mardi 07 octobre 2008

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Oh ! Ils ne sont vraiment, oui, vraiment pas contents !

Nous ne partageons pas avec eux  les mêmes convictions. Mais des « amours » nous lient. Avec Dominique Daguet, nous savons que nous partageons un amour désintéressé de notre pays la France, de la vie aussi et de sa défense, de la défense des plus petits, de ceux dont on n’entend pas le cri dans le silence…et puis, il y a Jeanne qui nous unit… Nous lui ouvrons nos pages blanches…

En lui rappelant avec amitié de bien veiller à faire la différence qu’il convient entre le peuple et la nation… Tous les peuples n’ont pas constitué une nation comme la France a pu le faire…

Dominique Daguet est un homme blessé, comme beaucoup…Comme tout ceux qui ont bien voulu croire à tous les artifices et les jeux de la campagne présidentielle. Ah ! Le candidat Sarkozy parle si bien de Jeanne d’Arc… Ce même candidat qui, si nous en croyons Philippe de Villiers, lui disait un jour : « Je t’envie, toi, les paysages de France te parlent… » C’était dans cet esprit. L’on me pardonnera l’approximation.
Dominique Daguet est trop fin connaisseur pour ne pas savoir que derrière les beaux discours de campagne ou d’après, se cache la plume d’Henri Guaino. Dominique Daguet devra retenir que le candidat Sarkozy fut et, est un bon acteur. Mais nous n’entendons pas nous réjouir de la peine d’un ami. Nous lui laissons la parole.

J’allais oublier : Grandiloquent et fort engageant est l’ appel de Monsieur Nicolas Dupont-Aignan, mais cet appel ne s’inscrit-il pas dans le grand jeu « républicain » et « démocratique » de nos temps si difficiles ?

Et inlassablement nous posons la même question : Nos temps si difficiles n’appellent-ils pas pour sauver enfin la « Res publica », un autre régime ? Un régime qui nous sortirait de ses jeux mortifères ! Il pourrait, nous en sommes convaincus, donner réponse à la question de Dominique Daguet : La France existe-t-elle toujours ?

Soyons lucides : Une réponse, qui nous donnerait satisfaction, à un référendum qui poserait la question du traité, « mini » ou court-vêtu, résoudrait-elle au fond, tous les malaises de la société française ? N’y voyez pas là un quelconque abandon… Nous essayons de voir plus loin…

Portemont, le 8 décembre 2007

Dominique Daguet

La France existe-t-elle toujours ?

Depuis des lustres, les politiciens français nous ont habitués à leurs entourloupes : combien de mesures prises par eux ont sauvagement attenté à la virginité de l’idée que l’on se fait de la civilisation ? L’école de France, par exemple, a sombré dans l’improvisation idéologique permanente, et si elle obtient encore aujourd’hui quelques résultats satisfaisants, elle le doit à la résistance secrète de nombreux enseignants. Oui, l’idéologie domine même quand il ne le semble pas. C’est ainsi que par paliers on en est venu à une persécution rampante des chrétiens. La légitimation de l’avortement se poursuit au point que l’état lui-même pousse les femmes à avorter directement chez elle, bien content de cette possibilité technique dont il se sert comme d’un camouflage : mais jamais la question du mal être de très nombreuses femmes après une telle décision n’a été pris en considération : les féministes l’emportent toujours sur les convictions les plus assurées de nos politiques. Est-ce bien normal ? Mais c’est une tout autre question que je veux poser ici, et pas nécessairement à ceux que je sais entièrement d’accord avec moi.

Ce que je tente de dire par ce titre apparemment paradoxal et en vous envoyant le texte du discours prononcé dimanche dernier par Nicolas Dupont-Aignan est très simple : le peuple français dans sa diversité a rejeté un Traité qui s’apparentait à un traité de capitulation, étant donné l’importance des transferts de souveraineté qui étaient prévus. Ce Traité convenait parfaitement aux milieux dits d’affaires et de finances : convient-il que ce soit les milieux d’affaires et de finances alliés à des cercles occultes mais influents, ceux-là qui ont pris le pouvoir en Europe quand l’Angleterre fut admise, notamment par le Président Pompidou, à s’asseoir à Bruxelles, convient-il que ces milieux s’arrogent le droit de dicter leur conception de l’Europe aux gouvernements des pays de cette Europe ? Et donc de l’imposer également à celui de la France ? Quand il s’agit de savoir ce que doit être l’Europe, c’est toujours le même courant de pensée qui a le droit exorbitant de dire ce qu’il veut, traitant ceux qui ne sont pas d’accord de divers noms d’oiseaux : est-ce légitime ? L’Europe est une affaire de peuples, non de lobbys d’affairistes et/ou d’idéologues.

