dimanche 07 septembre 2008

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Grand jour de Joie !

Commémorer l’assassinat du roi Louis XVI, prier pour le repos de son âme, et celles de toutes les victimes de la Terreur, de toutes les Terreurs, prier pour la France, ne nous plonge pas dans la tristesse. Le 21 janvier est toujours pour nous un jour tourné vers l’Espérance. Et quand nos Princes sont au rendez-vous, c’est aussi un grand jour de joie !

Etre tôt à Saint-Germain-l’Auxerrois. Nous savons qu’aujourd’hui encore cette belle église, ancienne paroisse de nos Rois, sera pleine. Mesurer la barbarie de nos temps présents en s’inclinant devant les beaux bénitiers mutilés…

Calmer sa colère en s’inclinant devant la belle crèche…

Et très vite alors que le temps semble s’accélérer, arrivent les premières personnalités et des anonymes fidèles, alors que nombre de vieux amis se retrouvent.

Jean de Mello, de l’Association « Gens de France » et notre ami Etienne Dauder qui pour un jour a quitté son Languedoc…

Au-dehors, des amis, toujours, pressent le pas et ne négligent pas les activités militantes…

« Loulou » et « Vartot »


Madame Casteluccio « Pilier » des ventes à la criée de l’Action Française 2000

Très vite l’église paraît trop petite…

Un léger murmure court dans la nef, tout le monde se lève et nous découvrons l’arrivée de Leurs Altesses Royales le prince Jean Duc de Vendôme et son frère le prince Eudes, Duc d’Angoulême. Le royalisme français s’incarne toujours dans de jeunes princes !

Monseigneur le prince Jean prenant place à côté du Professeur François-Georges Dreyfus


Son Altesse Royale le prince Eudes Duc d’Angoulême

Le temps semble s’être arrêté, et toutes les têtes se tournent à l’arrivée du Chef de la Maison de France, Monseigneur le Comte de Paris.

La messe peut alors commencer dans un grand recueillement.

Temps fort, comme chaque année, une homélie qui si elle nous rappelle… ne manque jamais de nous tirer vers le haut, toujours plus haut !

Des vies terrestres, courtes, parfois sans éclats, s’inscrivent dans le grand mystère et marquent à jamais le cœur des hommes…

Evocation de la belle et grande figure de la carmélite de Lisieux.

« Morte si jeune, et pourtant nous savons que sa vie   a manifesté à tous d’une manière évidente, l’importance qu’était la sienne, pour tous les chrétiens. »
Sainte Thérèse, Louis XVI ?

« Et bien je crois que, hélas, il y a  d’autres rois qui ont été mis à mort, d’autres rois qui ont été déposés, mais aucun n’a laissé une empreinte, un souvenir, une présence même, comparable à celle du roi Louis XVI. Nous savons tous  ce que représente cette date du 21 janvier, non seulement pour nous qui sommes rassemblés ici, mais aussi pour tant de français qui vivent encore dans la présence de ce que le roi Louis XVI a signifié pour notre pays, mais  aussi pour chacun d’entre nous. Je crois que c’est cela se souvenir, c’est vivre dans ce présent. »

Une empreinte, une leçon ?

« La seconde piste que je voudrais proposer à notre méditation, vient du sens du sacré. Pour les Juifs, rien n’est sacré…Il n’y a qu’une seule valeur qui est absolument sacrée : c’est le temps. Et nous voyons que nous avons à entrer dans une perspective qui est  tout à fait originale. Nous partageons bien sûr ce point de vue des Juifs . Nous vivons tous dans un déploiement du temps qui est celui de la découverte de la sainteté.

Et bien à travers ce qu’a vécu le roi Louis XVI et ce qu’il  représente  encore pour nous, la présence qui est la sienne aujourd’hui, je crois que ,  c’est une valeur du temps  qui nous est rappelée. Je crois que surtout nous avons, non pas à nous tourner vers un passé, aussi glorieux soit-il, mais vers un avenir, vers ce qui peut nous attendre et tout ce qui nous a été ouvert par cet immense sacrifice du 21 janvier 1793. Ainsi nous  voyons que , nous a été rappelé à travers ce roi si grand, avant tout  la valeur de la monarchie telle qu’elle a été montrée déjà par le roi David et ses successeurs. Nous savons que la gloire de David et de Salomon…, que le royaume d’Israël n’ a pas duré très longtemps, que la fin en a été assez triste et pourtant, et pourtant demeure pour nous cette présence, cette révélation de la monarchie messianique. Et ce qui compte, c’est de découvrir que notre roi, c’est celui qui a été choisi par Dieu et c’est le Christ, et il lui faut une sainteté tout à fait particulière pour nous évoquer cette dimension de la monarchie   qui vraiment, elle seule, mérite notre vénération.

Je crois que c’est avant tout une méditation de chaque jour  qui nous est ainsi proposée et nous avons à dépasser même, tous les éléments historiques, aussi glorieux, aussi importants soient-ils, pour nous replacer en face de ce qu’a été le roi Louis XVI par toute sa vie et aussi par sa mort si édifiante.

