L’Armistice de 1940, une faute tragique
Projet de préface
Au moment où en Vème République déliquescente les Français sont, à nouveau, plongés dans le malheur, il est utile de leur rappeler la part qu’ils prirent en IIIème République défaillante, à compromettre eux-mêmes, leur destin.
A cet égard, fort opportunément, Jacques Bourdu pose une question qui s’avère décisive par les réponses qu’elle suscite car celles-ci évoquent les conditions de la survie nationale. Pour l’auteur de ce texte passionnant l’armistice de 1940 a bien été une faute tragique puisqu’il a renoncé à la forme interrogative. Au débat, il apporte une solide argumentation qui devrait dissiper toute perplexité. Mais on ne saura jamais ce qui se serait passé si, dès juin 40, les Français avaient « pris le maquis ».
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Le 24 octobre 1940, le maréchal Pétain accueille Hitler pour l’entrevue de Montoire |
Aujourd’hui, rongés par le virus Jean Monnet et l’utopie européenne, leur identité séculaire bousculée par les vagues d’arrivants aux mœurs différentes, reniant leur passé, s’accommodant d’un avenir de précarité et de vassalité auquel les conduit la pratique de désastreuses Institutions, les Français se laissent évincer du cours de l’Histoire.
Hier, en fin de IIIème République, ils avaient souscrit aux carences du pouvoir politique qu’ils s’étaient donné comme aux faiblesses d’un haut Commandement, excipant de la légitimité républicaine et du respect du pouvoir civil pour justifier sa passivité et ses erreurs de jugement.
Carences du pouvoir politique ? Elles sont nombreuses et particulièrement affligeantes lorsque l’on considère les fleuves de larmes et les torrents de sang, qu’en définitive, elles ont – indirectement certes – provoqués.
Au cours des années 30, et en France par faiblesse et imbécile dogmatisme, furent réunies les conditions de la terrible décennie 40, la plus meurtrière qu’ait connue l’humanité.
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Été 1936, sur une plage de Normandie: 1er prix d'un concours de châteaux de sable. |
En 1929, les illusions qu’avaient fait naître les rencontres Briand-Stresemann, les « finasseries » du second abusant de la crédibilité démagogique du premier, étaient en voie d’être dissipées.
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Briand et Stresemann |
Quatre ans plus tôt, Hilter avait rédigé « Mein Kampf » et ses menaces commençaient à être prises au sérieux. (l’ouvrage sera traduit en français et publié en 1934 par les Nouvelles Editions Latines).
En première page figurait l’avertissement du maréchal Lyautey : « Tout Français doit lire ce livre ».
De 1932 à 1934, les premiers ministres successifs de la IIIème République, Herriot, Paul-Boncour, Daladier, Sarraut, Chautemps, Bouisson, Léon Blum, radicaux socialistes ou socialistes, rivalisèrent en matière de démagogie en feignant d’ignorer « Mein Kampf » et le péril allemand. La gauche française et ses dirigeants politiques réclamaient la réduction des dépenses militaires et de la durée du service national, la fin de l’instruction des réserves, la limitation des fabrications d’armement et du commerce des armes.
Bien qu’en 1930 Hitler eut déjà obtenu les suffrages de près de 15 millions de ses concitoyens, après avoir écrit dans « Mein Kampf » que la … « France était le principal obstacle à l’obtention des résultats (de son programme) et que ces résultats ne seront atteints ni par les prières au Seigneur, ni par des discours, ni par des négociations à Genève. Ils doivent l’être par une guerre sanglante », à Paris un irresponsable pacifisme était entretenu. Le 3 juillet 1932 à la Tribune de l’Assemblée nationale Thorez déclarait encore : … « Nous sommes contre la défense nationale. Nous sommes les partisans de Lénine et du défaitisme révolutionnaire ».
Au début du mois de janvier 1936, le programme du « rassemblement populaire, le « Front populaire » sera rendu public.
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Victoire du "Front Populaire" en 1936. De gauche à droite: Mme Blum, Léon Blum (SFIO), Maurice Thorez (PCF), Roger Salengro (SFIO ministre de l’intérieur). Deuxième rang derrière Blum et Thorez, (roulant une cigarette) Edouard Dalladier
(Parti Radical , ministre de la Défense).
