dimanche 07 septembre 2008

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Un point de vue aigu sur nos temps difficiles…

 

Un entretien « exclusif » avec un « monstre » de notre histoire…
Sans retenue, ni langue de bois, il nous dit tout sur celui qui nous gouverne et sur nos temps…


Vous semblez vous tenir très informé de l'actualité politique française.
Quel regard portez-vous sur notre nouveau président ?

VH: « Depuis des mois, il s'étale ; il a harangué, triomphé, présidé des
banquets, donné des bals, dansé, régné, paradé et fait la roue...

Nicolas Sarkozy et Maud Fontenoy

Il a réussi. Il en résulte que les apothéoses ne lui manquent pas. Des panégyristes, il en a plus que Trajan. Une chose me frappe pourtant, c'est que dans toutes les qualités qu'on lui reconnaît, dans tous les éloges qu'on lui adresse, il n'y a pas un mot qui sorte de ceci : habilité, sang-froid, audace, adresse, affaire admirablement préparée et conduite, instant bien choisi, secret bien gardé, mesures bien prises. Fausses clés bien faites.

Tout est là... Il ne reste pas un moment tranquille ; il sent autour de lui avec effroi la solitude et les ténèbres ; ceux qui ont peur la nuit chantent, lui il remue. Il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète. »

Derrière cette folle ambition personnelle décelez-vous une vision politique de la France, telle qu'on est en droit de l'attendre d'un élu à la magistrature suprême ?

VH: « Non, cet homme ne raisonne pas ; il a des besoins, il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse. Ce sont des envies de dictateur. La toute-puissance serait fade si on ne l'assaisonnait de cette façon.

Vacances aux Etats-Unis…

Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit, et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve si énorme, il est impossible que l' esprit n'éprouve quelque surprise. On se demande : comment a-t-il fait ? On décompose l'aventure et l'aventurier... On ne trouve au fond de l'homme et de son procédé que deux choses : la ruse et l'argent... Faites des affaires, gobergez-vous, prenez du ventre ; il n'est plus question d'être un grand peuple, d'être un puissant peuple, d'être une nation libre, d'être un foyer lumineux ; la France n'y voit plus clair. Voilà un succès. »

Que penser de cette fascination pour les hommes d'affaires, ses proches ?
Cette volonté de mener le pays comme on mène une grande entreprise ?

VH: « Il a pour lui désormais l'argent, l'agio, la banque, la bourse, le comptoir, le coffre-fort et tous les hommes qui passent si facilement d'un bord à l'autre quand il n'y a à enjamber que la honte...

Nicolas Sarkozy et Arnaud Lagardère

Quelle misère que cette joie des intérêts et des cupidités... Ma foi, vivons, faisons des affaires, tripotons dans les actions de zinc ou de chemin de fer, gagnons de l'argent ; c'est ignoble, mais c'est excellent ; un scrupule en moins, un louis de plus ; vendons toute notre âme à ce taux ! On court, on se rue, on fait antichambre, on boit toute honte...une foule de dévouements intrépides assiègent l'Elysée et se groupent autour de l'homme... C'est un peu un brigand et beaucoup un coquin. On sent toujours en lui le pauvre prince d'industrie. »

Et la liberté de la presse dans tout ça ?

VH (pouffant de rire): « Et la liberté de la presse ! Qu' en dire ? N' est-il pas dérisoire seulement de prononcer ce mot ? Cette presse libre, honneur de l'esprit français, clarté de tous les points à la fois sur toutes les questions, éveil perpétuel de la nation, où est-elle? »

Suite à cette couverture, Alain Genestar (directeur de la publication du magazine) avait été licencié par Arnaud Lagardère

 

Toutes les réponses sont de Victor Hugo et proviennent de son ouvrage  « Napoléon le Petit », le pamphlet « républicain » contre Napoléon III ...

Exercice dans souvent l’outrance, on n’ose pas imaginer ce que Victor Hugo écrirait aujourd’hui… A bien regarder, pour nos temps,  les traits qu’ils assomment paraissent moins frappés à l’aune de l’injustice…

Gardons aussi en mémoire quelques perles du chapelet de tendres qualificatifs débités par Victor Hugo : «  L'homme de trahison », « La main qui tripote », « escroc du scrutin », « perroquet ravi », « pourceau dans le cloaque »

En mars 2003, une réédition –allez savoir pourquoi ?- a vu le jour. Par les temps qui courent, ce livre devrait faire un « tabac » !

Merci à la complicité de Bertrand Lambert qui se découvre par son envoi, grand Hugolien !

Portemont, le 12 février 2008

Pour compléter votre regard, relire :

Il nous revient !

Mais quelles surprises nous réserve-t-il ?
Il a trouvé son Amérique profonde, mais qu’elle image laisse-t-il de lui dans ce pays aux contrastes si forts ? Monsieur Jacques Chirac gardait au chaud dans son jardin secret un Japon façonné par les Dieux.  Et Monsieur Nicolas Sarkozy ?

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