Je voudrais simplement vous  rappeler ce matin les paroles d’un psaume, le psaume 89, qui est un psaume sur les promesses faites à David.

Il m'invoquera: « Tu es mon père, mon Dieu et le rocher de mon salut. »
Et moi je ferai de lui le premier-né, le plus élevé des rois de la terre.
Je lui conserverai ma bonté à jamais; et mon alliance lui sera fidèle.
J'établirai sa postérité pour jamais, et son trône aura les jours des cieux.
" Si ses fils abandonnent ma loi, et ne marchent pas selon mes ordonnances;
s'ils violent mes préceptes, et n'observent pas mes commandements;
je punirai de la verge leurs transgressions, et par des coups leurs iniquités;
mais je ne lui retirerai pas ma bonté, et je ne ferai pas mentir ma fidélité.
"Je ne violerai pas mon alliance, et je ne changerai pas la parole sortie de mes lèvres.
Je l'ai juré une fois par ma sainteté; non, je ne mentirai pas à David.
Sa postérité subsistera éternellement, son trône sera devant moi comme le soleil;
comme la lune, il est établi pour toujours, et le témoin qui est au ciel est fidèle. " –

Amen.

Monseigneur Jean Mariot,
Vicaire général émérite de Paris,
Notaire de la curie diocésaine de Paris

La messe se poursuit dans le recueillement. Prendre la mesure du temps, aujourd’hui et demain, fort de savoir aussi que l’avenir dure longtemps….

La messe est dite…

Et les Princes quittent l’église, partageant l’émotion de tous.

Le 21 janvier 2008 ?

Nos espérances sont portées, plus que jamais, toujours plus haut !

Portemont, le 27 janvier 2008

VISITEZ LE DIAPORAMA... (cliquez sur le lien)

Portrait de Louis XVI au Temple, par Joseph Ducreux.

TESTAMENT DE LOUIS XVI

Au nom de la très Sainte Trinité, du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Aujourd’hui vingt-cinquième jour de décembre. Moi, Louis XVIe du nom, Roy de France, étant depuis plus de quatre mois enfermé avec ma famille dans la Tour du Temple à Paris par ceux qui étaient mes sujets, et privé de toute communication quelconque, même depuis le onze du courant avec ma famille, de plus impliqué dans un procès dont il est impossible de prévoir l’issue à cause des passions des hommes, et dont on ne trouve aucun prétexte ni moyen dans aucune loi existante, n’ayant que Dieu pour témoin de mes pensées, et auquel je puisse m’adresser, je déclare ici en sa présence mes dernières volontés et mes sentiments.

Je laisse mon âme à Dieu, mon créateur, je le prie de la recevoir dans sa miséricorde, de ne pas la juger d’après ses mérites, mais par ceux de Notre Seigneur Jésus-Christ qui s’est offert en sacrifice à Dieu son Père pour nous autres hommes, quelqu'indignes que nous en fussions, et moi le premier.
Je meurs dans l’union de notre sainte Mère l'Église catholique et les commandements de Dieu et de l'Église, les sacrements et les mystères tels que l'Église catholique les enseigne et les a toujours enseignés. Je n’ai jamais prétendu me rendre juge dans les différentes manières d’expliquer les dogmes qui déchirent l'Église de Jésus-Christ, mais je m’en suis rapporté et rapporterai toujours, si Dieu m’accorde vie, aux décisions que les supérieurs Ecclésiastiques unis à la sainte Église catholique donnent et donneront conformément à la discipline de l'Église suivie depuis Jésus-Christ. Je plains de tout mon cœur nos frères qui peuvent être dans l’erreur, mais je ne prétends pas les juger, car je ne les aime pas moins tous en Jésus-Christ, suivant ce que la charité chrétienne nous l’enseigne.

Je prie Dieu de me pardonner tous mes péchés. J’ai cherché à les connaître scrupuleusement, à les détester et à m’humilier en sa présence. Ne pouvant me servir du ministère d’un prêtre catholique, je prie Dieu de recevoir la confession que je lui en ai faite, et surtout le repentir profond que j’ai d’avoir mis mon nom, (quoique cela fût contre ma volonté) à des actes qui peuvent être contraires à la discipline et à la croyance de l'Église catholique à laquelle je suis toujours resté sincèrement uni de cœur. Je prie Dieu de recevoir la ferme résolution où je suis, s’il m’accorde vie, de me servir aussitôt que je le pourrai du ministère d’un prêtre catholique, pour m’accuser de tous mes péchés et recevoir le sacrement de pénitence.

Je prie tous ceux que je pourrais avoir offensés par inadvertance, (car je ne me rappelle pas d’avoir fait sciemment aucune offense à personne) ou ceux à qui j’aurais pu avoir donné de mauvais exemples ou des scandales, de me pardonner le mal qu’ils croient que je peux leur avoir fait.
Je prie tous ceux qui ont de la charité d’unir leurs prières aux miennes pour obtenir de Dieu le pardon de mes péchés.