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Aussi, deux mois plus tard, les troupes allemandes réoccupaient la Rhénanie. Les Français ne s’en émurent pas davantage puisqu’en avril 1936 aux législatives, ils donnèrent la victoire au Front populaire. Bien qu’il ait affirmé « qu’il ne laisserait pas Strasbourg sous la menace des canons allemands », A. Sarraut, Premier ministre, s’était incliné. Il est vrai, qu’en France, commençait l’agitation sociale, avec 2 millions de travailleurs en grève, la dévaluation du franc, les occupations des usines, et le recours à Léon Blum dès le début de juin 1936.

Celui-ci s’empressa avec Thorez et Daladier de célébrer le 14 juillet 1936 sous une large banderole avec l’inscription suivante : « Pour le désarmement…. Vive Jaurès ». La signification des événements survenus en Allemagne lui ayant complètement échappé, 3 ans après l’accession de Hiltler au pouvoir, Léon Blum était monté à la tribune de l’Assemblée nationale pour déclarer : « Contre ce danger (le nazisme), je défie quelqu’un d’entre vous de trouver d’autre parade sûre, d’autre moyen de garantie possible que le désarmement de l’Allemagne, accepté volontairement par elle ou qui lui serait imposé par l’accord unanime de toutes les autres puissances ».
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Difficile de faire preuve de plus de naïveté, d’ignorance, voire de sottise et de mieux encourager Hitler à réaliser son programme. Triste bilan du Front populaire : baisse de 5 % de la production française, celle de l’Allemagne augmentant de 17,3 %, le nombre des chômeurs passe, en France, de 400.000 à 850.000, l’industrie en général, et celle d’armement en particulier, est désorganisée, les accords de Matignon établissent la semaine de 40 heures
(60 heures outre-Rhin) et les congés payés, incontestables avantages sociaux dont il faudra que les Français paient le prix par la défaite et l’occupation. Ils n’allaient pas être les seuls à souffrir des ambitions allemandes. Le 14 mars 1938 Léon Blum, à nouveau Premier ministre, assurait l’ambassadeur de Tchécoslovaquie à Paris, solennellement, que la France remplirait ses engagements envers son pays. (Selon la Convention signée en 1937 prévoyant l’envoi d’une force aérienne «s’il était porté atteinte à l’ordre établi par les traités »).
En février 1939 Hitler occupera la Tchécoslovaquie. La France s’en tiendra au constat, reniant ses engagements. Entre temps avaient été signés les accords de Munich (fin septembre 1938) si bien que Daladier avait pu regagner Paris en déclarant : « Je reviens de Munich avec la conviction profonde que cet accord est indispensable à la paix en Europe ». Et la population française d’applaudir. De souscrire à la démagogie des dirigeants qu’elle s’était donnés, et qui, pour lui plaire, affirmaient n’importe quoi.
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De gauche à droite: Chamberlain, Mussolini, un interprète, Hitler et Daladier . |
Une explication ? Meurtri au plus profond de lui-même par la « Grande Guerre », le pays tout entier n’aspirait qu’à garder le sol national à l’abri d’une nouvelle invasion. Derrière la ligne Maginot – tenue pour infranchissable – protégée par les Ardennes dont le maréchal Pétain déclarait qu’elles étaient impénétrables, par la Belgique et la Suisse, dont les Allemands n’oseraient violer la neutralité, la France n’avait qu’à se tenir sur la défensive. Le pacifisme à la Briand imposait même, le mot bombardement étant proscrit, de désigner « l’aviation de bombardement » par « aviation lourde ». Et puis, pensait-on en dernier recours, il y aurait la levée en masse, comme en 1793 et aussi les forces morales et populaires à la Jaurès. Ce climat explique, pour une part, l’étrange passivité du haut commandement avant les hostilités et ses erreurs de jugement soucieux qu’il était d’être – déjà – « politiquement conforme ». Dans une telle
ambiance on conçoit qu’en juin 1940 le compromis ait pu l’emporter sur la poursuite de la guerre.
Les carences du haut commandement allaient amplifier les conséquences de l’incapacité gouvernementale. En ce qui concerne, en France le pouvoir politique, l’Histoire en fournit les principales causes. Le 18 brumaire, le coup d’Etat du 2 décembre 1851, plus tard, les ambitions – bien que romanesques – du général Boulanger, ont jeté la suspicion sur le haut commandement. Lorsque, en octobre 1936, le lieutenant-colonel De Gaulle réussit à avoir un entretien avec M. Léon Blum, alors président du Conseil des Ministres, non seulement celui-ci renvoya son visiteur à Daladier et à Gamelin mais déclara, en substance qu’il s’opposait à la mise sur pied des formations blindées celles-ci pouvant être les instruments d’un coup d’Etat.
