jeudi 09 février 2012

Nous contacter


Effectuer
une recherche
sur le site :


Pour recevoir
la Lettre
des Manants du Roi, j'inscris mon
adresse courriel :

 

« La Nef »

Toujours au cœur du « politique ». Entendez le « politique », « cette forme supérieure de la charité… ». « La Nef » nous l’a maintes et maintes fois prouvé. Et nous le prouve une fois encore !
Le numéro de décembre 2009 : « Paroles d’un Prince – entretien avec le Prince Jean »…

Un entretien qui permet au prince Jean de préciser sa pensée grâce à des questions au « plus près » de nos temps difficiles…

Merci Monseigneur, Merci Christophe Geffroy !

Portemont, le 26 décembre 2009

Paroles d'un Prince

Le Prince Jean d'Orléans, duc de Vendôme, vient de publier un livre qui explique sa vision de la politique et qui marque sa volonté de s'engager pour être au service de la France. Nous l'avons rencontré pour en savoir plus. Entretien.

La Nef - Vous plaidez pour la monarchie en mettant en avant les avantages qu'elle procure (continuité du pouvoir. politique à long terme...) : mais la moitié de l'Europe de l'Ouest a un roi (ou une reine à sa tête et aucun de ces avantages n'y est perceptible. Pourquoi cela serait-il différent en France ?

Prince Jean –
« Plaider pour la monarchie, oui, je le fais, mais à ma manière. Je vais préciser en quoi. Sur les monarchies européennes, ce que j'ai envie de dire, c'est qu'aucun régime n'est parfait, mais que les monarchies apportent un élément de stabilité, de continuité qui, dans un monde qui n'arrête pas de bouger, ne peut qu'être rassurant pour tout un chacun. Sans monarchie, cette image de continuité n'est assurée que par « la République », une notion abstraite, sans visage défini. L'appel, dans les moments difficiles, aux  « valeurs républicaines », garde un aspect abstrait, froid, voire glacial pour ceux qui souffrent de l'injustice ou de la misère.
Alors que, chacun peut le constater, les familles royales régnantes, dans les pays où elles existent, ont une image très vivante et rassurante. Bien sûr, selon leur personnalité, les princes sont plus ou moins aptes à incarner les valeurs de liberté ou d'équité. Mais leur image, visible sur les pièces en euros par exemple, exprime une forme de résistance à l'anonymat du système dominant. Leur rôle politique effectif reste, c'est vrai, limité, mais ils peuvent exercer une influence importante.

Le roi Juan Carlos, s'il n'a pu empêcher les évolutions regrettables de la société espagnole, garde un pouvoir d'influence réel, et, croyez-moi, ce pouvoir est positif.

En France, comment un régime monarchique pourrait-il fonctionner ?

Prince Jean –

«Pour qu'il puisse exercer une action effective, il faut d'abord qu'un consentement populaire de fait lui soit acquis, comme cela a toujours été le cas pour la monarchie française. D'autre part, la longévité de la Ve République repose, on le sait, sur la primauté du président. Comme si les Français, si prompts à se diviser et se quereller, ressentaient le besoin profond d'un pouvoir indépendant et arbitral. La tradition française n'est pas, à cet égard, celle de l'Espagne, de la Hollande ou des pays scandinaves. Le pouvoir capétien répondait à ce besoin d'une autorité indépendante des factions, des partis et des puissances financières. La Révolution a créé une rupture profonde, comme une longue amnésie.
Aujourd'hui, le besoin de continuité politique peut conduire la France, réconciliée avec son passé, c'est-à-dire avec elle-même, à adopter une forme de monarchie tenant compte des aspirations profondes de notre peuple. Ce n'est là pour moi qu'une hypothèse. Une hypothèse que je souhaite,
sans doute, mais ceux qui me connaissent savent que je ne la souhaite pas pour moi-même, non pour ma famille, mais tout simplement pour la France, parce que j'aime vraiment ce pays, et qu'avec les moyens qui sont les miens, je suis né pour le servir.

