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L’Action Française 2000

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« L’Action Française 2000 »
10, rue Croix-des-Petits-Champs – 75001 Paris
Téléphone : 01 40 39 92 06

Site Internet : www.actionfrancaise.net

 

« L’ACTION FRANCAISE 2000 » N° 2742,
du 21 février au 5 mars 2008

La démocratie française
est complètement viciée !

Un bimensuel de combat… La belle brise s’affirme. « L’Action Française 2000 » du 21 février au 5 mars 2008 : De belles moissons en perspective !

Le fruit d’un travail qui mobilise depuis ce début d’année, une jeune équipe qui bénéficie du soutien sans faille de ses aînés… Et tous entendent la douce musique des paroles du laboureur…
"Travaillez, prenez de la peine, c'est le fonds qui manque le moins..."

Portemont, le 5 mars 2008

L’Action Française 2000 profite de son 2742ème numéro, daté du 21 février-5 mars 2008 pour changer la forme typographique de son titre, désormais sur une seule et même ligne, ce qui rappelle celle qui prévalait avant-guerre et jusqu’aux années 60. Mais ce n’est pas exactement une marque de nostalgie, bien au contraire, et il suffit de feuilleter ce numéro pour s’en persuader.

Sans prétendre à être exhaustif, signalons quelques articles qui participent à la richesse de la 2ème livraison de l’AF-2000 du mois de février.

Une part importante est accordée aux entretiens avec, dès la page 2, les réponses du courageux député souverainiste français au parlement européen, Paul-Marie Coûteaux, titrées « La démocratie française est complètement viciée », terrible formule qui montre le discrédit dans lequel notre système politique (et surtout politicien) est tombé et, surtout, l’illusion d’une réaction politique qui chercherait à passer uniquement par le tamis de la démocratie représentative et parlementaire. Le député souverainiste évoque également les conséquences désastreuses du traité de Lisbonne : « Point cardinal du fédéralisme qui permettait au texte Giscard de s’intituler « constitution », la personnalité juridique accordée à l’Union est reprise telle quelle, certes discrètement. A elle seule, elle crée en effet un nouvel Etat qui peut désormais être reconnu comme tel sur la scène internationale, ce qui permet de parler de nouveau de « constitution ». L’Union européenne se trouvera placée sous l’autorité d’un président (…) désormais indépendant de tout Etat – alors qu’il était auparavant un chef d’Etat ou de gouvernement en exercice ; il sera doté d’une autorité propre, ainsi que d’un secrétariat, puis d’un cabinet, etc. Gageons que cet instrument supranational se révélera d’autant plus efficace que, à la différence des autres institutions, il sera incarné... »

Un débat, en pages 8 et 9, permet au libéral chrétien Pierre Manent, auteur d’une intéressante « enquête sur la démocratie », de discuter avec l’écrivain catholique Gérard Leclerc sur le thème des rapports entre politique et religion, et de signaler son trouble devant la disjonction entre les parlementaires et les citoyens français sur la question du traité constitutionnel européen, question d’actualité de la démocratie en France. Un extrait de son intéressante intervention sur la démocratie : « Les sociétés démocratiques ne sont pas seulement démocratiques. Pour Tocqueville, la démocratie, c’est l’égalité des conditions et la passion de l’égalité. Mais elle comporte aussi en son sein des éléments oligarchiques et aristocratiques. Il s’agit bien sûr des aristocraties financières, mais aussi intellectuelles, de la présence religieuse et des cultures nationales particulières. Ce qui est critiqué en général dans la démocratie, c’est l’anarchie des passions, l’ « atomisation » de la vie sociale. Mais la démocratie ne parvient jamais au bout d’elle-même, et reste mélangée à ces autres éléments. » Gérard Leclerc rappelle l’importance des réponses de l’Eglise et de l’autonomie de la décision religieuse à l’égard du politique : « Dans le contexte de la démocratie libérale, la parole de l’Eglise me semble la seule façon d’échapper au magma des opinions. Elle n’est pas seulement une opinion, il y a un magistère, qui donne son avis autorisé sur des sujets cruciaux. Si l’autorité du magistère est maintenue, nous ne sommes plus en danger d’absorption du religieux dans le magma « libéralo-démocratique ». » ; il évoque aussi son inquiétude devant « l’usine à gaz » que constitue l’Europe en construction aujourd’hui, « première puissance sans projet de sa puissance, ni même ses instruments » et, donc, incapable d’exister sur le plan international.

L’écrivain Alain Paucard, en page 3, s’en prend aux grandes tours urbaines, modernes applications de la tour de Babel : « Jadis, la vision lointaine d’un clocher rassérénait le pèlerin et le faisait marcher plus vite. Demain, les tours des capitales européennes appelleront ce qui reste des classes moyennes à acheter des actions, à participer à leur propre aliénation ».