Ce peuple français qui a, par référendum, refusé ce Traité qui déléguait l’essentiel des pouvoirs souverains de la France à Bruxelles (naturellement, on a le droit d’être d’accord avec ce que voulait ce Traité, on a aussi le droit de ne l’être pas : la seule chose qui devrait être normale, c’est que la position privilégiée des lobbyistes de l’Europe intégrée en une fédération jacobine ne soit pas la seule à être majoritairement exposée par les gros médias), il est totalement incompréhensible que soit refusé à ce peuple le droit éventuellement de revenir sur sa décision par la même voie ou de la confirmer. Le lui permettre, ce ne serait que respecter sa liberté : en somme ce ne serait que justice. Passer par le seul Parlement pour défaire ce qu’a fait le peuple c’est supprimer la liberté de ce peuple. Cela est incompréhensible d’autant plus que le nouveau président de la France avait tenu des discours qui allaient dans le sens de ce refus lors de sa campagne pour les présidentielles, alors que tout le monde savait qu’il penchait personnellement pour l’acceptation du traité en 2005.

C’est incompréhensible parce que notre peuple a perdu l’habitude des coups d’état, et si l’on dit que faire voter par le Parlement français ce qui avait été abandonné par référendum ne semble pas de même nature qu’un coup d’état c’est que les mots ont perdu leur sens. Il y a là un abus manifeste, qui n’est pas couvert par les déclarations de campagne, puisque lors de cette campagne, il avait été affirmé que le traité était mort.

C’est incompréhensible parce que le nouveau Président de notre république avait en mains tous les atouts pour en disposer selon la logique de 2005 : sa légitimité venue de son élection était indiscutable et lui permettait d’oser remettre les nations au cœur du projet européen : en Europe personne n’aurait pu l’en blâmer et tous les peuples s’en seraient réjouis, puisque tous les sondages indiquent que chez quasi tous les peuples de l’Europe comme dans le nôtre en 2005 le non l’emporterait si la question était posée par voie de référendum : l’hésitation ne se trouve peut-être que chez nous. Ainsi, la matière du coup d’état à l’échelle de l’Europe, et pas seulement de la France, est mise à jour.

Il faut donc agir pour que la liberté de notre peuple soit respectée : ce point peut faire l’objet d’un très large consensus, et rallier les électeurs bien au-delà des clivages politiques, culturels, religieux. Cela est d’ailleurs normal puisqu’il y va du respect que l’on doit à la démocratie ; il y va de notre liberté, non seulement aujourd’hui, mais également demain. Quand un gouvernement se permet aujourd’hui de faire si visiblement aussi peu de cas de notre liberté, qui nous garantira qu’il ne recommencera pas demain ?

Les arguments de Nicolas Dupont-Aignan sont à étudier de près : on ne peut pas accepter ce tour de passe-passe, qui est un tour de passe-droit. De droit républicain, s’entend. Si malgré la demande de millions de Français, d’électeurs donc, le Parlement seul devait décider, on créerait un abîme sous les pas des hommes politiques : on créerait également les conditions d’une opposition violente qui se manifesterait obligatoirement dans les années à venir, fut-ce dans vingt ans.
L’argument que l’Europe fédérale voulue par les milieux d’affaires serait la garante de la paix entre des états européens qui n’ont cessé à travers l’histoire de se déchirer et de faire la guerre est sans fondements : l’Europe des nations garantirait cette paix avec bien plus de vraisemblance que celle que l’on veut nous imposer. Ne l’a-t-elle pas fait depuis 1945 ? Ce qui est imposé débouche toujours sur la violence, parfois la guerre civile. Personnellement, je trouve extraordinaire que l’on ignore aussi superbement cette possibilité. Nous savons depuis toujours que les hommes politiques ont la vue courte et la mémoire infirme : ce qui se passe aujourd’hui avec l’Europe en est une illustration flagrante. Bruxelles, déjà, nous accable par des mesures aux antipodes de nos traditions comme de nos désirs : ce n’est pas parce que 65 % des européens auront voté des mesures inacceptables par la France que sera justifiée l’obéissance de notre pays. Personne de sensé ne peut vouloir cela.

D’ailleurs, qu’est-ce que cette Europe où l’on veut nous museler alors que l’on accepte que l’Angleterre ne participe pas de la même façon aux soi-disant impératifs européens ? Déjà, ce pays a bénéficié d’une exemption d’euro, ce qui lui a valu de n’avoir pas ni les mêmes soucis ni les mêmes difficultés que nous. Le serpent monétaire était une invention bien plus adaptée à la diversité des situations économiques, même s’il était loin d’être parfait : mais la rigidité de l’euro ressemble à un carcan passé sur les épaules de quelques pays, pour le plus grand avantage de quelques autres.

La drame est que jamais la réflexion sur l’Europe désirable n’a jamais été menée : les lobbys s’en sont chargés à la place des principaux intéressés, que l’on a tout simplement privés de parole, ce qui n’a rien à voir avec l’idée que l’on a le droit et le devoir de défendre à propos de démocratie.

Que l’on soit de gauche ou de droite, l’on peut ensemble protester sur une telle façon abusive, et pour tout dire poutinienne, d’exercer le pouvoir : également réclamer avec force et insistance que notre Président de la république adopte une position vraiment républicaine et redonne la parole au peuple puisque c’est la parole du peuple qui avait sonné la soi-disant mort du traité. L’autorité n’est pas de se figer, droit dans ses bottes, sur une position intenable : c’est reconnaître que, depuis la campagne des présidentielles, beaucoup de choses ont changé ! Nous avons constaté que la France, en quelques mois, s’était couchée aux pieds des européistes, notamment à ceux de Madame Angela Merkel et qu’ainsi elle avait vu ses positions notoirement affaiblies. Cela ne peut plus durer ! L’on se trouve dès à présent dans la nécessité de reprendre ce que l’on a si maladroitement hasardé et perdu ; le bien du peuple l’exige, ce peuple dont on a reçu délégation de pouvoir, mais dans le strict respect de ce qui lui est dû. Si au contraire on poursuit dans le sens adopté depuis juin, on peut prédire au Président bien des lendemains fort désenchantés.

