samedi 04 juillet 2009

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La Chine… La Chine… Toujours et encore la Chine

Certes, la Chine pose problèmes, et le pire est peut-être devant nous. Mais tous nos maux ne sauraient lui être imputés. Tout particulièrement dans le domaine de la désindustrialisation de la France…

Ces douze derniers mois, nous avons "perdu" plus de 40 000 emplois dans nos industries nationales. Où avions nous donc la tête? Monsieur le Premier ministre Fillon a eu beau rôle de déclarer il y a quelques semaines que la sidérurgie représentait pour la France un enjeu "stratégique". Belle démonstration qui prouve une fois de plus que le ridicule ne tue plus depuis bien longtemps. C'était là une occasion de lui rappeler que l'Etat s'est totalement désengagé de la sidérurgie depuis 1995 et qu'en 2006 il a sans soupir laissé filer Arcelor, un des fleurons de la sidérurgie française, chez le groupe "anglo-indien" Mittal, après avoir soutenu ce secteur à coups de milliards entre les années 1970-1980. Pour s'en dégager par la suite… sans s'apercevoir que ce secteur redevenait des plus rentable!

En l'an 2000 nous comptions près de 110 000 entreprises exportatrices. Aujourd'hui elles ne sont plus que 98 000. Et ce ne pas le fait de rachats et fusions…
Certains chiffres évitent de longs discours: La Lorraine a "perdu" 5000 emplois industriels depuis 2006, et pour faire bon poids, plus de 26 000 emplois en 8 ans. (Chiffres du conseil économique et social de Lorraine).

La Chine ?

Certes… Mais posons nous la question de savoir pourquoi l'Allemagne ne connaît-elle pas la même crise ?

L'industrie allemande est florissante contribuant pour une grande part aux 200 milliards d'euros d'excédents commerciaux, alors que nous affichons un déficit de plus de 40 milliards…

Nos politiciens roucoulent en récitant de beaux et "gros" contrats obtenus par "nos" poids lourds: Airbus, Areva, Alsthom et autres… alors que l'Allemagne obtient ses résultats grâce aussi à un fort tissu de PME "industrielles", performantes et innovantes ( Machines-outils par exemple). Et l'euro n'entame pas la santé de ces PME allemandes…

Depuis combien de lustres nos politiciens claironnent-ils que nos PME sont l'avenir?
A-t-on vu poindre une véritable politique industrielle "globale" en France?
Ce thème est sans cesse lancé mais à ce jour nous attendons toujours que les lignes directrices et les lignes de force soient posées…

Conflits idéologiques obligent…

Tous les observateurs sensés admettent qu'il faut sortir de toute urgence des positions extrêmes: "Tout libéral" contre "Patriotisme économique".

Dans cette crise, l'Etat, l'Etat dans sa définition la plus noble et la plus authentique, a un rôle important à jouer. Il dispose de leviers d'intervention puissants. Faut-il encore qu'il définisse une vision globale de la politique industrielle à tenir et qu'il prenne la mesure de la dimension industrielle portée par les grands enjeux de société comme l'environnement, la santé et autres…

Il n'est plus question de subventionner, presque toujours à pertes…, de raisonner en terme de bassin d'emplois, voire de seuls secteurs, mais de prendre conscience que sans une "pensée et des actions globales" nous sommes condamnés à régresser…
Ces grands choix doivent échapper aux arrière-pensées électorales. Ils doivent s'appuyer sur des collèges d'experts et s'inscrire dans un temps long.

Un "néo-colbertisme" serait le bienvenu. Faut-il encore bien comprendre Colbert… Et disposer d'un régime politique à la hauteur…

Portemont, le 8 mai 2008

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