samedi 04 février 2012

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« Qu’en pense l’héritier de la couronne des lys ? »

« Si la France était une monarchie son père Henri serait roi des Français et lui serait l’héritier du trône ». Nous ne chipoterons pas… Mais il y a grand entre un roi des Français et un roi de France… Patrick Weber « donne » la parole à Son Altesse Royale, le prince Jean de France, dans son livre « Vive les rois ! »

Un éclairage sur la pensée du duc de Vendôme
« En clair, à quoi ça sert un prince en terre de France dans ces premières années du IIIe millénaire ? Monseigneur nous répond… »
(Entretien réalisé en 2008)

Monseigneur, quel est le rôle d’un prince en 2008 ?

« Un prince de France est d’abord là pour « témoigner » du rôle historique tenu par sa famille, pour rappeler que la France ne s’est pas faite par hasard, qu’elle n’a rien d’une construction abstraite.

Ce rôle me paraît très important à l’époque où nous vivons : l’effervescence des techniques et l’inflation des images de toutes sortes, notamment sur Internet, poussent à ne vivre que dans le moment présent en perdant toute mémoire historique. Or seule la mémoire de notre propre histoire peut nous éclairer sur les origines de notre société, et fonder un vrai regard critique sur elle. C’est une condition de la sauvegarde de notre liberté d’esprit, et de notre liberté tout court.
Sinon le risque est que, face à toutes les difficultés de la vie, chacun de nous reconstruise une société idéale au gré de sa vision personnelle des choses. C’est ainsi que se sont peu à peu développées, dans un passé récent, les idéologies les plus meurtrières.

Aujourd’hui, le monde paraît déboussolé. Il ne sait plus quel but atteindre, ni même s’il y a un but à atteindre. Il est porté à désespérer de l’avenir. Un prince de France peut, sans le moindre mérite de sa part, par sa présence, représenter pour tous les Français un signe fort. Si nous sommes Français, c’est parce que la France est là, qu’elle est une réalité concrète et vivante. Ce qui nous constitue comme Français, c’est l’appartenance à cette collectivité et à son histoire, c’est notre enracinement dans cette réalité charnelle dont la tradition capétienne est l’expression symbolique la plus incontestable.

Le prince Jean sur les traces du duc d’Orléans…

En 2008, un prince de France se doit, d’abord, de rendre ce témoignage d’une manière simple, claire, vraie, vivante.
Mais il doit aussi, dans l’incertitude de l’avenir, se tenir prêt à aller au-delà de ce témoignage, et être en mesure de répondre à tout moment à un appel dont l’expérience historique prouve qu’il peut survenir au moment où on s’y attende le moins. »

Un prince peut-il encore être utile à son pays, même en république ?

« Un prince peut toujours être utile à son pays par son engagement personnel dans la société, au même titre que tout Français. L’exemple ultime en a été donné par tous les membres de ma famille qui ont accepté de prendre le risque de mourir pour la France, comme mon oncle François tombé en Algérie.

Le Prince François en 1958
partant pour son service militaire en Algérie.

Mais je pense aussi à tous ceux qui se sont engagés avec énergie dans la vie économique et sociale, avec le souci de contribuer personnellement au développement de notre pays.

Au-delà de ces engagements personnels, cependant, un prince doit faire bénéficier tous les Français non pas tant de son expérience personnelle que de celle que lui donne l’appartenance à une famille dont l’œuvre principale a été de construire la France.
Chacun des rois de France avait ses qualités et ses défauts, peu ont été des génies, aucun ne fut un surhomme. Il en va de même pour les princes d’aujourd’hui. Leur utilité vient beaucoup moins de leurs qualités propres que de leur capacité à faire retentir, dans l’esprit et le cœur des Français, le sens profond de ce qu’ils représentent.

Leur voix ne sera écoutée, bien sûr, que s’ils parlent des problèmes de leur époque et dans le langage de leur époque. Mais elle ne sera véritablement « entendue » que si elle porte un message d’espoir fondé sur ce qui a toujours, tout au long de l’Histoire, contribué à « unir » les Français entre eux.
De ce point de vue, ce que les princes de France peuvent apporter est sans aucun équivalent, même en république. »

Les princes conservent-ils une autorité morale ?

