Extrait de
Un « vieil air » ?…
http://www.lesmanantsduroi.com/articles2/article31291.php
Aviation militaire ou le fiasco total :
Avec deux entreprises à haut rendement, la Société nationale « Aérospatiale » et les « avions Dassault », la France détenait le marché mondial. L’ « Aérospatiale » était l’héritière des bureaux d’étude qui avaient conçu et construit les « Nord-Atlas », les « Caravelle », « Concorde », « Airbus », des hélicoptères mondialement utilisés, des missiles stratégiques et tactiques, des satellites… Quant à Dassault, avec ses « Mirage », « Alpha-jet » et « Atlantique », il équipait une cinquantaine de pays, et non des moindres.
Ce gigantesque marché est définitivement perdu au profit des constructeurs anglo-saxons. Perdu par d’absurdes décisions du gouvernement français privant de travail des centaines de milliers de spécialistes français contraints à d’obscures reconversions.
A des fins de politique électorale, le gouvernement Jospin-Strauss-Khan a cru bon de « privatiser » l’« Aérospatiale » et, avec les Allemands de créer une société nouvelle, EADS, siégeant en Hollande et groupant les activités militaires et civiles de l’ex-Aérospatiale, y compris « Airbus ». Paris ne conservant que 15 % du capital et se préparant d’ailleurs à les brader. EADS cherche à vendre l’ « Eurofighter » anglo-allemand, concurrent du « Rafale » français.
Comble de l’irrationnel, voici que le contribuable français finance
l’« Eurofighter » anglo-saxon par le biais d’EADS dans le même temps qu’il a investi des milliards dans le programme « Rafale » (celui-ci, lancé au début des années 80 devant être un « avion européen » selon Charles Hernu).
Ainsi, la France détruisait elle-même ce qu’elle avait conçu et construit.
Autre échec, le retard d’EADS dans la fabrication de l’avion de transport militaire A 400M. Déclaré nécessaire au début des années 90, en 2008, près de 30 ans plus tard, EADS a été incapable de lui faire exécuter son premier vol comme prototype.
Mais quelque six Etats européens devaient collaborer, d’où négociations, discussions, renoncements, cafouillage européens devenus classiques, blocage des Allemands, rejet italien, ainsi que du Portugal. Bref, autre fiasco.
La Société EADS-AIRBUS a été une absurde construction industrielle et commerciale, avec de multiples niveaux administratifs bi-nationaux, sinon tri-nationaux avec l’Espagne. Le résultat est désastreux pour la Société et pour la France. Celle-ci a remis son industrie aérospatiale à l’Allemagne dont les représentants occupent tous les postes importants, éliminant peu à peu les activités françaises. Faute de compétences, tous les programmes sont en retard, et l’aventure « Airbus » risque de tourner au plus mal. Le tandem Chirac-Jospin a ainsi mis un terme aux ailes françaises et compromis les réalisations soi-disant européennes.
Etats-Unis, Grande-Bretagne, Allemagne en tirent parti. Entre temps, ces atermoiements ont ouvert le marché aux Etats-Unis.
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« F 16 » de nos voisins belges…
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L’avion F.16 équipe le Danemark, la Finlande, la Grèce, les Pays-Bas, le Portugal, l’Espagne, la Turquie, tandis que la Grande-Bretagne, par la suite, a investi 2 milliards de dollars dans le F. 35 américain, l’Italie 1 milliard, les Pays-Bas 800 millions, le Danemark 125 et aussi la Norvège. Et le Canada et la Turquie avec l’Australie veulent coopérer et aussi utiliser cet appareil.
Pour le siècle, le marché est acquis aux Etats-Unis, avec une modeste part à l’ « Eurofighter » anglo-allemand. La France ayant tout perdu. Et définitivement.
- Matériel militaire terrestre :
Même faillite en ce qui concerne le matériel terrestre de combat.