Si je heurte de front les opinions de quelques-uns de ceux à qui j’envoie cette réaction et ce document, je les prie de bien vouloir m’en excuser : mon intention n’est que de dire mes inquiétudes, mêmes mes angoisses, non de choquer. J’ai voté pour ce président, et jamais je ne pouvais penser qu’il mènerait une politique européenne aussi contraire à ses déclarations de campagne, ce qui ne serait pas trop grave si ces décisions ne mettaient pas la France en péril.

Si, par malheur, la classe politique française osait, à la suite du Président, se déshonorer en commettant un tel abus de pouvoir, rien d’autre qu’un abus de confiance, je crains que des réactions incontrôlable ne viennent endeuiller notre pays à plus ou moins long terme. Le candidat Sarkozy avait fait un superbe et convaincant éloge de Jeanne d’Arc : il ferait bien de le relire. Ce discours m’avait convaincu en effet de voter pour lui, moi qui voulait m’abstenir !  J’ai l’impression désagréable d’avoir été littéralement abusé.

Dominique Daguet

 

Nicolas Dupont-Aignan
Dans son discours à la Maison de la Chimie, NDA appelle les Français à exiger un référendum sur le TME

Intervention du 2 décembre 2007

Merci à vous toutes et à vous tous d’avoir répondu si nombreux à notre invitation commune.

La preuve est faite, s’il en était besoin, qu’il ne faut pas hésiter quand il y a urgence à bousculer les frontières politiques traditionnelles.

Il ne s’agit en aucun cas ni pour Jean-Pierre Chevènement ni pour moi-même, ni pour nos invités, de renier ce que nous sommes.

Il ne s’agit pas non plus pour vous, militants républicains du Mouvement Républicain et Citoyen, ou militants gaullistes de Debout la République, d’oublier ou de rejeter vos orientations politiques. Il ne s’agit pas davantage d’occulter nos différences.

Il s’agit, comme dans tous les moments graves de notre histoire nationale, de rassembler les volontés et les énergies parce que l’essentiel est en jeu.
Mes amis, la République et la démocratie, ne sont ni de gauche ni de droite. L’Etat n’est ni de gauche ni de droite. La Nation n’appartient à personne. La France est la propriété de tous les Français, et plus encore de toutes celles et tous ceux qui veulent la défendre !

Pour ma part je me retrouve complètement dans ce propos du Général de Gaulle (rapporté par Alain Peyrefitte) : « Etre gaulliste c’est être de gauche et de droite à la fois, vous voyez ce que je veux dire, à la fois ! C’est être passionné et raisonnable, mais en même temps ! »

Alors mes amis, mes compagnons, mes camarades, à l’image de Pierre Lefranc, dont la présence est un réconfort pour nous tous, soyons passionnés ensemble, soyons raisonnables ensemble.
Et puis enfin à ceux qui ne veulent pas sortir de leurs tranchées partisanes nous répétant sans cesse que le moment n’est pas venu, j’ai envie de répondre : « mais ouvrez donc les yeux ! qu’ attendez vous encore ? »

La gauche caviar et la droite libérale travaillent ouvertement main dans la main au gouvernement pour liquider cette « certaine idée de la France » que nous servons chacun à notre façon, génération après génération, depuis tant d’années… et nous devrions rester passifs dans nos coins respectifs à gérer nos petites boutiques ?

NON, ce n’est pas sérieux. Quand l’essentiel est en jeu, il faut savoir se lever. Or c’est bien l’essentiel qui est en cause aujourd’hui.

Pour moi, comme pour vous, je le sais, l’Etat, la République et la Nation forment un bloc. La démocratie est indissociable de la souveraineté populaire et qu’on le veuille ou non, cette dernière ne peut s’exercer que dans le cadre de la Nation.
Alors oui ce qui est en cause aujourd’hui c’est bien le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Ce qui est en cause aujourd’hui, c’est bien la survie de la France comme Nation libre de choisir son mode d’organisation républicaine et sociale comme sa politique étrangère.

Ce qui est en cause aujourd’hui, c’est la nature de l’Europe que nous voulons bâtir et, à travers elle, notre vision du monde de demain.

Oui mes amis, c’est bien parce que je tiens à la démocratie, à la France et à l’ Europe, je pourrais dire parce que j’aime la démocratie, parce que j’aime la France, parce que j’aime l’Europe, que je me battrai jusqu’au bout et à vos côtés, contre ce traité scélérat européen qui est, vous le savez bien, la copie conforme du traité Giscard rejeté par le peuple français, et à une très large majorité, le 29 mai 2005.

******

Je veux tout d’abord m’adresser aux démocrates, aux vrais, pas à ceux qui se disent démocrates et qui font tous le contraire. A ceux qui placent au-dessus de leurs propres convictions le respect de celles d’autrui.

