vendredi 22 août 2008

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Dénoncer tous les jeux pervers avec la « mémoire »…

Le Président de la République a de « bons nègres »… De discours en discours, de références en références, notre histoire devient souvent une histoire de bouillie de chat… De « Jeanne » en passant par Jaurès, avec petit détour pour les amis du jeune Guy Môquet, le Président de la République impose à la France, qui ne se connaît plus, une main sur le cœur… Manquait la belle figure de Lyautey ! Le colonel Pierre Geoffroy pose de bonnes questions…

Le maréchal Lyautey par Philipe Alexis de Laszio, huile sur toile - 1929
Musée du quai Branly . La galerie sud du palais pendant et après les travaux.

Nous le martelons encore : Nous sommes de France, de toutes les « France ». Et pendant que de faux innocents trouvent leurs comptes à déchirer toutes ces « France » qui ont fait la France, ce qui nous tient lieu d’Etat brade nos souverainetés essentielles…

Oui, Lyautey est une grande figure de notre histoire et nous entendons l’honorer. Lyautey aurait pu même être un exemple. Aurait dû être un exemple…

N’oublions pas, aussi, que Lyautey fut la « tête de turc » du parti « colonialiste ». Qu’il refusa l’ « algérianisation » du Maroc. Royaliste, méprisant souverainement la république, ne comptant pas que des amis – Pétain lui vouait une haine féroce… -, Lyautey s’attacha, non sans autoritarisme, à substituer au seul rapport de force, un ordre juste respectueux des populations, de leurs coutumes et de leurs chefs traditionnels.

Et de déplorer : « Chez nous, presque tout ce qui est administratif cède plus ou moins à la tendance de regarder l’indigène comme la race inférieure, la quantité négligeable ». Et d’ajouter, à contre-usage de son époque, « Les Africains ne sont pas inférieurs, ils sont autres ».

Oui, Lyautey, grande figure complexe de notre histoire, mérite bien mieux que d’être utilisé par les « bons nègres » du Président de la République.

Merci au colonel Geoffroy de défendre sa mémoire. Et que toutes les leçons soient tirées !

Portemont, le 15 décembre 2007

Visitez :
http://lyautey.fr

Le 2 novembre 2007

Bonjour,

Je vous adresse la chronique  qui fait suite au « Plaidoyer » que vous avez reçu en son temps et que je vous remercie d’avoir largement  diffusé.
Rien n’est perdu, si chacun fait preuve de volontarisme  dans ses actes.
Je vous invite à consulter  et à faire connaître  notre nouveau  site
Internet : http://lyautey.fr  qui va continuer à s’épaissir  au fil du temps.

Bien cordialement

Colonel (er) Pierre GEOFFROY
Président de l'Association  Nationale  Maréchal  Lyautey
06 84 76 00 44

 

Le 27 octobre 2007

« Il faut savoir ce que l’on veut et où l’on va  » dixit Lyautey.

Que s’est-il passé depuis l’envoi au Président de la République du « Plaidoyer » pour le respect de Lyautey  et de la mémoire coloniale  outragés grâce à des fonds public ?

Le 10 octobre 2007 un simulacre d’inauguration a installé  l’imposture  au Palais Lyautey  dit de la « Porte Dorée »

Les initiateurs et les réalisateurs  du projet de « Cité nationale de L’histoire  de l’immigration » ont voulu inaugurer, après plusieurs reports, des dissensions internes  et malgré des travaux inachevés, leur installation  au Palais Lyautey.

Que la création  d’une « Cité de l’immigration », comme le titre la presse, soit une bonne ou un mauvaise idée, ça peut se discuter.

Ce qui est inquiétant, ce sont les buts poursuivis  et les moyens de les atteindre, car dés le départ, il y a amalgame  entre immigration  et colonisation  et une volonté de « communautariser » les immigrés.

Ce qui est infamant, c’est l’installation  de cet organisme  au Palais de la Porte Dorée avec la volonté de faire oublier, avec cynisme, la raison d’être de ce lieu de mémoire.