« Les querelles idéologiques dont la France s’est fait une spécialité perturbent profondément l’idée même d’autorité morale. Qui peut se prévaloir aujourd’hui d’exercer une authentique autorité morale. Le pape lui-même, qui est respecté et jouit d’un prestige incontestable, n’est plus du tout écouté dès qu’il fait son « métier de pape » en rappelant aux hommes les impératifs de la morale naturelle.

Cela dit, il arrive que des voix s’élèvent et suscitent des résonances profondes dans la conscience et l’intelligence des Français. C’est souvent une question de talent, de courage et de conviction. C’est souvent aussi une question de circonstances, de capacité à saisir les occasions. Mais dans notre monde de communication, c’est également une question d’apprentissage et de savoir-faire.

Pour les princes, si, pour être entendus, ils doivent s’appuyer sur leur identité propre, il n’en sont pas moins soumis aux mêmes impératifs que les autres et doivent apprendre à se faire entendre. Ils doivent acquérir peu à peu les charismes nécessaires à l’exercice de leur responsabilité.
Leur autorité morale est à ce prix, même s’ils ont le redoutable privilège d’être porteurs de quelque chose qui les dépasse infiniment. »

"Oné Onti" Max Gros-Louis, chef de la nation Huronne-Wendat et Son Altesse Royale le prince Jean de France duc de Vendôme.

La Maison de France ne pouvait pas ne pas être invitée pour le 400e anniversaire de Québec!

Les princes d’aujourd’hui continuent-ils à vivre dans une tour d’ivoire ?

« Ceux qui le font, c’est qu’ils le veulent bien ! Mais je ne pense pas que ce soit souvent le cas. Le monde d’aujourd’hui est trop rempli de sollicitations de toutes sortes pour rendre aisé un isolement même doré.
Ce qui est sûr, c’est que c’est à l’exact opposé de tout ce que je ressens sur la place d’un prince dans la société. Les dimensions symboliques de la fonction ne sont pas du tout à négliger, un prince a des devoirs de représentation. Mais ils ne sont qu’un moyen, pas une fin.
Un prince de France doit en tenir compte, mais il ne s’appartient pas vraiment, il appartient à la France et aux Français qui peuvent avoir, un jour ou l’autre, besoin de lui. »

Que pensez-vous de la vogue des mariages princiers qui unissent des altesses à des roturières ?

« Il serait étonnant que les bouleversements de la société depuis un demi-siècle n’aient aucune répercussion sur les familles princières, précisément parce qu’elles ne sont pas enfermées dans leur tour d’ivoire.
Ces répercussions sont parfois cocasses, parfois ridicules. Parfois aussi dramatiques lorsqu’elles touchent à l’harmonie des familles.
Pour ma part, je ne peux que répéter ma conviction : un prince de France ne s’appartient pas vraiment. Cependant il est important que son mariage corresponde à sa conviction intime. »

A force de vivre comme tout le monde, les princes ne risquent-ils pas de perdre leur statut, leur place à part ?

« Oui, bien sûr, le risque existe. C’est d’une importance relative tant que l’on ne parle que des privilèges pratiques qu’offrent l’appartenance à une famille princière, les réseaux de relations, les soutiens acquis dans la société. Les transformations de notre société sont un fait qui s’impose aux familles princières. Elles ne doivent ni ne peuvent vivre en dehors du siècle, quel que soit le jugement que chacun est endroit de porter sur ces évolutions.
Mais, là encore, je le répète : un prince se doit de se consacrer à ce qu’il représente. Il doit essayer d’être un exemple pour les autres. C’est une question de mesure, de discernement, d’intelligence profonde de son rôle. »

La monarchie reste--telle une idée moderne en 2008 ?

