vendredi 22 août 2008

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L’origine de bien des malheurs ? L’inculture, voire l’ a-culture…

L’ignorance règne en maître et les bons sentiments n’y changeront rien. Bien des contestataires qui étaient présents à  Versailles le quatre février 2008 ont illustré à merveille cette triste réalité… Le 4 février 2008 vu par un digne héritier des Danton, Robespierre et Saint-Just…

Conclure son article en citant Marc Bloch pourrait faire illusion. Mais ne voir dans Versailles, le château que «  …ce monstrueux palais reste inchangé, tendant ses tentacules au bout de sa longue avenue. Monument au malheur de la France et de l’Europe. Il paraît avoir été bâti pour cela. » témoigne d’une ignorance sans borne… Louis XIV n’a eu cesse de se battre contre  les oligarchies intérieures et  les dangers extérieurs. Versailles le  château a été un instrument de cette lutte. Et la République ! Ah ! La République… Oublier à ce point la « Res Publica », méconnaître Bodin… De la démocratie aussi, oublions donc Tocqueville ? Et surtout oublier dans quel berceau sanglant, la République Française est née…

Nous sommes du temps long et de toute la France. Le 4 février 2008, c’est Paul-Marie Coûteaux et bien d’autres « souverainistes », qui ne cessent de montrer les dangers qui nous menacent, qui ont toujours tendu la main à tous ceux qui en appelaient à un sursaut de la France. Nous disons la France ! Et en écho la réponse est toujours la République… Sans que soit posée la question : Quelle république ? Des voix ont accepté l ‘échange, la belle « disputio », Pierre Lévy de Bastille République Nation. Qu’il soit remercié, chaleureusement.

Le 4 février 2008, la réaction des militants d’ATTAC a bien illustré l’esprit boutiquier des défenseurs de la République…

Mais lisons le 4 février 2008 de Christian Darlot… lui rappelant qu’ en république, le citoyen naît orphelin et meurt célibataire…

Lundi 4 février, jour de la réunion du Parlement en congrès, jour de deuil pour la démocratie, les opposants au coup d’État s’étaient rassemblés dans les avenues menant au château de Versailles. J’accompagnais un couple d’amis, elle habillée en Marianne à bonnet phrygien (mais la poitrine couverte, en février), et lui coiffé d’un casque d’Astérix. Comme il mesure un mètre nonante pieds nus, il était impressionnant avec les ailes du casque relevées. Un Astérix de deux mètres, cela ne passe pas inaperçu. J’étais vêtu en député du Tiers, tricorne à cocarde, gilet, cape noire, ceinture tricolore, et brandissant au manche de mon parapluie le drapeau cousu par une de mes grand-mères pendant la guerre (Que faut-il dire ? La dernière ? On l’a déjà cru de la précédente. La plus récente ? Mais il y en eut d’autres depuis. [Ce n’est pas de mes grand-mères que je parle]).

Peu de gens, et guère de caméras. Le temps est loin des cars de manifestants venus de la France entière. Les vieux communistes sont aux champs et les socialistes ont trahi. Evidemment, on ne se déplace pas volontiers un lundi -il faut exercer un métier aux horaires souples- ni en février. Louis-Philippe disait qu’on ne fait pas de révolution en hiver, ce qui ne l’empêcha pas d’être renversé en février. Dans les rues, d’aimables CRS, serviables comme des hôtesses d’accueil, orientaient les arrivants vers les diverses manifs (car on ne se mélange pas entre opposants, non mais !).

Un hippie schnouffé, hors d’âge, le fou de service, insultait les keufs dans l’indifférence générale.

Nous allâmes d’abord à la manif des souverainistes, porteurs de drapeaux tricolores en berne, puis à celle d’Attac, où les bannières arboraient le sigle à pourcentage. Une pasionaria y adjura les manifestants de rentrer chez eux par un chemin leur évitant de rencontrer les souverainistes, ces gens étriqués « avec qui nous n’avons rien en commun ». On y prônait l’amitié entre les peuples et l’abolition des frontières. Souriez, financiers ! Riez, européistes ! Vous pouvez dormir sur vos deux oreilles avec de tels adversaires.

Paul-Marie Coûteaux devant les militants d’ATTAC.

Près des Grandes Écuries, un cordon de robots-cops bonnasses, déguisés en martiens de série télévisée, jouait le rôle des Gardes Françaises empêchant le peuple d’entrer au château.

Et dans le château, les traîtres abolissant la République. Combien d’entre eux, soixante-huitards repentis, crièrent-ils dans leur jeunesse : « CRS-SS ! » ?

Versailles dans toute sa splendeur. Cette bâtisse prétentieuse n’a jamais été, depuis trois siècles, que l’antre de la tyrannie et le théâtre de la trahison. A chaque génération, des classes dominantes sans cesse renouvelées reprennent le même pli : vanité, fermeture en caste, mépris de leurs concitoyens, platitude devant l’éphémère Permanent du Spectacle qui les domine pour un temps, rouerie et naïveté, lâcheté et ragusade, entraînant chaque fois un peu plus bas dans le déclin notre si beau pays. La Grande Révolution et ses suites, qui coûtèrent, hélas, maintes vies, ont fait disparaître des centaines de monuments magnifiques. Mais ce monstrueux palais reste inchangé, tendant ses tentacules au bout de sa longue avenue. Monument au malheur de la France et de l’Europe. Il paraît avoir été bâti pour cela.

« Monstrueux ? »

En voyant rejouer pour la dixième fois la même sinistre pièce, l’abus de pouvoir rendant illégitime le pouvoir légitime, le peuple bafoué, les gardes protégeant les traîtres, je songeais à ce que Marc Bloch écrivit pendant l’Occupation : « Les faits l’ont aujourd’hui prouvé : l’indépendance nationale à l’égard de l’étranger et la liberté intérieure sont indissolublement liées, elles sont l’effet d’un seul et même mouvement. Ceux qui veulent à tout prix donner au peuple un maître accepteront bientôt de prendre ce maître à l’étranger. Pas de liberté du peuple sans souveraineté du peuple, c’est-à-dire sans République. »

Restaurons notre République !
Christian Darlot 7 février 2008

http://www.decapactu.com/spip/article.php3?id_article=418
Illustrations Les Manants du Roi

Un grand travail nous attend… Nous devons faire œuvre de pédagogie…afin que règne en France la main de Justice !

Rappelons à Christian Darlot la phrase Marc Bloch :
«Le satanique ennemi de la véritable histoire : la manie du jugement.»

faisant écho à : « Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l'histoire de France: ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération. Peu importe l'orientation de leurs préférences. Leur imperméabilité aux plus beaux jaillissements de l'enthousiasme collectif suffit à les condamner» In « L'Etrange Défaite »- p. 646-. Marc Bloch avait compris la spécificité de la nation française, fondée sur l'histoire, la culture et la langue, et non sur quelque caractéristique raciale ou religieuse. Nous rajouterons et « ou idéologique »…

Portemont, le 19 février 2008

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