« Cité de l’immigration »

Ce magnifique  bâtiment, seul témoin à Paris de l’architecture de son époque et seule survivance de l’Exposition coloniale internationale de 1931 avait été voulu et réalisé  par Lyautey avec le concours de l’architecte Laprade et du sculpteur Janniot.

Si les adeptes de la repentance et de l’humiliation de la France n’y avaient  pas fait obstacle, ce palais devrait  présenter  aujourd’hui avec les Savorgnan  de Brazza, Laperrine, Faidherbe, Galliéni, Lyautey, et tant d’autres jetés aux oubliettes, ce qu’Auguste Conte  a dépeint dans un livre sous le titre « L’épopée coloniale de la France ».

Défigurer les lieux pour mieux se les approprier.

Le projet de cité de l’immigration  a cheminé  non sans mal, mais avec discrétion  pour éviter les réactions. Une fois validé par décret du 16 novembre  2006, il fallait faire vite pour s’approprier le site, en défigurer l’intérieur  pour mieux en faire oublier l’histoire et l’auto- inaugurer pour tenter de rendre irréversible la situation créée.

Les interviews donnés à cette occasion reflètent l’auto-satisfaction et la manipulation de l’histoire. La recette pour abuser l’opinion est simple : fournissez  un dossier  de presse tronqué, trouvez des « historiens »c et des « philosophes » adeptes de votre idéologie pour
valider vos propos, ainsi que des comparses pour servir de faire-valoir, puis livrez-vous à des journalistes qui ne vous poseront que les bonnes questions.

Nous avions adressé  sous forme de « Plaidoyer » une lettre ouverte au Président  Sarkozy pour qu’il fasse arrêter le gâchis historique, architectural, politique  et financier  de cette affaire. Outre les arguments forts, malheureusement  confirmés par les faits, que nous avions mis en avant, il faut en ajouter un de poids, à savoir le jugement porté par un visiteur  averti comme Jean-Pierre Rouart de l’Académie française sur ce suicide culturel. (article paru dans le quotidien « nice-matin » du 14 octobre 2007).

Il écrit : « Un couscoussier, une machine à coudre, un fer à repasser, des valises en carton, des théières marocaines, et des scoubidoubidous : c’est ce dépotoir dont aucun marché aux puces ne voudrait qu’on ose nommer musée. Eh oui, les Musées de France lui ont donné ce label.

L’Etat est-il devenu fou ? Je manque de mots pour exprimer mon indignation  au sortir de la visite de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration. »

Le ministère de la Culture finance la non-culture.

Ce bric- à -brac, est, en fait, à l’image de ceux qui l’ont pensé pendant de nombreuses  années comme devant participer à « l’empoisonnement » de notre culture et de notre civilisation et J-M. Rouart discerne les composants de ce mélange tout à la fois poison et explosif : « On aura rarement mêlé sans aucune pudeur le népotisme présidentiel, l’instrumentalisation de la culture à des fins politiques et la gabegie financière.» Le gouvernement  précédent a accordé
vingt-trois millions pour les travaux, plus sept millions pour le budget annuel de fonctionnement. On pourrait poser la question. A qui profite le crime ? Si on ne connaissait pas la réponse.

Confiants  dans la volonté de rupture avec les archaïsmes, L’immobilisme, les inepties et les dérives affichée par le Président de la République , nous nous sommes adressés à lui. Nous n’avons pas encore reçu de réponse, ce qui laisse supposer qu’il a sans doute des dossiers plus urgents à résoudre, mais aussi que le remède est difficile à trouver, tant le mal a des racines profondes et difficiles à extirper.

Ce qui est certain et rassurant, c’est que ni le Chef de l’Etat, ni les membres du gouvernement n’ont cautionné de leur présence la pseudo-inauguration du 10 octobre portant outrage à la mémoire de Lyautey, chassé des lieux, ainsi qu’à la mémoire coloniale piétinée.

