jeudi 09 février 2012

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Toujours les bons mots…

« Je préfère rendre le crédit responsable plutôt que de le supprimer ». Madame Christine Lagarde, ministre de l’Economie… Rendre le crédit « responsable »… Et Madame le Ministre ne parle pas de n’importe quel crédit. Du « revolving »… Nul besoin d’être un grand « lacanien » pour entendre dans « revolving » le mot révolver… Du crédit façon roulette russe pour le bon peuple…

Qu’importe la «  misère » sociale…  Il en est du crédit comme des réclames d’un certain ancien candidat : « travailler plus pour gagner plus »…

Auriez-vous besoin d’argent ? Souhaitez-vous augmenter votre pouvoir d’achat ?
La douce voix des financiers vous susurre : « C'est le moment de financer toutes vos envies! »

Le bonheur est dans le « prêt ». Avec les taux du « revolving » comment pourrait-il en être autrement ?

Madame Lagarde s’est exprimée clairement dans la presse.

Vous souhaitez lutter contre le surendettement tout en aidant les propriétaires immobiliers. Quel paradoxe!
Depuis le début de l’année, le nombre de dossiers de surendettement a augmenté de 17%. Je suis totalement mobilisée parce que, avec la crise, les ménages sont fragilisés. Et cela concerne toutes les catégories de personne, même les petits propriétaires de maisons ou d’appartements. Dans certaines régions, les Français n’ont pas accès aux commissions de surendettement et aux tribunaux sous prétexte qu’ils pourraient céder leur bien pour apurer leurs comptes. Ils n’ont aucune possibilité juridique d’obtenir un aménagement ou un effacement des dettes. Dans l’urgence, ils bradent leur logement, sans rien négocier, et peuvent ensuite avoir des difficultés pour se reloger. A l’avenir, leurs cas pourront être examinés au lieu d’être systématiquement rejetés.

Vous voulez également encadrer certains intérêts facturés par les banquiers.
Lorsqu’un ménage sort du long tunnel du surendettement, certaines banques facturent encore les intérêts dits intercalaires. C’est très dur. Alors que le plan de désendettement est respecté et terminé, de nouveaux frais surgissent. Cette pratique sera prohibée.

Quel est l’agenda de la réforme?
Le Sénat l’a adoptée en juin dernier. L’Assemblée nationale devrait discuter du texte fin décembre. Je souhaite qu’il soit définitivement voté début 2010.

Jeudi, le député PS François Brottes déposera une proposition de loi pour supprimer le crédit renouvelable ou revolving ? Approuvez-vous cette initiative?
Non. Interdire le crédit revolving, c’est la facilité. Le crédit est utile et nécessaire. Interdire peut aussi être dangereux: 40% des achats par correspondance à La Redoute ou aux Trois Suisses sont réglés avec des cartes de crédit revolving. Il y a des milliers d’emplois à la clé. Je préfère rendre le crédit responsable plutôt que de le supprimer. Le projet de loi prévoit des sécurités pour le consommateur. Il impose aussi un remboursement plus rapide des crédits renouvelables. Il faudra que le consommateur demande expressément que sa carte de fidélité soit utilisée à crédit. Ce ne sera plus automatique.

François Brottes milite également pour la création d’un fichier qui recense toute personne ayant souscrit un crédit. Etes-vous d’accord?
Ce fichier devrait intégrer 14 millions de ménages. C’est très lourd sur le plan des libertés individuelles! En avril, j’ai réuni une dizaine d’associations de consommateurs. Elles m’ont presque toutes confié leur hostilité à ce système. Je ne ferai pas cette réforme contre l’avis des consommateurs. J’ai demandé aux banquiers de rénover le fichier FICP sur les incidents de paiement pour le rendre plus efficace et lutter contre le surendettement. Actuellement, il est mis à jour avec trois mois de retard, ce qui est inacceptable. Il faut que les informations soient diffusées dans les 24 heures pour lutter contre le surendettement. En cas d’échec, le principe d’un fichier positif sera à l’étude.

Quand les actions de groupes qui permettent à des consommateurs de saisir la justice seront-elles autorisées?
La commissaire européenne en charge des consommateurs travaille sur le sujet. Actuellement, je ne souhaite pas modifier l’environnement juridique des entreprises qui sont déjà durement frappées par la crise. L’impératif est plutôt de relancer l’activité. Quand la reprise se confirmera, il sera temps de réfléchir aux actions de groupe.

Votre secrétaire d’Etat, Hervé Novelli, souhaite, lui, réorganiser le mouvement consumériste. Qu’en pensez-vous?
Hervé Novelli est en train de discuter avec les associations de consommateurs. Si elles doivent se regrouper pour être plus efficaces, pourquoi pas?

http://www.lejdd.fr/Economie/Actualite/Lagarde-Deux-mesures-contre-le-surendettement-141039/

Consommez, consommez… Il en restera toujours quelque chose !
« Revolving » est traduit par renouvelable, comme les énergies du même nom, après lesquelles il est de bon ton de courir frénétiquement…

Prêt « renouvelable », donc, à des taux qui caracolent entre 15% et 20% !

Rassurez-vous le taux d’usure semble être calé à 21%... Magie des chiffres et des pourcentages : si les crédits « revolving » ne représentent que 21% du volume total des crédits à la consommation accordés aux ménages aujourd'hui, ce sont les personnes aux bas revenus qui y ont principalement recours…

Dans une enquête publiée en mai 2008, le magazine « 60 millions de consommateurs » constatait que 54% des demandes effectuées dans des grands magasins ont été acceptées malgré un fort endettement des demandeurs. Et que 41% des vendeurs n'avaient posé aucune question sur l'existence de crédits en cours.

Aux dires de tous les experts, le crédit « revolving », appelé aussi "réserve d'argent", sert souvent d'outil de gestion de trésorerie aux ménages. C'est celui qui conduit le plus au "malendettement", c'est-à-dire qui ampute le niveau de vie de manière durable.

Avec la crise, davantage de ménages, victimes du chômage ou confrontés à une dépense imprévue, risquent de recourir au crédit revolving: "de plus en plus, on constate que les ménages ont recours au crédit pour répondre à leurs besoins de base et remplir leur chariot", affirme Serge Maître, de l'Association française des usagers des banques (Afub). Mais pourquoi ne pas faire appel aux autres formes de crédit à la consommation, qui proposent le plus souvent des taux bien moindres? Si certains ménages le font pour des raisons de facilité, la plupart n'ont pas le choix: 15% des ménages n'ont accès qu'à ce type de crédit. Si un jeune couple de diplômés, tous deux en contrat à durée indéterminée, peut accéder à un prêt personnel au taux de 6% pour acheter une voiture d'occasion, un couple du même âge en emploi précaire n'aura accès qu'au crédit revolving à 16% (1).

Lire :

http://www.alternatives-economiques.fr/le-credit-revolving-en-accusation_fr_art_822_42128.html

« Responsable »… Des exigences donc pour le crédit. Mais qu’a-t-on à attendre d’un gouvernement qui étale quotidiennement son sens des « responsabilités » ?

Léon Areva, le 15 octobre 2009

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