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De « notre nationalisme »…

Et de ses « racines »… Plus que jamais il est nécessaire de ne pas le confondre… Sans à sa tête le souverain protecteur, indépendant des factions et des oligarchies, qui puisse garantir à chacun sa place et ses droits, il perd tout son sens… Salutaire rappel de notre frère d’armes Perceval !

Afin de rejeter toutes les confusions et de ne pas dévoyer l’héritage que nous avons reçu de nos maîtres…

Portemont, le 29 février 2008

La tradition du « nationalisme intégral »  telle qu’elle est promue par les royalistes issus notamment de la culture d’Action Française  diffère assez radicalement de celle qui est véhiculée, que ce soit pour la défendre ou la remettre en cause, par les “élites” républicaines et qui prévaut le plus largement aujourd’hui.

Pour Maurras le nationalisme n’est pas une option idéologique.

Charles Maurras

C’est plutôt l’achèvement et la conséquence d’un raisonnement  qui a pour principe la défense des libertés locales, celles dont le peuple, les peuples devrait on dire pour respecter l’esprit Maurrassien, ont le plus consciemment besoin. Maurras en effet trouve la première matière de son combat dans le mouvement Félibrige, et au delà dans la prise de conscience régionaliste opposée à la doctrine uniformisatrice de la république jacobine.
Le “vive la Nation” idéologique de la révolution, plaçait la nation comme fin et non comme moyen de l’existence des peuples.

Les représentants élus de la convention détenaient des pouvoir exorbitants, parce qu’ils disaient en être l’incarnation. Ils étaient la Nation comme l’empereur romain était jadis le dieu vivant.
Avec la méthode pragmatique de l’Empirisme organisateur, Maurras considérait quant à lui que le cadre le plus adapté pour l’épanouissement de la société française était bien-sûr la nation (entendu comme royaume). Ce cadre, à une échelle déjà choisie naguère par les capétiens, permettait de réguler, en maintenant une certaine unité, les très nombreuses libertés dont disposait l’incroyable mosaïque de territoires composant notre pays. Le tout fédéré à la tête par le roi.
Dès lors notre combat n’à rien de commun avec celui des jacobins et autres nationalistes idéologiques qui conçoivent la nation comme un bloc étanche, pur,  et dont le sang des peuples constitue le ciment. Le « National Socialisme » n’est rien d’autre que cette représentation idéalisée d’une nation comme fin indépassable qui justifie les pires exactions policières au nom de l’intérêt général. Quelle différence entre Robespierre et Hitler ?

Le second avait à sa disposition des moyens d’extermination plus modernes, ce qui explique le nombre plus élevé de victimes.

L’idéologie « Nazie » est bien fille de la révolution française.

C’est pourquoi on ne saurait trop rappeler à ceux qui se présentent comme royalistes qu’il y a là une raison supplémentaire d’être prudent et lucides dans leurs alliances.

Si  le triomphe de la pensée de Maurras a permis à la France d’éviter de tomber dans la tentation fasciste avant guerre, nous devons en tirer les leçons. Il ne faut pas confondre  « compromis nationaliste » et « confusion mentale ».

La confusion chez certains qui s’affirment « royalistes d’extrême droite » vient probablement de l’embourgeoisement du terreau royaliste et catholique, devenu conservateur et épidermique en se croyant réactionnaire. Les fameux « imbéciles » évoqués par Bernanos.

Les rejetons de ces familles se réfugient dans des postures radicales et peu réfléchies sous l’œil trop peu réprobateur et trop  largement complaisant des aînés qui se disent nationalistes.

La question sociale peut bien constituer la ligne de fracture la plus visible.
De Marx à Hitler en passant par Staline, les masses populaires constituent la force de frappe qui alimente le moteur de la révolution.

C’est la piétaille, la chair à canon qui par vagues successives, progresse comme une marée montante que nul ne peut arrêter.

A quel prix? Peu importe, le but étant d’utiliser sans scrupule et avec une démagogie sans faille cette force pour abattre les régimes de l’ancien monde. Selon la nature des pays concernés, qu’ils appartiennent ou non à un empire, on utilisera de la même façon les idéologies nationalistes pour libérer les peuples opprimés, ou les idéologies internationalistes pour lutter contre la classe dominante , elle même internationale, qui exploite les prolétaires de tous les pays.

Pour Maurras la question sociale était une affaire de proximité et d’harmonie de la société.

Le nationalisme de Maurras voulait défendre les français contre “la fortune anonyme et vagabonde” qui se caractérisait par son absence d’identité. Ce contre quoi Maurras se dressait était en réalité le capitalisme international qui n’a cessé de vouloir détruire les nations pour bénéficier sans entraves du formidable accroissement des richesses que constitue la loi de l’offre et de la demande.
La nation constitue donc avant tout la première protection sociale du peuple.
Des gens qui cohabitent dans un vaste espace , mais cependant limité avec des règles partagées, dans lesquelles ils se reconnaissent solidairement, ont plus de chance d’être respectés que ceux qui sont livrés au pouvoir de capitalistes étrangers sans attaches communes et poursuivant une démarche purement financière sans égard pour autre chose que leur propre fortune.

 

Georges Bernanos

Dans” la grande peur des biens pensants” Bernanos souligne le décalage qui pouvait exister dans une république corrompue, entre les auteurs des scandales de Suez ou Panama, et les artisans, encore nombreux en ce temps là, à l’honnêteté scrupuleuse qui n’auraient jamais osés tromper leurs clients sur l’exactitude d’une facture.

Cela a pu permettre des dérives regrettables et injustifiables dans l’Histoire, mais cela annonçait la nouvelle culture du profit qui blessait en profondeur ce peuple ancré dans les valeurs chrétiennes depuis des siècles.

La nation ne peut protéger socialement son peuple que dans le contexte ou Maurras lui assignait sa mission.

Le lieutenant colonel René de la Tour du Pin Chambly

Albert de Mun

Des officiers comme la Tour du Pin et Albert de Mun, tout les deux forcément nationalistes au sens royaliste du terme, ont réalisé après notamment les événements de la Commune à quel point la nation républicaine avait abandonné le peuple qu’elle avait su utiliser pour les guerres et révolutions qu’elle suscitait précisément  au nom de la nation.

Ils se sont appuyés sur la doctrine sociale de l’église exprimée dans l’encyclique « Rérum Novarum » de Léon XIII.

Léon XIII. Le “pape des ouvriers”

Le principe de subsidiarité qui définit le rôle de chacun, chaque groupe, chaque communauté naturelle ou de destin, en fonction de son degré de compétence déclinant les niveaux de responsabilité dans la société, repère le cadre national comme cadre ultime au delà duquel il n’y a plus de lisibilité d’appartenance suffisamment forte pour justifier une réelle et résistante solidarité.

Pour nous en France, notre histoire écrite tout au long de plus de quinze siècles, a forgé des liens solides et diversifiés, qui permettent d’assumer la diversité de nos peuples tout en garantissant, la cohésion de l’ensemble.
Encore faut-il, à la tête de cet ensemble, un souverain protecteur, indépendant des factions et des oligarchies, qui puisse garantir à chacun sa place et ses droits.

Perceval

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