A ceux-là mêmes qui ne partagent pas obligatoirement notre vision de l’Europe, ceux qui ont voté oui le 29 mai 2005 mais refusent de biaiser avec la démocratie lorsqu’elle ne donne pas le résultat qu’ils en attendent.
Je leur dis très franchement : vous devez résister avec nous à cette nouvelle tentation des élites de court-circuiter le peuple en faisant adopter cette « Constitution bis » par le Parlement.

Vous me permettrez un parallèle : en matière judiciaire la préméditation est une circonstance aggravante.
Or pour ce traité, je le répète scélérat, la préméditation est avérée, entière, transnationale. Elle est cynique et brutale.

Elle l’est d’autant plus que ceux qui nous regardaient avec commisération avant le 29 mai 2005 savent aujourd’hui que nous sommes majoritaires. Le peuple est avec nous ! Pas seulement les 16 millions d’électeurs qui ont dit non il y a deux ans, mais les 45 millions de citoyens français collectivement solidaires d’une loi de la majorité qui s’applique à tous et à chacun, humble ou puissant.

Imaginez une seconde quelle aurait été la réaction de ceux qui veulent aujourd’hui une ratification parlementaire, si un président de la République avait décidé juste après son élection, par exemple en 1995, de soumettre au Parlement l’abrogation du traité de Maastricht et le retour au franc !
Alors oui, l’objectif des manipulateurs est limpide : pour imposer leur mauvaise Europe, il leur faut violer les peuples, à commencer par le plus libre d’entre eux depuis 1789, le peuple français.

Souvenez-vous ! Au lendemain du référendum, les dirigeants européens n’ont jamais cherché à comprendre les causes de ce rejet populaire pour corriger leur projet, mais ils ont préféré jouer la politique du pire.

Aidés en cela par les élites (qui se sont senties clairement désavouées tant elles avaient pris parti pour la Constitution Giscard), ils ont tout fait pour culpabiliser les Français de leur choix.

Deux années d’hypocrisie et de mensonge pour faire croire que l’Europe était en panne par la faute des Français et des Néerlandais alors qu’à l’inverse, bien sûr, le vote du peuple n’a fait que traduire l’impasse dans laquelle le piège supranational comme les politiques économiques et sociales menées depuis Maastricht ont plongé l’Europe.

Pire encore. Alors que la belle idée européenne est censée réconcilier les peuples, ils les ont opposés en caricaturant les Français en moutons noirs du continent. Mais il suffit de voyager, d’écouter, de regarder pour comprendre que la coupure n’est pas entre les Français et les autres européens, mais entre les peuples et leurs élites sourdes et aveugles à leurs préoccupations.

Lech Walesa n’affirmait-il pas au lendemain du NON français : « un jour, ils remercieront les Français ». Toutes les enquêtes ont démontré d’ailleurs que si des référendums avaient eu lieu dans les autres grandes nations, le résultat aurait été le même qu’en France. Et Nicolas Sarkozy lui-même l’a reconnu dans les salons feutrés du Parlement européen, le 13 novembre dernier en osant dire tel que cela a été rapporté « si l’on faisait des référendums, le NON l’emporterait encore ».

Mais la culpabilisation ne suffisant pas, les dérives des politiques monétaires, budgétaires, commerciales ou de la concurrence s’aggravant, les dirigeants européens ne se privèrent pas d’enfoncer le clou. A la massue d’ailleurs, plutôt qu’au marteau ! La méthode Coué tint alors lieu de politique. Monsieur Barroso osa ainsi affirmer devant la représentation nationale, l’un des temples de notre démocratie : « je suis convaincu que le soutien de l’opinion publique [française] en faveur de la modernisation des institutions que prévoit le projet de traité constitutionnel viendra en son temps. »

Surtout si on ne consulte pas le peuple !

Madame Merkel est même allée jusqu’à menacer à mots couverts le peuple français d’une exclusion de l’Union européenne.

Mais il leur fallait quand même trouver un complice en France. L’élection présidentielle a été l’occasion d’une manipulation sans précédent des esprits.
Le candidat Sarkozy a eu l’habileté de faire campagne en dénonçant les dérives qui avaient conduit au rejet de la Constitution Giscard (l’euro cher, la concurrence déloyale, le démantèlement des services publics) reprenant d’ailleurs systématiquement notre discours et nos arguments.

Le candidat Sarkozy a juré la main sur le cœur devant des millions de Français lors du débat télévisé de l’entre deux tours avec Ségolène Royal que pour lui, je le cite : « la Constitution européenne est morte ». Comme des millions de Français, j’ai eu, c’est vrai, la faiblesse d’y croire. De croire que son « mini-traité » serait sinon une réconciliation, à tout le moins un compromis honorable entre le oui et le non, comme le promettait d’ailleurs Nicolas SARKOZY lui-même. Dans ce cas de figure, la ratification parlementaire aurait été, à la rigueur, acceptable.

Malheureusement une fois élu, tout en continuant d’ailleurs ses diatribes contre l’euro cher, les délocalisations ou l’entrée de la Turquie pour brouiller les cartes, le nouveau Président a tout de suite donné son accord pour ouvrir de nouveaux chapitres de négociations d’adhésion de la Turquie et surtout a signé ce traité scélérat qui est la copie conforme de la Constitution Giscard.

