans lui.

Voyez la Réforme du XVIè siècle et son appel constant à l’évangélisme le plus littéral, c'est-à-dire, croyait-elle, le plus doux et le plus pur ; elle a commencé par déchirer et ensanglanter son berceau, l’Allemagne ; sa période de virulence s’est terminée par un combat fameux qui a duré la bagatelle de trente ans, au moment précis où Sully, chez le bon roi Henri, tirait ses plans de paix perpétuelle.

Voyez la Philosophie du XVIIIè siècle. Elle était merveilleusement pacifiste : elle a déterminé près de vingt-cinq années de guerre, les plus coûteuses, les plus sanglantes qu’eût jamais vues le monde, et auprès desquelles les plus cruelles luttes de l’ancien régime (alors même qu’elles duraient deux fois sept ans) paraissent de simples manœuvres d’armée.
Voyez le mouvement des nationalités au XIXè siècle : on n’y parlait que de déclarer la paix à l’Europe, chaque race embrassant sa voisine au chant d’une Marseillaise nouvelle, celle de Lamartine : or, des révolutions de 1848 (Paris, Vienne, Berlin, Rome), aux campagnes de Russie, d’Italie, de Danemark, d’Autriche, de France et de Turquie, on n’a guère cessé, pendant trente ans, de se battre de nation à nation quand ce n’était pas de concitoyen à concitoyen, comme nous l’avons fait entre pacifistes plus ou moins repentis en 1871.

La Grèce sur les ruines des Missolonghi

La faribole pacifiste a recommencé de sévir vers 1896 et 1897 : guerre turco-grecque, guerre hispano-américaine, guerre du Transvaal, guerre de Chine, guerre de Mandchourie, guerre du Maroc, et j’en passe une, la plus récente …
Parfois même, il y a une coïncidence complète entre la mise en circulation des formules de paix perpétuelle et le recours au droit du plus fort. D’autres fois, la chimère précède ou suit de peu des hostilités. Le tsar a établi son tribunal de paix européenne entre la guerre des Boers et la guerre du Japon. » Charles MAURRAS 20 octobre 1914 in l’AF


« Quand on n’a pas assez de philosophie pour comprendre les nécessités qui ont créé un idéal, il faut au moins ne pas oublier que, sans cet idéal, il n’est pas de société possible. Critiquer l’idée de patrie, vouloir affaiblir les armées qui la défendent, c’est se condamner à subir les invasions, les révolutions sanglantes, les Césars libérateurs, c'est-à-dire toutes les formes de cette basse décadence par laquelle tant de peuples ont vu clore leur histoire.  L’idée de patrie implique naturellement le respect de l’armée chargée de la protéger. Certes, le militarisme est une des plaies de l’Europe. Il est dangereux et ruineux, mais il serait beaucoup plus dangereux et beaucoup plus ruineux encore de vouloir le supprimer. Les gendarmes sont également d’un entretien fort coûteux. Personne ne parle cependant de s’en passer, parce que chacun sait bien que sans eux nous serions promptement victimes des voleurs et des assassins. Rien n’est plus funeste pour l’avenir d’un pays que les discours de quelques philanthropes à courte vue, parlant de désarmement, de fraternité et de paix universelle. Leur humanitarisme vague finirait pas saper entièrement notre patriotisme et nous laisserait désarmés devant des adversaires qui ne désarment jamais. Attendons pour écouter tous ces discoureurs que nous n’ayons plus d’ennemis. Et nous sommes bien loin, hélas, de n’en plus avoir à la vérité, nous n’en avons jamais eu davantage. Il faut être singulièrement aveuglé par des chimères pour ne pas le voir. 

M. Faguet a écrit : « Qu’il y ait une majorité anti-militariste dans un pays, c’est parfaitement le signe que ce pays se renonce ; qu’il y ait seulement un parti anti-militariste dans un pays, c’est un très mauvais signe et il y a déjà lieu de pousser le cri d’alarme… La Patrie, c’est l’armée, l’armée, c’est la Patrie elle-même, en ce sens qu’elle est l’organe que, lentement, depuis des siècles, la Patrie s’est construit et a ajusté au milieu qui lui a été fait, pour subsister et se maintenir. (…) Les peuples civilisés qui ont oublié d’être militaires ont péri, et en périssant, ont laissé reculer, ce qui revient à dire, ont fait reculer la civilisation. » Gustave LE BON  1910 in Psychologie de l’éducation.

