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Hommage à toutes les victimes civiles et militaires de la Grande Guerre...
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Un beau geste. Le dernier des poilus... Le "Der" de la "Der des Ders"... Une grande et belle vie que la vie de Lazare Ponticelli !
Il a bien vécu et il est parti rejoindre tous les "siens".
Il a résisté longtemps, lucide quant à l'intérêt que lui portaient les "politiciens"…
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Verdun : le "ravin de la mort". |
"Ce n'est pas juste d'attendre le dernier poilu. Si c'est moi le dernier, je dirais non (aux obsèques solennelles). Ce serait un affront pour tous les autres, morts sans avoir eu les honneurs qu'ils méritaient. Ils se sont battus comme moi ». Combien de décennies durant lesquelles il n'était pas de bon ton d'évoquer la mémoire de nos soldats? Livrés pour un grand nombre à la boucherie... Ce n'est pas le temps de faire un "procès" à un régime stupide, pire peut-être, ainsi qu’à des officiers généraux difficilement qualifiables...
Mais Lazare Ponticelli ne manquait pas de rappeler: « Ils avaient droit à un geste de leur vivant, même un petit geste, ça aurait suffi. Ils auraient dû faire ça avant que les gens ne soient morts et ne puissent plus parler » Entretien dans "Le Monde, 9 novembre 2007" . « Les premiers poilus qui sont tombés ont droit à autant d'honneur que moi qui suis le dernier »
Et sentant les "Honneurs" poindre de préciser le mercredi 24 janvier 2008, au quotidien Le Parisien: "D'accord si c'est dans la dignité. Pas de tapage important, ni de grand défilé. Mais une messe aux Invalides en hommage à mes camarades morts dans cette horreur de la guerre et auxquels j'ai promis de ne jamais les oublier". Mais d'être intraitable sur le lieu de son inhumation: dans le caveau familial, Allée de Verdun, au cimetière parisien d'Ivry-sur-Seine.
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Louis de Cazenave |
Avant lui, ce fut Louis de Cazenave qui nous quittait.
Issu d'une famille de vieille noblesse provinciale, il avait participé aux batailles de la Somme et du Chemin des Dames, en 1917, l'une des offensives les plus meurtrières.
Il était le dernier survivant français de ce "calvaire"... Le Monde du 9/11/2007 nous disait qu'il s'était enfermé : ... "dans un dégoût silencieux ».
Une vie loin des "honneurs" toujours refusant même pendant longtemps de parler de la Grande Guerre à ses trois fils.
Et il ne témoigna que quand des journalistes commencèrent à s'intéresser à lui: Il avait 110 ans...
La République... bonne fille comme chacun le sait, lui décerna la Légion d'honneur le 11 novembre 1995. Il avait 98 ans...
Et de refuser catégoriquement la proposition du Président Chirac en 2005 d’offrir des « obsèques solennelles », sorte de funérailles nationales au dernier des Poilus qui disparaîtrait...
« Certains de mes camarades n'ont même pas eu le droit à une croix de bois »
Il y eut aussi le soldat René Riffaud qui nous a quitté le 15 janvier 2007 à 108 ans, Le dernier Poilu de Paris, "Jean Grelaud" qui décéda le 25 février 2007, également à 108 ans.
Se souvenir que 8 410 000 soldats français furent en effet engagés dans la guerre entre 1914 et 1918. Et que 1.450.000 moururent "pour la France", sans compter 70.000 Africains des troupes coloniales. 4 millions de blessés, 600.000 veuves et 760.000 orphelins....
Il n'est que de visiter les villages de France et de faire le tour des "Monuments aux Morts". Des fratries, des familles dont les noms sont gravés dans la pierre.
Beaucoup à dire quand on chemine entre les petits bourgs de Bretagne...
Il n'est qu’à regarder une de ces fameuses "Pyramide des âges"...
Nous sommes nombreux à avoir dans nos maisons des vieilles photographies, ou des boites qui contiennent les lettres de ceux qui n'en sont pas revenus. A avoir connu encore jeunes, les visages tristes des "Gueules cassées"...
Le "Der" de la "Der des Ders", Lazare Ponticelli, ne pouvait pas imaginer à 9 ans et demi quittant seul son village natal du nord de l'Italie quel serait son destin, fuyant la misère pour rejoindre la France...
Il trichera sur son âge pour s'engager à 17 ans dès l'automne 1914 au 4e Régiment de marche de la Légion étrangère. « J'ai voulu défendre la France parce qu'elle m'avait donné à manger»...
Est-il besoin de préciser qu'en 1921 avec deux de ses frères il lancera une entreprise de montage et d'entretien de cheminées d'usine? Chemin faisant les activités s'étendront dans le secteur du raffinage du pétrole, puis à la tuyauterie. Aujourd'hui la société "Ponticelli Frères" est un groupe dynamique qui compte près de 4.000 salariés...
Lazare Ponticelli, au beau prénom de Lazare en ce temps pascal... un "gamin" de 9 ans et demi qui quitta un jour son village natal, pour fuir la misère...
Comme tant d'autres aujourd'hui...
Portemont, le 16 mars 2008
Et pour prendre la mesure de la "Der des Ders", indispensable de visiter le site :
http://dersdesders.free.fr/
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