« Bien sûr ! Mais qu’on m’entende bien. Je ne le dis pas au nom d’une quelconque idéologie monarchiste. Il se trouve que, depuis dix ans, j’ai été amené à me déplacer dans toute la France et d’y rencontrer toutes sortes de personnes des catégories sociales et professionnelles les plus diverses. J’ai fait un parcours qu’aucun homme politique n’a fait. J’ai vu des personnes qui, chacune à leur niveau, veulent faire avancer la France. J’ai entendu leur souffrance devant tout ce qui contribue à la division de notre pays, tout ce qui fait obstacle, dans tous les domaines, à l’effort commun et à la vraie solidarité.

Avril 2005
Visite de S.A.R. le prince Jean de France, duc de Vendôme à Beaupréau, à La Halte du Coeur, et au Pin-en-Mauges (Maine-et-Loire).

Dans nos institutions, aucun homme politique, aucune personnalité ne peut prétendre incarner cette aspiration à l’unité, à l’action commune. De même que personne ne peut, au fil du temps, exprimer la continuité de la politique de la France. 

Personne ne conteste la nécessité d’une représentation nationale qui remplisse sa fonction législative, d’un gouvernement qui gouverne, d’une bonne administration de la justice. Mais ce besoin d’unité, de fraternité vraie et de continuité, comment peut-il s’exprimer, se manifester, s’incarner ? C’est là où la monarchie peut combler un vide et répondre à une des failles les plus sensibles de notre modernité. D’ailleurs, si bien des pays dans le monde, notamment européens, sont des monarchies, c’est bien parce que ces peuples éprouvent le besoin d’un symbole fort de leur unité, qui est aussi, le plus souvent, le garant le plus fiables de leurs libertés. »

Le sous-lieutenant François d’Orléans du 7e Bataillon de Chasseurs Alpins, en octobre 1959 avec le Général Faure.

(Photo « Soldats du Djebel, Histoire de la guerre d’Algérie », François Porteu de la Morandière ;
Société de Production Littéraire, rue de Vaugirard 75015 Paris

8 février 1961

Baptême de la Promotion 101 « Sous-lieutenant François d’Orléans »

Le 8 février 1961, la Promotion 101 a été baptisée sur la Place d’Armes VERCORS « Promotion Sous-lieutenant François d’Orléans ».En choisissant ce nom, elle a voulu rendre hommage au sacrifice de son Ancien, mort pour la France le 11 octobre 1960.

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http://www.lesmanantsduroi.com/articles2/article1221.php


Obsèques du fils du comte de Paris tué en Algérie - VG des soldats portant des couronnes - VG des soldats encadrant le convoi funèbre - Ils portent leur fusil avec le canon dirigé vers le sol - VG du Comte de PARIS, de la Comtesse de PARIS et du Comte HENRI DE CLERMONT frère du disparu, marchant derrière le convoi funèbre - Monsieur et Madame DELOUVRIER parmi les officiels - VG du PANO vertical sur la chapelle de l'Hôpital MAILLOT à Alger - VG de la bénédictin du cercueil par le Comte de PARIS, la Comtesse de PARIS, le Prince HENRI qui salue - GP sur un coussin, les décorations du disparu, Croix de guerre avec palme, Croix de la valeur militaire, Légion d'Honneur

http://www.ina.fr

 

Bon sang ne saurait mentir !

Souvenez-vous, les derniers jours d’octobre 2004 nous vous avons entretenu de ce grand prince :
Philippe Duc d’Orléans. Le prince Jean de France, Duc de Vendôme a pris la mer sur ses traces…

En juin 1890, le Duc d’Orléans emprisonné pour avoir voulu effectuer son service militaire écrivait : « En prison, c’est encore la France ».

Le Prince se plia à la loi d’exil, alors que toute sa vie, il ne voulut que servir son pays : La France. Il servit la science et nos rêves. Loin de sa terre, le Prince n’était que la silhouette d’un puissant yacht ou la voilure d’un trois mats qui défiait les glaces.

Le Prince découvrit une terre non loin du Pôle. Y a-t-il plus beau rêve pour un explorateur ? Ce rêve devint réalité le 28 juillet 1895. Du fond de son cœur, Il cria « Terre » comme seuls les grands navigateurs savent le crier, « Terre de France »… Les Danois qui régnaient sur ces lieux inconnus ne pouvaient accepter une terre portant le nom d’une nation. Ils nommèrent cette terre : « Terre du Duc d’Orléans », et le cap tout proche : Cap Philippe. Ainsi il fut dit que notre Prince errant d’aventures en rêves ne poserait pas le pied sur une terre de France.

