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Ah ! La dérive…
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Lieu commun par excellence, la dérive ne peut être que "monarchique" !
C'est en elle que prend naissance tous nos maux. Vérité? Un postulat indéboulonnable… Sauf que… un journaliste qui en a vu d'autre, du communisme à la météo, remet la pendule à l'heure: Michel Cardoze!
Pour lui, la "dérive monarchique" sarkozienne est un leurre :
"Pas si monarque que ça… mais peut-être pire" Lecture indispensable !
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Une page, qui dans" l'Humanité Dimanche" du 6 au 12 mars 2008, vaut son pesant d'Or.
Michel Cardoze aurait-il eu l’esprit perturbé par quelques dépressions ? (Atmosphériques s'entend !) Aurait-il eu une vision ?
Pire encore, aurait-il été piqué par un "Lilioceris merdigera" à fémur rouge? Ah! Tout vous expliquer: Il s'agit d'un coléoptère de la famille des Chrysomélides qui raffole des lys. A ne pas confondre avec son cousin "Lilioceris lilii Scopoli" tout aussi gourmand des feuilles du Lys blanc, du Lys royal voire du Lys tigré...
Après enquête de mes fins limiers, il n'en est rien ! Michel Cardoze a tout ses esprits !
Et en une page - Quelle page...- il nous explique, la moustache toujours aussi conquérante - que nous qualifierons à partir de ce jour de "Royale", que le pire en politique est d'en finir avec le sacré. J'entends déjà les esprits chagrins et les anges de la république claironner : "Communiste égale stalinien égale culte de la personnalité Staline ou Mao avait rang de Dieu... pour faire court..."
Mais attendez donc la suite:... Son pesant d'or!
"... notre système politique connaît aujourd'hui une grave "dérive monarchique".
C'est à mon avis le contraire: Nicolas Sarkozy s'applique à détruire ce que la fonction présidentielle avait en effet de monarchique. Je m'explique.
Que la Constitution de la Ve République favorise le pouvoir personnel et rabaisse le rôle du Parlement et en général celui de tous ses élus, c'est une vérité connue depuis un demi-siècle (1958). On sait aussi, par expérience des mandats présidentiels successifs, que chacun des élus, de de Gaulle à Chirac via Pompidou, Giscard d'Estaing et Mitterrand, a soigneusement préservé et cultivé ce que nous a légué la monarchie, justement: un certain caractère sacré du pouvoir suprême. L'éloignement des contingences, certes... le secret, oui..., et l'existence de "fusibles" entre l'opinion et la fonction présidentielle..., bref le caractère quasi intouchable du souverain républicain, sauf par le suffrage universel ou la maladie (Pompidou). On assez dit que le régime était une monarchie républicaine: le roi est élu mais c'est le roi. Il ne guérit plus les écrouelles en sortant de la cérémonie du sacre, mais il gracie les condamnés et personne ne connaît son budget ou ses doubles vies. La justice ne peut le poursuivre. Il est "au-dessus" des partis.
C'est tout cela que Nicolas s'applique à détruire.
Signes de la destruction de la monarchie: la familiarité de langage et de comportement, constatée pendant la campagne et depuis.
De "Descends me le dire en face si t'es un homme" à "Casse-toi, pauv'con", mais aussi le sac à main beigeasse, "Je vais l'offrir à Carla qui m’a demandé de lui rapporter quelque chose", etc., chaque jour offre son lot de comportements de Mimile rouleur de mécaniques ou de nouveau riche content de l'être.
Voilà qui peut marcher chez certains qui ne sont pas forcément des salauds.
Mais on est loin de la majesté royale républicaine et du sacré qui justifie cette majesté. Les rois étaient sacrés car ils tenaient leur pouvoir héréditaire de Dieu et d'un sacre aux saintes huiles. Le président inventé par de Gaulle (1958) était jusqu'ici sacré par le suffrage universel et les saintes urnes.
Sarkozy refuse et démantèle le sacré.
Même sa vie privée participe de cette désacralisation: ce n'est pas Louis XIV et ses maîtresses honorées, mais un mélange de comédie de boulevard et de collection Harlequin, c'est-à-dire, en vérité, la vie de tout le monde, "Est-ce qu'il gère la France comme ses amours? Deux mois après la rencontre, il épouse...", dit, navré, mon médecin Habib S. Et moi je réponds: "Il a le droit, non?"