En revanche, au cours de la guerre de 1914-1918, les exigences de la lutte avaient imposé au pouvoir politique de s’incliner devant la technicité de l’état-major. La France terminait victorieusement les hostilités avec une armée puissante et une doctrine d’emploi efficace. C’est ainsi qu’elle avait réussi à aligner 3000 chars d’assaut Renault et Schneider, les généraux Estienne et Buat déclarant déjà que … « le tank était, incontestablement, l’arme la plus puissante de la surprise, donc de la victoire ».
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Char Renault FT17 |
Ils plaçaient déjà les chars d’assaut en réserve générale du commandant en chef en faisant d’eux les armes d’un corps motorisé spécial « possédant un formidable avantage sur les lourdes unités du passé ».
Mais les leçons de la dernière année du conflit furent oubliées au profit de l’enseignement des trois années précédentes, la stratégie défensive du front continu et la guerre d’usure – relativement – lente des belligérants l’emporta.
Entre 1927 et 1930, le maréchal Pétain et le général Debeney récusèrent la mécanisation souhaitée par De Gaulle. En 1932 le général Dufieux s’éleva contre le concept d’une formation blindée, intervenant directement et décisivement dans la bataille si bien qu’à la suite d’une manoeuvre expérimentale peu concluante, au camp de Mailly, le général Weygand mit un terme à ces exercices. En 1934, lorsque De Gaulle eut publié « Vers l’armée de métier » et argumenté en faveur de la mise sur pied d’une force blindée professionnelle, le général Colson, à l’époque chef d’état-major de l’armée de terre, interdira la diffusion de l’ouvrage.
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Le Général Gamelin |
Le 6 mars 1936, le premier ministre Albert Sarraut convoqua le général Gamelin : … « Que faire devant l’envoi par Hitler de troupes en zone démilitarisée du Rhin ?
A cette question Gamelin ne fut en mesure que de répondre : … « envoyer rapidement un corps expéditionnaire français, même plus ou moins symbolique, serait chimérique ».
Et en avril 1938, lors de l’invasion de la Tchécoslovaquie, l’état-major français découvrit qu’il ne pouvait apporter à ce malheureux pays aucun des secours que le gouvernement s’était engagé à lui fournir, y compris même ceux promis un mois plut tôt par Léon Blum.
Ainsi, au cours de cette triste décennie 30, non seulement la France a été le théâtre d’une profonde discorde socio-économique (événements de 1934 et de 1936-1937) mais la discorde était également chez les militaires divisés par une nouvelle querelle des « Anciens » - les plus nombreux et les plus haut placés - et les « Modernes », très minoritaires. La discorde n’était pas chez l’ennemi mais bien en France.
La politique et le haut commandement qui eurent à gérer la défaite, responsables de l’état des affaires du pays, étaient imprégnés à la fois de
leurs échecs et de la faiblesse morale et matérielle de la France qui en résultait. Profond était le désarroi général. Une réflexion d’un officier supérieur rencontré à Alger au retour d’une mission en France en témoigne cruellement : « Vous revenez de la métropole…. Vous avez constaté la pagaille… Nous avons reçu une belle raclée… Mais, vous verrez, les Allemands nous remettrons d’aplomb ».
En 1939, affecté au 4ème Bureau (matériel) de l’état-major du Commandement supérieur de l’air en Afrique du nord le rédacteur de ces lignes a été en bonne position pour juger des armements aériens dont disposaient les trois Commandements de l’Air, au Maroc, en Algérie et en Tunisie. Ils n’étaient pas mieux dotés que ne l’était la métropole, sinon en avions anciens, aux biens modestes performances. Les appareils américains assemblés par l’Atelier Industriel de l’Air de Casablanca étaient envoyés en France, théâtre des opérations, les maigres ressources de l’AFN étant dirigées vers la métropole. Lorsque l’Italie entra en guerre contre la France une formation d’avions italiens survola Alger sans que la défense aérienne française intervienne. Le Commandement de l’Air fit enquêter. « Comment pouvais-je intervenir, déclara le chef de l’escadrille de la Maison Blanche, voici plus de cinq mois que je réclame des pneus pour mes avions Loire qui en sont dépourvus ! ».