N'exagérez-vous pas l'importance de la question institutionnelle du régime ? En Europe, on ne voit aucune différence essentielle entre les monarchies constitutionnelles et les républiques. Les monarchies sont aussi « décadentes » ,  sinon plus, que les républiques : toute l'Europe ne dérive-t-elle pas pour des raisons anthropologiques, philosophiques et spirituelles beaucoup plus que politiques, la question du régime n'est-elle donc pas secondaire aujourd'hui ?

Prince Jean –

« Nous vivons tous dans le monde des hommes, comment pourrions-nous y échapper ? J'ai envie de dire que la réponse à votre question se trouve dans la question même. L'évolution de la société est largement indépendante de son régime politique. La crise de société que nous connaissons depuis plusieurs décennies concerne toute l'Europe. Les monarchies existantes, certes, n'ont pas trouvé toutes les solutions - et pas plus les républiques ! - même si, je le répète, les souverains régnants demeurent un lien - parfois ténu, mais dans leur ordre, le seul qui relie les peuples avec la continuité de leur histoire. Il reste que les dérives intellectuelles et morales que nous connaissons ne peuvent trouver de réponse uniquement dans l'établissement d'un régime politique, même idéal. Il me semble qu'il n'y a pas besoin d'être chrétien pour constater que, dans le monde, le pape est la principale voix dénonçant ces dérives. Une voix dont on sait qu'elle est écoutée mais pas entendue, même chez beaucoup de chrétiens. Comment un pouvoir politique peut-il agir? Par l'action législative.

Le geste du roi Baudouin renonçant à sa charge le temps de marquer sa désapprobation d'une loi inacceptable peut paraître dérisoire. En réalité, c'est un témoignage capital pour l'avenir. Et impossible dans un autre régime. »

J'insiste sur cette question : en rejetant Dieu et le surnaturel, c'est le naturel lui-même qui est maintenant nié en nos sociétés gangrenées par le relativisme si souvent dénoncé par Benoît XVI; la. « nouvelle évangélisation » n'est-elle pas une condition préalable à tout redressement, y compris politique ?

Prince Jean –

« Il y a eu un vieux débat qui prétendait opposer le « politique d'abord » à la« primauté du spirituel », alors que chacun est vrai et nécessaire dans son ordre.
Pour répondre précisément à la question, je dirai que si l'évangélisation est, pour un chrétien, la condition de tout redressement profond et durable, les problèmes généraux de la société eux, qu'on le veuille ou non, se traitent dès maintenant au niveau politique. Il faut soutenir tous ceux qui, quelles que soient leurs convictions et leurs motivations, résistent à la dissolution de notre pays. Il n'y a donc absolument pas lieu d'opposer la « nouvelle évangélisation » à une action politique consciente de la vraie nature de ses objectifs. D'ailleurs l'Église ne le fait pas, ne l'a jamais fait, quel qu'ait pu être l'état intellectuel et moral des sociétés auxquelles elle a été confrontée. Et je vois des jeunes autour de moi qui savent parfaitement conjuguer ces deux formes d'action, en étant bien conscients de toutes les distinctions nécessaires. Il y aurait encore bien des choses à dire sur cette question, notamment sur la diversité des vocations ou des charismes des uns et des autres, et aussi sur ce que peuvent ou veulent faire les non-chrétiens et les incroyants sincèrement attachés à la bonne marche de leur pays. »

Défendre le principe monarchique tel qu'il existe actuellement eu Europe, n'est-ce pas d'une certaine façon le « trahir » et cela vaut-il même la peine de se battre pour mettre en place un roi qui n'aurait aucun moyen de défendre la simple loi naturelle et qui risquerait d'être obligé d'avaliser l'inacceptable comme cela s'est fait récemment ?