(et je pense: c'est vrai, mais bon dieu, ça ne fait pas président-monarque)...
Elle est donc voulue, consciente et organisée, cette destruction de la monarchie par celui qui se pense non comme un souverain, mais comme un "boss". On peut même entendre ses références à l'idée de Dieu ( à Rome ou à Riyad), et la plus ou moins discrète danse du scalp autour de la loi de 1905 ( séparation des Eglises et de l'Etat) comme des sortes de compensations rêvées à la désacralisation du système. Réhabiliter les curés et les imams pour combler le vide des Grandes Idées disparues? Il est douteux que ça marche en France, pays déchristianisé depuis deux siècles, mais les cagots essayent. On ne sait jamais...
Alors cette destruction de la monarchie, une bonne affaire pour les adversaires du "pouvoir personnel"? Eh bien non, justement.
Car la destruction de ce que la République tient de la monarchie, le sacré de la fonction, pourrait déboucher sur la pire des aventures, une sorte de proconsulat de la vulgarité et du volontarisme.
Ce volontarisme risque d'être suivi de si peu d'effet que désordre et violence en prospèrent.
Ce déglingage de la société est le fruit mauvais de la crise de la représentation politique malade à crever des promesses jamais tenues, ni par les uns ni par les autres.
A propos, et ça n’a rien à voir en apparence: la petite Parisot en tailleur rose est très en colère contre les grands patrons de la métallurgie. Leurs histoire font un peu Chicago et cinéma de papa...un vrai roman noir! Sans cadavre pour l'instant. Donc la petite Parisot est en colère dans son tailleur rose. Elle aurait pu choisir le blanc, comme l'innocence. Elle n’a pas osé." |
Debout ! Et applaudissons.
Pour vous dire combien fort nous applaudissons, nous offrons à Michel Cardoze cent brassées de nos Lys d'or - nous n'irons pas jusqu' à les couper à la faucille...
Mais que les vérités qu'il énonce vous entrent bien dans la tête. Et pour les récalcitrants... Bon, nous n'irons pas jusqu' à coups de marteau...
Michel Cardoze donne dans ce texte toute la mesure de la "misère" et du ridicule de tous les pétitionnaires qui volent au secours de la république qui n'incarne plus - en rien- la "Res Publica". Certes tous les pétitionnaires n'ont pas des arrière-pensées politiciennes... Mais ils se comptent sur les doigts d'une main !
Extraits...
Pour une vigilance républicaine
Les soussignés se réclament de sensibilités très diverses, et ils ont sur un certain nombre de sujets importants des positions très différentes, mais ils ont malgré tout en commun un certain nombre de convictions et de valeurs qu'ils entendent réaffirmer.
- Leur attachement au principe républicain et, en conséquence, leur refus de toute dérive vers une forme de pouvoir purement personnel confinant à la monarchie élective.
Etc... |
Une belle occasion pour rappeler que le lièvre du "lieu commun" était lancé en octobre 2005 et ne nous avait pas échappé...
http://www.lesmanantsduroi.com/articles/article222_n36.php
Presque un an me direz-vous.
Une première de couverture qui anticipe et prend de l’avance. « Quelle France après Chirac ? » « Portrait qui révèle un visage perdu, un regard absent ».
Rarement un président de la République aura moissonné autant d’humiliations.
Hilaire de Crémiers ne tire pas sur l’ambulance. « Après Jacques Chirac… »
Peu importe la personne, ses défauts ? Ses qualités ? Ses faiblesses ?
« La République, c’est d’abord un système » Et de tous les chapeaux- claque, « Languien » « Montebourgien » ou « UMPiste » tous les lapins du monde peuvent bien faire une danse du ventre pour nous vanter la prochaine République… Belle et bonne république à venir ?