Faute de commandes de l’Etat et de l’étranger, le GIAT qui fabrique le char « Leclerc » entre autres équipements de nos forces terrestres, a
fermé nombre d’établissements et ramené son personnel de 13.000 à 3.000 personnes. Il a pris un autre nom (NEXTER) afin d’effacer un passé peu glorieux et renoncé aux chars lourds pour la suite de l’AMX 10 à roues et au canon de 155 m/m. Mais la place est prise : la Grande-Bretagne avec « BAE System » a acquis « ARMOR HOLDING » aux Etats-Unis, tandis que la puissante firme américaine « GENERAL DYNAMIC » qui construit les chars « ABRAM » a acheté, à Vienne, les usines « STEIR » et une entreprise similaire en Espagne s’ouvrant ainsi le marché européen.
Ainsi, pour « construire » l’Europe, il a fallu déconstruire ses Etats-membres, créant sur le vieux continent un vide stratégique total et un état de dépendance absolu.
- Carences sur mer :
La France a fermé les uns après les autres ses chantiers navals. Les prestigieux « Chantiers de l’Atlantique » qui ont produit tant de bateaux recherchés dans le monde, sont passés sous contrôle norvégien puis, maintenant, s’accommodent d’une minorité de blocage sud-coréenne, l’Asie étant venue chercher à bénéficier de notre ex-savoir faire. Paris s’en émeut et met « un pied » (petit) dans l’entreprise.
S’ajoutent à ces renoncements la pitoyable gestion de la fin du Clemenceau » et surtout l’affaire du second porte-avions.
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Le « Clemenceau »
Le Clemenceau est condamné le 16 décembre 2002 sous le numéro de condamnation Q790. Il passe sous la responsabilité du ministère des Finances (services des Domaines), qui gère administrativement le parc des bâtiments condamnés en vue de leur vente et/ou de leur démolition.
http://www.netmarine.net/bat/porteavi/clem/departoulon.htm
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Un jour il est déclaré « indispensable » par le président futur en campagne électorale mais, peu après, la mise en chantier est repoussée à la prochaine échéance électorale présidentielle. Pourtant, le candidat à l’Elysée avait déclaré : « Nous refuser d’avoir les moyens d’intervenir au loin ce serait, implicitement, laisser à d’autres la gestion des affaires mondiales ».
C’est bien ce que cette politique incohérente impose au pays.
Depuis 1994, il n’est question, dans les projets officiels que d’ « intervenir à distance », des dizaines de milliers d’hommes à des milliers de kilomètres. Or, nous n’en avons pas les moyens.
- Pas d’avions cargos lourds. Paris s’en sort en louant aux Russes leurs gros avions de transport de troupes et de fret.
- Pas de chasseurs à long rayon d’action pour protéger les points d’intervention lointains (il existe un seul prototype, le MD. 4000, mais il est au musée de l’Air).
- Pas d’engins à courte portée pour défendre localement le petit corps expéditionnaire français (le « Hadès », à charge classique, aurait pu servir. Il a été à la casse).
- Peu ou pas de bâtiments de débarquement et un seul porte-avions jouant les intermittents.
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Le « Charles-De-Gaulle »…
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On voit mal comment, avec de telles carences, la France pourrait intervenir à distance de manière indépendante et en fonction de ses intérêts. La tragi-comédie du deuxième porte-avions est, hélas ! significative.
Quant aux pays européens, en grande majorité, ils ont choisi l’OTAN et l’éventuelle intervention américaine à leur profit. Aussi font-ils l’économie d’un effort militaire national.
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« Nicolas Sarkozy annonce l'envoi de troupes françaises supplémentaires en Afghanistan le 26 mars 2008 à Londres »
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« L’Otan »… Retour de la France…
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En conclusion, dire que les Etats-Unis admettent maintenant un système militaire européen indépendant n’est qu’une expression dépourvue de sens.
Que signifie-t-elle alors que tout le matériel de cette Europe sera fourni, entretenu, renouvelé par les Etats-Unis ? Evidemment en fonction de leur intérêt.
Les Français ayant admis leur plongée dans l’abîme avec la perte de leur souveraineté et de leur indépendance, la réalité s’adapte à leur idéologie. Ce déclin leur convient car il épargne l’effort, si bien qu’ils ne feront rien pour en sortir. Comme les civilisations, les nations sont mortelles, et la Vème République a seulement accéléré le processus de désintégration nationale.
Pierre M. Gallois le 12 juin 2008 |