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Un "gendarme" se met en colère...

Il a pour nom « Autorité de sûreté nucléaire »(ASN) et ne badine pas avec tout ce qui touche à l’atome ! Dans son collimateur, le Commissariat à l’énergie atomique (CEA). Le site incriminé : Cadarache…

Une affaire d’évaluation de dépôts de plutonium dans un bâtiment en cours de démantèlement à Cadarache est la cause du courroux de notre gendarme qui ne nous veut que du bien…

Le 6 octobre 2009, le CEA avisait l’ASN s’être trompé dans l’évaluation des dépôts de plutonium contenus dans le bâtiment cité : l’évaluation à 8 kilogrammes se transformait en 22 kilogrammes récupérés et la quantité totale pourrait être portée à près de 39 kilogrammes. Loin d’être une « paille »…

Faiblesse dans les techniques d’évaluation ? La différence, d’importance, viendrait de la poussière qui se serait accumulée au cours des 40 années d’exploitation du site.
Ne pensez pas que le ménage n’était pas fait ou que les dites poussières étaient balayées sous le tapis…

Ces poussières se sont accumulées entre les interstices des « boîtes à gants », cases en plexiglas à travers lesquelles les opérateurs munis de gants fabriquaient des combustibles.

Souvent le rôle du gendarme est de faire peur, aussi l’ASN ne s’en prive pas, faisant valoir un risque de réaction en chaîne conduisant à une explosion incontrôlée !

 

Beau scénario de série noire catastrophe…

Il semblerait aussi dans cette affaire que le CEA ne soit pas un champion de la communication et qu’il aurait avisé le gendarme bien tardivement alors que tout « incident » doit être déclaré « très formellement et sans délai ».

Le gendarme fait valoir un retard de trois mois et a décidé de classer cet incident au niveau 2 de l’échelle internationale de gravités des évènements nucléaires, échelle qui comporte 7 niveaux.

Bernard Bigot, président du CEA se défend : « C’est un mauvais procès que de dire qu’il y a eu trois mois de retard dans la déclaration », avançant une communication téléphonique en juin entre le CEA et l’ASN…  Une communication téléphonique dans un tel cas aurait-elle valeur de déclaration « très formellement et sans délai » ?
Il est vrai que les rapports entre les vieux briscards du nucléaire et l’ASN sont aux dires des professionnels toujours un peu tendus. L’ASN est considérée par trop tatillonne, ne craignant pas l’excès de zèle.

Une affaire en soi sans grande gravité, mais qui tombait mal alors que se préparaient les festivités pour le 50ème anniversaire de Cadarache.

Mais une « belle affaire » pour les appétits politiques… Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie attrapait la poussière au bond, déclarant voulant « voir qui est responsable », pour un noble dessein, ajoutant : « ça permettra de savoir s’il faut que des têtes tombent ».

Et le vendredi 16 octobre 2009, les agapes pour l’anniversaire de la vielle Dame Cadarache n’ont pas irradié la joie : Christine Lagarde, ministre de l’Economie et Christian Estrosi ministre de l’Industrie, tous deux attendus, se sont fait excuser…
Certaines poussières sont comme les grains de sable : il suffit parfois de peu pour gripper de beaux rouages !

Pas courageux les ministres !

Léon Areva, le 27 octobre 2009

Vous pouvez lire :
Comment oublie-t-on 30 kilos de Plutonium?

http://www.slate.fr/story/11783/comment-oublie-t-30-kilos-de-plutonium

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