Gustave Le Bon


COMBIEN DE «  RUE JEAN JAURES » en France ? :

Jules Guesde et Jean Jaurès

« Le 16 juillet 1914, l’éloquent Jean Jaurès parlant au Congrès socialiste disait à son auditoire que l’on devrait faire la grève générale devant l’ennemi. Il fit même voter une motion en ce sens.

Si Jaurès eût été obéi jusqu’au bout, notre défense nationale eût été désorganisée, et cela eût coûté à la France dix fois plus de vieux et de jeunes soldats qu’elle n’en a perdu par l’effet du désarmement conseillé pendant quinze ans par le même Jaurès. (…) Jules Guesde se leva et dit à Jaurès que sa motion si charitable pour les Allemands ne l’était pas pour les Français, parce qu’elle tournait au désavantage de la nation la plus socialiste, c'est-à-dire de la France, il qualifia, durement mais véritablement, la motion Jaurès de « Haute Trahison ».  (…) La vraie douceur n’est pas toujours avec ceux qui sont doucereux en paroles : appeler traître un traître est œuvre de bonté et de charité. » Charles MAURRAS 2 Juin 1936 in l’AF

« En même temps, il se forgeait un puissant accélérateur de cette volonté d’oubli national : la propagande marxiste, amie exaltée de l’Allemagne.
Elle envahit en quelques années nos écoles normales de département et séduisit, par dizaines de milliers, nos maîtres primaires. Les intellectuels aux mains blanches qui travaillent le monde ouvrier le pénétrèrent vite de fausses leçons : a) Que les travailleurs prolétaires n’ont point de patrie, les possédants, les riches ayant seuls intérêt à la défense nationale et b) Que l’avenir appartenait à l’union des travailleurs de tous les pays. L’avenir devait nous apporter deux certitudes contraires. De tous les pays du monde la France a été le seul dont la classe ouvrière ait été ainsi nourrie de la haine de sa patrie. (…)
Toute guerre perdue fait nécessairement son principal souffre-douleur de la classe la plus nombreuse et la plus pauvre. C’est une vieille vérité. Quelques camarades et moi, nous étions presque seuls à nous la rappeler vers 1895. La rhétorique socialiste la conspuait à tous coins de rue. » Charles MAURRAS in Pour un jeune Français.

Le 20 mai 1913 craignant des débordements antimilitaristes, le gouvernement interdit la manifestation annuelle à la mémoire des communards qui devait se dérouler au Père-Lachaise. Pour contourner cette décision, la SFIO appelle à manifester le dimanche 25 mai au Pré-Saint-Gervais, un lieu de rassemblement déjà connu des militants, mis à disposition par le maire socialiste de la ville.
Cette année-là, la manifestation en mémoire de la Commune se transforma donc en un vaste meeting pacifiste conçu comme le point d’orgue de la campagne contre le rétablissement de la loi de trois ans de service militaire.

http://www.histoire-image.org/site/oeuvre/analyse.php?liste_analyse=73

« Ne pouvant parvenir à rendre les résultats de la République conformes aux lois de la raison, aux conseils de la prévoyance, on essaye d’altérer le texte de ces lois inscrites pour nous fermer les yeux sur des résultats désolants. Les phénomènes de triste insouciance et de honteuse impéritie, dont il est impossible de contester l’éclat, on s’efforce de leur conférer la reconnaissance de droit. Ils sont normaux, puisque la norme est le régime ! L’esprit du régime rejoint et égale ainsi la stupidité de son être matériel ; dès que les choses le menacent trop clairement, il prie les choses de lui apparaître couleur de nuit ; c’est l’affaire d’un coup de lancette sur la rétine. Un aveuglement théorique et volontaire confirme alors l’aveuglement pratique : les citoyens distraits ont raison de l’être, leur distraction et leur légèreté sont morales, sont politiques. Très sages de ne pas s’instruire. Plus sages encore de s’y refuser. Comprenons la nécessité naturelle de cette philosophie, il n’en est pas d’autre permise en gouvernement d’opinion ; comprenons aussi quelle décadence elle dénote et multiplie, surtout quels dangers elle annonce.