Il n’y avait d’ailleurs  pas besoin de cérémonie d’inauguration pour que se crée tout naturellement  un lieu de rendez-vous, utilisé le jour-même, pour manifestations hostiles à la maîtrise de l’immigration, donc hostiles à l’action du gouvernement. Mais c’est bon, c’est même tout bon ! puisque c’était prévu ainsi par ceux qui veulent « retourner les symboles », soutenus par le précédent ministre de la culture (non réélu député). En effet, il a laissé la « Cité de l’immigration » mettre en ligne sur son site Internet ces propos : « Il s’agit donc avec ce projet et ce lieu, de déconstruire l’imagerie héritée de la colonisation, de retourner les symboles. De dire et de montrer  que la page de la colonisation est définitivement tournée et
détourner le bâtiment de sa vocation première.»

« L’espoir changea de camp, le combat changea d’âme ».

Au moment où je terminais cette chronique mon attention a été attirée par la nouvelle d’un discours du Président  de la République Nicolas Sarkozy prononcé au Palais Royal Marshan à Tanger le 23 octobre 2007, sur le thème de l’Union de la Méditerranée, dans lequel il citait Lyautey et son rôle de visionnaire.

N’ayant trouvé aucun écho de cette citation dans les médias, ni de la part de ceux qui habituellement dénigrent tout ce qu’il y a de positif, ni de ceux qui ont traité de raciste le discours de Dakar, j’ai fait appel à Internet ce qui me permet de reproduire l’extrait suivant de ce discours.

« Comment venir au Maroc pour un chef de l’Etat français sans évoquer la grande figure de Lyautey, ce grand soldat placé par le hasard des circonstances à la tête d’un protectorat et qui n’eut jamais d’autre objectif, à rebours des préjugés et de l’idéologie qui dominaient alors les esprits, que de protéger le peuple marocain, parce qu’il l’aimait et parce qu’il le respectait, de valoriser la richesse de votre patrimoine et la grandeur de votre civilisation, et d’apprendre aux Marocains et aux Français à s’aimer et à se respecter.

Lyautey avait compris avant tout le monde que nul ne pourrait s’opposer à l’aspiration des peuples à disposer d’eux-mêmes et il s’était fait un devoir de les accompagner sur le chemin de cette liberté.

Il fut l’un de ceux qui ont préparé l’avènement du Maroc moderne.

Il fut l’un de ceux grâce auxquels un sentiment de fraternité a pu s’établir entre le Maroc et la France, malgré les fautes et parfois les crimes que le protectorat avait engendrés.

Cette fraternité, elle sera scellée par le sang versé des vingt-cinq mille soldats marocains morts pour la France et pour sa liberté.

C’est sur cette fraternité que la France veut fonder sa relation avec le Maroc.

Cette fraternité, c’est celle qui unit deux peuples que leur histoire a portés à l’ouverture aux autres, à la tolérance, au respect de la dignité de la personne humaine, à des formes d’humanisme  beaucoup plus proches l’une de l’autre que les apparences pourraient le laisser croire. »

Mention obligatoire de la source http://www.elysee.fr - droits de Reproduction  réservés et strictement  limités.

On peut parler d’une rupture du Président  avec la pensée unique. On peut attendre une cohérence entre parler et agir, Il y aurait incohérence à rendre au Maroc un hommage appuyé et justifié à Lyautey et, dans le même temps en France, à laisser financer ce qui contribue à effacer sa mémoire et celle de l’action coloniale, tout en favorisant l’anti-colonialisme  et le communautarisme. Il y a là aussi matière à rupture  avec l’incohérence politique souvent dénoncée.

Colonel (er) Pierre GEOFFROY
Président de l'Association Nationale Maréchal Lyautey
http://www.lyautey.fr
chateau-lyautey@wanadoo.fr

A relire (cliquer sur le lien) : Une bien belle lettre ouverte…

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