jeudi 09 février 2012

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Une hirondelle ne fait pas le printemps..

Mais nous n'allons tout de même pas bouder notre plaisir...La France serait en passe de vendre 36 « Rafale ». L'acheteur serait le Brésil. B comme la première lettre de « BRIC », une première lettre trop souvent occultée par le R de la Russie, le I de l'Inde et  l'envahissant C de la Chine...
C'est maintenant que tout devient très sérieux...

Rien n'est moins gratuit que l'achat de matériels militaires de très haute technologie. Rien n'est plus politique que de tels achats. Vérités entendues...

Le « Rafale » est un avion débordant de qualités. Vérité tout autant entendue!

La prudence est de mise… Des négociations sont entamées. Il en est des négociations comme de l’iceberg : le partie visible ne représente que près de 10% du tout…

Ces 10% sont plus ou moins connus : nous achèterions près d’une dizaine ou douzaine d’avions de transport militaires brésiliens  qui seront projetés par le brésilien « Embraer ». Pour un montant de 770 millions de dollars. Cet avion a un nom : KC-390. A ce jour si le « Rafale » existe et vole depuis le 4 juillet 1986 et est produit depuis décembre 1998… le KC-390 n’existe pas encore. Il sera un dérivé du « jet » E-190.

La France en sera le premier client. Précisons que le rafale que nous vendrons –peut-être- au Brésil est tout autre que celui qui vola en 1986.
L’avion que nous « achetons », le « KC-390 », ne devrait pas entrer en service avant 2015. Il devrait remplacer nos bons « Transal »l qui n’en peuvent plus et devrait jouer des ailes pour s’intégrer dans notre parc d’Hercules C-130, de Casa et de l’Arlésienne… qui répond au nom de « A 400M »… En espérant que « KC-390 » ne s’inspire pas de lui quant aux délais…

Trente six « Rafale » font donc l’objet d’âpres négociations. Partie visible, les six premiers sortiront d’usines françaises. Et le premier pourrait être livré en 2013… Par la suite, les trente à venir naîtront en terre brésilienne : « Pour nous, ce qui est important, c’est d’avoir accès à la technologie pour produire cet avion au Brésil. » 

Ce « Cher » Lula, ami au grand cœur de Nicolas, pouvait-il être plus clair.

Nous recevons le message cinq sur cinq. Sans friture…

Le Brésil serait-il assez fou pour acheter – à très bon prix il est vrai-  un avion trop sophistiqué et trop cher, comme le définissait le ministre Hervé Morin en son temps, suite à l’échec du Rafale dans l’offre qui fut faite au Maroc ?

Il convient d’être attentif sur le sens de ce pas de deux qui nous est annoncé pour 5 milliards, armement inclus…

Un pas de deux qui s’inscrit dans un « partenariat stratégique » noué entre la France et le Brésil et qui nous vaut la commande d’hélicoptères « Caracal » et de sous-marins « Scorpène »…

Mais maîtriserons-nous le devenir de tous les transferts technologiques ?...
Il faut bien vendre, mon bon Monsieur, me rétorquerez-vous…

Des emplois à la clef nous dit-on. Soit. Mais…

Mais le développement du Rafale a coûté près de 40 milliards, financé par l’Etat, vous, nous, à 85%...

Et nous baissons notre voilure : il n’est que de lire la loi de programmation militaire 2009-2014. A partir de 2013, le ministère de la défense diminuera ses commandes… De 14 pour 2009, nous passerons à 11 de 2010 à 2012 et la baisse se poursuivra.

Que nous disent les « experts » ? Qu’à moins de 11 commandes annuelles, Dassault aurait «été dans une situation difficile… et ce d’autant que la branche aviation d’affaires, illustrée par le célèbre Falcon, est frappée de plein fouet par la crise…
Rappeler aussi que la dernière vente à l’étranger de l’excellent mirage 2000 date de 1999…

Un « iceberg » inquiétant, donc, que cette entrée en négociations « exclusives » qui ne font pas encore « contrat » : Le GIE « Rafale » commandera au Brésil une charge de travail qui représentera plus de 70% de la valeur du « contrat Rafale » : près de 8,5 milliards… Et à terme le Brésil pourra faire commerce de « Rafale »…

Nous n’entendons pas noircir le tableau de cette belle avancée qui consacre notre « Rafale ». Le Brésil est un grand pays et la France y conserve une belle côte d’amour.

« Iceberg » il y a, et nous pouvons espérer des retombées commerciales dans biens des domaines civils, tout particulièrement dans les transports.
Mais les jeux politiques réservent parfois bien des surprises… Nous espérons de tout cœur que le Rafale ne devienne pas à notre aviation militaire ce que fut en son temps le Titanic à la navigation de croisière…

Portemont, le 16 septembre 2009

Au risque de surprendre…

12/07/2009 Secret Défense

Rafale : y en aura-t-il assez pour tout le monde ?

La signature très attendue d'un contrat portant sur la vente de 60 Rafale aux Emirats arabes unis (EAU) pourrait avoir des conséquences importantes sur le rythme de livraison de l'avion à ses deux "clients" français, l'armée de l'air et la marine nationale.
Le problème se pose en ces termes :

1- Stratégique, le contrat des EAU aura la priorité d'autant qu'il porte sur une version plus sophistiquée que les avions livrés à nos forces. Les EAU ne voudront pas attendre des années avant de renouveler leur armée de l'air. Les livraisons iront vite et s'étaleront sur quatre ou cinq ans, pour des premières réceptions vers 2013. L'usine Dassault de Mérignac (Gironde) devra donc produire environ 15 Rafale par an, soit une cadence supérieure à celle d'aujourd'hui.

2- Dans la Marine, les Super-Etendard arrivent, en principe, en fin de vie en 2015. A cette date, la Marine aimerait avoir en ligne une quarantaine de Rafale pour armer ses trois flottilles (11F, 12F, 17F). Pour ce faire, il lui faudrait percevoir quatre avions tous les ans.

3- L'Armée de l'air, qui a reçu 42 Rafale, aimerait également un rythme de livraison plus soutenu afin de pouvoir former ses escadrons, équipés chacune d'une petite vingtaine d'avions. Pour l'instant, un seul escadron est opérationnel, le 1/7 Provence et un autre devrait l'être complètement (avec l'alerte nucléaire, en 2010), le 1/91 Gascogne. Chaque Rafale qui va à la marine est un avion de moins pour l'armée de l'air, ce qui retarde d'autant la mise en place des nouveaux escadrons. D'où les relations tendues entre les deux maisons.

4 - La capacité de production maximale de l'usine Dassault est, en l'état, de 30 avions par an. En théorie, les commandes françaises pourraient monter jusqu'à 15 avions par an, tout en respectant le contrat avec les EAU.

5 - Au vu de la situation des finances publiques, dès 2011, la tentation pour l'Etat sera de faire reposer le plan de charge industriel sur les commandes à l'export (si le contrat EAU est conclu, évidemment) et non sur les commandes françaises. En théorie, celles-ci pourraient être réduites à zéro pendant quatre ans, sans conséquences économiques sur l'industrie française, puisque, de toute façon, les cadences resteraient supérieures à ce qu'elles sont aujourd'hui.

La tentation sera grande de réduire les commandes publiques à portion congrue. On parle déjà de 7 à 10 avions par an. Cela pourrait être moins. Ce qui est certain, c'est que l'Armée de l'air et la Marine devront se les partager. Et s'en contenter…

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