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Alignement des « Dewatine D.520 » de la 5ème escadrille du GC III/6 à Alger - Maison Blanche, fin juillet 1940. Au premier plan, le n°277 de Le Gloan, sur lequel il a peint la "bande des as". Lieutenant Pierre Le Gloan mort le 11 septembre 1943.
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Le 19 juin 1940, deux jours après la demande d’armistice du maréchal Pétain, le général commandant l’aviation d’Afrique du nord envoya une petite mission – trois officiers de son état-major ─ en métropole afin d’y organiser l’envoi des matériels indispensables à la poursuite des hostilités : pièces de rechanges, équipements divers, matières premières et outillages destinés à l’entretien technique des avions d’AFN afin qu’ils deviennent, ou demeurent opérationnels. C’est ainsi, par exemple, que l’Afrique du Nord
n’avait aucun stock de maillechort, alliage de cuivre et zinc utilisé pour la fabrication des maillons de mitrailleuse. Et pas davantage d’outillage pour produire ces maillons.
Au sud de la France, dans les dépôts de Marseille, Tarbes, Montpellier, la panique était telle que la mission échoua. Mais, à Alger, il y avait eu l’espoir de poursuivre la lutte grâce aux ressources humaines et matérielles de l’empire. Espoir vite déçu.
Au cours des deux dernières semaines de juin 1940, plusieurs centaines d’avions de combat franchirent la Méditerranée pour échapper à l’Allemand. Ils atterrirent sur les bases aériennes d’Afrique du Nord, de Rabat à Tunis. L’état-major d’Alger fit dresser leur inventaire par deux officiers, un mécanicien, le capitaine Crosnier et un navigant, le signataire de cette préface. La plupart de ces avions n’étaient pas réellement « bons de guerre ». Leur équipement, leur armement étaient défaillants pour la majorité. Chaque appareil avait été inspecté et environ dix pour cent d’entre eux déclarés opérationnels. Lorsque, après Mers el Kebir, Alger voulut exercer des représailles en bombardant Gibraltar, le rassemblement de quelques dizaines d’avions militairement utilisables se révéla laborieux.

Peu avant le début des hostilités, comme le Commandement de l’Air en Afrique du nord réclamait de Paris que soient renforcées les forces aériennes d’au-delà de la Méditerranée, la Direction du matériel aérien répondait négativement en usant d’arguments fallacieux. C’est ainsi, par exemple, qu’à l’évocation des médiocres performances des avions Potez 25 TOE formant l’essentiel de la flotte aérienne d’AFN, il fut répondu que la faible vitesse du Potez était un avantage face aux chasseurs italiens trois fois plus rapides car en virage serré ceux-ci ne pouvaient suivre les évolutions de notre vieux matériel.
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Potez 25 TOE |
Ou encore, la médiocrité de nos propulseurs étant soulignée, Paris affirmait que l’armée de l’Air n’avait pas besoin de moteurs de plus de 800 chevaux, alors qu’Américains, Britanniques et Allemands se dotaient de moteurs deux fois plus puissants.
Non seulement l’extension éventuelle du futur et inévitable conflit n’avait pas été envisagée, mais l’Afrique française avait été tenue pour un théâtre d’opérations secondaires fournissant, en personnel, un appoint aux forces métropolitaines mais qu’il n’avait pas lieu de préparer à d’éventuels combats. Cette situation n’était pas ignorée à Paris, ou plutôt à Bordeaux, où le gouvernement s’était réfugié.
A la fois responsables du désastre et chargés de gérer la défaite, les Politiques français étaient bien conscients de l’état moral et matériel du pays. Les Français traumatisés par un si rapide échec de leurs armées ne souhaitaient plus guère que la préservation de leur existence fût-ce dans la précarité, l’Allemagne pillant leurs ressources. Même au prix d’une « soumission déshonorante » selon l’expression de M. J. Bourdu. Mise à part la Serbie et, dans une certaine mesure l’Espagne refusant à Hitler le passage de ses troupes, les pays de l’ouest européen, s’accommodèrent – provisoirement - de la poigne d’acier du IIIème Reich.
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23 octobre 1940 : Franco et Hitler se rencontrent à Hendaye.