Lire la suite : http://www.lesmanantsduroi.com/articles/article1133.php

 

Entretien paru dans France Catholique, n° 2977 21 mai 2005

Extraits des propos recueillis par Frédéric Aimard

Frédéric Aimard :
« Monseigneur, nos chemins se sont croisés récemment au “Festival de Chartres” où France Catholique avait son stand, et où vous étiez responsable de l’accueil de personnalités comme le cardinal Poupard, et aujourd’hui nous nous rencontrons à la Halte du Cœur où son fondateur, Jacques Humeau, compte sur vous pour mieux faire connaître son œuvre au service des familles pauvres. Pourquoi acceptez-vous ce genre de missions bénévoles ? »
Jean d'Orléans :
« Je serais tenté de vous dire qu’en ce qui concerne Chartres, c’est parce que j’aime cette ville et sa cathédrale et que tous les prétextes me sont bons pour y retourner... Mais pour répondre plus profondément à votre question, pour moi, ce qui est important c’est le service de l’autre. C’est aider, par ce que je suis, des personnes à aller un peu plus loin dans leur vocation propre qui peut prendre diverses formes. Et ce qui m’intéresse, c’est d’abord le service des pauvres. C’est-à-dire de ceux qui n’ont pas accès à l’éducation, à un environnement social normal – une situation de famille équilibrée, un travail… , les malades, les personnes âgées. »

Frédéric Aimard :
« L’aspect culturel semble vous intéresser autant que l’aspect social... »
Jean d'Orléans :
« La culture c’est la clé de bien des portes fermées. Vous avez vu ces jeunes en grande difficulté psychique tout à l’heure. On leur offre des ateliers de peinture, de sculpture, de musique... Ce qui compte quand rien ne va plus, qu’il n’y a aucune solution pratique envisageable à court et même long terme, c’est d’ouvrir quand même des perspectives. La culture nous ouvre à tous de telles voies pour sortir de nous-mêmes.
J’ai un peu étudié ces questions de blocages psychologiques. Pour ce que je sais de la psychanalyse, Freud explique un problème personnel par un problème personnel, pour Adler ou Jung on expliquera - je grossis le trait - le problème par la société… J’ai été fort heureux un jour de rencontrer un peu longuement, car je lui servais de “chaperon” lors du premier congrès de la Famille à Paris et que nous avions bien sympathisé, le professeur Viktor Frankl, le fondateur de la Logothérapie. Il était à Vienne, où il est mort il y a peu d’années, ce qu’avait pu être Freud en son temps.
Mais pour lui ce qui comptait, quand il voyait un problème d’ordre psychologique, c’était de trouver une solution. Souvent celle-ci passe par une mise en perspective, pour trouver une fenêtre, un point lumineux vers lequel s’orienter, une porte de sortie non seulement médicale ou sociale, mais également spirituelle.
Mais je m’intéresse aussi à la culture pour elle-même et ma démarche dans ce domaine est la même, parce que je suis le même. C’est encore par ce que je suis que je peux parfois agir sur un environnement, en facilitant un parrainage d’honneur ou un conseil scientifique, etc., et ainsi aider, comme je vous le disais, tel ou tel porteur de projet à aller un peu plus loin, par lui-même, pour lui-même, sur le long terme »

Frédéric Aimard :
« De tous ces voyages en France, vous tirez plutôt une leçon pessimiste ? »
Jean d'Orléans :
« Bien sûr que non. La leçon de la Halte du Cœur et de biens d’autres initiatives que j’apprends à découvrir au fil des mois, c’est quand même que le bon sens finit par l’emporter. Je voulais d’ailleurs, à ce propos, vous préciser pourquoi j’aime tant Chartres et sa cathédrale, c’est parce que là est tout l’esprit français. On part de la terre, du bon sens français donc, et on monte vers le ciel. Voilà ce qu’est pour moi l’esprit français et, si vous me permettez, l’esprit capétien. »

Portemont, le 4 avril 2009

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