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La cible…
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D’un côté les déclarations de circonstances… De l’autre la réalité…
Quand l’armée est dans le collimateur… Le ministre Morin, exécuteur des basses œuvres, a présenté le 8 avril 2008, les grands axes de la réforme. En attendant le livre Blanc de la Défense…
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Déclarations de circonstances ? « La France doit rester une puissance militaire crédible et indépendante ». Difficile d’imaginer d’un ministre, même d’un Morin, une déclaration dans le style :
« La France doit remiser au placard ses bombinettes et tout son arsenal. Mettons nous sous le parapluie de qui vous savez… »
La réalité ?
La « Défense » qui emploie dit-on 440 000 personnes perdra-t-elle 36 000 ou 50 000 de ses personnels ?
Quelles unités seront fermées afin de regrouper les moyens militaires dans 90 « bases de défense » ?
L’armée n’échappe pas aux fourches caudines de la RGPP – Réduction générale des politiques publiques – qui a pour but de restreindre le train de vie de l’Etat…
Un processus venu tout droit des méthodes appliquées drastiquement dans le privé…
Mise en place en juillet 2007 la cellule RGPP du ministère de la Défense, constituée autour du contrôleur général Dominique Conort et du préfet François Lepitre, assistée d’un inspecteur des finances, d’un inspecteur des affaires sociales et d’un inspecteur général de l’administration, n’a pas hésité à appeler à la rescousse des consultants « privés » ; et non des moindres : Deloitte et MacKinsey…
Pour corser le tout, le ministre Morin avait constitué une équipe de chefs d’entreprise qui avaient pour mission de jouer les « poils à gratter », dont Henri Lachmann (Schneider), Bertrand Collomb (Lafarge), Jean-Martin Folz…Point commun à tout ce beau monde ?
« … ils avaient été amenés à changer l’organisation de leur entreprise ».
Ce qu’ils ont fait ?
« Nous avons fait ce que nous aurions fait dans une entreprise, dans le cadre d’un plan de productivité » a expliqué Jean-Martin Folz, ancien PDG de PSA…
Tout un programme…
Si Jean-Martin Folz fut élu "manager de l'année" par la revue « Le Nouvel Économiste » en 2003 et fit passer en quelques années, les ventes du groupe du 2 à 3,4 millions d'unités accélérant la croissance du groupe hors Europe de l'Ouest (Amérique du Sud, Europe centrale, Chine…), rappelons nous que peu après la chute de 60 % du bénéfice au premier semestre 2006, il annonça son départ à la retraite en janvier 2007… Un vrai combattant ?
Ne dénigrons pas…
Mais attirer votre attention sur le ton qui est donné : L’armée doit-elle être tendue dans un plan de productivité ?
Non pas prendre conscience des réformes nécessaires ou nier nombre d’aberrations…
Mais veiller à la bonne utilisation des écus publics sans « doctrine » militaire n’est ce pas un coup d’épée dans l’eau. Et toujours des mots insidieux… Le mot phare : ministère la défense !
La vocation d’une armée, sans développer tous ses aspects, de Sun Tzu à Clausewitz, sans négliger les apports d’un Sorel ou plus près de nous de René Girard, c’est de faire la guerre…
Défensive ou offensive…
Notre armée va devoir se déployer – économies obligent – en « bases de défense », « version moderne et adaptées aux défis opérationnels actuels de la garnison ».
Aux dires du ministre Morin, elles regrouperont 2800 personnes en moyenne et formeront des « bassins de vie », d’un rayon de 30 kilomètres…
Et les « communes » françaises qui accueilleront ces « bassins » passeront de 471 « communes » aujourd’hui à 180 en 2014…
Le regroupement permettra des économies sur l’entretien du matériel, sur l’informatique et… l’alimentation…
Nous savons aussi que la composante aéroportée de la force nucléaire, celle que nous appelions jadis « la force de frappe » sera réduite d’un tiers.
La composante aéroportée est actuellement assurée par des Mirage 2000-N équipés de missiles nucléaires ayant vocation à être remplacés d'ici quelques années par des Rafale. Ces deux appareils sont fabriqués par Dassault Aviation. |
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Mirage 2000N |
Annonce du président de la République le 21 mars 2008 à Cherbourg, lors du lancement du sous-marin lanceur d’engins nucléaires « Le Terrible ». Silence radio quant au porte-avions attendu…
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SNLE « Le Terrible » |
Soit. Pour connaître la stratégie militaire qui s’appuiera sur ces redéploiements, attendre encore le livre Blanc de la Défense…
Portemont, le 15 avril 2008
« Nous allons rester une puissance militaire crédible, car nous savons qu’il en va de notre influence et de notre politique étrangère.
Nous allons demeurer une nation cadre capable d’entrer en premier.
Nous faisons et nous ferons partie des 4 ou 5 puissances militaires qui comptent sur la planète. C’est la volonté du Président de la République et du gouvernement.
Il n’y a donc pas d’affaiblissement de notre volonté et de nos ambitions. Il nous faut surtout nous adapter et changer nos habitudes. »
Intégralité du discours du ministre de la Défense :
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