Au bas mot, en termes concrets, elle doit nous représenter 500 000 jeunes français couchés froids et sanglants, sur leur terre mal défendue. » Charles MAURRAS 1913 in Kiel et Tanger

« Il s'agit de la part que Léon Daudet a prise à l’autre victoire. Ce n’a pas été seulement en annonçant la guerre d’après l’espionnage ennemi, ni en réveillant, ni en soutenant le moral du pays, ni en donnant la chasse aux espions et aux traîtres : ce fut aussi par une participation très directe, singulièrement puissante et heureuse à la prise du pouvoir par Clémenceau. 
Avant l’intervention de Léon Daudet, Clemenceau, presque aussi anarchiste que patriote, et par la pente même de ses habitudes parlementaires, mettait toute sa gloire à faire la guerre aux généraux, à critiquer leurs opérations, à dénigrer leurs actes ou leurs paroles, autant que possible dans son journal, en toute liberté, à la commission du Sénat… Il y avait meilleur emploi à faire de cette force. Léon Daudet, qui la connaissait, tenta d’agir sur elle, et il y réussit. Par l’intermédiaire d’un ami, M. Gustave Geffroy, président de l’Académie Goncourt, il fit connaître à Clemenceau les trahisons dont la France était victime au sein même du gouvernement, lui en fournit le dossier, qu’il possédait à fond, et changea de la sorte les directions d’un esprit dévorant à qui il fallait une proie : il lui donna à dévorer l’anti-France ! Dans son fameux discours de juillet 1917, Clemenceau la stigmatisa en termes si nets que le ministère de l’intérieur Malvy en fut marqué au front. La réaction nationaliste étant ainsi commencée dans les milieux gouvernementaux, il ne subsistait plus qu’une petite difficulté, la brouille de Clemenceau et de Poincaré ; avec l’aide des évènements, elle fut résolue par Capus, et le cabinet de la victoire put être constitué en novembre suivant.
Rien n’eut été possible si Clemenceau eût prolongé le terrible jeu de massacre qui affectait tout ensemble le moral du pays et celui de l’armée. Sa conversion soudaine fut due toute entière à Léon Daudet.

Léon Daudet

Si Clemenceau donna la victoire à la France, c’est notre ami qui avait rendu Clemenceau au patriotisme et à la patrie. Le coup était vraiment si beau, il faut le dire, que beaucoup d’entre nous n’osaient pas y croire ; j’en doutai longtemps pour ma part, l’expérience attesta combien Daudet avait raison. Comme il fallut bientôt nous rendre à l’éblouissante évidence, il convenait aussi d’en déposer la palme sur son cercueil. » Charles MAURRAS in l’AF  7 juillet 1942

« Tandis que Daudet mettait en garde le pays contre la trahison malvyste et caillautiste, j’évoquais une triste et cruelle décomposition du patriotisme, due au sacrifice imprudent des idées-mères de la patrie ; je contais comment notre effort de quinze années avait su dégonfler le germanisme officiel, poursuivre les idées de désarmement, discréditer la démocratie universelle et le pacifisme, susciter le renouveau général de ce que l’on avait essayé de pourrir ou de dégrader . » Charles MAURRAS 1927 in Préface de Quand les français ne s’aimaient pas

« Au lieu de laisser le Tigre se repaître d’innocents généraux, il (Léon Daudet) eut l’idée géniale de le gaver de traîtres. Un lien solide existait entre eux : Gustave Geffroy, président des Goncourt, ancien pilier du clemencisme, titulaire de la chronique des arts à la vieille « justice » depuis la fondation. Daudet remis à Geffroy le dossier Malvy-Caillaux, et Geffroy le remit fidèlement à Clemenceau. Ce qui devait suivre, suivit. Au rata de feuilles de chêne, à la brochette de galonnards, succéda un menu dont le plat de résistance fut « la canaille du Bonnet Rouge ». Deux ou trois petits mots suffirent à la conversion. Dès juillet, fut lancé le grand discours réquisitoire contre la trahison du ministre de l’Intérieur et du Sénateur de la Sarthe, quasi nommément désignés. Un nouveau Clemenceau naissait.

