jeudi 09 février 2012

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Nous ne plagierons pas Malraux…

Reconnaissons que ce 21 janvier 2009, Saint-Germain l’Auxerrois, c’était le métro à… Taisons l’heure… Plusieurs heures à la fois!

Ciel gris pour nous changer un peu. Du monde, pour témoigner et faire mémoire à Louis XVI. Regards vers le passé? Non, les cœurs et la raison tendus vers un futur que tous souhaitent proche… Nos Princes étaient au rendez-vous… honorant de leur présence la messe organisée à la demande du Cercle de l’œillet blanc…

Presque « Mousquetaires »… Monseigneur le comte de Paris, Monseigneur le Dauphin de France, le prince Jean de France, duc de Vendôme et son frère, Son Altesse Royale le prince Eudes, Duc d’Angoulême.

L’Eglise des rois de France est cette année encore comblée de fidèles.

Attente brève, aussi les saluts de retrouvailles sont-ils « retenus ». Les grands échanges de nouvelles, animés… sont pour plus tard…

Nombreux sont alors ceux qui découvrent que la messe sera célébrée par Monseigneur  Eric de Moulins-Beaufort, évêque auxiliaire de Paris.

Un silence peut-être plus dense que d’habitude… Le recueillement de tous, étrangement, fait défiler le temps…
Et nous « retrouvons » Louis XVI par l’homélie de Monseigneur:
« … mort injuste, mort consentie… S’égrène les noms de Saint Agnès, Saint Louis, Saint Germain, La Vierge…
… leur tribunal jugeait l’histoire.

« Interrogatoire de « Louis le dernier » par la Convention…

Le jugement sur l’histoire, le jugement sur les hommes n’appartient qu’à Dieu. Il connaît ce qui habite le fond de leur cœur.

En ce jour nous savons que le jugement de Dieu et de l’Agneau est un jugement pour sauver.

Notre vie terrestre? Grandeur et failles. De l’horreur aussi. L’Apocalypse de Saint Jean…

La fin des choses que nous avons aimé. Notre vie terrestre est une grande épreuve, une mise à l’épreuve. Elle contribue à nous façonner et fait apparaître qui nous voulons être…

Adieux de Louis XVI à sa famille au Temple.

Le roi Louis XVI?
Rôle déterminé, pré-donné, non pas en fonction de ses talents de ses goûts…
Sa grandeur aura été de l’accepter avec ses lumières et ses limites; c’est sa grandeur.

Légende: Louis de France duc de Berry et Louis de France comte de Provence. Tableau de François-Hubert Drouai

Le roi Louis XVI représente un exemple très pur du consentement au rôle que la providence lui avait réservé. Non pas en ramenant tout à lui…
Il a voulu remplir ce rôle en y faisant entrer ses goûts et ses espoirs.
Une vie si prestigieuse soit-elle peut être menée comme une charité.
La grandeur de Louis XVI, nous pouvons le dire aujourd’hui, a été d’avoir été fidèle jusqu’ au bout…
Si nos sociétés sont fluides, des devoirs s’imposent à nous.
C’est la grande épreuve de notre temps.
Dans la perception de son rôle qu’avait Louis XVI, il y avait celui de la fidélité qu’il devait au Christ. »

Et Monseigneur d’insister sur le sens du refus du roi de la Constitution civile du clergé…

« Ce refus ne fut pas par conservatisme. Il y avait dans cette affaire un enjeu considérable. Ce que le roi sentait bien, c’est que la structure de l’ Eglise et l’appartenance de son pays  ( à la foi catholique) était un formidable ajustement. Le pouvoir souverain, du roi ou du peuple ne pouvait plus connaître de limites en acceptant cette constitution…

Orants de Louis XVI et Marie-Antoinette


Testament de Louis XVI, rédigé le 25 décembre 1792, envoyé à la Commune de Paris, le 21 janvier 1793.

Testament de Louis XVI
25 décembre 1792

Au nom de la très sainte Trinité, du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Aujourd'hui, vingt-cinquième jour de décembre 1792, moi, Louis seizième du nom, Roi de France, étant, depuis plus de quatre mois, enfermé avec ma famille dans la tour du Temple, à Paris, par ceux qui étaient mes sujets, et privé de toute communication quelconque, même, depuis le 11 courant, avec ma famille, de plus, impliqué dans un procès dont il est impossible de prévoir l'issue, à cause des passions des hommes, et dont on ne trouve aucun prétexte ni moyen dans aucune loi existante, n'ayant que Dieu pour témoin de mes pensées, et auquel je puisse m'adresser, je déclare ici, en sa présence, mes dernières volontés, et mes sentiments.

