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Et si nous sortions de la « sino-béatitude » ?
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Un regard décapant de Marc Fiorentino, président d’ « Euroland Finance » :
« La Chine va traverser 10 ans de crise. C’est une bonne nouvelle pour les occidentaux qui pourront en profiter pour se relancer. »
Un constat sans langue de bois !
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La Chine, un Dragon en papier ? |
Marc Fiorentino dissèque les derniers échanges entre Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne, Joaquim Almunia, commissaire européen aux affaires économiques et Jean-Claude Junker, président de l’ « Eurogroupe » et leurs interlocuteurs chinois lors de leur dernier voyage à Pékin.
Les déclarations chinoises ont été consensuelles autour d’une possible réévaluation du Yuan. Pourquoi ? La Chine entrerait dans une phase d’affaiblissement économique après avoir joué le parfait terroriste « économique ».
« Meuble, textile, elle a détruit toute l’industrie mondiale. »
Marc Fiorentino appelle un chat un chat. Nous devrions dire un Dragon… :
« La Chine a déjà entamé sa chute qu’elle a elle-même provoquée. Comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, elle a fait exploser la demande des matières premières, or, pétrole, produits agricoles. L’inflation due à cette hausse des cours génère une situation tendue. Récemment, une promotion de 15% sur l’huile de cuisson chez Carrefour China a provoqué une bousculade sans précédent chez les clients. Bilan trois morts ! »
Tout est grand au Pays du Dragon…
Quand aux courbettes promettant une prochaine réévaluation du yuan, Marc Fiorentino ne prend pas des baguettes pour nous rappeler quelques vérités :
« Le yuan est sous-évalué de 40% depuis 10 ans et personne ne proteste. Les Européens savent que Pékin fait exactement ce qu’il veut sur la question des changes. Mais cette opposition de façade leur permet d’éluder la question de Taïwan, du Tibet et des prisonniers politiques. Sur ce sujet, seule Angela Merkel ne s’est pas couchée. »
Alors quid de cette –peut-être- réévaluation ou flexibilisation du yuan ??
« Les autorités le promettent depuis 4 ans. Elles concèderont une hausse mais qui, à mon sens, ne dépassera pas les 4,5%. Et dans leur propre intérêt, pas pour faire plaisir aux Européens. La Chine est confrontée à une inflation galopante. Le taux officiel s’élève à 6,6% mais, dans le secteur alimentaire, il dépasse les 20%. Elle veut également ménager ses relations avec les Américains. Les élections présidentielles se tiendront en novembre 2008. Or les démocrates sont anti-chinois et pourraient rétablir des barrières douanières. »
Fin connaisseur Marc Fiorentino… Et de nous avertir que nous n’en tirerons pas grand-chose… sortant de sa discrète barbe bien taillée les menaces qui pèsent sur la bulle boursière chinoise et rappelant :
« Un point de croissance en moins aux Etats-Unis en coûte quatre à la Chine. »
Laquelle est à ses yeux « … comparable au Japon de 1989. »
Alors au lieu de loucher sur notre nombril ou le nombril du voisin, si nous nous mettions sérieusement au travail ? Oui, bien sûr, il faudrait quelques vraies réformes et peut-être même changer de régime et retrouver une vraie confiance dans l’avenir de notre pays…
C’était une revigorante lecture de « Economie matin » du 3 au 9 décembre 2007, un entretien conduit par Ophélie Colas des Francs.
Mais une lecture qui ne nous met pas à l’abri de futures tempêtes…
Léon Areva, le 6 décembre 2007
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