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De « L'Islam en Russie »...

Le jeudi 14 janvier 2010 à 19h15, une conférence à ne pas manquer !
A l'invitation de la Chaire Moyen-Orient Méditerranée, avec Boris Dolgov chercheur en chef du Centre d’études arabes de l’Institut de l’orientalisme de l’Académie des sciences de Russie
.

Une longue histoire...

L’islam est actuellement la seconde religion au sein de la fédération russe. Il est impossible de fournir des statistiques officielles des musulmans pratiquants ou des pratiquants de quelque autre religion en Russie, car il n’existe pas de recensement ou de statistiques gouvernementales en la matière.

Roman Silantyev, islamologue russe, a estimé qu’il y avait seulement entre 7 et 9 millions de musulmans pratiquants en Russie, le reste étant constitué de musulmans par appartenance ethnique. Les communautés musulmanes se concentrent parmi les nationalités minoritaires qui résident entre la mer Noire et la mer Caspienne : Adyguéens, Balkars, Tchétchène, Tcherkesses, Ingouches, Kabardes, Karatchaïs, et de nombreux peuples daguestani. De plus résident dans le bassin de la Volga des populations de Tatars et de Bachkirs, dont beaucoup sont musulmans.

D'aucuns disent que l'islam sera la première religion en Russie en 2050...

Léon Areva, le 9 janvier 2010

La Chaire Moyen-Orient Méditerranée – Sciences Po
a le plaisir de vous convier à la conférence :
« L’ISLAM EN RUSSIE »
Avec Boris Dolgov,
Docteur en histoire (Ph. D, de Candidat),
Chercheur en chef du Centre d’études arabes de l’Institut de l’orientalisme de l’Académie des sciences de Russie.
Conférence animée par Gilles Kepel, Professeur des Universités à Sciences Po,
Directeur de la Chaire Moyen-Orient Méditerranée.
Et
Dominique Colas, Professeur de Science politique, chercheur au CERI
Directeur de la spécialité Russie-CEI au sein du master de recherche et
de l' Ecole doctorale de l'IEP de Paris

Le jeudi 14 janvier 2010 à 19h15
-
Sciences Po Paris
13, rue de l’Université – 75006 Paris
Amphithéâtre Erignac (par l’ascenseur 3ème étage)

INSCRIPTION OBLIGATOIRE

CHARLENE LAVOIR,
charlene.lavoir@sciences-po.fr
Téléphone: 01 45 49 72 01

27, RUE SAINT-GUILLAUME 75337 PARIS CEDEX 07 . TEL : +33 (0)1 45 49 50 50


Lire:


Depuis la fin de l'URSS, l'Islam joue un rôle fondamental dans la construction identitaire des peuples musulmans, tant dans la nouvelle Russie que dans l'Asie centrale indépendante. Qu'ils soient pratiquants ou non, de nombreux musulmans rejettent les marqueurs de leur ancienne identité soviétique laquelle prétendait, d'ailleurs, effacer les différences culturelles existant entre les divers peuples de toute l'Union.

Lire:


Le monde Russe et l’islam : l’icône et l’ornement

Anatoli Korolev

« La question des questions qui se pose à la civilisation russe est de savoir où elle pourrait se situer en cas de confrontation entre la civilisation occidentale et l’islam ? La Russie sera-t-elle ou non une des parties en conflit ? Notre dialogue avec l’Orient, est-ce la paix ou la guerre ?
L’histoire fournit une multitude de réponses à cette question.
Le voisinage géographique de la jeune Russie avec l’immense monde de l’Asie centrale engendra une série de guerres acharnées entre la Moscovie et la Horde d’or.

Dans un premier temps, les armes des nomades - cottes de mailles, arcs, flèches, petits glaives - enthousiasmèrent les Russes. Puis ils furent envoûtés par leur tolérance religieuse. A la charnière des XIIIe et XIVe siècles l’Etat tout entier tomba sous le joug tataro-mongol pour près de deux cents ans, mais les cavaliers sauvages ne touchèrent ni aux églises, ni aux monastères. Il est vrai que la Horde s’islamisa seulement au XIVe siècle, vers la fin de sa domination sur la Russie. Quoi qu’il en soit, cette "rencontre" avec l’Orient fut pour le pays conquis une leçon de barbarie militaire et de cruauté donnée par ces hérétiques, mais aussi, surprise, de tolérance à l’égard de la foi, de la culture et des moeurs d’autrui.

La Russie suivit cet exemple après la disparition de la Horde d’Or, lançant à son tour une marche longue de plusieurs siècles sur l’Orient, d’abord contre Kazan, puis contre la Turquie et le Caucase, enfin contre toute l’Asie centrale.
Des millions de Musulmans devinrent alors sujets de l’Empire russe, qui n’en prit pas prétexte pour christianiser de force ses fiefs orientaux. La Grande Catherine II fut parmi ceux qui donnèrent un signal de loyauté, ordonnant en 1787 de publier le texte du Coran en arabe. Dans le cadre des guerres sanglantes menées à l’époque contre la Turquie, ce geste de la "grande tentatrice des esprits" ne manqua pas d’efficacité.

Certes, l’icône russe et l’ornement oriental sont toujours en désaccord. Le Coran interdit d’utiliser pour la prière quelque figuration que ce soit : le Dieu des musulmans n’a pas d’image et les tentatives de le représenter soit comme un vieillard assis sur des nuages, soit comme un jeune homme crucifié leur semblent naïves et ridicules. Seul le fin ornement sur la Parole divine est, pour le musulman, une allusion à l’esprit sacré d’Allah.

Et pourtant, un pont solide entre l’islam et la Russie a été jeté, celui de la culture russe. Celle-ci est synthétique. L’islam bien que discret y est présent. Pouchkine fut le premier à avoir introduit l’Orient exquis dans l’âme russe, et la première oeuvre de son jeune génie, "Rouslan et Lioudmila", naquît sous l’influence de l’Orient. Chez Pouchkine, la neige rencontre les étoiles de la nuit arabe. Après Pouchkine, la mode de la Crimée musulmane, du Caucase et de tout autre Orient coula dans les veines de la poésie russe et, à travers Lermontov, les arabesques de Gogol et la prose caucasienne de Tolstoï, atteignit le XXe siècle, parvenant jusqu’à Nikolaï Goumiliov, qui partit à la recherche de son Orient à lui dans l’Afrique musulmane. »

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