Je laisse mon âme à Dieu, mon créateur, je le prie de la recevoir dans sa miséricorde, de ne la pas juger suivant ses mérites, mais par ceux de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui s'est offert en sacrifice à Dieu son Père, pour nous autres hommes, quelque indignes que nous en fussions, et moi le premier.

Je meurs dans l'union de notre sainte mère l'église catholique, apostolique et romaine, qui tient ses pouvoirs par une succession non interrompue de saint Pierre, auquel Jésus-Christ les avait confiés, je crois fermement et je confesse tout ce qui est contenu dans le Symbole, les Commandements de Dieu et de l'église, les Sacrements et les Mystères, tels que l'église catholique les enseigne et les a toujours enseignés, je n'ai jamais prétendu me rendre juge dans les différentes manières d'expliquer les dogmes qui déchirent l'église de Jésus-Christ, mais je m'en suis rapporté, et je m'en rapporterai toujours, si Dieu m'accorde la vie, aux décisions que les Supérieurs ecclésiastiques, unis à la sainte Eglise catholique, donnent et donneront, conformément à la doctrine de l'église, suivie depuis Jésus-Christ.

Je plains de tout mon coeur nos frères qui peuvent être dans l'erreur, mais je ne prétends les juger, et je ne les aime pas moins tous en Jésus-Christ, suivant ce que la charité chrétienne nous l'enseigne, et je prie Dieu de me pardonner tous mes péchés. J'ai cherché à les connaître scrupuleusement, à les détester, et à m'humilier en sa présence.

Ne pouvant me servir du ministère d'un prêtre catholique, je prie Dieu de recevoir la confession que je lui en eusse faite, et surtout le repentir profond que j'ai d'avoir mis mon nom (quoique cela fut contre la volonté) à des actes qui peuvent être contraires à la discipline et à la croyance de l'église, à laquelle je suis toujours sincèrement uni de coeur.

Je prie Dieu de recevoir la ferme résolution où je suis, s'il m'accorde la vie, de me servir, aussitôt que je le pourrai, du ministère d'un prêtre catholique, pour m'accuser de tous mes péchés, et recevoir le Sacrement de Pénitence.

Je prie tous ceux que je pourrais avoir offensés par inadvertance (car je ne me rappelle pas d'avoir fait sciemment aucune offense à personne), ou à ceux à qui j'aurais pu avoir donné de mauvais exemples ou des scandales, de me pardonner le mal qu'ils croient que je peux leur avoir fait. Je prie tous ceux qui ont de la charité, d'unir leurs prières aux miennes, pour obtenir de Dieu le pardon de mes péchés.

Je pardonne de tout mon coeur à ceux qui se sont fait mes ennemis, sans que je leur en ai donné aucun sujet, et je prie Dieu de leur pardonner, de même qu'à ceux qui, par un faux zèle mal entendu, m'ont fait beaucoup de mal.

Je recommande à Dieu ma femme et mes enfants, ma soeur, mes tantes, mes frères et tous ceux qui me sont attachés par les liens du sang, ou par quelque autre manière que ce puisse être ; je prie Dieu particulièrement de jeter des yeux de miséricorde sur ma femme, mes enfants et ma soeur, qui souffrent depuis longtemps avec moi, de les soutenir par sa grâce, s'ils viennent à me perdre, et tant qu'ils resteront dans ce monde périssable.
Je recommande mes enfants à ma femme : je n'ai jamais douté de sa tendresse maternelle pour eux, je lui recommande surtout d'en faire de bons chrétiens et d'honnêtes gens ; de ne leur faire regarder les grandeurs de ce monde-ci (s'ils sont condamnés à les éprouver), que comme des biens dangereux et périssables, et de tourner leurs regards vers la seule gloire, solide et durable, de l'éternité. Je prie ma soeur de vouloir bien continuer sa tendresse à mes enfants, et de leur tenir lieu de mère, s'ils avaient le malheur de perdre la leur.

Je prie ma femme de me pardonner tous les maux qu'elle souffre pour moi, les chagrins que je pourrais lui avoir donnés dans le cours de notre union, comme elle peut être sûre que je ne garde rien contre elle, si elle croyait avoir quelque chose à se reprocher.

Je recommande bien vivement à mes enfants, après ce qu'ils doivent à Dieu, qui doit marcher avant tout, de rester toujours unis entre eux, soumis et obéissants à leur mère, et reconnaissants de tous les soins et les peines qu'elle se donne pour eux, et en mémoire de moi. Je les prie de regarder ma soeur comme une seconde mère.

Je recommande à mon fils, s'il avait le malheur de devenir Roi, de songer qu'il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, qu'il doit oublier toute haine et tout ressentiment, et nommément tout ce qui a rapport aux malheurs et aux chagrins que j'éprouve, qu'il ne peut faire le bonheur des peuples qu'en régnant suivant les lois, mais, en même temps, qu'un Roi ne peut les faire respecter et faire le bien qui est dans son coeur qu'autant qu'il a l'autorité nécessaire, et qu'autrement, étant lié dans ses opérations, et n'inspirant point de respect, il est plus nuisible qu'utile.