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Sauf les Serbes. Lorsque le gouvernement de Belgrade fut amené à signer un accord avec celui de Berlin, à la différence des Croates qui acceptèrent d’en devenir les satellites, les Serbes se soulevèrent et prirent le maquis. Pierre II démissionna et se réfugia en Grande-Bretagne, la Luftwaffe bombarda Belgrade (6 avril 1941) renforçant la résistance, d’abord dirigée par le général Draja Mihailovic, puis par Tito après que l’Allemagne eut attaqué l’URSS. Les Serbes mobilisèrent ainsi, contre eux, des divisions allemandes et aussi italiennes qui eussent été bien utiles face aux Soviétiques.
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Le général Draja Mihailovic 1893–1946. Abandonné par les Anglais… |
Si, en juin 1940 la France avait encore les atouts d’une puissante flotte de guerre, une vaste portion d’Afrique où flottait le drapeau français et aussi si elle
occupait une position stratégique éminente dans l’opposition au IIIème Reich, en revanche, les résistants serbes n’avaient pour eux que le courage des Tchetniks et un territoire au relief favorable à la guérilla. Ils n’avaient pas, non plus, souffert des divisions qui affaiblirent la France et ils menaient une vie assez spartiate pour la sacrifier à l’indépendance nationale. Ils n’étaient pas malades politiquement et socialement alors que les Français souffraient des maux qu’ils avaient eux-mêmes créés. Comment expliquer autrement la médiocrité des dirigeants politiques et militaires ?
J. Bourdu met en évidence celle du haut Commandement : Pétain, Weygand, Darlan, Gamelin acceptant un armistice humiliant et même déshonorant, quoiqu’en ait dit le maréchal, tous persuadés que l’Allemagne avait gagné la guerre et que, longtemps elle règnerait en Europe, l’Angleterre capitulant avant peu. Aucun de ces « grands chefs » ne tenait compte de la réalité internationale et de son évolution :
- Insulaire, la Grande-Bretagne est protégée par un vaste fossé anti char, un débarquement étant hasardeux et exigeant des moyens dont l’Allemagne ne disposait pas.
- Puissance continentale, le IIIème Reich avait forgé son appareil de combat en donnant la priorité au combat aéro-terrestre, l’aviation appuyant l’action des Panzers.
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Progression de Panzers 38(t), après le franchissement de la Meuse.
13-14 mai 1940.
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Guderian observant l’action de « Stukas ». 13 mai 1940 |
Aussi la Luftwaffe était-elle dépourvue de l’aviation stratégique nécessaire pour détruire l’appareil de production et l’industrie d’armement britannique ainsi que, dès 1941 Londres se révéla capable de le faire au détriment de l’Allemagne.
-La future rivalité des deux dictateurs, Hitler et Staline n’avait pas non plus été envisagée.
-Pas davantage la mise en route de la formidable machine à produire des armements d’outre-atlantique et l’engagement militaire qui en résulterait.
Seuls, au sommet, De Gaulle, Dautry, Mandel et quelques autres refusent de s’incliner. En revanche, Pétain et Weygand font la loi : accepter l’armistice et en appliquer les clauses.
En juin 1940, l’Allemagne triomphait. Depuis Sedan elle a continuellement œuvré, sinon pour rayer la France de la carte, du moins pour l’affaiblir, la vassaliser. Bismarck, Guillaume II, Hitler, Schmitt, Kohl ont pratiqué, à leur manière, cette politique. Le virus Jean Monnet et la « construction européenne destructrice des Etats-nations lui permettent d’atteindre cet objectif sans avoir à user de la force des armes.
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De gauche à droite : Jean Monnet, John Foster Dulles, Dirk Spierenburg, Dwight D. Eisenhower, David Bruce, Franz Etzel, William Rand. A Washington, 3 au 7 juin 1953. © United Press Associations, New York
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Et comme en 1940, nombreux sont les partisans de « l’accommodement » et de la supranationalité d’une Europe dont elle deviendrait une division administrative. C’est bien ce que recherchait Hitler.
Gravement malade était la France, en 1940. Poursuivre le combat exigeait des efforts qu’elle ne pouvait plus fournir. A cet égard lumineuse est l’analyse de Jacques Bourdu. Elle témoigne d’un triste passé… et hélas, explique l’état présent de la nation.
Général Pierre-Marie Gallois
Mars 2007 |