|
||||||||||||||||||||||||||||||
|
|
||||||||||||||||||||||||||||||
|
Bientôt l’OTAN « Nouveau » ?
Il y a quelques semaines, à Munich, Robert Gates, secrétaire à la Défense du gouvernement « Bush » tirait les oreilles de ses alliés : La violence et le terrorisme risqueraient d'être relancés dans le monde entier si l'Otan subissait une défaite en Afghanistan...
Et une délégation de hauts responsables canadiens visitait Paris pour demander l'envoi de renforts français dans le sud du pays, région où les troupes d’Ottawa étaient quelque peu « malmenées ». Grand stratège, le Président Sarkozy considère ce pays comme le principal front de la lutte contre le terrorisme islamique, à la différence de son prédécesseur... En bon Zorro ou « Chevalier blanc » et après s’être rendu sur le « terrain » en décembre 2007, il a conclu qu’un retrait des troupes françaises engagées, aurait des conséquences désastreuses pour les autres contingents – des bons à rien ? – et à terme, ce retrait conduirait au retour des talibans et d'al-Qaida à Kaboul. Faut-il que nous soyons bons ! On attend donc des informations importantes lors du sommet de l'Otan qui se tiendra à Bucarest, du 2 au 4 avril prochain. Date qui coïncidera avec le terme du mandat français dans la région «Centre»… Différentes options se présenteraient à la France… Se « fortifier » sur Kaboul où est actuellement basé le gros des troupes (quelque 2 000 hommes au total), et poursuivre la formation d’unités afghanes. (A la grande satisfaction de ses alliés, Paris déploie désormais des équipes d'instructeurs « Operationnal Mentor » and « Liaison Team », « OMLT », intégrées au sein d'unités afghanes. Quatre de ces «omelettes», comme on les surnomme, sont d'ores et déjà opérationnelles sur le terrain, y compris dans les zones de combat). Mais « on » attend bien plus de Paris : Un déploiement conséquent dans la région «Sud», autour de Kandahar où sont déjà six avions (3 « Rafale » et 3 « Mirage 2000D » et 200 hommes…
Au cas ou… les Canadiens, qui ont déjà eu près de 80 tués, ont précisé qu'ils retireraient de Kandahar leurs 2500 soldats si l'Otan ne déployait pas un millier d'hommes supplémentaires… N’excluons pas, également, l’envoi de renforts français à l' « Ouest », dans la province du Helmand et vers la frontière iranienne. De belles régions sous la coupe de chefs de guerre, de bandes criminelles et « paradis » des cultivateurs de pavot.
Précisons que la courageuse Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf), avec ses 43.000 soldats de 40 pays, n’a pas encore trouvé ces régions sur les cartes… Quand on aime, on ne compte pas ! Aussi n’est-il pas exclu que nous puissions dépêcher des troupes à l' « Est », autre région «chaude» de l'Afghanistan, non loin des régions tribales du Waziristan où les « djihadistes », nous dit-on, évoluent comme des poissons dans l'eau.
Et fièrement l’Elysée a fait savoir : « Nous souhaitons rendre notre dispositif plus cohérent grâce à un «paquet France» réordonné par l'Otan ». La solution que retiendrait la Présidence serait d’envoyer 250 hommes des forces spéciales, solution « musclée », économique en termes d’effectifs et qui ne troublerait pas de trop l’opinion publique… Solution qui montrerait aux Etats-Unis notre bonne volonté, dans la continuité des deux cents commandos du Commandement des opérations spéciales (COS) qui ont déjà été présents en Afghanistan jusqu'en janvier 2007, d'abord sous commandement américain dans la région de « Spin Boldak » très délicate zone frontière « Sud » avec le Pakistan, puis à Djalalabad.
Ce d’autant que les fortes capacités opérationnelles de nos commandos ont été grandement appréciées (notamment grâce à un système de communication satellitaire ultraperformant). Un aperçu du « Commandement des Opérations Spéciales » ? Visitez : http://www.fusilier-commando-air.fr/43.html Pouvons-nous tirer quelques leçons du « séjour » de nos « commandos » ? L’excellent site de Jean-Dominique Merchet nous en offre un aperçu : « Afghanistan: bilan mitigé pour les forces spéciales françaises » http://secretdefense.blogs.liberation.fr/defense/2007/12/afghanistan-bil.html L’avenir est donc incertain… Mais Hervé Morin, « notre » ministre de la Défense entend aller de l’avant ! Et donc, il ne s’est pas privé, en février lors de la 44e conférence sur la sécurité à Munich, de faire la leçon à ses collègues européens qui planchaient sur la réforme de l’OTAN… « L'Europe ne s'assume pas. Elle se complaît dans sa situation de dépendance, une sorte d'infantilisation…Les Etats-Unis le regrettent mais en même temps, ils s'en sont longuement satisfaits, dans une sorte de schizophrénie » Et pour faire bon poids, pas cabotin pour deux euros, de préciser : « J'en ai longuement parlé la semaine dernière à Washington avec mon ami (le secrétaire américain à la Défense) Robert Gates » Rappelant en bon serviteur, que « son » président Nicolas Sarkozy avait évoqué en été 2007, l'éventualité d'un retour complet de la France dans la structure militaire intégrée de l'Alliance atlantique. En posant comme condition un renforcement parallèle des capacités de l'UE en matière de défense… On est européen ou l’on ne l’est pas… Et faisant toujours la leçon auprès de ses petits camarades, de préciser que les « difficultés » qu'éprouvent les Occidentaux à trouver des troupes et des équipements à envoyer « en Afghanistan comme au Tchad, ne sont rien d'autre que l'expression militaire de la résignation politique européenne ». Ressaisissons nous ! L’Oncle Sam a besoin de nous…
Imbattable dans ce registre, Monsieur le ministre Morin d’inviter « C'est parce que nous aurons accru le réservoir de forces destiné à la fois à l'UE et à l'Alliance atlantique que nous renforcerons le réservoir de forces global ». L'opération « Eufor Tchad-RCA » a mis cinq mois à être montée, faute pour les Européens de fournir les effectifs et les équipements nécessaires au transport et à la protection des quelque 3.700 soldats de 14 pays participants… Impatient comme pas deux, « notre » ministre mise sur le sommet de l’ Otan d’avril 2008, sommet qui « doit marquer la transformation de l'Alliance et en même temps être le moment où les Européens décident d'assumer leur part du fardeau... L'Otan et l'UE sont deux acteurs qui doivent agir ensemble… l'Europe ne peut se contenter d'être l'agence civile de l'Otan » Nous préciserons que le secrétaire général de l'Otan Jaap de Hoop Scheffer n’avait pas manqué de se déclarer « tout à fait d'accord avec l'initiative du président Sarkozy de rapprocher l'UE et l'Otan ». Rajoutant : « Le terme devrait être complémentarité » Petite intervention prononcée juste avant celle de Monsieur Morin… A la même tribune… Mais rien de très nouveau à cela :
Un bel exemple d’indépendance… Nous sommes bien loin d’une France Libre ! Portemont, le 25 mars 2008 |
|||||||||||||||||||||||||||||
©
lesmanantsduroi - Tous droits réservés. |
||||||||||||||||||||||||||||||