Nicolas SARKOZY a déterré et ressuscité la constitution européenne qu’il avait promis d’enterrer pour toujours.

Ce tour de passe-passe politico médiatique inouï est d’autant plus dangereux pour notre démocratie qu’il s’est accompagné ensuite d’une campagne sans précédent de dissimulation, pour ne pas dire de désinformation.
« Le traité est simplifié, l’Europe est sauvée ». Cette ritournelle reprise en boucle n’avait qu’un objectif : endormir les Français pour mieux faire accepter une ratification parlementaire indigne de notre république. Le président de la République a tort de se retrancher derrière son engagement d’en passer par la voie parlementaire. Chacun comprendra qu’il y a un monde entre un vote parlementaire sur un « mini-traité » réellement consensuel, et un passage en force du Parlement pour imposer une Constitution-bis !

Non seulement les Français étaient trahis, mais de surcroît ils ne devaient pas le savoir !

Le double langage porté à ce niveau de cynisme et de mensonge relève d’un art que je reprouve.

Monsieur le Président, vous qui affirmiez le jour de votre entrée à l’Elysée : « le peuple français ne veut pas que l’on décide à sa place et par-dessus tout ne veut plus que l’on pense à sa place », comment pouvez-vous refuser de consulter les Français par référendum sur un texte identique à celui qu’ils ont rejeté deux ans avant par référendum ?

Monsieur le Président, vous qui osez dire à Strasbourg devant le Parlement européen : « l’Europe se fera avec les peuples, elle ne se fera pas sans eux, elle ne se fera pas contre eux », comment pouvez-vous organiser un coup de force contre la volonté populaire et même vous en vanter devant les dirigeants européens ? Les Français ne seront pas dupes longtemps. Il ne s’agit pas d’un traité simplifié mais d’un véritable coup d’Etat simplifié.

Il est vrai que vous n’êtes pas le seul dans le pays à vouloir ainsi vous passer du peuple. Aussi étrange que cela puisse paraître (et preuve que le cynisme est la chose la mieux partagée à gauche comme à droite), votre adversaire à la présidentielle Madame Royal s’est évanouie. En trois petits coups de cuillère à pot, au détour d’une interview fleuve consacrée à sa stratégie de conquête de l’appareil PS (qui comme chacun sait, passionne les foules), elle a glissé en catimini six misérables petites lignes expliquant sans l’expliquer que le référendum n’était plus une question de principe digne d’être défendue ! Toute honte bue, la promesse d’un référendum n’était donc qu’un leurre de plus ! Et malheureusement seuls quelques femmes et hommes de gauche, libres et de convictions, se lèvent aujourd’hui pour exiger une consultation populaire.

Malheureusement certains qui avaient voté NON rentrent aujourd’hui au bercail partisan, laissant penser d’ailleurs que leur NON du 29 mai s’apparentait davantage à une posture politicienne qu’à une conviction profonde…

Ce déni de démocratie, cette instrumentalisation de parlementaires, de sinistre mémoire, sont acceptés sans sourciller par la très grande majorité de la classe politique, médiatique, économique.

Pourquoi ? Pour la raison très simple qu’une partie de la classe dirigeante française ne croit plus à la capacité de la France à mener sa propre politique, de choisir démocratiquement son destin dans le contexte de la « mondialisation clochardisation » d’aujourd’hui.

Le contenu du traité ne choque pas bon nombre de nos dirigeants, et tout au contraire les arrange car il signe la fin de l’indépendance, c’est-à-dire de la responsabilité politique devant le peuple avec ses risques et ses périls.
Il est tellement plus simple de s’en remettre à d’autres pour définitivement aligner la politique de notre pays sur la leur.

Il est tellement plus simple d’épouser le « laisser faire-laisser aller » général, habillé d’une mythologie européenne en carton pâte qui n’a rien à voir avec la belle idée européenne de départ.

Il est tellement plus simple de parler que d’agir.
Il est tellement plus simple d’escamoter le débat et même carrément la démocratie, pour laisser les intérêts gouverner.

Il est tellement plus simple de se faire les chantres de la « BOF Génération » !
Simple mais dangereux, très dangereux tant les conséquences peuvent être lourdes pour le pays et périlleuses pour ceux qui s’accommodent de la servitude.
Car vous le savez tous, si nous sommes rassemblés ici pour réclamer un référendum c’est bien parce que nous contestons les choix institutionnels majeurs contenus dans le traité comme ils l’étaient dans la Constitution Giscard.

******

Je refuse la ratification parlementaire, car j’aime la démocratie.
Je refuse ce traité car j’aime la France. Et, comme Romain Gary, j’ai envie de dire : « mon pays ce n’est pas la France, c’est la France libre ».
Et il faut lire ce traité (combien l’on lu d’ailleurs ?) pour comprendre qu’il qu’ il sonne le glas de la liberté du peuple français à disposer de lui-même.
On altère, on enterre un peu plus la démocratie française sans pour autant bâtir une démocratie européenne alternative.

Avec l’Acte unique, les traités de Maastricht, d’Amsterdam et de Nice, l’ampleur de la dépossession démocratique en cours aurait du pourtant sauter aux yeux de chacun !