Dans ce monde qui privilégie le devoir de mémoire au détriment, parfois, de l’histoire, il est bon de retrouver Jacques Bainville : c’est Gérard Bedel qui, en page 10, évoque la conception de l’histoire de ce grand royaliste, « historien de l’avenir » selon l’heureuse formule de Jean Montador : « L’histoire est le jugement du monde. Elle est aussi la clinique du monde Que diriez-vous d’un médecin qui ne serait jamais allé à l’hôpital ? ».

Jacques de Guillebon, en page 11, nous invite à découvrir le dernier livre du penseur, et nouvel académicien français, René Girard, intitulé « Achever Clausewitz », tandis que François Roberday souligne tout l’intérêt de lire « La France morcelée », de Jean-Pierre Le Goff.

Michel Fromentoux, quant à lui, se penche sur la figure du roi Henri 1er, à travers l’ouvrage d’Yvan Gobry, et évoque, quelques pages plus loin, celle d’un autre Henri (le quatrième dans l’histoire des rois de France) et de son œuvre, en 1593. Dans ce même numéro, en page 6, il analyse la politique sarkoziste de l’école qui mêle retour à des principes fondamentaux classiques et nécessaires (retour à la grammaire traditionnelle, respect des professeurs, etc.) et « devoir de mémoire » culpabilisateur (encore la repentance ?) et néfaste pour les écoliers de France : « De toute façon, faire pleurer les enfants sur la barbarie comme si tout n’était que noir en ce bas-monde ne sera jamais aussi formateur que de leur donner d’exaltants exemples d’héroïsme et de dévouement. »

C’est en dernière page que l’on trouve l’article (l’éditorial ?) de Charles Moussay, qui dénonce l’attitude de Nicolas Sarkozy, simple commis de Bruxelles et de Washington, et compare le traité de Lisbonne à celui de Troyes, de 1420. Il rappelle aussi combien toutes les étapes du processus de « dépossession » de la France se sont trouvées presque dissimulées par des événements « pipole » qui n’avaient apparemment pas grand lien avec le politique : « le soin mis à distraire l’attention de ce qui ne s’appelle plus le peuple mais « le public » montre à quel point l’affaire du traité importait au Président de la République dont on pourrait dire sans exagérer que s’il fut tant choyé par les puissants de ce monde c’est pour qu’il puisse, comme en cachette, dire oui là où la France avait dit non – non à la politique impériale américaine, en 2003, puis non à un super-Etat européen qui n’en est à bien des égards que le prolongement. La supercherie du gouverneur Sarkozy, certes, fut bien montée, avec la complicité des oligarchies de tous ordres et des médias qui ne sont plus désormais que leur misérable relais. »

Il faudrait citer aussi de nombreux autres articles qui font de ce numéro une bonne « action française » pour l’indépendance de notre pays et la nécessaire instauration royale… Bonne lecture !

Jean-Philippe Chauvin

L’entretien avec Paul-Marie Coûteaux

Député français au Parlement européen, directeur de La Lettre de l’Indépendance (288 boulevard Saint-Germain, 75341 Paris 07) et des Cahiers de l’Indépendance, auteur de plusieurs ouvrages défendant la souveraineté française (Clovis, une histoire de France, Lattès 1996; L’Europe vers la guerre, Michalon 1997 ; Ne laissons pas mourir la France, Albin Michel 2004...), grand défenseur de la langue française (Perrin 2006), Paul-Marie Coûteaux n’est un inconnu ni pour les lecteurs de L’Action Française 2000, ni pour les auditeurs de l’Institut d ’Action française. Il fait pour nous le point sur l’adoption du traité de Lisbonne.

PAUL-MARIE COûTEAUX
« La démocratie française est
Complètement viciée ! »

L’Action Française 2000 – Quel regard portez-vous sur le vote des députés et sénateurs estampillés “souverainistes” lors du vote sur la ratification du traité de Lisbonne ?
Paul-Marie Coûteaux – C’est un cas typique qui illustre le système partitocratique. Comme il n’y a aucun parti attaché à la souveraineté nationale – ou tout du moins aucun “parti de la France” – les députés et sénateurs qui ont encore une vague conscience des intérêts nationaux se soumettent à la discipline dictée par les dirigeants de leurs partis, lesquels sont tous voués au “système” en général, et en particulier à la dilution de la responsabilité politique dans le grand magma européen. Nombre d’élus désapprouvaient ce traité ; mais ils savaient que, s’ils ne s’y soumettaient pas, ils pourraient ne pas retrouver leurs investitures. Ils ont peur, feignant de ne pas trahir parce qu’ils trahissent en cœur.

L’AF 2000– Le passage en force décidé par Nicolas Sarkozy pouvait-il être mieux combattu par ceux qui, de l’UMP au Front national en passant par le MPF, pourraient constituer un “parti de la France” sur le modèle du “parti des politiques” du XVIe siècle ?
P.-M. C. – Non, car ces voix éparses, à “droite” comme à “gauche”, sont bien trop peu nombreuses pour constituer quelque bloc que ce soit. La faute en est d’ailleurs partagée entre le “système”, politique mais aussi médiatique, et face à lui les Français eux-mêmes qui se laissent bercer par sa logique binaire aussi com­mode que rudimentaire – et encore lors des élections législatives de juin dernier où les candidats souverainistes n’ont recueilli que très peu de voix : on préfère voter utile, c’est-à-dire voter pour un grand parti dit de gauche pour éviter la droite, et voter pour un grand parti dit de droite pour éviter la gauche. C’est une mascarade. Hélas !, par leur paresse intellectuelle, ou leur naïveté, ou leur ignorance des enjeux, les Français entretiennent ce “système” par leur vote, depuis des années, quand bien même contredit-il leurs aspirations profondes. La démocratie française est complètement viciée !