De la chrysalide jacobine sortait le patriote armé, dont les armes ne visaient plus que l’Etranger. Le ministère de novembre était fait. « Je fais la guerre. Je fais la guerre ». Il la faisait taire aussi, et comment ! Joffre disait à Paul Cambon : « Clemenceau n’a nommé que de très bons généraux ». L’année suivante, en mai 1918, au lendemain de l’échec du Chemin-des-Dames, Clemenceau, en plein Palais-Bourbon, prenait la défense de Foch. Ce dernier exploit décida les plus récalcitrants : toute notre « Action française » se ralliait sans réserve à Clemenceau. Poincaré, médusé, envoya notre article au Tigre, qui dut en faire des boulettes pour son chat, je pense bien ! »  Aspects de la France du 27 juin 1952


« Ce cataclysme paraît inévitable. Il sera la dernière conséquence de cette insurrection contre l’ordre divin qu’a été la Révolution. Pour y échapper, s’il en est temps encore, il faudrait faire résolument machine en arrière, non seulement en France, mais dans toute l’Europe. Cela ne paraît possible qu’après que les terribles évènements qui nous menacent auront enfin ouvert tous les yeux. Les lourds impôts ne suffisent point. Il faut encore qu’à des intervalles presque réguliers, se fassent des emprunts. Car le budget et la dette vont toujours en augmentant… (…)
Tout nouveau-né se trouve aujourd’hui en présence d’un passif qui atteint 1.211 francs, alors qu’en 1878, il n’atteignait pas 871 francs, soit une augmentation de 340 francs par tête ; l’Anglais en doit que 377 francs ; l’Allemand, 284 ; le Suisse, 106 ; l’Américain, 97.(…) que l’on calcule l’énorme quantité de travail que la France et l’Europe ont à prélever annuellement pour payer les intérêts de ces dettes ! (…)

Tant de milliards d’emprunts augmentent les charges de toute sorte, pèsent à la fois sur le pays et les particuliers, rendent la production agricole plus rare et l’industrie plus aléatoire. Tout cela nous place dans une infériorité manifeste vis-à-vis de nos rivaux ; notre industrie et notre commerce seront bientôt incapables de supporter la concurrence étrangère, cette forme nouvelle de la lutte entre les nations. « Le passé nous dévore, a-t-on dit un jour au Sénat, le présent dévorera bien plus l’avenir. Une génération n’est qu’usufruitière du patrimoine tant moral que matériel dont elle a hérité ! Nous dévorons l’un et l’autre ; nos petits-fils nous maudiront. (…)

Cet énorme entassement de bureaux, d’usines à paperasses, n’engendre que lenteurs, complications, dépenses, obstacles, entraves, pertes de temps et de forces. Tandis qu’il faudrait simplifier, abréger, alléger pour nous permettre de marcher de plus en plus vite dans cette universelle course internationale, où les plantigrades et les tardigrades sont condamnés fatalement à la décadence et à la ruine, il semble que l’Etat se plaît à multiplier les fardeaux et les poids morts qui pèsent sur nos épaules.
Rien de plus naturel, de plus indiqué, de plus simple cependant que les réformes à opérer… Mais la « politique » s’oppose à toute réforme sérieuse, à toute amélioration efficace.

Elle cause tout le mal. Elle empêche tout le bien. S’obstiner à maintenir un système si funeste et si dangereux est un acte de véritable démence. Cependant les « choses » sont telles qu’il est chimérique de supposer qu’une Chambre, quelle qu’elle fut, pourrait aujourd’hui être assez dégagée des vues personnelles et des préoccupations locales inférieures, pour avoir le courage d’accomplir la réorganisation constitutionnelle et administrative qui s’impose à notre pays. Seul un pouvoir indépendant serait capable de faire ce qui est indispensable. Où nous institueront ce pouvoir, et l’œuvre de salut et de vie s’accomplira. Ou nous ne l’instituerons point, et l’œuvre de ruine et de destruction continuera, jusqu’à son dénouement prédit par l’histoire. » Henri DELASSUS 1910 in Vérités sociales et erreurs démocratiques