Une double dépossession : A l’échelon national où elle devrait pouvoir fonctionner le plus naturellement, la démocratie est empêchée au profit de l’échelon européen où elle est dématérialisée et ne peut s’exercer en réalité.
Dépossession aussi du législatif au profit de l’exécutif car, tout le monde le sait, ce sont les ministres qui arbitrent en conseil à Bruxelles des matières de nature législative.

Pourquoi ne pas tirer les leçons de l’impasse politique dans laquelle nous mène pourtant depuis 20 ans cette organisation bruxelloise tentaculaire ? Quelques exemples révélateurs :
  A Paris le Grenelle de l’environnement débat de l’éventualité d’interdire les cultures d’OGM en plein champs… A Bruxelles le lendemain, un communiqué de la Commission rappelle qu’une directive l’interdit ;
  Le prix des produits alimentaires flambe et on constate que la dénaturation de la PAC a réduit l’indépendance alimentaire de l’Union ;
  Le secteur des jeux et des courses libéralisé dans beaucoup de pays n’est pas un modèle d’intégrité mais la France est sommée de privatiser son secteur ;
  EDF offrait le prix le plus bas de l’électricité en Europe donnant un vrai atout de compétitivité à nos entreprises mais nous démantelons une des entreprises publiques les plus performantes d’Europe ;
  La loi de la jungle se généralise sur tout le continent, avec des travailleurs utilisés comme une main d’œuvre corvéable à merci et pourtant, à Bruxelles la directive Bolkestein refusée à hauts cris a été adoptée dans la plus grande discrétion.

A chaque fois les mêmes arguments : « C’est la loi de la majorité. Nous l’avons acceptée. A 27 ce n’est pas comme à 6 ou 9, nous ne sommes plus majoritaires. Prenons garde à ne pas nous isoler. Il vaut mieux un mauvais compromis que rien du tout. ».

Voilà les résultats parmi tant d’autres du fameux passage à la majorité qualifiée tant vantés par les avocats de l’Europe dite « politique ». Voilà les fruits de la fameuse « stratégie de l’influence » qui s’apparente plutôt à une politique d’abdication permanente qui n’ose pas dire son nom.

Vous avez aimé Bolkestein, les OGM en plein champs, l’absurde libéralisation de l’électricité, du gaz, de la poste, l’arrivée des mafias dans les jeux, la fin de la langue française, les jachères, vous allez adorer les conséquences du passage de l’unanimité à la majorité qualifiée dans 52 domaines supplémentaires de compétences.

Des domaines choisis avec attention par nos amis britanniques et acceptés avec naïveté par la France. Car, malheureusement, il n’est pas question de passage à la majorité qualifiée dans le domaine fiscal où cela pourrait sous certaines conditions permettre d’éviter le dumping fiscal et social d’aujourd’hui. Non, il s’agit du passage à la majorité qualifiée dans des domaines de compétences où la France est, minoritaire dans l’Europe à 27. Très concrètement cela veut dire qu’en perdant son droit de veto dans des domaines clés pour son avenir, la France devra se plier à la loi de la majorité de ses 26 partenaires et renoncer de fait à son indépendance.

Comme le dit si bien Hubert Védrine, vouloir dans ces conditions bâtir l’Europe sociale, cette tarte à la crème de toute la classe politique française, relève de la pure incantation. Quelle absurdité de s’imaginer ou de faire croire que les pays qui rejettent notre modèle national, social et républicain, nous permettront de le conserver chez nous, lors de votes à la majorité qualifiée au Conseil ! Madame Royal nous dit que l’Europe sociale est désormais à portée de main, mais un mois plus tard la Commission de Bruxelles oppose un « niet » définitif au principe d’une directive-cadre sur les services publics en Europe !

De la libre circulation des travailleurs à la sécurité sociale, de la propriété intellectuelle aux contrôles aux frontières, du fonctionnement des services d’intérêt économique général (les services publics) aux négociations commerciales internationales, la France se met avec inconscience, avec naïveté, avec lâcheté, la corde au cou.

Choix d’ailleurs d’autant plus incompréhensible pour le Président de la République, qu’il a gagné l’élection présidentielle sur son volontarisme politique et justement sur sa conviction communicative qu’il était possible de « changer les choses ». Je ne comprends toujours pas cette ligne absurde qui consiste à accepter de se priver des moyens de mener la politique promise aux Français. Et je le lui ai dit en face, en tête à tête.

Comment peut-il ainsi s’interdire d’atteindre les objectifs qu’il s’est lui-même fixé ?

L’exemple des négociations commerciales internationales est tout à fait significatif. Jusqu’à présent seule la menace du droit de veto de la France permettait de raisonner le négociateur européen. Qu’en sera-t-il demain ? Comment le Président de la République a-t-il pu le 23 juin au matin dans son discours aux parlementaires menacer d’un veto sur les négociations en cours et se rendre l’après midi même au Conseil européen pour signer la fin de ce droit de veto !

Vous comprendrez dans ces conditions pourquoi j’ai décidé de siéger parmi les non-inscrits et pourquoi j’ai refusé de voter la confiance au gouvernement ! J’ai compris que la majorité, une fois de plus, se privait des moyens de respecter ses engagements électoraux. Or le redressement de la France passe aujourd’hui par la réorientation de la construction européenne.