L’AF 2000 – Que va changer l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne pour ce qu’il subsiste de notre souveraineté nationale ? P.-M. C. – Nous avons consacré un numéro entier des Cahiers de l’Indépendance à l’analyse du traité. Point cardinal du fédéralisme qui permettait au texte Giscard de s’intituler “constitution”, la personnalité juridique accordée à l’Union est reprise telle quelle, certes discrètement. À elle seule, elle crée en effet un nouvel État qui peut désormais être reconnu comme tel sur la scène internationale, ce qui permet de parler de nouveau de “constitution”. L’Union européenne se trouvera placée sous l’autorité d’un président, réputé stable en raison d’un mandat allongé – de six mois à deux ans et demi, et vraisemblablement porté ensuite à cinq ans comme le mandat parlementaire européen. Surtout, ce président est désormais indépendant de tout État – alors qu’il était auparavant un chef d’État ou de gouvernement en exercice ; il sera doté d’une autorité propre, ainsi que d’un secrétariat, puis d’un cabinet, etc. Gageons que cet instrument supranational se révélera d’autant plus efficace que, à la différence des autres institutions, il sera incarné...

Ambassades européennes
Le Haut Représentant pour la politique étrangère, « ministre sans le nom » comme l’a dit M. Sarkozy, sera vice-président de la Commission, ce qui lui donnera un grand poids auprès des autres commissaires, et se verra doté d’un “service diplomatique”, en clair de 118 “ambassades de l’Union européenne. À la politique étrangère commune, il manquait un instrument : le voici.
Le cercle des décisions à la majorité qualifiée s’élargit considérablement ; outre les affaires communautaires (politique agricole, commerciale, douanière et, surtout, industrielle – dite « de concurrence », o ù la Commission est pleinement compétente –, il inclut quarante nouveaux domaines, les uns d’ordre économique et d’autres plus régaliens : coopération judiciaire en matière pénale, porte ouverte au Parquet européen, et coopération policière, amorce d’une “police fédérale”. La compétence exclusive de l’Union concernera quelque soixante-dix domaines : les États minoritaires n’auront qu’à suivre, sous menace d’amendes considérables. Enfin, la Charte des droits fondamentaux s’appliquera de droit (sauf pour la Grande-Bretagne, qui jouit d’une dérogation), donnant à la Cour de Luxembourg, au nom de très vagues principes, un droit de surveillance général sur les législations nationales qui subsisteront.

L’AF 2000 – Quelles sont les prochaines échéances du calendrier de nos opposants quant à la liquidation de la souveraineté française ?
P.-M. C. – La plus rapprochée est, à la fin de l’année, le choix d’un président de l’UE qui interviendra sous présidence française. Il y a toute chance que ce soit Tony Blair, vœux de Nicolas Sarkozy et de plusieurs autres dirigeants de l’UE, et surtout de Washington. Puis, le 1er janvier le traité européen entrera en vigueur. Le plus spectaculaire sera la transformation des bureaux de l’Union en véritables ambassades dont les agents bénéficieront (grâce à la personnalité juridique) d’immunités et privilèges diplomatiques. Ensuite, viendront de nouveaux élargissements : la Croatie, la Turquie, l’Ukraine...

L’AF 2000 – Pouvez-vous nous parler de votre résistance souvent animée au sein de l’hémicycle européen ? Vos actions semblent agacer beaucoup vos adversaires.
P.-M. C. – Il est exact que nous nous sommes beaucoup agités dans l’hémicycle européen ces derniers mois, notamment pour rappeler le résultat du référendum : car c’est un véritable déni de démocratie qui s’opère sous nos yeux, en permanence. Nous avons été sanctionnés pour cela par le président du Parlement, M.Pöttering ! Mais cette opposition n’a guère de portée au regard de l’action essentielle, qui est d’informer les Français sur l’énorme enjeu que représente la construction d’un super-État européen et la sensibilisation d’une presse qui prend prétexte de ce que les questions européennes sont trop techniques et n’intéressent pas les Français pour n’en pas parler ou presque, et raconter sur le sujet pas mal de bêtises, le plus souvent pour minimiser l’immense portée du traité. Même dans L’AF, il est arrivé que le débat ne soit pas, à mon avis, toujours présenté de façon claire. Espérons qu’une information plus continue sera donnée à vos lecteurs, en partenariat, par exemple, avec mon journal parlementaire, L’Indépendance, qui se veut une source pour les souverainistes de tous les horizons...

PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE LAFARGE

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