Prince Jean –

« C'est sans doute là où je vais vous rejoindre, mais comme je le disais au début, à ma manière. Vous savez, je ne suis pas à la tête d'un complot visant à renverser la République. Ce que je m'efforce de faire, c'est de me tenir prêt à assumer toutes les circonstances possibles. Mais je ne veux pas attendre passivement qu'elles arrivent. Voilà pourquoi, après plus de dix ans de voyages à l'écoute des Français, j'ai décidé de m'engager. Le premier acte de cet engagement, vous le connaissez, c'est la publication d'un livre, « Un Prince français ». Mon objectif est de contribuer, avec mes moyens, à répandre en France ce que j'appelle « l'esprit de royauté ». L'esprit de royauté, pour moi, consiste à faire ressentir l'être profond de la France. Ce pays est né de circonstances bien particulières, où il est difficile pour un chrétien de ne pas voir le doigt de la Providence. Ses racines chrétiennes sont indubitables, et il faudrait que tous les Français, majoritairement incroyants ou non chrétiens, en prennent conscience et l'admettent comme une réalité incontournable s'ils veulent parvenir à vivre ensemble. Je ne peux m'attarder ici sur tout ce que comporte l'esprit de royauté, mais les valeurs de justice, de véritable liberté, d'humanisme vrai y tiennent une part essentielle. »

Comment voyez-vous la monarchie en France et quels pouvoirs aurait le roi ? Pour avoir un sens et éviter les monarques « potiches »  européens, le roi ne devrait-il pas avoir un pouvoir globalement égal à celui de notre actuel président de la République ? Mais dans ce cas. Comment s'opère la démocratie et comment régler d'éventuels conflits entre le monarque et une majorité parlementaire qui voudrait faire passer une loi à laquelle il s'oppose (le « mariage » homosexuel, par exemple)?

Prince Jean –

« Je ne pense pas le moment venu de jouer au jeu de la « constitution idéale ». Si une mutation institutionnelle doit se faire, elle sera pragmatique. Napoléon n'avait pas complètement tort quand il disait qu'une constitution doit être courte et obscure. Il reste que les Français se sont attachés à l'idée d'un exécutif indépendant. L'indépendance actuelle du chef de l'État est entravée par les modalités de son élection et de sa réélection. Et on a aussi vu un président en fin de mandat ne plus rien faire pour ne pas mettre en péril son image de vieux sage. Si les Français ressentent le besoin d'un exécutif stable et indépendant, et avec la grâce de Dieu, les solutions pratiques se trouveront. »

En attendant un éventuel retour de la monarchie, comment pouvez-vous jouer un rôle politique en France ? Accepteriez-vous notamment une responsabilité dans le cadre de la République ?

Prince Jean –

« Oui, sans hésiter, si elle me permettait de me mettre directement au service du pays. Mais mon principal rôle politique demeurera de contribuer, par ce que je suis, ce que je fais et ce que je dis à développer l'esprit de royauté dans le pays. »

« On voit mal actuellement la monarchie se rétablir d'une façon « naturelle » et spontanée, l'histoire montre au contraire que les changements profonds de régime s'opèrent plutôt à l'occasion de graves crises: comment voyez-vous concrètement le rétablissement de la monarchie et y croyez-vous vraiment ? »

Prince Jean –

« Si une telle transformation se produit, il y a en effet toute chance que ce soit à l'occasion d'une crise grave. Mais je ne peux pas souhaiter à mon pays une telle crise dont personne ne peut assurer qu'elle déboucherait sur un mieux.
C'est pourquoi je refuse de me poser la question en ces termes. La « monarchie » telle que je la conçois, conforme à la tradition historique de la France, relève aujourd'hui de l'espérance, l'espérance en une France réconciliée avec elle-même. Une espérance qui se nourrit de foi et de charité: foi dans le destin de la France, et développement actif de l'esprit de royauté. »

Vous ne vous étendez pas beaucoup dans votre livre sur le libéralisme mondialisé d'une part, et sur l'islam de l'autre: constituent-ils pour vous des dangers et, si c'est le cas, quelles réponses propres un pouvoir monarchique pourrait-il apporter?

