mardi 07 octobre 2008

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Petra, c’est fini…

Le Président Sarkozy découvre les charmes de Gandrange et de Toul…
« Un pays qui abandonne ses usines est un pays qui perd son âme. Si on laisse tomber les usines, on laissera tomber les bureaux après. Les ouvriers, puis les cadres. Une politique industrielle, ce n’est pas un gros mot »

Les propos du « candidat Sarkozy » prononcés au printemps 2007 au Salon du Bourget rebondissent…Et de promettre des aides ! A Gandrange, le chef de l’Etat n’a pas hésité à pousser le bouchon : « L’Etat est prêt à prendre en charge tout ou partie des investissements nécessaires ». Fichtre ! Si l’on peut admettre qu’il vaut mieux dépenser de l’argent pour moderniser un site vétuste plutôt que de « payer » des chômeurs, le président de la République est allé bien au-delà des rêves les plus fous du sidérurgiste Monsieur Mittal, qui ne demandait rien… Simplement que de fermer un site qui n’est plus rentable à ses yeux afin de ne pas écorner dans le futur l’excellence des résultats de son groupe…

Rappelons que le mercredi 13 février 2008, Monsieur Mittal annonçait un bénéfice net record de 10,36 milliards de dollars (7,5 milliards d'euros), en progression de 30 % sur un an,  bien que le  chiffre d'affaires ne progressait que de : + 18,8 %, à 105,2 milliards de dollars (72,36 milliards d'euros). Un bénéfice « record » mais qui ne doit pas être suffisant… puisque le chef de l’Etat propose des sous !

Loin de nous de railler une politique qui se voudrait être « une politique industrielle »

Mais il importe de regarder la vérité en face. Elie Cohen, économiste et directeur de recherche au CNRS, auteur de « L’Etat brancardier » (1989, chez Plon) ne fait pas dans la dentelle : « La France a rompu avec toute ambition de politique industrielle depuis 1986, elle a démantelé ses outils d’intervention au trésor, à l’industrie, et dans le secteur public. Les grands programmes colbertistes (TGV, nucléaire, télécoms…) n’ont pas eu d’héritiers. La politique des champions nationaux a ouvert la voie à l’émergence de firmes globales à base française. »

L’avenir ? L’Etat brancardier serait-il de retour ?

« L’Etat brancardier s’était mis en place lors de la première désindustrialisation (1978-1995). Depuis 2003, nous connaissons une nouvelle vague, mais l’Etat a radicalement changé : il ne dispose plus ni des moyens administratifs, ni des moyens juridiques, ni surtout des banques nationalisées. La désindustrialisation progresse en silence (en moyenne -80 000 emplois par an). Et les coups d’éclat sans suite n’arrêteront pas le déclin industriel. »

Fermer le ban…

Entretien donné dans l’hebdomadaire « Challenges » du 14 février 2008. Qui vaut son poids de mouchoirs…

Léon Areva, le 27 février 2008

A relire :

Exercice délicat…

Quand le mal est fait, difficile de faire marche arrière…
Porté au pouvoir par une belle frange de « libéraux » de tout poil, le président Sarkozy a annoncé à Gandrange, site d’ « ArcelorMittal » en Moselle, que l’Etat allait mettre la main à la poche…

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