dimanche 07 septembre 2008

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L’intérêt et la sécurité de la France…

Quand nous entendons ces mots, nous dressons toujours nos deux oreilles !
Ces mots devraient conditionner toute notre politique. Mais ces mots sont vains sans souveraineté… Des bonnes interrogations, certes, mais toujours une fuite en avant. Quand ce n’est pas le mirage atlantiste, vive le mirage européen… Lisons toutefois les réflexions de Ségolène Royal…

Ségolène Royal

Entendre les options des uns et des autres…

Dans toute négociation, dans tout choix politique, choix vital, il convient d’être fort.
Un pays ne peut être fort, d’abandon de souveraineté en abandon de souveraineté !
Quelques graves erreurs ou méconnaissances – Hamid Karzaï, en Afghanistan, qui représente-t-il ? -…

Mais lisons…grâce à l’envoi de notre ami Bertrand Lambert, toujours attentif, sur « désir d’avenir »

Portemont, le 22 avril 2008

Vendredi 4 avril 2008

Une défense européenne, vite !
Le retour dans le commandement militaire de l'OTAN, pour quoi faire ?

26 avril 2007 : le candidat Sarkozy estime que la présence à long terme des troupes françaises en Afghanistan  n'est pas décisive. Il se déclare même  prêt à poursuivre la politique de rapatriement de nos soldats, alors engagée par Jacques Chirac. 27 mars 2008, soit onze mois plus tard : en voyage officiel à Londres, Nicolas Sarkozy annonce l'envoi de 1 000 hommes supplémentaires à ceux qui sont déjà présents en Afghanistan.

Je me suis prononcée  contre cette fuite en avant. Car les risques d'enlisement  sont  trop forts ; car les objectifs  n'en sont pas définis ; car on ne peut risquer la vie de nos soldats sans savoir quels sont les objectifs  de leur mission ; car il faut en priorité  donner au gouvernement d'Hamid  Karzaï les moyens d'assurer la stabilité  de l'Afghanistan.

Et puis Nicolas  Sarkozy  oublie  sciemment  qu'en 1991, François  Mitterrand avait souhaité  un vote du Parlement  sur la présence  des forces françaises  en Irak… La réforme  des institutions  et le renforcement  du rôle du Parlement promis  par le candidat  Sarkozy  sont clairement  jetés aux oubliettes.

Plus grave encore, lors du Sommet de Bucarest, Nicolas  Sarkozy a fait prendre  à la politique  étrangère  de la France un virage  périlleux. En réintégrant  le commandement  militaire  de l'OTAN, il prétend  ainsi redéfinir notre rapport à l'Alliance  atlantique  et, en même temps, renforcer l'Europe de la défense.

Mais où est passé le « Livre blanc de la Défense », en préparation  depuis plusieurs  mois et qui devait  être soumis au Parlement ? Personne ne l'a encore  vu… et lorsqu'on  débattra  de ses orientations, il sera déjà trop tard. Car entre temps, c'est toute  notre  politique  depuis 1966 qui aura été remise en cause.

Le degré de notre participation  à l'Otan est une question fondamentale  qui ne doit pas être taboue  et dont nous pouvons tout à fait débattre. Mais la France a-t-elle intérêt à se ranger dans le camp atlantiste, sans  garantie d'obtenir  quelque  chose en retour ? La France est-elle  attendue et bienvenue dans un commandement  militaire  qui s'est fait sans nous depuis 42 ans ? Un retour actif à l'Otan permettra-t-il  véritablement  de renforcer la PESD ?

Sous couvert de préparer la présidence française  de l'Union européenne  et d'amorcer le développement de la défense commune, Nicolas  Sarkozy  ne vise, en réalité, qu'une chose : réintégrer  pleinement l'OTAN pour inscrire  sans réserve  notre pays dans «  le camp occidental » et satisfaire  son « obsession  atlantiste », comme l'a formulé Jean-Marc  Ayrault, le 1er avril à l'Assemblée  nationale. Une option idéologique  dangereuse, selon  moi, à l'heure où certains  poussent au conflit  des civilisations. Et alors que les Etats-Unis  ne semblent pas disposés, en matière de défense, à déléguer leur autorité. Ce faisant, Nicolas Sarkozy  affaiblit  la position  européenne au sein de l'Otan.

L'intérêt et la sécurité  de la France passent  sans conteste par la mise en œuvre d'une vraie PESD, tout en continuant de travailler  étroitement  avec nos alliés. Au sein de l'Alliance, lourde  et grosse machine, la France seule ne pourra jamais peser sur les orientations  et les décisions  stratégiques.
Nous devons donc absolument profiter  de notre autonomie  pour rassembler nos partenaires  européens  autour d'une Europe de la défense cohérente  et efficace, et avoir ensuite  voix au chapitre  au sein de l'Otan.  À nous aussi de faire preuve d'exemplarité  dans notre  engagement  en Europe, afin de vaincre les réticences  de nos partenaires.

Ségolène Royal

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