Prince Jean –

« Sur ce que vous appelez le libéralisme mondialisé, j'ai déjà eu l'occasion de m'exprimer, par exemple dans une tribune sur « l'Europe après la crise » (1). Il est clair que le seul souci de l'intérêt de la France et des Français devrait conduire n'importe quel pouvoir politique à renoncer à cette sorte de millénarisme idéologique qui pousse à la mondialisation forcée et à un européisme artificiel et, sous cette forme, sans avenir durable. Il y aurait beaucoup à dire là-dessus. Comme sur l'Islam. Je me limiterai ici à souligner un point: quoi qu'on fasse, il faut respecter la foi sincère des Français musulmans. La culture musulmane est d'ailleurs apte à accepter un régime monarchique. »

En France, l’hypothèse d'un retour de la monarchie pose pour certains la question du « prétendant » légitime: quel argument décisif plaide en faveur des Orléans plutôt que des Bourbons d'Espagne qui représentent la branche aînée ?

Prince Jean –

« Juristes et politiques ont largement traité la question, je n'y reviendrai pas ici. Pour moi, l'impératif est de ne plus s'attarder à ces querelles qui, chez certains, consomment une énergie en pure perte. La France a besoin que nous nous placions à un tout autre niveau. Je ne suis pas un chef de clan ni même le chef des royalistes. Même si nous avons l'espérance chevillée à l'âme, nous savons que la France est réellement en danger.
C'est à la préserver qu'il faut consacrer toute notre énergie. »

Propos recueillis par Christophe Geffroy


Tribune - L’Europe mérite la Vérité

L’Europe qui nous est proposée correspond-elle aux vœux des Français et des peuples européens ? Répond-elle, dans son projet, aux aspirations d’une jeunesse en quête de sens.

Lire :

http://www.gensdefrance.com/gdefrance1/


Une réflexion mûrie

Jean d'Orléans a la distinction naturelle des princes du sang. L'homme est plutôt timide, mais chaleureux. On sent que les questions politiques procèdent chez lui d'une réflexion longuement mûrie appuyée sur une formation sérieuse. Il ne cède à aucune mode et sa pensée politique s'enracine dans une tradition chrétienne fièrement assumée. La foi n'est pas chez lui un artifice et il montre une ferme conviction dans ses positions en faveur de la famille et de la morale naturelle totalement à contre-courant de toute la classe intello-médiatique,
Dans son livre, les chapitres les plus forts sur le plan politique sont ceux consacrés à la défense et à la politique étrangère. Sur l'Europe, en particulier, il montre l'impasse de la construction actuelle qui conduit à la perte de souveraineté sans aucun profit réel en retour:il démonte le faux argument de la taille, la France ayant une vocation qui lui donne une carte spécifique à jouer... à condition d'y croire et de le vouloir.
Et puis les aspects plus personnels sur sa famille ne sont pas les moins intéressants. Bref, un livre aux idées fort sympathiques qu'on aimerait voir appliquées aux plus hauts degrés de l'État.

C.G.

Jean de France, « Un Prince français- entretien avec Fabrice Madouas », Pygmalion, 2009, 240 pages, 19,50 euros.

Lire « La Nef »
http://www.lanef.net/

Revenir au Bien commun !

Le 5 juin 2009

De la nécessaire souveraineté, condition indispensable de toute politique.
Et pour qu’il y ait des choix possibles, il faut d’abord qu’il y ait un cadre, une nation, un Etat, une civilisation, en somme une souveraineté…
Un grand entretien avec Paul-Marie Coûteaux dans la Nef d’avril 2009.

Lire la suite...


« La politique est une  forme supérieure de la charité » Pie XI

Le 21 décembre 2008

Rien de surprenant alors, que l’excellent mensuel « la nef » s’interroge et interroge…
Dans le numéro 198 de novembre 2008, un dossier « 1918, la fin des monarchies », qui se décline en plusieurs articles. Nous en retiendrons deux parmi les six : «  Actualité de la royauté ? »,un entretien avec Yves-Marie Adeline et « Etat des lieux de la royauté en Europe », par Michel Toda.

Lire la suite...

Transmettre à un ami
Imprimer
Réagir

© lesmanantsduroi - Tous droits réservés.