Je pardonne de tout mon cœur à ceux qui se sont faits mes ennemis sans que je leur en aie donné aucun sujet, et je prie Dieu de leur pardonner, de même que ceux qui par un faux zèle ou par un zèle mal entendu m’ont fait beaucoup de mal.

Je recommande à Dieu, ma femme, mes enfants, ma sœur, mes tantes, mes frères, et tous ceux qui me sont attachés par les liens du sang, ou par quelque autre manière que ce puisse être. Je prie Dieu particulièrement de jeter des yeux de miséricorde sur ma femme, mes enfants et ma sœur qui souffrent depuis longtemps avec moi, de les soutenir par sa grâce s’ils viennent à me perdre, et tant qu’ils resteront dans ce monde périssable.

Je recommande mes enfants à ma femme ; je n’ai jamais douté de sa tendresse maternelle pour eux. Je lui recommande surtout d’en faire de bons chrétiens et d’honnêtes hommes, de leur faire regarder les grandeurs de ce monde-ci (s’ils sont condamnés à les éprouver) que comme des biens dangereux et périssables, et de tourner leurs regards vers la seule gloire solide et durable de l'Éternité. Je prie ma sœur  de vouloir bien continuer sa tendresse à mes enfants et de leur tenir lieu de mère, s’ils avaient le malheur de perdre la leur.

Je prie ma femme de me pardonner tous les maux qu’elle souffre pour moi, et les chagrins que je pourrais lui avoir donnés dans le cours de notre union, comme elle peut être sûre que je ne garde rien contre elle si elle croyait avoir quelque chose à se reprocher.

Je recommande bien vivement à mes enfants, après ce qu’ils doivent à Dieu qui doit marcher avant tout, de rester toujours unis entre eux, soumis et obéissants à leur mère, et reconnaissants de tous les soins et les peines qu’elle se donne pour eux, et en mémoire de moi. Je les prie de regarder ma sœur comme une seconde mère.

Je recommande à mon fils, s’il avait le malheur de devenir roi, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens, qu’il doit oublier toute haine et tout ressentiment, et nommément tout ce qui a rapport aux malheurs et aux chagrins que j’éprouve ; qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples qu’en régnant suivant les lois, mais en même temps qu’un roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité nécessaire, et qu’autrement étant lié dans ses opérations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile.

Je recommande à mon fils d’avoir soin de toutes les personnes qui m’étaient attachées, autant que les circonstances où il se trouvera lui en donneront les facultés, de songer que c’est une dette sacrée que j’ai contractée envers les enfants ou les parents de ceux qui ont péri pour moi, et ensuite de ceux qui sont malheureux pour moi. Je sais qu’il y a plusieurs personnes de celles qui m’étaient attachées qui ne se sont pas conduites envers moi comme elles le devaient, et qui ont même montré de l’ingratitude, mais je leur pardonne, (souvent dans les moments de troubles et d’effervescence on n’est pas le maître de soi) et je prie mon fils, s’il en trouve l’occasion, de ne songer qu’à leur malheur.

Je voudrais pouvoir témoigner ici toute ma reconnaissance à ceux qui m’ont montré un véritable attachement et désintéressé. D’un côté, si j’étais sensiblement touché de l’ingratitude et de la déloyauté de gens à qui je n’avais jamais témoigné que des bontés, à eux ou à leurs parents ou amis, de l’autre j’ai eu de la consolation à voir l’attachement et l’intérêt gratuits que beaucoup de personnes m’ont montrés. Je les prie d’en recevoir tous mes remerciements. Dans la situation où sont encore les choses, je craindrais de les compromettre si je parlais plus explicitement, mais je recommande spécialement à mon fils de chercher les occasions de pouvoir les reconnaître.

Je croirais calomnier cependant les sentiments de la Nation si je ne recommandais ouvertement à mon fils MM. de Chamilly et Hue que leur véritable attachement pour moi avait porté à s’enfermer avec moi dans ce triste séjour, et qui ont pensé en être les malheureuses victimes. Je lui recommande aussi Cléry des soins duquel j’ai eu tout lieu de me louer depuis qu’il est avec moi. Comme c’est lui qui est resté avec moi jusqu’à la fin, je prie MM. de la Commune de lui remettre mes hardes, mes livres, ma montre, ma bourse et les autres petits effets qui ont été déposés au Conseil de la Commune.

Je pardonne encore très volontiers à ceux qui me gardaient les mauvais traitements et les gênes dont ils ont cru devoir user envers moi. J’ai trouvé quelques âmes sensibles et compatissantes, que celles-là jouissent dans leur cœur de la tranquillité que doit leur donner leur façon de penser.

Je prie MM. de Malesherbes, Tronchet et de Sèze, de recevoir ici tous mes remerciements et l’expression de ma sensibilité pour tous les soins et les peines qu’ils se sont donnés pour moi. Je finis en déclarant devant Dieu, et prêt à paraître devant lui, que je ne me reproche aucun des crimes qui sont avancés contre moi.

Fait en double, à la Tour du Temple, le25 décembre 1792,

LOUIS

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