« Mais pour quand et comment ? » s’interroge l’éditorialiste de « Politique magazine »
Et d’enchaîner sans laisser le temps de souffler aux esthéticiens de la république :
« L’idée républicaine a vieilli dans la saleté et le désordre et, aujourd’hui, la république n’est plus qu’un tas de loques. Tout le monde le sait. »
Hilaire de Crémiers, pour un peu, remplacerait Léon Daudet…
Mais toujours raison garder et de le rappeler à tous les portes plume hypocrites, frappées de cécité : « Pour eux point de doute, le bilan catastrophique de la Ve République, c’est la faute à Chirac ! » De Denis Jeambar de l’Express à Laurent Mauduit du Monde, un seul coupable :
« Accusé Chirac, levez-vous » ou « Jacques le Petit »…
Hilaire de Crémiers reste de marbre et pour lui la Bête n’est pas l’homme.
« Eh bien, l’un et l’autre de nos auteurs se trompent sur le point essentiel. Ils pensent, ils s’imaginent, ils feignent de croire pour les besoins de leur démonstration que Chirac est le pervertisseur du système. Ils en viennent à soutenir qu’il l’a créé. Ils le font dépendre de lui pour lui en imputer la responsabilité. Or, pas du tout. C’est le système qui a créé Chirac. »
Et ce n’est pas d’hier que ce système perverti même parfois les meilleurs…
« Non, tous les constituants depuis 1789, avec la même candeur naïve et la même sotte fatuité, n’ont jamais songé que leur théorie du pouvoir équilibré finirait toujours par quelque tyrannie déclarée ou cachée, par des coups d’Etat au service de clans, de gangs, de bandes de partisans. C’est qu’ils faisaient leur plan et posaient leur système sans tenir compte du principe majeur qui définit la souveraineté et la justice en France : une autorité régalienne, arbitrale et indépendante de tous partis, attachée au seul intérêt national. »
Démonstration imparable que notre histoire ne peut pas contredire : « … des Robespierre, des Bonaparte successivement au grand et au petit pied… puis des De Gaulle, des Mitterrand… comme des Chirac. »
Et de conclure, enfonçant sa plume comme un fer rouge :
« Non, ni Chirac, ni ses prédécesseurs ne se sont laissés entraîner par ce qu’il est trop facile d’appeler des « dérives monarchiques ». Mauvaise analyse et accusations dérisoires. Le bonapartisme qui, après Chirac peut se relever demain facilement dans un Villepin ou un Sarkozy, voire un Fabius ou une de ces grandes dames de la Sociale, n’est rien d’autre que la réponse naturelle qu’apporte le système républicain à sa difficulté existentielle fondamentale. Tous en ont d’ailleurs une vague conscience quand ils occupent la place qu’ils ne devraient pas occuper ; car la République en France n’a jamais été que l’Absence du Roi »
Octobre 2005 ? Pas une ride, pas un cerne ! Plus que jamais la démonstration
fait mouche… |
Là encore applaudissons...
Portemont, le 16 mars 2008
Et un si beau et bon "papier" mérite bien que nous lisions :
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L'Armoire rouge est un vrai meuble
D'où s'échappent, pêle-mêle, les images de Maurice Thorez en objet de culte patriarcal, les coups de canon du Croiseur Aurore sur un quai de Petrograd figé en carte postale, la bouille ronde de Khrouchtchev entrant et sortant du Palais Rohan à Bordeaux, le sifflement de la scie à ruban d'un grand-père ébéniste aux amitiés obscures et familier du verre de réconfort, les épaules nues jamais vues d'une mère inaccessible, l'odeur des rotatives de L'Humanité et la chaleur d'une classe ouvrière en voie d'extinction, un père au sifflet qui veille à ce que les trains arrivent et partent à l'heure...
Images encore d'une modiste plumassière, de veuves découpant des croix de guerre, de domestiques engrossées, de vignerons à la tâche, d'une synagogue pillée et des palus médocains. Couinement imaginé des sirènes de la défense passive, musique des gammes inlassables, la musique comme carburant de la distinction sociale. Odeur de Garonne et d'égouts, d'une soupe de « poreau » et de pommes cuites à la cassonade, saveur de la morue en salade, chatoiement du pouvoir, des couloirs de l'Assemblée nationale aux studios de télévision, du faubourg Poissonnière au Rocher de Monte-Carlo.
C'est peu dire que le regard est critique. Le marcheur se demande toujours comment cultiver la lucidité sans abandonner le rêve innocent d'un Autre Monde. |
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