jeudi 16 octobre 2008

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Toujours « sonder » les adversaires, tester leur réactivité…

Il y a eu la provocation de la carte « famille nombreuse » et des réductions sur les tarifs de la SNCF. Maintenant il y a la remise en cause de la prise en charge à 100% des maladies graves…

Frédéric Van Roekeghem

Les affres de la recherche des économies budgétaires pour un gouvernement qui se voulait et se veut encore le gouvernement du pouvoir d’achat… président en tête !
Ce gouvernement ne saurait-il gouverner que de couac en couac sur le mode chic et choc ?

Sur un ton proche de celui de Monsieur Attali dans son fameux rapport, Monsieur Frédéric Van Roekeghem, directeur de l’assurance-maladie,  y va de ses recettes miracles, précisant : « Plus les mesures que nous préconisons seront mises en œuvre vite, plus le retour à l’équilibre sera conforté. »

Et d’estimer nécessaire un nouveau plan de redressement de 3 milliards, proposant de ne plus rembourser qu’au taux de 35% les fameux médicaments à vignette bleue, pris en charge à 100% et « consommés » par près de 8 millions de personnes classées en « affection longue durée »…

De quoi agiter un chiffon rouge et donner un bel os à ronger…

Sans tarder donc, l’entretien donné par le directeur de l’union nationale des caisses d’assurance-maladie au quotidien Les Echos – mardi 24 juin 2008 – a appelé une mise au point du ministre du Budget Eric Woerth qui s’est empressé d’affirmer que  le gouvernement ne prévoit « aucune remise en cause du remboursement à 100% des affections longue durée », précisant :   « Ce n'est pas un plan, mais des propositions de l'assurance-maladie »

Pour Monsieur Van Roekeghem l’objectif du gouvernement qui est d’équilibrer les comptes de la Sécurité sociale est légitime. Personne ne le contredira. C’est aussi un objectif souhaitable. Qui peut soutenir le contraire ?

Et d’affirmer que cet objectif est tenable… de rappeler que le déficit de l’assurance-maladie a été divisé par trois depuis 2004…

Mais « nous devons faire face à la hausse tendancielle des dépenses liée à l’accroissement de la prévalence de pathologies lourdes et chroniques : actuellement 40% de la population concentre 90% des remboursements. »

Nos temps sont vraiment difficiles. Les « pauvres » coûtent cher… salauds de pauvres ! Les malades coûtent cher… salauds de malades !

Notre société dans ses grandes démarches de prévention a pu réduire le nombre de certains handicapés… d’efficaces « dépistages » permettent de les assassiner en toute impunité. Pour les pauvres et les malades, c’est encore un peu trop compliqué… Mais ne désespérons pas…

Il y a les « vieux » aussi ! Et même des « vieux », « pauvres » et « malades » !
Insupportable.

Notre « système » de santé va mal. Nous n’entendons pas jouer à l’autruche.
La liste des hôpitaux en « faillite » est longue. L’exercice même des professions de santé devrait appeler une grande réflexion. Une grande réforme de notre « politique de santé » s’impose.

Mais elle ne saurait s’appuyer sur des provocations qui masquent ou travestissent la réalité.

Il serait urgent de s’interroger :

La France manifeste une « fatigue de soi » inquiétante. En 20 ans la consommation d’antidépresseurs est passée de 180 millions de doses quotidiennes à près d’un milliard. Soit un coût d’environ 1 milliard d’euros pour l’assurance maladie. Aujourd’hui la France compte 5 millions de consommateurs d’antidépresseurs.
La France serait-elle frappée d’une épidémie de dépression ? Toujours est-il qu’elle détient le triste record mondial de la consommation. En moyenne, elle en consomme 2 fois plus que les autres pays européens, l’écart étant encore plus fort avec l’Allemagne, le Royaume Uni, les Pays Bas.
Peu d’analyses ont été menées pour expliquer ce mal-être, mais différents arguments ont été présentés : « malaise social », fragilité des nouvelles générations, difficulté à accepter la souffrance et l’anxiété, remboursements aveugles de la Sécurité Sociale, pauvreté des relations sociales. ... Comme l’écrivait le meilleur spécialiste de la question, le professeur Edouard Zarifian, « le présumé malade est en fait un malheureux, le médicament une substance procurant du bien-être, et le médecin le recours le plus facile et le moins onéreux pour un malheureux qui veut rester performant ».

Portemont, le 1er juillet 2008

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