« L’Allemagne augmente ses armements sous les prétexte que sa situation est affaiblie en Europe et, bon gré, malgré, la France doit suivre l’impulsion et faire un gros effort pour tenir tête à la menace et remédier à son infériorité. Ni les précisions, ni les confirmations ne nous ont manqué ces derniers jours ; Lundi, nous avons eu tout à la fois l’ordre du jour de Guillaume II à son armée et l’article de la Gazette de Cologne qui désignaient la France comme l’ennemie de l’Allemagne et de la Paix. » Jacques BAINVILLE 13 mars 1913 in l’AF


 « L’entière responsabilité de la guerre revient à l’empire allemand et au peuple allemand. Il faut renoncer à rien comprendre et à rien savoir, ou reconnaître qu’après quinze ans de provocations incessantes l’Allemagne nous a déclaré la guerre sous le prétexte mensonge que des avions français avaient bombardé Nuremberg. Dans la mesure où la guerre a été voulue, elle l’a été par l’Allemagne.  Dans la mesure où la guerre a été un fait moral, humain, une décision volontaire, elle a été due à la décision de l’Allemagne. Le rôle de l’Allemagne a été très exactement celui de la bête cruelle dans la fable du Loup et de l’Agneau.

L’on faite ceux qui ont voulu la faire, c'est-à-dire les Allemands ; Mais, si l’on sort de cette zone, si l’on entre dans le domaine de l’involontaire et de l’inconscient, il ne faut pas permettre aux hommes de gauche de faire un pas sans qu’ils s’entendent dire que, dans cet ordre spécial, il n’y a pas de plus grands responsables qu’eux-mêmes. Ce sont eux, en effet, qui, après l’Allemagne, ont la plus grande part à l’invasion de 1914 : sans eux, sans le désarmement que, depuis quinze ans, ils imposaient à la France, sans l’état d’infériorité militaire où ils la plongeaient, l’Allemagne n’aurait jamais songé à se frotter à nous. Elle n’y songeait en aucune manière lors de la première affaire Dreyfus, du temps où nous avions un ministre de la Guerre énergique, le général Mercier, des techniciens d’artillerie comme le général Deloye, un état-major général compétent et respecté, un Service de Renseignements qui ne nous laissait rien ignorer des desseins de l’ennemi. Il suffisait alors au Président de la République, M. Casimir Périer, d’opposer, comme le voulaient ses ministres, une fin de non-recevoir complète aux prétentions de l’ambassadeur allemand, celui-ci se calmait, calmait son empereur et les fameuses nuits historiques de 1894 et de 1895 étaient facilement réparées par une simple matinée de bon sommeil rue Saint Dominique et à l’Elysée.

Les assauts de défis et de rodomontades, les menaces périodiques de l’Allemagne n’ont commencé qu’après la révolution dreyfusienne de 1900 et, d’année en année, de Tanger à Agadir, d’Agadir à Nuremberg, s’est élevée l’enchère de la paix européenne. Quand le peuple français eût élu, au printemps de 1914, une assemblée hostile à la loi de trois ans et dont le groupe le plus remuant avait marqué dans son programme que les armements étaient une folie, ce jour-là, la paix était morte : nous apparaissions une proie facile pour ne pas tenter la cupidité de notre agresseur et envahisseur-né. Les Allemands avaient besoin de la terre française, et cette terre leur paraissait si bien ouverte qu’ils jugèrent n’avoir qu’à se donner la peine d’entrer. (…) Nous n’avions pas le nécessaire, nous en paraissions encore plus dénués que nous ne l’étions. C’est l’élément qui a décidé de tout. C’est un élément républicain-radical-socialiste, et les gens qui essaient d’impliquer M. Poincaré, M. Paléologue ou M. Pichon dans une mauvaise affaire de « bellicisme » comme ils disent dans leur patois, sont de simples brigands qui crient au voleur de peur d’être pris. » Charles MAURRAS 18 novembre 1925 in l’AF


« En 1914, la question était tout uniquement de savoir si l’Allemagne voulait la guerre, si elle voulait nous la faire, à nous : si elle la ferait.