Je recommande à mon fils d'avoir soin de toutes les personnes qui m'étaient attachées, autant que les circonstances où il se trouvera lui en donneront les facultés, de songer que c'est une dette sacrée que j'ai contractée envers les enfants ou les parents de ceux qui ont péri pour moi, et ensuite de ceux qui sont malheureux pour moi. Je sais qu'il y a plusieurs personnes de celles qui m'étaient attachées qui ne se sont pas conduites envers moi comme elles devaient, et qui ont même montré de l'ingratitude, mais je leur pardonne (souvent dans les moments de trouble et d'effervescence on n'est pas maître de soi) ; et je prie mon fils, s'il en trouve l'occasion, de ne songer qu'à leur malheur.

Je voudrais pouvoir témoigner ma reconnaissance à ceux qui m'ont montré un véritable attachement et désintéressé : d'un côté, si j'étais sensiblement touché de l'ingratitude et de la déloyauté de ceux à qui je n'avais jamais témoigné que des bontés, j'ai eu de la consolation à voir l'attachement et l'intérêt gratuit que beaucoup de personnes m'ont montrés, je les prie de recevoir mes remerciements : dans la situation où sont encore les choses, je craindrais de les compromettre si je parlais plus explicitement, mais je recommande spécialement à mon fils de chercher les occasions de pouvoir les reconnaître.

Je croirais calomnier cependant les sentiments de la nation si je ne recommandais ouvertement à mon fils MM. de Chamilly et Hue, que leur véritable attachement pour moi avait portés à s'enfermer dans ce triste séjour, et qui ont pensé en être les malheureuses victimes ; je lui recommande aussi Cléry, des soins duquel j'ai tout lieu de me louer depuis qu'il est avec moi, comme c'est lui qui est resté avec moi jusqu'à la fin, je prie messieurs de la Commune de lui remettre mes hardes, mes livres, ma montre, ma bourse et les autres petits effets qui ont été déposés au conseil de la Commune.

Je pardonne encore très volontiers à ceux qui me gardaient, les mauvais traitements et les gênes dont ils ont cru devoir user envers moi. J'ai trouvé quelques âmes sensibles et compatissantes : que celles-là jouissent, dans leur coeur, de la tranquillité que doit leur donner leur façon de penser.

Je prie MM. Tronchet, de Malesherbes et de Sèze de recevoir ici tous mes remerciements et l'expression de ma sensibilité pour tous les soins et les peines qu'ils se sont donnés pour moi.

Je finis en déclarant devant Dieu, et prêt à paraître devant lui, que je ne me reproche aucun des crimes qui sont avancés contre moi.

Fait en double, à la tour du Temple, le 25 décembre 1792.
Louis.

Prions pour notre frère Louis…
S’inspirer de son exemple dans la fidélité jusqu’ à la mort.
Le roi est la figure de l’homme libre. »

Et de rappeler la grande figure de Louis XVI, de la succession de ses actes de charité et de dons de soi…
Dernière invitation à la prière…

« Prions aussi pour chacun de nous, soyons fidèles pour notre pays… Dieu rassemblera… »

Le temps reprend son cours et s’accélère.

Semblable à des flots apaisés après le rappel de la tempête, Saint-Germain l’Auxerrois se vide de l’assistance sereine…

La grisaille du ciel ne s’est guère éclaircie, mais comme chaque année les sourires de fidélité éclairent un peu le parvis de l’église. Pour beaucoup, c’est l’occasion annuelle de rencontrer les Princes…


Pour d’autres, c’est aussi l’occasion de rappeler qu’il existe une presse royaliste…



Les   « 21   janvier » se succèdent, jours de fidélités sans haine…

Gageons que le 21 janvier 2010 sera porteur d’autres espérances…

Portemont, le 29 août 2009

DIAPORAMA

Autour de Monseigneur le comte de Paris, des piliers de l’Institut de la Maison Royale de France. Maître Franz Quatreboeuf (Délégué Nord Pas de Calais), Francis Davenne (Délégué Champagne Ardenne), Daniel Mourruau.


Docteur Jean Gugliotta, Bernard Bonnaves, Monseigneur le comte de Paris


Le prince Jean et Jean Gugliotta. « Monseigneur, le 5 mai… »


Une occasion pour de « Fortes Têtes » de se rencontrer… Jean Raspail et Paul-Marie Coûteaux


Maître Lussan et « l’avocat de la Palatine » Daniel des Brosses


Notre ami l’historien Philippe Delorme


Un monument de fidélité: « Bébert de Maubert »

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