Nous sommes là au cœur de la schizophrénie française, celle qui affaiblit notre pays depuis Maastricht. D’un côté des campagnes électorales comme si l’Europe n’existait pas, d’un autre côté une gestion gouvernementale comme si le peuple n’existait pas.

rançois Mitterrand avec le tournant de la rigueur de 1983, Jacques Chirac avec l’abandon de la fracture sociale… les Français seraient-ils alors condamnés à vivre une troisième fois la même désillusion ?

Nul doute que les échecs, les déceptions, les revers de tous les gouvernements, s’expliquent en grande partie par cette incapacité à mettre en cohérence les discours à Paris et les décisions à Bruxelles.
Signer ce traité, c’est perdre encore davantage la maîtrise de notre destin. C’est condamner encore plus la politique française à n’être qu’un jeu de rôles, un théâtre d’ombres.

Signer ce traité, c’est voir grandir toujours plus de frustrations, transformer le citoyen en consommateur, en spectateur puis ensuite en révolté.
Car, n’en doutez pas, à partir du moment où la démocratie disparaît, les décisions ne servent plus le peuple mais des intérêts souvent extérieurs, tant Bruxelles est sous influence étrangère à l’Europe.

Ajouter à cela la Charte des droits fondamentaux dont a abondamment parlé Anne-Marie Le Pourhiet, qui minera notre pacte républicain faisant le jeu des communautarismes et des séparatismes, et vous aurez le visage d’une France (où de ce qu’il en restera) impuissante et traversée de douloureuses convulsions.

« Mais n’êtes vous pas trop sévère ! » me dira-t-on. « Certes, reconnaissent certains de mes anciens amis politiques, nous avons accepté certains compromis mais regardez la France est de retour en Europe et c’est ainsi que l’on pèsera ! »
Je regarde et je ne vois rien venir. Car le comble du sommet de Lisbonne est justement d’avoir vu la France abdiquer sans même avoir essayé d’infléchir la politique européenne .

J’entendais récemment Mr Valls se gargariser de la prétendue disparition de la partie III dans le nouveau traité. Quel aplomb ! La partie III a disparu tout simplement car les traités qu’elle reprenait demeurent en place ou parce que ses « innovations » ont été savamment dissimulées entre les lignes du texte approuvé à Lisbonne.

Non seulement la France a signé un texte qui la privera, s’il était ratifié, de sa liberté.

Non seulement la France a accepté une charte des droits fondamentaux contraire à son modèle républicain.

Non seulement la France a accepté le déséquilibre de sièges au conseil au profit de l’Allemagne (contraire en cela à tous les principes de la réconciliation franco-Allemande fondée sur la parité entre les deux Etats).

Non seulement la France a accepté la dépendance de la politique de défense européenne vis-à-vis de l’OTAN.

Mais de surcroît elle n’a rien, mais vraiment rien, obtenu en contrepartie, pas même sur le front des questions économiques et sociales. Ni réforme de l’Euro, ni réforme de l’OMC, ni réforme de la Commission.

L’euro caracole à 1,50 dollar asphyxiant notre économie, et faisant à chaque fois que l’on vend un avion, perdre de l’argent à Airbus, Monsieur Mendelson, Commissaire européen multiplie les concessions commerciales dans les négociations de l’OMC. La Commission s’acharne contre nos services publics imaginant maintenant la séparation des réseaux d’électricité de la commercialisation. La PAC est tout simplement menacée de disparition, l’OTAN s’impose comme le patron de la défense européenne.

Est-ce cela le retour de la France en Europe ?
Le Général de Gaulle avait bien raison de mettre en garde en affirmant : « A force de dire oui à tout on disparaît soi-même ».

Et pourtant la France avait toutes les cartes en main au début de l’été pour défendre ses intérêts et promouvoir une autre Europe. La force du NON du 29 mai, la légitimité de l’élection présidentielle sur des thématiques identiques (la carte électorale des 2 votes se superposent), donnaient au Président de la République les moyens d’agir pour réorienter l’Europe pour le plus grand bien à la fois de l’Europe et de chacun des pays qui la composent.

Malheureusement, pour briller le temps d’un sommet au lendemain de son élection, le président de la République a signé ce traité. La France n’a pas fini de payer la légèreté de cette décision. Mais pas seulement la France, toutes les nations d’Europe vont payer cher la capitulation du pays qui pouvait réorienter l’Europe.

Car ne l’oublions jamais, mes amis, si nous contestons ce traité scélérat, c’est aussi parce qu’il est dangereux pour l’Europe elle-même.

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Je demande un référendum non seulement parce que j’aime la démocratie, parce que j’aime la France mais aussi parce que j’aime l’Europe.

Expliquons inlassablement à nos concitoyens que l’Europe peut et doit se bâtir autrement. Il y a la bonne Europe, celle des coopérations respectant les peuples et qui a fait ses preuves. Il y a malheureusement la mauvaise Europe, supranationale et bureaucratique dont l’échec est criant. C’est justement à force de laisser les intérêts gouverner le continent au détriment des peuples que l’on est en train d’éloigner les jeunes générations, les actifs, ceux qui souffrent de la belle idée de réconciliation européenne.