À Potsdam, Fischer mit la main sur un rapport du chancelier Theobald von Bethmann-Hollweg intitulé « Septemberprogramm » daté de 1914. Hollweg escomptait une victoire rapide sur le front Ouest et envisageait sur cette base, outre l'annexion du Luxembourg et de vastes régions de France et de Belgique, une prise de possession de plusieurs colonies en Afrique centrale. Fischer insistait sur l'importance des deux aspects de ce document:
« Ce programme n'est pas la simple expression des ambitions du seul chancelier du Reich, mais reflète des idées partagées par la classe dirigeante, économique, politique et militaire. D'autre part, les directives (...) énoncées dans le programme révèlent les motivations profondes de toute la politique allemande de guerre totale observée jusqu'à la fin du conflit, même si des modifications de détails ont pu intervenir au gré de la conjoncture. »

Nous étions un certain nombre à répondre : oui. C’était Barrès, c’était Déroulède, c’était Bainville, c’était toute l’Action Française. Nous prouvions la vérité de notre jugement par les tentatives allemandes, de Tanger, de Casablanca, d’Agadir. Cela nous semblait d’une éblouissante évidence.
Mais les Gauches, mêmes libérales ou pieuses, ne cessaient pas de dire : non. Les Waldeck-Rousseau, les Menier (grand chocolatier propriétaire d’un vaisseau de plaisance fameux) considéraient que toute politique de défense nationale était inutile, car Guillaume II voulait la paix. Tel était l’état d’esprit né de l’affaire Dreyfus, qui était venue d’Angleterre et non d’Allemagne mais que l’Allemagne avait exploitée jusqu’à l’os : les armées, les diplomaties, les nations passaient pour survivances du passé ; un ministre de la Guerre, le général Brun, prononçait : il n’y aura plus de guerre. Marc Sangnier jugeait aussi toute guerre une rêverie du plus insoutenable archaïsme. Jaurès et l’extrême gauche posaient en principe que l’empereur voulût-il la guerre, son peuple refuserait de la faire, la social-démocratie allemande devant mener le train de la révolution ! En avril 1914, les gauches estimaient que les dépenses d’armement étaient une « folie » : il fallait les affecter au budget de l’instruction publique ! Comme si les écoles eussent été à l’abri du canon ! Et le bourgeois Caillaux pensait comme le révolutionnaire Jaurès : en donnant quelques morceaux du Congo à l’Allemagne, on la rassurait à jamais et l’on se rassurait soi-même contre la responsabilité de désarmer que l’on avait prise au vu et au su des partis dominants et avec leur complicité. Tels étaient les jeux faits. L’immense majorité du pays légal pariait contre la paix. Nous étions une poignée à dire : la guerre est certaine.
La guerre est venue, elle est venue par la volonté d’agression de Guillaume II, elle est venue aussi par la volonté de désarmement de nos gauches. » Charles MAURRAS 15 août 1939 in l’AF


Regards croisés sur la "Grande Guerre"
Par Laurent Ribadeau Dumas

« ...comment les Allemands voyaient-ils les Français pendant le conflit ? »

 A leurs yeux, ceux-ci n’étaient que les supplétifs des Britanniques qui les avaient instrumentalisés et les manipulaient. C’était un peuple dégénéré de 35 millions d’habitants face à une Allemagne de 70 millions d’habitants, un peuple intrinsèquement faible. Dans ce contexte, seuls les Anglais étaient un ennemi respecté. Mais pendant le conflit, les soldats allemands ont appris à apprécier le courage des Français. Et ils en ont parlé autour d’eux. Alors qu’au début de la guerre, la France n’était vraiment pas prise au sérieux par les décideurs allemands…

 Lire:

http://culture.france2.fr/patrimoine/

Nos temps sont toujours autant difficiles... De nouveaux « protagonistes » sont entrés dans l'arène. Les anciens sont toujours là...

Et les vérités demeurent!

A suivre...

Portemont, le 4 janvier 2010

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