Regardez ce qui se passe entre l’Italie et la Roumanie. Observez les problèmes d’immigration en Angleterre. Ecoutez la colère des chômeurs de tous les pays dont les emplois ont été délocalisés.

Or, contrairement à ce que l’on veut nous faire croire, il n’y a pas de fatalité à subir cette implosion du continent. L’expérience historique démontre que ce sont souvent les exigences françaises qui ont forcé l’Europe à évoluer. Jamais la PAC n’aurait existé sans la politique de la chaise vide en 1965. C’est en étant libre, forte, démocratique, ouverte aux autres peuples que la France servira le mieux la belle idée européenne, la réconciliation des peuples, le progrès social et l’indépendance du continent.

Contrairement à ce qu’on a voulu faire croire, le plan B est possible.

L’Europe peut tout d’abord être démocratique. Une Europe qui s’appuie sur les nations et leurs peuples. C’est pourquoi il faut veiller à laisser au niveau national le maximum de compétences. De même entre les votes à l’unanimité qui bloquent et ceux de la majorité qualifiée qui peuvent violer un peuple sur des sujets donnés, je crois indispensable d’inventer une Europe à géométrie variable.

Projet par projet, les Etats coopèreraient en participant à des agences européennes sur le modèle de l’agence spatiale. Dans ce cadre, en acceptant les règles du jeu à l’avance, je ne vois pas d’objection à des délégations de compétences et à des votes à la majorité.

L’Europe de demain peut être indépendante. Dans le domaine de la défense (dont pourrait parler abondamment Jean-Pierre Chevènement) en bâtissant une coopération non assujettie à l’OTAN. Dans le domaine scientifique et universitaire en mettant en œuvre des universités européennes concurrentes de celles des Etats-Unis : en soutenant des projets industriels, en investissant massivement dans les nouvelles technologies.

L’Europe de demain peut être humaniste. Pour cela bien sûr, il faut veiller au respect au niveau mondial d’une concurrence loyale et oser militer pour un monde de grandes entités commerciales comme le recommande le Prix Nobel Maurice Allais. Seule la mise en œuvre d’une véritable préférence communautaire fondée sur un droit de douane environnemental et social sera en mesure d’éviter la ruine du continent et la paupérisation des pays soi-disant émergents.

De même, seule une nouvelle politique monétaire, une refonte de la BCE, sera de nature à relancer la croissance, les salaires et l’emploi.

Vous le voyez, mes chers amis, au niveau national comme au niveau européen, la démocratie, l’indépendance et le progrès vont ensemble et se renforcent les uns les autres.

Mais, vous vous en doutez, ce n’est certainement pas en étant effacée que la France se fera respecter et sera capable d’être le levain de cette nouvelle pâte européenne que nous appelons de nos vœux. C’est au contraire en étant libre, porteuse des valeurs universelles qui l’ont toujours grandie.

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Voilà pourquoi la question du référendum est cruciale pour l’avenir de notre pays comme pour celui de l’Europe.
Il nous reste peu de temps pour ouvrir les yeux des Français, comme les yeux des autres européens. La tâche est difficile, je le sais. Chacun peut se sentir isolé alors qu’en vérité nous sommes des millions. A nous donc tels des ruisseaux dans nos vallées respectives d’irriguer de nos idées et de nos propositions, l’opinion.

Ne cherchons pas à fusionner ce qui ne peut pas l’être. Procédons par additions et qu’importe s’il y a plusieurs pétitions ici ou là pour un référendum. Tout cela prouve d’ailleurs la vitalité démocratique de notre pays qui se retrouve sur Internet. (Merci à vous, Etienne Chouard, pour tout ce que vous faites !)
Veillons simplement à coordonner nos efforts comme nous le faisons symboliquement aujourd’hui pour la première fois.

Rappelons toujours et partout que c’est pure folie de vouloir bâtir l’Europe en bâillonnant les peuples.
Affirmons sans complexe que si par malheur ce traité devait être ratifié par le Parlement français,il n’engagerait en rien le peuple français, c’est-à-dire la France, puisque, sous les apparences de la légalité, il serait profondément illégitime.

Proposons avec sérieux et rigueur une autre Europe car n’en doutez pas celle qu’ils veulent imposer par ce coup de force est condamnée d’avance.
Rassemblons nos amis européens comme Jens-Peter Bonde, dont l’action est déterminante au Danemark, car dans tous les pays la colère des peuples gronde.

Mobilisons enfin les citoyens français et des autres pays européens autour de cette idée d’un référendum dans chaque pays le même jour et pourquoi pas le 9 mai.

Oui un référendum dans tous les pays, car il n’y a pas que le peuple français qui est frustré de ne pouvoir s’exprimer.

Oui un référendum le 9 mai pour « la Fête de l’Europe » car nous sommes convaincus que l’Europe est une nécessité pour l’avenir, une Europe des peuples, une Europe au service des peuples, une Europe véritable multiplicateur de puissance pour donner à chaque nation épanouie et fière d’elle-même, la capacité de peser dans la mondialisation.

Oui, mes chers amis, mes chers compagnons, mes chers camarades, l’heure de la résistance a sonné.

Nicolas DUPONT-AIGNAN
Député de l’Essonne Président de Debout la République

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